L'immaturité en chacun, source de l'individualisme contemporain

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Dans l'espoir de la reprise d'un progrès mental et moral collectif susceptible de ranimer le meilleur de nos valeurs démocratiques, je voudrais appeler chaque individu à sa responsabilité personnelle, réveiller notre sentiment fraternel d'appartenance sans frontière à la condition humaine, poser un discours alternatif dynamique s'opposant au discours populiste, fédérer les volontés individuelles constructives, et mobiliser chacun en ses parties évoluées afin qu'il œuvre à l'épanouissement des mentalités.
Publié le : dimanche 15 février 2015
Lecture(s) : 10
EAN13 : 9782336370668
Nombre de pages : 148
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Sylvie Portnoy Lanzenberg
L’immaturité en chacun, source de l’individualisme contemporain Comment refaire société
L’immaturité en chacun, source de l’individualisme contemporain
Sylvie Portnoy Lanzenberg
L’immaturité en chacun, source de l’individualisme contemporain
Comment refaire société
Du même auteur Aux éditions L’Harmattan Le pouvoir infantile en chacun, 1989. L’abus de pouvoir rend malade, 1994.Création ou destruction autodestruction, hommage à D.W. Winnicott, 1997. Le mal et le bien, renoncer au clivage, 2002. L’amour et Hommage à Albert Camus, 2004.Tous fous, la catastrophe, 2006.Vers une transcendance laïque, 2007. Le combat avec soi-même, 2009. Être un résistant de chaque jour, pour la justice, 2010. La lucidité pour réenchanter le monde, au côté de la pensée chinoise, 2010.Réveillons-nous, s’indigner contre soi-même, 2012.Le care au cœur, 2013.Le peuple de peu, alerte au populisme, 2014.Aux éditions du Cygne J’accuse la dérive de la psychanalyse, 2005.© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-05653-1 EAN : 978234305653-1
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Charlie vient d’être assassiné Je terminais la relecture de cet écrit quand Charlie a été assassiné. Immense tristesse-colère. Des hommes et des femmes, combattants de chaque jour pour la liberté, ne sont plus. Ils étaient de ces fruits pleins de fraîcheur que la République et la démocratie conjuguées peuvent por-ter à la lumière sur cette terre. Depuis mes 20 ans, ils étaient mes compagnons de cœur et d’esprit. Sans que je les fréquente dans la réalité ni les lise depuis des années, ils m’habitaient pourtant comme frères et sœurs en humanité de façon essentielle, indispensable. Puisse le grand vide laissé par leur disparition devenir un appel d’air de liberté, de justice et de respect pour que naisse et se révèle une génération de Sisyphes de leur trempe, capables d’opposer leur humaine beauté à l’humaine connerie destructrice. « Les tueurs ont voulu faire taire l’expression d’une liberté qui leur était d’autant plus insupportable que l’aliénation de leur esprit les prive d’y accéder. » Catherine Millet (Le Mondedu 10/11 janvier 2015)
Le 11 janvier 2015 À chaud, que dire des djihadistes européens dont beaucoup semblent avoir le profil des trois assassins ? À l’abandon et sans éducation solide sur le plan fami-lial, en échec scolaire, avec une vitalité de jeune qui voudrait se réaliser mais pour qui tous les chemins sont fermés en vertu de ce passé et d’une société gangrénée par le chômage de masse, il leur reste la délinquance, le banditisme et aujourd’hui l’extrémisme se réclamant de la religion musulmane. Leur rage est à la mesure de leur impuissance. Enfants de sans-vrais-parents, ils devien-nent des grands uniquement sur le plan physique. Démunis, parce qu’acculturés, ils veulent détruire la cul-ture, la démocratie, la liberté, la civilisation, etc., tout ce dont ils se sentent privés. Ils se vengent des blessures de la vie, utilisant la toute-puissance attribuée à Dieu pour soumettre tout venant en leur pouvoir violent de petits Dieux-tyrans. Ils sont les héros sombres et négatifs d’un nouvel obscurantisme. Ces paumés de la vie contempo-raine ont recours à la violence, à l’intolérance et à la destruction pour exister de façon narcissique et omni-potente dans un monde où ils n’ont pas le sentiment d’exister. La société, via l’école ou tout autre assistance, ne peut pas rattraper les choses si les parents au plus pro-fond ont été incapables de faire l’essentiel du travail d’éducation. Cessons donc de répéter que ces hommes sontles enfants de la République. Il sont d’abord les enfants de parents démissionnaires et, s’ils détruisent la mère patrie, c’est peut-être parce qu’elle est dans l’impos-sibilité de leur offrir ce qu’une véritable mère et un véritable père auraient dû leur donner bébé et tout au long de leur enfance. La société ne peut pas pallier à tous les manques, compenser tout, réparer tout.
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Pour expliquer la vague d’enrôlement pour le djihad, Olivier Roy dit que ces jeunes seraient pris dans «un mouvement générationnel» marqué par une forme de nihi-lisme. «Dans les messages que certains laissent, ils disent : “J’avais une vie vide, sans but.” La vie telle qu’ils l’appréhendent dans leur famille “ne vaut pas d’être vécue”. Ma génération choi-sissait l’extrême gauche, eux le djihad, car c’est ce qu’il y a sur le marché. »Plutôt que de sentir « ils choisissent derien », s’enivrer du « tout » que leur donne leur toute-puissance armée sur des terrain des combats de par le monde où ils font leur loi terroriste sous couvert d’appliquer la charia. Ils décrètent qu’ils sont les seuls à avoir raison, à détenir la vérité sur l’Islam, a être les vrais musulmans, tous ceux qui ne les suivent pas en leur obéissant aveu-glement étant des apostats. Celui qui n’est pas avec MOA, d’accord avec MOA, soumis à MA volonté doit être coupé en morceaux et éliminé, telle est leur logique omnipotente. Lorsqu’ils ne sont pas en pays musulman, ils font des incursions assassines, tâchant de tuer un maximum de citoyens plus ou moins ciblés, comme à Paris en ce début janvier ; autre façon là encore de s’éprouver tout-puissant en faisant sa vedette sangui-naire et en vivant une journée de gloire médiatique suicidaire. Ian Buruma, professeur d’idées politiques et de journalisme au Bard College (New York), dansLe Monde du 13 janvier dit : «Ce sont des paumés pathétiques, qui auraient troqué leurs rêves adolescents de filles, de football et d’argent facile pour la guerre sainte. C’est apparemment le profil d’un grand nombre de djihadistes européens. Et ils sont loin d’être les premiers adolescents vulnérables à épouser une cause révolu-tionnaire qui leur donne un sentiment de pouvoir et d’appar-tenance.» Et Samir Amghar, chercheur à l’université du Québec à Chicoutini dit aussi,:dans ce même journal «On rejoint moinsla Syrie pour combattre Assad que pour mon-
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