La rivière

De
Publié par

Trois volontaires d'une ONG de solidarité internationale ménent une enquête socio-économique dans un village du nord Cameroun. Leur mission se déroule comme prévu, en tissant des liens d'amitié, lorsqu'un drame les surprend en pleine brousse. Ils se retrouvent alors plongés dans un mystère et soumis à une quête bouleversante. C'est le récit de cette épreuve que nous fait vivre l'un des protagonistes.
Publié le : jeudi 5 mars 2015
Lecture(s) : 7
EAN13 : 9782336372075
Nombre de pages : 260
Prix de location à la page : 0,0127€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois
David Guetta
La rivière
récit
La rivière récit
David GUETTA
La rivière récit
Du même auteur chez l'éditeur Journal d’Afrique, 2000 © L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris www. harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-05572-5 EAN : 9782343055725
în memoria de Claudiu Pour Pierre
La rivière Nous roulons sur la piste principale, laissant derrière nous le campement du Buffle noir. Je voulais tant voir la brousse en cette saison, les hautes herbes, la nuit dans la lumière blafarde des phares. J’aime tellement ce moment, ces impressions. On s’attend à ce qu’un lion surgisse des herbes à travers la piste de terre orange. J’avais envie de marcher à travers la brousse, ne voyant pas au-delà des hautes herbes juste devant moi, de les sentir sur ma peau, de tendre la main sur elles, de les voir ployer sous mes pas, imaginant qu’à tout moment un animal pourrait apparaître. La brousse. Me sentir vivre. Sentir l’Afrique là, tout autour, entendre les herbes bruire sous le vent, tendre l’oreille, attentif au moindre son, rester immobile et me faire oublier, jusqu’à ce qu’un oiseau se pose à côté, qu’un lièvre passe en courant à quelques mètres. Me fondre ici, loin de tout. Mais alors que nous étions arrivés ici et que j’aurais pu le réaliser, tout a basculé. Ce moment de communion avec l’Afrique, avec la nature, avec la vie, lui a fait tout oublier, oublier que le danger se cache derrière chaque pierre, que l’eau apparemment si calme est plus forte que nous. Cette nature l’a happé. Comme si elle l’avait entendu. Ou alors pour lui montrer, pour nous montrer qu’elle n’est pas que positive, qu’elle recèle des forces et une puissance que nous ignorons. Ou alors il n’y a rien, rien que le courant, que le courant qui nous tire, sans pensées, sans volonté, imperturbable et indifférent à ce que nous pouvons être. Comme pour nous rappeler que notre bonté ne peut influer la nature. Et nous quittons ce parc en le laissant derrière nous. Combien de fois ai-je pensé que je pouvais avoir un accident sur une piste, que je devrais être transporté blessé, pendant des heures sur un banc de bois dans un taxi brousse, pendant des heures sur de la tôle ondulée, arrivant 9
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.