Le continent américain : entre tensions et intégrations régionales

De
Publié par

Le continent américain : entre tensions et intégrations régionales - intégration régionale = processus de renforcement des relations entre différents territoires d’un même ensemble géographique. A l’échelle continentale, on parle d’intégration continentale. - Amérique = 28 % des terres émergées (42,3 M de km2, 950 M d’hab) et 35 Etats indépendants. Continent largement marqué par la colonisation européenne cf nom : Amerigo Vespucci = explorateur persuadé que la découverte de Christophe Colomb était un nouveau continent. Au XIXe S, l’influence européenne est remplacée par l’hégémonie des Etats-Unis (doctrine Monroe 1823 « L’Europe aux Européens, l’Amérique aux Américains »). La diversité de l’Amérique est éclipsée par la puissance des Etats-Unis, qui dominent l’ensemble économique et dans nos représentations cf l’adjectif « américain » en français. Cette hégémonie est source de tensions. Aujourd’hui, de nouvelles puissances émergent sur le continent américain, notamment le Brésil. - les initiatives d’intégrations régionales reflètent-elles ou résorbent-elles les tensions qui affectent le continent américain ? - plan I- Des tensions II- Les explications : des contrastes éco et culturels III- Des associations régionales qui apaisent les tensions ?
Publié le : mercredi 24 février 2016
Lecture(s) : 31
Nombre de pages : 5
Voir plus Voir moins
Le continent américain : entre tensions et intégrations régionales
- intégration régionale = processus de renforcement des relations entre différents territoires d’un même ensemble géographique. A l’échelle continentale, on parle d’intégration continentale. - Amérique = 28 % des terres émergées (42,3 M de km2, 950 M d’hab) et 35 Etats indépendants. Continent largement marqué par la colonisation européenne cf nom : Amerigo Vespucci = explorateur persuadé que la découverte de Christophe Colomb était un nouveau continent. Au XIXe S, l’influence européenne est remplacée par l’hégémonie des Etats-Unis (doctrine Monroe 1823 « L’Europe aux Européens, l’Amérique aux Américains »). La diversité de l’Amérique est éclipsée par la puissance des Etats-Unis, qui dominent l’ensemble économique et dans nos représentations cf l’adjectif « américain » en français. Cette hégémonie est source de tensions. Aujourd’hui, de nouvelles puissances émergent sur le continent américain, notamment le Brésil. - les initiatives d’intégrations régionales reflètent-elles ou résorbent-elles les tensions qui affectent le continent américain ? - plan I- Des tensions II- Les explications : des contrastes éco et culturels III- Des associations régionales qui apaisent les tensions ?
I- Des tensions
1) Des tensions internes - des sociétés violentes au S (12 des 20 pays les + violents en Am latine et dans les Caraïbes : + forts taux d’homicide au Salvador, au Honduras et au Venezuela) Activités criminelles sources et moyens de financement de conflit (Colombie avec FARC – d’abord issu de rebellions paysannes ; Mexique) = « zones grises » Aussi violence domestique et sociale (féminicide de Ciudad Juarez : près de 400 femmes assassinées et 500 disparues depuis 1993 ; ville en face d’El Paso, maquiladoras, plaque tournante du trafic de drogue) Inégalités sociales (Brésil). Métropolisation : + gde concentration de pauvres et ségrégation socio-spatiale très visible. Violence souvent concentrée dans les bidonvilles ou favelas (/quartiers résidentiels fermés) - aussi revendications de peuples indigènes (Canada, Bolivie, Amazonie) : contradiction entre fronts pionniers et reconnaissance de droits ancestraux ainsi que gestion durable voulue par les peuples indigènes
2) Des tensions entre Etats - quelques tensions entre des États latino-américains entre eux pour des questions frontalières Ex : frontières entre Etats (Pérou, Bolivie, Chili), démarcation de la ZEE (bassin caraïbe cf d’ailleurs conférence de 1982 sur la ZEE à Montego Bay en Jamaïque ; Colombie-Venezuela ; Chili-Bolivie qui lui réclame un accès à la mer), des réserves pétrolières (Venezuela et Guyana, Canada et Etats-Unis) Aussi cas des Malouines (revendiquées par Argentine et RU ; a donné lieu à une guerre en 1982) - aussi quelques affrontements idéologiques - mais pas de guerre depuis 1995 (Pérou-Equateur) : peu de budget consacré à armement, pas de participation à un système d’alliance militaire
3) Des tensions à l’échelle du continent - volonté d’hégémonie des États-Unis implique les tensions les plus fortes. critique de leur présence multiforme pour défendre leurs intérêts : lutte contre les producteurs de drogue par exemple, intérêt éco à travers l’agroalimentaire et le pétrole, contrôle des flux de pop cf contrôle des frontières par EU rejet de l’hégémonie états-unienne par certains gouvernements (Cuba, Venezuela…) - une politique ancienne : doctrine Monroe après 1945, naissance d’un système interaméricain pour protéger les Amériques de l’expansion soviétique : « un hémisphère fermé dans un monde ouvert ». Renforcement dans les 1960s, après rapprochement Castro-URSS. Conduit parfois au soutien de dictature : les coups d’Etats ne cessent pas en Amérique du Sud avant les années 1980s. Cette situation se maintient jusqu’à la fin de la guerre froide - depuis début des 1990s, on constate une évolution (renforcée depuis 11 sept 2001) Contrôle de la Méditerranée américaine perçu comme vital (big stick diplomatique) : zone allant du Rio Bravo à la frontière du Panama (Mexique et Banana Republics regroupant les Etats les plus pauvres des Amérique) avec la Colombie Aujourd’hui, matérialisé par « guerre à la drogue » qui permet de s’immiscer dans les affaires internes de certains Etats / Le reste de l’Amérique latine cesse de représenter un intérêt géostratégique pour les EU. Affirmation politique cf opposition du Mexique et du Chili à une intervention militaire en Irak, rôle du Brésil (voir G5)
II- Les explications: des contrastes
1) De grandes différences de développement - de grandes différences de développement à échelle continentale un Nord développé (EU, Canada) [compléter avec la leçon sur les Etats-Unis] un Sud diversifié (puissance émergente = Brésil, jaguars = Mexique, Argentine, e Chili ; aussi Pérou, Venezuela et Colombie qui exportent mat 1 ; PMA = Haïti). (schéma 2 p 198) - structure des échanges Au N, échanges de produits manufacturés (industrie lourde, automobile) ms concurrence entre Etats-Unis et Canada Au S, échanges de produits bruts : reprimarisation des éco sud-américaines. L’exploitation coloniale par l’Europe était une exploitation de matières 1eres (Brésil vient du nom du bois de braise, utilisé pr la teinture). Auj, faute d’avoir réussi son industrialisation, l’Am latine revient à un cycle de croissance porté par l’exportation de ressources naturelles. e Des ressources minérales très exploitées : 1 réserves mondiales de cuivre et de e lithium au Chili (exportations = 40 % du budget national), Brésil 3 pr la bauxite et e l’étain, et 5 pour le fer. Aujourd’hui, exploitation de ressources sous-marines (hydrocarbure). / des limites à ce modèle de développement : dépendance vis-à-vis des cours internationaux, ne permet pas l’industrialisation, épuisement des ressources naturelles, surévaluation de la monnaie, renforcement des inégalités foncières, conséquences environnementales (uniformisation des paysages par la monoculture, déforestation, consommation excessive d’eau) - de fortes inégalités, entre Etats ms aussi dans un même Etat espaces intégrés à la mondialisation (littoraux, métropoles) /espaces délaissés (régions intérieures, espaces ruraux, bidonvilles) : peu de politiques de redistribution et peuforte polarisation sociale d’investissements dans la santé et l’éducation, car peu de ressources financières des Etats). - ces différences de développement génèrent des flux migratoires Ex de la frontière mexaméricaine
2) Des contrastes culturels marqués - modèle anglo-saxon des EU et du Canada, majoritairement protestants / multiculturalisme et une hispanisation du Sud des Etats-Unis ? - Am latine : langues et cultes métissées (créole, catholicisme et emprunts aux religions africaines cf vaudou) / affirmation des minorités indiennes cf nouveaux présidents : Morales (Bolivie) et Humala (Pérou)
3) Des régimes politiques très différents - des démocraties anciennes au N Ex des Etats-Unis : indépendance des 13 colonies suite à guerre d’indépendance contre l’Angleterre (1775-1783). Les « pères fondateurs » (Washington, Franklin, Jefferson, Adams, Madison) sont des héritiers de la philosophie des Lumières. Mettent
en place une démocratie : séparation des trois pouvoirs / exclusion d’une grande part de la population : noirs, Indiens, femmes, pauvres ne sont pas citoyens Par la suite amendements modifient la constitution et élargissent progressivement la démocratie (XIIIe amendement qui interdit l’esclavage en 1865, réaffirmé par campagne pour les droits civiques dans les 1960s ; XIXe amendement sur le droit de vote des femmes en 1920) - une transition démocratique en Amérique latine ? Terme de transition démocratique inventée pour désigner la situation des pays d’Am latine à partir des 1980s. Passe par un certain nombre d’étapes : plus d’équilibre entre les 3 pouvoirs, rétablissement d’élections, justice et mémoire Des fonctionnements démocratiques différenciés : des pays qui respectent globalement le fonctionnement institutionnel et les libertés (Brésil, Argentine, Chili, Costa Rica, République dominicaine, + récemment le Pérou avec O Humala), des Etats préservant les formes de démocratie mais qui basculent facilement dans l’autoritarisme (Venezuela, Colombie), des pays dans des situation très évolutives (Bolivie, Equateur, Cuba), des Etats très instables politiquement et incapables d’administrer (Guyana, Honduras, Haïti, Paraguay) Il s’agit dc plus de démocraties en mouvement que de transition démocratique
III- Des associations régionales qui apaisent les tensions ? Une utopie d’intégration régionale qui a une longue histoire cf Bolivar et guerres du XIXe S. Aujourd’hui, il y a une concurrence entre les différentes constructions d’associations régionales qui est liée aux tensions.
1) l’Alena 3 pays, 458 M de personnes, 21,5 M de km2 - autour des États-Unis qui a comme perspective de devenir la Zone de libre-échange des Amériques créée en 1994 accord à visée commerciale, sans but politique - rapport de force inégal entre les partenaires (cf renforcement frontière mexaméricaine) intégration au bénéfice des EU le Mexique s’est industrialisé et ses exportations vers les EU ont considérablement augmenté (pétrole, électro, automobile) mais durcissement des contrôles frontaliers (enceinte fortifiée et déploiement de matériel de haute technologie) l’économie du Mexique, dépendante d’un seul client, apparaît aujourd’hui fragile par rapport à la concurrence asiatique
2) le Mercosur 5 pays, 273 M de personnes, 12,5 M de km2 - avec le Brésil comme pôle principal. Association avec Argentine, Uruguay, Paraguay + Venezuela Créé en 1991 : pour rééquilibrer le pôle économique du continent D’abord zone de libre-échange, puis union douanière
- une certaine intégration économique : consolidé par accroissement du commerce entre ses membres, l’association avec la CAN et la création de niveaux politiques de concertation et de coordination. Soutenu par l’UE - aujourd’hui en difficulté avec l’ascension économique du Brésil (qui a davantage bénéficié du Mercosur) et les difficultés de l’Argentine (crise économiques de 2001-2002) + conflit économique Uruguay-Argentine - nouveaux projets : Unasur 2011 (Mercosur + CAN) et communauté des Etats latino-américains (CELAC) qui veulent créer des instances politiques et une entente éco
3) En Amérique centrale : des associations nombreuses ms peu efficaces - des associations anciennes dans les Caraïbes et Am centrale, mais peu efficaces : 1973, Caricom (Carribean Community) 1960 MCCA (Marché commun centraméricain) des économies dominées par les EU (schéma 2 p 198) - CAN, Communauté andine des nations, fondée en 1969 : Bolivie, Pérou, Equateur, Colombie, Chili (qui l’a quitté sous Pinochet puis retour en 2007) instances politiques travaillant sur les questions juridiques des faiblesses : quittée par le Venezuela en 2006 (qui voulait se rapprocher du Mercosur), faiblesse des éco, peu d’échanges entre membres et divergences politiques entre Etats favorables au libéralisme éco (Colombie) et Etats se réclamant du socialisme (Equateur, Bolivie) - 2005, Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba) réunit 9 pays autour d’un accord énergétique et d’une opposition radicale au libre-échange prôné par les EU / Mais une dépendance du Sud envers le Nord se maintient : migrations de travailleurs, échanges commerciaux
CCL : intégrations régionales (et non continentale) reflètent les tensions qui agitent le continent : puissance du Nord (Etats-Unis), affirmation du Sud (Brésil). Peut-on aller jusqu’à comparer ces deux puissances ?
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.