Le parcours politique d'une femme

De
Publié par

En s'appuyant sur son expérience personnelle de femme politique, l'auteure fournit de précieuses informations sur la situation politique, économique, sociale et culturelle du Congo depuis son indépendance : le poids et l'influence de la tradition nzébi dans la participation politique, les méandres de l'engagement et des parcours politiques, les recompositions du jeu politique post-guerre de 1997, le renouveau politique et la participation aux élections de 2002, ...
Publié le : dimanche 1 mars 2015
Lecture(s) : 7
EAN13 : 9782336371887
Nombre de pages : 160
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Yvonne N L « Evah »
Le parcours politique d’une femme
Préface de Jérôme Ollandet
Le parcours politique d’une femme
Yvonne NGOLOLEMBE« Evah »
Le parcours politique d’une femme Préface de Jérôme Ollandet
-Congo
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : ͻ͹ͺ-ʹ-͵Ͷ͵-0͵ͻͻʹ-͵ EAN : ͻ͹ͺʹ͵Ͷ͵0͵ͻͻʹ͵
Remerciements Je ne saurais commencer mon propos sans penser à ceux qui de près ou de loin ont apporté leur pierre à l’édifice pour un aboutissement heureux de cette œuvre. Mes remerciements vont droit à toutes mes connaissances pour leurs encouragements, notamment Etanislas Ngodi, histo-rien et analyste politique, et Cortodin Nzelangani, journaliste-écrivain, correspondant du magazine Amina (Paris France), directeur de publication du journalDroit de cité de Brazzaville,pour leurs précieuses contributions à cette œuvre politique, sans oublier ma petite famille pour son assistance. Qu’ils trouvent ici l’expression de ma profonde gratitude ! Que Dieu les bénisse tous !
5
Préface Lorsque l’Union révolutionnaire des femmes du Congo lança, en 1965, son grand slogan,Seule, la lutte libère, ap-pelant les femmes au combat libérateur de leur condition, ce cri de ralliement fut saisi par les hommes congolais comme une bien singulière provocation. Dans cette libération qui était prônée parfois avec quelques pointes de désinvolture, le débat se situait à deux niveaux : De qui la femme congo-laise devait-elle se libérer ? Est-ce duméchantqui mari l’empêche de s’élever dignement ou duméchantqui papa lui avait barré la route de l’école dans sa jeunesse au profit de son frère, parfois plus vieux ou moins éveillé qu’elle ? C’est sans nul doute à ce niveau que se situe le problème de la véritable libération de la femme.
Dans un paradigme ainsi posé, l’engagement en poli-tique de la femme aux côtés de l’homme apparaît comme un devoir moral. C’est bien ce devoir que Yvonne Ngolo Lembe « Evah » avait vite saisi de manière résolue. L’ouvrage qu’elle propose ici sous le titre hardiLe par-courspolitique d’une femmeindique qu’elle ne se trompe pas de cible. La société nzebi (nzabi) qu’elle connaît de-puis sa prime enfance assigne à la jeune fille deux orienta-tions capitales : lemariage pour donner les enfants pour perpétuer l’espèce et laplantationpour produire la nourri-ture, source de vie pour la communauté entière. Pour as-sumer toutes ces charges si lourdes, elle est exclue de toutes les formes d’initiations dont la plus emblématique reste évidemment leNzobi. C’est du moins l’explication commode que cette société des sources du Niari se donne pour justifier la mise à l’écart de la femme de ces centres
7
du pouvoir traditionnel. Une femme dans leNzobi, c’est un tabou infranchissable ! Peut-on y voir également la méfiance que les Nzabi ont eue, de manière générale, vis-à-vis de l’école occidentale, considérée comme une forme nouvelle de société initiatique venue d’ailleurs ? Yvonne Ngolo Lembe eut, sur ce plan, une chance inouïe qu’elle met nécessairement sur le compte de la Pro-vidence. Les nombreux rappels à l’ordre qui renvoient constamment auxEcrituresSaintessa foi pro- signalent fonde en Dieu, maître de toutes les choses et de toutes les volontés. Mais, quand on a compris qu’elle est la fille d’un Evangéliste bien connu dans le secteur, on s’explique alors toute cette foi intense de l’auteur. Grace à ce privilège particulier, elle put aller à l’école occidentale en quittant ses parents, ses amies d’enfance pour se retrouver loin d’eux dans une situation qu’elle devait considérer, avec ses yeux de jeune fille, comme un exil inexplicable. Plus tard, elle comprit que cette douloureuse séparation avait son pesant d’or. Le reste de sa vie devint la suite presque logique de cette première chance. De la santé qui fut sa première vocation à l’enseignement qui clôtura sa vie de grand commis d’Etat, en passant par des études en agricul-ture, le parcours de cette femme de caractère est bien aty-pique. Son engagement en politique ne semble pas être un simple coup de tête, un simple fait de mode. A traversLe parcours politique d’une femme, son premier essai à l’écriture, on se rend bien compte que son choix délibéré pour se lancer dans cette voie difficile reste motivé par son ardent désir de servir la cause de l’émancipation de la femme. C’est une invite lancée aux femmes du Congo pour prendre leur place dans les arcanes de ce chemin tor-tueux et plein d’embuches. Jérôme Ollandet, historien
8
Introduction Le parcours combien modeste, que je retrace allègre-ment dans ces colonnes, est celui d’une femme politique née des cendres d’une tradition à la croisée des chemins avec la religion, le colonialisme et le modernisme. Il s’agit ici des coutumes traditionnelles Nzébi, ethnie couvrant le sud-ouest du Congo-Brazzaville jusqu’au Ga-bon, terroir d’origine de votre humble serviteur né dans le massif du chaillu. La tradition, c’est-à-dire les divers rites Nzébi, relégation de la femme à l’arrière-plan, a constitué pour moi un véritable goulot d’étranglement à mon épa-nouissement socioculturel et politique. Mais, face à ces tares, ma lutte a été des plus âpres. J’ai pu, malgré tout, réussir là où d’autres femmes de ma génération n’ont pas réussi. J’ai été, ainsi, vous vous en doutez, en butte à la haine, à la jalousie, aux complots, à la médisance, aux calomnies, aux machinations de toutes sortes. Ce n’est pas rien ! Cela nécessite du courage. Bravant toutes ces épreuves, toutes ces adversités, j’ai été conseillère départementale, puis sénatrice, en passant par la députation. Sans oublier qu’après avoir pris une part active à la Conférence nationale souveraine, j’ai été élue au Conseil supérieur de la République à la fin de ma car-rière administrative dans l’enseignement, notre beau mé-tier. Il faut noter que j’ai passé avec brio cette carrière que j’ai bien aimée. Seulement voilà, force est d’avoir la foi et la sincérité de reconnaitre la grandeur, la grâce et la magnificence divine car je dois avouer que le Seigneur a été à mon che-
9
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.