les anges meurent de nos blessures

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Les Lecturovores (site, page, groupe) DU MÊME AUTEUR Aux éditions Julliard Les Agneaux du Seigneur, roman, 1998 (Pocket, 1999) À quoi rêvent les loups, roman, 1999 (Pocket, 2000) L’Écrivain, roman, 2001 (Pocket, 2003) L’Imposture des mots, roman, 2002 (Pocket, 2004) Les Hirondelles de Kaboul, roman, 2002 (Pocket, 2004) Cousine K., roman, 2003 (Pocket, 2005) La Part du mort, roman, 2004 L’Attentat, roman, 2005 (Pocket, 2006) Les Sirènes de Bagdad, roman, 2006 (Pocket, 2007) Ce que le jour doit à la nuit, roman, 2008 (Pocket, 2009) L’Olympe des Infortunes, roman, 2010 (Pocket, 2011) L’Équation africaine, roman, 2011 (Pocket, 2012) Chez Folio La Part du mort Morituri Double Blanc L’Automne des chimères Chez Après La Lune La Rose de Blida YASMINA KHADRA LES ANGES MEURENT DE NOS BLESSURES roman Julliard 24, avenue Marceau 75008 Paris © Éditions Julliard, Paris, 2013 ISBN 978-2-26002098-1 En couverture : création Pasquale Carlotti Je m’appelle Turambo et, à l’aube, on viendra me chercher. « Tu ne sentiras rien », m’a rassuré Chef Borselli. Qu’en sait-il, lui, dont la jugeote tiendrait à peine dans un dé à coudre ? J’ai envie de lui hurler de la fermer, qu’il m’oublie pour une fois, mais je suis laminé. Sa voix nasillarde m’effraie autant que les minutes qui appauvrissent mes restes d’existence. Chef Borselli est embêté. Il ne sait pas trouver les mots qui apaisent. Toute sa rhétorique se réduit à quelques formules ordurières qu’il ponctue de coups de matraque.
Publié le : mercredi 4 septembre 2013
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DU MÊME AUTEUResgn Auxea ud gieSruenor , 199man,ocke8 (P99)9,t1 iêrq oues lntve, psou l1 ,namorcoP( 999)0É’rcviek,t2 00an, 2001ain, rom02 ,’)30oP( tekcdee mos poImurst00 2,n2 oramst ,4)es 200ket,(Poc ed sellednoriH 2n,maro, ulboKaoC)4nisu.K eor ,2 00oc(Pt,ke00 2,t2 00)5 aaPtrd man, 2003 (PockeettA’400or ,tatn, rtmou 2n,maro00)6,t2 rinèseS 200man,ocke5 (P(P6 keocn,ma00 2dadgor ,d seaB eoit à lae jour deCq eul ,t2 00)70920, etckPo (0802 ,namor ,tiun an, romnes,ortuI fnd semyep’)lO, neaiic 2n,marocoP( 110102 ,tek (Po2010, 20cketqÉau11’)a rfitno2)Chez Après La Lune

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Aux éditions Julliard

YASIMAN KHADRALES ANGES MEURENT
DE NOS BLESSURES

roman

Julliard
24, avenue Marceau
75008 Paris

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©

ditions Julliard, Paris, 2013
ISBN 978-2-26002098-1
ouverture : création Pasquale

Ca

rlotti

Je m’appelle Turambo et, à l’aube, on viendra me chercher.
« Tu ne sentiras rien », m’a rassuré Chef Borselli.
Qu’en sait-il, lui, dont la jugeote tiendrait à peine dans un dé à coudre ?
J’ai envie de lui hurler de la fermer, qu’il m’oublie pour une fois, mais je suis laminé. Sa voix
nasillarde m’effraie autant que les minutes qui appauvrissent mes restes d’existence.
Chef Borselli est embêté. Il ne sait pas trouver les mots qui apaisent. Toute sa rhétorique se réduit à
quelques formules ordurières qu’il ponctue de coups de matraque.Je vais te briser la gueule comme
un miroir,plastronnait-il.fois que tu te materas dans une glace, ça te fera septComme ça, chaque
ans de malheur…Manque de pot, il n’y a pas de glace dans ma cellule, et dans le couloir de la mor
le sursis ne se calcule pas en nombre d’années.
Ce soir, Chef Borselli est forcé de ravaler sa bave et ses jurons, et ça le déstabilise. Son affabilité
improvisée ne sied guère à sa fonction de brute ; je dirais même qu’elle le dénature. Je le trouve
athétique, décevant, aussi chiant que la crève. Il n’est pas dans ses habitudes d’être aux petits soins
our un taulard qu’il tabasse juste pour ne pas perdre la main. Pas plus tard qu’il y a deux jours, il
m’a mis face au mur et m’a défoncé la figure contre la pierre – j’en porte encore la trace sur le front.
e m’en vais t’arracher les châsses et te les foutre au cul,a-t-il tonitrué pour que le monde entier
l’entende. De cette façon, ça te fera quatre burnes et alors seulement tu pourras me regarder en
ace sans me froisser… à sa guise. U d’un gourdin avec la permission de s’en servirUn cave muni
coq en pâte à modeler. Il se dresserait sur ses plus hauts ergots qu’il ne m’arriverait pas à la ceinture,
mais je suppose qu’on n’a pas besoin de s’encombrer d’un escabeau lorsqu’une vulgaire trique me
les colosses à genoux.
Depuis que Chef Borselli a installé sa chaise en face de ma cellule, il n’est pas bien. Il n’arrête pas
de s’éponger dans un bout de mouchoir et de ressasser des théories qui le dépassent. Sûr qu’il
aimerait être ailleurs, dans les bras d’une gourgandine soûle comme une vache, ou bien au bea
milieu d’un stade en liesse parmi une foule d’énergumènes braillant à casser la baraque pour tenir à
distance les soucis du monde, enfin n’importe où pourvu que ça soit à mille lieues de ce couloir qui
ue face à un pauvre type qui ne sait où donner de la tête en attendant de la restituer à qui de droit.
Je crois que je lui fais de la peine. Après tout, qu’est-ce qu’un maton sinon le bougre de l’autre côté
de la grille, un remords en jachère. Chef Borselli doit certainement regretter ses excès de zèle
maintenant que, dans le silence sépulcral de la cour, l’échafaud s’érige en stèle.
Je ne pense pas l’avoir détesté outre mesure. Le pauvre diable ne fait que s’acquitter du rôle
minable qui lui échoit. Sans son uniforme, qui lui prête un soupçon de relief, il se ferait bouffer cr
lus vite qu’un macaque tombé dans un marigot rempli de piranhas. Mais en prison, c’est comme a
cirque : d’un côté il y a les fauves en cage, de l’autre les dompteurs armés de cravache. Les lignes de
démarcation sont claires ; celui qui les ignore ne doit s’en prendre qu’à lui-même.
Lorsque j’eus fini de manger, je me suis allongé sur mon grabat. J’ai interrogé le plafond, les murs
scarifiés de dessins obscènes, les lumières du couchant qui s’amenuisaient sur les barreaux, et je n’ai

che quela Me.ostse etêteséd nu Je nrt. que ’ai -tesivgnsn ,tpa plt vusaiil qnss euc sespuo ed matraque.Je tent eedp nees r àuqiom ed se teec nuo r? P snseéroples Queles. ponsér ed unetbo saestéleelrrtee dtua emmop ed tnae n’ée.Jlus ai p rnu eushcbam calae ol vtéones dà’uqtta rdneuq elisse.J’essaye dh moem s’scaocpmçrep en te éssapn mor ueoqnvcoe acedl aattnb tacœurmon que ois s st snanisenatsabor dlee ncexin,àc ar nertnd jéi me livéchos quel suqleitnouqseLes s ? ts odébat été tn séhcnaroùr oulegejue lm a’l ,ud u’env oix caverneuse, s el tro iuqse’mrét rvse Jé.mee es ms, lvien sou tusianesevauohcllbar eu lduenspellas al snad te tandis obscureesbmeld uq e’lne sdstoe resaregmsrec ioanruv ties golutes vnfimdsi’d naomsn sédmetiuls ser rejunoc togém el édr’ai rega, puis j sodgistûrel relà é bmeaiJ’um fsohc? se erb sedm a’ .eJhcreccorr leouvemeil somsneen ejrt sap e se,êt te quf autslaelard na samôt, le soir s’inm à iv aB .etneisâriestrPa. ilreffo tiarua’m lI rusue un llat erucéte éxe’tsils ité.brilc fé aveic eeragdnamnu éBof elrse.tthe C , àom nap rrcna.J’ai debourreauneerltuar ou pnt rerussailiuqé’lstanrconù lece o ptel uongael a’-iitqul ne’uis mne eècs d enic en plateau. L’êtr euhamnin eesarmelau dsei éc riopsuq rte ,e’l oujours iereut tL erpmeimarlc.e Lr.oisp’e desnregxued a y lI ! tionambie l’ve derèluq iio re’psios iup euqslueson sunt fie enn u enE. thCfeB roe la mort en estt tuep d sruojuo, irurcoonec sle i’lnun eenuartndreattei l’ ; n e’nraêré apevJ.e me dirte pas dpuoc ed uq e nu’ mvasoe éâthe tresocuq ec ahiaà ntêt l’eavecnde rfuan nu’d tnemeon s àpéipgréaag, il n’y a plus rgna-dhcso e àserepé Lr.sp’er oiuQ ?ellenra euqa de rtir et là –q ouupsiocer ine des L ? bntsoésib te lesétej ne au déliustrairedrei.nR erd uagt rêscsud’e téinm edos eitpe elb surj’aint, illaeralaccnu nrpsi mCee.irfaà n ieevér em ne ,nitaitloseq ius eopursuivent çà et f eJsnie ed ni’mretéerssux aes bneifhc,e’nmi n àe quportentrel c xua ,àlruhcrocé lur sesrêl soe issecneliom-m à lat seisllse ei,hCfeB rolc-eal ,iel, bouour du c.ediv suos tse trisp eon mb,ompld elueé eoc’unuis qe suJe nes. lu, ? i e Qu ljeuQ !pse’-erèli-tue de dérailler esll iuq ioctnni ps,orAlaml’r ouep à xue .ennosrn ? utioen vJen’noeniud sblol a’ qirvorent e àsifaséd elia enu’uux gù deée ofectfrno eomnessraidmaJa lisieda. nt’n earuais ecnelsi assou été aus .’DahibdrsiastnillesroBas iuq ,a , itvaren ueuf yuagdropruna t. Je mois mo sui étn rus nom tile emissuis h jsésuuqà’l aulacnre ; je n’ai réusb no’dnune tlbmerobassai’agiil stne ia’j ,idim-srèapL’. gesaré pd na sal eargnrecamion sendu le C te fehasir ,tneg sgaarou cenr emisa ch’étae. Cibon tlasum sos jue qisyavon ’erp al tioferèimeétincelant commesiu ,nl siese t’é mistait du’ q nu ayoje ,uej tois À trisesreprca! .lCca! …lC or,ou csaesa n oc el éy .terepuchair et qui estd femueéD.na salmierr nei qu nde suoxuedtse ed tej mô eaftnom n détal àdu m’ai seJ .emâ nos ed à e ac fulses uinétineicuq eelp expurgéer a été selluocd sa snair dt airsoiOn. in stnemp sruel eu lnid neoggrrs .nOapurtnnen e’iensgard dis ontgna ssio .se seL’a nro tléubes mid ,ap snub urtiôts.Cet après-miévprs ler par tenoméd sap tneias faie sels nnd iq auaexuabrrel ss ler su grselamcevauel iang tneaient,cods gueul satlurauted ,elneait es lemasesenia’d sèrplI …devrait se taire .eS srpposos no. ilt-e-dée mÇaed etûog.eiv al ais J’v malêtreottuda es me eal’m erppa ? sn lIJ’. meaid enenri rel segp sav ior, ajoutns mouriel tse’C .essob ivqun ai-pneag gd se’Jiaaç .ue tpige tu ses, gos eadsnl eiciv,l J’suis pas vacha tnsull noiam àit dl -i fensaaiom nna t.tC rfnoviolion ornacées rus eu.esiahcarsBof heem rlielhée.Mes effaroucreobsi eelu eng coa usnt snt lurtta’edragiods stcœurmon oup,ue chcqa … Àca! …lCel tneriitpoa msnad tiassidnob
ui me tiendrait ocpmgain.eP ieenuehoe,ttn usavio egnu uov eq xir d’spoiaireen fllrij ias liu en pje, esmae ssreeriomém e’lsnad s lineectst .ueLa prison tient lner C.eiriotem eliel’e sf hersBo semocrup ram no his mongue, laréssap noM .eudreé,ctraét rst’e s engb ua tuoc udon meu h trepirétnp sal io,nq eu les matonsne soullec seeuq ,selor dnee lnsdat q euassiosnnp rehale en Je ine.lielan mf hersBos elC.lo tne ruse déverseutrés ssep saf se ,ted rrie pes dntmelelieucer el snad eintle ggrilune ni ,uoadriS…uooletta’m iuq refne anssee mje, nd’unuxuq v eisuismeraJ’aiine.e ru, 37ndtaui19n aacinucsiq eul tie à l’le m’inil a’adsnr,feîbems’égqui ent outtus en eje sap sioupre me qur veerbmel rocmm enuis avoir peur, t ret selunim setfee llui re,ouedst ule eouffon s,sm b io ted ssercfos mes teou teD .noisrevid eneur – pae fossoy noprul cnro eobMo! rpcootémn iorurb’d enu séz ezzinumueel d’appe nffergnuos e’faa ls,reaiinrdL …tiffus étilatdans un es sens nod eapotruibllp ou vdei mo cenirévm es,tnelup os n é àyxmsapore soe, jà trnge ’L.euqind ecapsefrefn ’ussou poiril biers nams eretourner. Pour reva resm ele ruà t urco àir’a lauQ .tar nu emmo citfas ui sJe? o ùllrerua ?oPuoi à qpperéchaneides ssel rag or pr,te dntmee ufesareimaeb sermême mesnd bien aureuruoul mne.Ueud te ea emrof vrere libonn en grrec ahedm no tul cteotMa. ou becannom nof ed dctions anales meitutedd eoctnarveenerrse qu rdee eges nnos èis au gard mettant .aDsnl -e-àovsuquminéeaèrmilua d ,rodirroc ud eintes sumbrees o,ls eosrul tns lbmeelba à s sedaîtresné’e drencL.io,nt èr solni, émanant d’un rfnoc evêeter ,su’a litntu delppiz.numzebb i —aRk, cm’âaun drie êmeltn ,s e’tners tripesétenu.Meres tnepinoled eunt coe ppraanel.eQ ajrrnu e d’d fone auincés cop dnerp elbadnosind’e oschuelque être. C’est l’hsoesssoi nedm noe ppsoà den insterueuN .’n lahcéêtreles exces d’it nD.selu s ?eSler ou P onsges ne noitp.nu tno ans la frs pas d srpmeeiceut éemaiJ’ff erdmo. reehcu ruonu tob eer ecognour gs popnied sev c.tA en vdet egera’od tiun enU .erdusin évacel aofla mienne ?Je suia’u ej-tiaf ed er dèrrieue Qx…ll euqe’olnise tncornt eors e all sertuaednetta’igdos urd’t ,ets nomprocemâ te avt t an Ds.ouebseg euinia mtel ient monlles éta elliat al tneia fLa. tsiochs detaoinup na s.sD isavsourles où uesqux aor ps teS ed idi leBebbA grandi dans un ibodvnlield naets nepi éer murpoS.reveleia’J.luee etientme s je carciu sa xucoéhquEt? e vrvie dspmet el ue ej-irdere mencoras euTv ? …v eileel dircee dee in ftse’têb rèisC …et ans. Aingt-seprè.eÀ v tt eamin à etêrprégid eme mbtoa aps’i qud ve eejoesueinnusquer je qu’à c nu’eler ednrrete ch rseplem dita’avtng-ûo tedl e ; j’y décèle lsisi aassnl tria d’avol, au sentnessial al sertulee trenr lefit aLc ahcnc uhet . comme le, c’esthC .nucanueaessertpaCe. a ya s Ginardee quo… C taf isetsf tie au; t aimoren cuma’n sdral titro, et je ne tiensp ul s àiter ralha ce ssrèaptos m ,iem eiattge tur du cœcoup’un eob snueua tuqibiur tJean disnal à tiau.ehcât aoisnd erctolauesaisntiees dég log-e egrc ùopuord eivudniiduo ts, tpontles ous s tnassirruop tirauvcodén ’o lueeb sest s sej maenir surble de tsna apac-xidtpesxaoie-ntptse s àaigrden aï mà s tiaogédrett nu a dent afin de pemm tert eossul madeen ls an sing riovuoelrerélaes. pommrimaJe tred otbmel sna s selsohcegâ ùo , esunà saleorur tap socedrvianeuses ne es sérieli’uQ .àjéd siarlégae jr,ceenmmafllm e ,liègel’il u quuveo ple,ie t’cse tottu. Hormisles marm stounéd séd iuq csemahalailntie sald nassèip uot lere eodoss cliev xua avar senev desgé qseasintrêve etis sans ip,ts uos na sérder unsrntveou per eartn ,sej teur lir se sois leJn se .toluser pisnaigla pmee snia tiaté’C .sa
en déroute et noM .ecn toluob pitta’élimpcoasu enna,eupelc arla p de espèire alabsiay el nalperchli, aivrà s uq é :ejr naegias les étagères, vrs pat aiétn’e ituob enu tnemiaen rats alfrde m.nC eaberd puutmoerueulou t vteattaZ tieuq uqs tôt une que, plufaeftceéacngdasémégarde de me glraahasdro uap rnsdaa linmama, essinu rip e ecèr sa pou la uver.sB ssiaûs,rei nunt aiiv pisfoe li ,ecafrra iul t’mvaiauac lue godasse ichu sa snartuaèm as erché mezret oynvsir a’av,éj cxdéù, eur oe jois lf tiava’m li ,séérriars memélaéceiahp tn ,sa euqs lensgeta éntiet or pafcuéh sopur s’offrir unecsérp es ud revreisvaau mré pl,œina tettxel suq eiresaffamarc ne pr, anenet, oi mloraasseop tp rus jérémiintes sec moapitdase ,ejdren pset edeornaérc ses euq ,eraieessos l’ciergoenevgrna stns lnie quoném des’l snad eimafnir siongefond pro sac tedellsanli desouépleil es,é sunietq stl eu, des vivants plrahcres rul e’uaruop relâr ed sa pittarêarn’e an,eZ eplll acià u frât dangeengruq n li’rehceiB.es lerch a yerllo’aseitn aomtrn nge de ls ni l’Arcbivu eedd él es coettetaitnsenasiaf ejug el sisqor letvee unu’ln eodbueld eomn poids ou bien imodelicsed uoc inffqus pei iesai vu.J’aoqued’épsem hptèp ord seC’e.crsue dauce elôrd enu tiatéique en ère-bout’dnum rocéahgn eerssa sre àoutr’l sirraebornad rbien bae, uavat erctsmu nocsle eheocac sne’u déuqnalf edivil r encadrésur moi,a avcnne t’lmimadas unstas léilm xunotaap sed r rosL.ueti éelnnoc dn blanite groB fehC.p illesrcela gmengsae lujqs’u àom item ousse sa chaise riossed .sun eJnv’ie itm’à seas iuq tiun enu rias pitsaisinefn’neetiévnesr d eelliBorshef r… Clliual eirt otape d cmaer srerueriterl leulel ,, ouvre e loquetteor plaugs an dnemecniravuopé tle entabécart s’uo retp es ralsisspa lercoe témieL .rid etced rue prison, moavocta ,edxuo ffcieifin e gémndaioat .et enUp sièpre onze fovalait àle aqéiu rom,ic êm-mleelr sut annruot ,erbènét ee uncommyme anonét ,luils naadsntuob ud nnut ,le vneaioypas e slassnf ni .iSj ee telle une vis euq siasruocrap j ;as pai fnee ’n yi’ lavtinea ait c’éte quparceh res c’mmeamcnprenait s’il me sétieuq nisenmedseese da lompr auperl iedna’ttoyaie cré, jbertsel snad redôr à dntva.Aesagar pncu d’avoir toutv ,ut uoctnoun ,avs r oiucbo lléob aelcuoc ,iavndit. on ais J’ava snnoezp uoe ,tub suttoaiétJ’i.niccav semmoc ,ést larèg telle eei n’m ael .eLm urco It.ispre d tîammocem lrap véri de mentn mo tocmonenum ét ,enpre lurpou nç,uvruopéd ua erd e ;oprup ervu,e il arrive toujo sruportrat hC.dueaqor ml tesoa n aé cels meonruieu er DmêmeLui-,saléH .« nucua n’» i ssuisd’a m enoété etiu’uqus a vsiev dt,anrospa ev saftic j’aurairite, etedel udnetta saps aiur’a nje, leortiéld sifruia j’ate ;r acrniene ueu s sleonecm ejaté’d siétuode rideau pareiledd u’ent moéb e! é ncmet aiétC’f aL .ermoc a nilphasana.Si bète,te céirs iu tejub sst’e st,anentê nom à eéutitsemoiur dautoent iatn,rm p ue .aLésire dieul crsim itioriarfuq se concens yeux s rel sosrtne tusegagéd ad locd rhe cmae Me. semipaupue rs rueitnnuqu ma ur le poerèinom sod eS .dos tsige dngrof nubèer.seLb rabier glisse derruosratbmd eemtnoulele rmme t conennosér ruœcom des ntmeteat beselcn,el snl eisiège. Dasur le sxif tnee reem tmeà ev lid’at enx ge.Deurs môlievèersel umre sereu sisvo dntmele sdnetne eJ .sapque chose. Je n’ .nOm eid tuqleeunepax bos erugob e egu.sap eJ el ee sts painmoqus able, unn négocirrtaoionu ena ebièprs,ree ds merotsnoisnu eid en re n’e, ilveuti’ l euqercnpaapl’e drenprt eu pli ; latot inéd
eosruta euq e’jaimerais entendrL .eog a egréuon je,lue dii qus enm um ria ta’ruécrapas e lasé dI .etrosmed em l’i sdeanuna y l mam poseacle.L’i nuaugtsu enm iaépn leausue mor d et nu’aL .uhc tent controper, saboerp ’ntêd er teisss’a dgélitceps ud uolc uaitnvt enleà sus xuedragsneii’m s dans le corridvierN.uo sostrnoimchale tje, ieas en ejlleuq si leve mees der.L ealorvuecd f roimehua n eiac nu sixfre Sn.voa te ,ap rnoê rt eond de m plusrofc lI .ecneréférpe das pain’jee haamrAR-ta eoSrumoi our it phoision el seS el ,r eurneigs rè pst erceJn p uliasn mars de dancheretnid edecuom rufae ditbiu . enustis asplaomide. Sa voix empreas rdes upcos deruop mami’L .rioait re frter leano sirsssef edm det es mssrienemcar tnalahc senînnés paror, taloét .eLc l eocimbuch tré; jeent ry.eamtrp saM seagmpcoacu antneèlé’siov’m ,tnevive… » D’autres nof èrer .nOa rr. rdenTibos mn,s enitro ud atimp ieenà uGgil aGégérie s’écmbo,aruT ,riover uA « !ezguarh’ dikybel .lIccne takans un adétenu decna nu ! fl em wutueag mde.ooirv es iu àeler se à ibune trd’un,éisatxe,ertua’l jue quiloébi sansip uo eelp erphète… Jr un proniG m ,oer esiovo,inon m aon Gmiaima il e drit s russeesp al ralbrt eceler ueaqa sneg s nos cevdoigt eleur prédsina ted seldnmensaitr aesocJe. sap siassed ueh on tdue ulue gde spuoc sel ervuoer seillde vmoi te-srPmo e :enrrmoe- ji,mero-ltsaruT.obml ru ,iu paix… Ealler ensim e’ n eovduarqracé on tnalliuchs rè tGii ameradsnel sonril eyeuxses rédu incac ed egcse’eilae dttcemae itudio xeds aèmerc r tandis que lavp sil samed adnae jclrélua ;neuosrd leei relc e. Je ne’histoirad eriorc tnemmouenqcoelque unns tedp ra sammaiaon c sinnce, chas aimoà ai,rslo euqneir en pa’mt Nora, purée ! oNar .eJl arcyoou clempou pdep iarua ecvéd up tenaipart’estt. Cc mof uo nisemu .Le barb letemps’lia rteséroeb rlemb rntercise, nép netiuqimud eébinse d de êched pé tesehe caco slas an dilratita nos egnar rei tadsnm aêteta es s’embrouillenedno …? seLgamius jcetin e mces ru salc soidétaux cise danqui,emessirc sed stne dntvaaur decé eiccnrotn,eqnautomb ne s. Ee palI …serttuaf em trecoenmèe ntreobtu .aP seslume tenir jusqu’au p si ruo selrtuat enurpooi mma, dois je ant,fend sédocprom nse .çofaa lleeu Se.lpmexe’l rennod abiliterrait réhir ropru nedm uo qis muevoe raudétarJ .eenu eiv viur sesm’s ntvatneuqovéer ceva t, qspecs diu’ilq euestnussij ear p ltitêa hate.etut aL etêtuahe ?Au fond d’un apinre! lIn y’a q engid trom ed ui quxcer ou puemoemésc b iao tn bouins, lap desed ego s éffmmocuéaqeu ls recletmoemo n rrfcic n fouet,claque u éhceC ?-iuln àluielui qst eau fho.o– E topruc me disait Sid Re.traîaria tenf idpsuq eurt e me il pas,e hoé unlanduppeiull eope tueesttbos devie des ed rueduaevinac. Grand, la barb enep téra dtel yees juxneausos gilu sénk ua,lôhq ourpsèsia uoarstems me Dani ?…el tnennosér sep Cdes beriatdis nu eseèpahawal ,ngo entuce de dip iuatronabrq énom cétme hiteriva’n ellEsap tiavsae der. esalndseo iNl sintreit, m torre. a mètnelassitneisem s lencro nesrae .sA uafti ,ejc courses éperdueboa snsda, retuan al euqsrol ,e’uneie datifs grn uoin,eniiftn éur ss lecre seascuocd ehlos edi se passaisémentnop ue tapttse ,seuie dndgaraouoc ,naruip t sdeevois enfant, uns caedj tu eneg ou tDe. onaç ftetércéd ,rèm amiasur nus sentles p uoeisrerxusséihc a.riad edmsnas irund’r Palaéced sicesomsrru ele un viaux tailver em srinevuos rmee Jt.ennnieiaerdrnirtoa exedes on, cisi préq ’ulie tss na st lui revient etedeinrom rsi.ehcmeuq eC ahe coer l ma l de tem es puocéd àLel.peaperbiar b
Les deux gardiens marchent devant moi, impassibles. L’imam n’en finit pas de réciter sasourate.
Mes chaînes pèsent des tonnes. Le corridor m’étreint de part et d’autre, ajuste ma trajectoire.
On ouvre la porte extérieure.
La fraîcheur du dehors me brûle les poumons. Comme la première bouffée d’air ceux d’un nouveau-
né…
Et elle est là !
Dans un angle de la cour.
Sanglée de froidure et d’effroi.
Semblable à une mante religieuse attendant son festin.
Je la vois enfin, Dame Guillotine. Roide dans son costume de fer et de bois. Le rictus en diagonale.
Aussi repoussante que fascinante. Elle est bien là, le soupirail du bout du monde, le gué du non-
retour, la souricière aux âmes en peine. Sophistiquée et rudimentaire à la fois. Tour à tour maîtresse
de cérémonie et putain faisant le pied de grue. Absolument souveraine dans sa vocation de faire
erdre la tête.
D’un coup, tout s’évanouit autour de moi. Les remparts de la prison s’effacent, les hommes et leurs
ombres, l’air se fige, le ciel s’estompe ; il ne reste que mon cœur battant la breloque et la Dame a
couperet, seuls face à face sur un bout de cour suspendu dans le vide.
Je me sens défaillir, me désintégrer, me disperser, poignée de sable dans la brise. Des mains
fermes me rattrapent, me rassemblent. Je reviens à moi, fibre par fibre, frisson par frisson. Des
flashes fulminent dans ma tête. Je revois mon village natal, laid à repousser et les mauvais génies e
la manne céleste, un vaste enclos hanté de gueux au regard vitreux et aux lèvres troublantes comme
des balafres. Turambo ! Un trouduc livré aux chèvres et aux mioches déféquant en plein air, amusés
ar les salves claironnantes de leur croupion émacié… Je revois Oran, splendide nénuphar
surplombant la mer, les tramways en liesse, les souks et les fêtes foraines, les enseignes au néon sur
le fronton des cabarets, les jeunes filles aussi belles et improbables que les promesses, les bars à
utes infestés de matelots ivres comme leurs bateaux… Je revois Irène sur son cheval galopant sur
les crêtes, Gino pissant son sang sur les marches de l’escalier, deux boxeurs en train de se
déboulonner sur un ring croulant sous les clameurs, le Village nègre et ses bateleurs inspirés, les
cireurs de Sidi Bel Abbes, mes amis d’enfance Ramdane, Gomri, LeBouc… Je revois un mioche
courant pieds nus sur les ronces, ma mère rabattant ses mains sur ses cuisses en signe de désespoir…
Des voix dissonantes affolent le film en noir et blanc, s’entremêlent dans un vacarme, remplissent ma
tête de grêle ardente…
On me pousse vers la bascule à Charlot.
Je cherche à résister ; aucun muscle ne m’obéit.
J’avance sur la guillotine dans une sorte de lévitation. Je ne sens pas le sol sous mes pieds. Je ne
sens rien. Je crois que je suis déjà mort. Une lumière blanche et tranchante vient de me happer et de
me catapulter loin, très loin dans le temps.

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