Lesassourdissantes détonations générées par les armes

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Lesassourdissantes détonations générées par les armes automatiques, déclenchent instantanément lapanique dans la très chic avenue Parisienne. Le phénomène hautement anxiogène, se propage ± ° Ǥ ǯ ± déchaînement de violence urbaine, atteint son paroxysme en quelques secondes. Le bruit de la fusillade sème la terreur dans le quartier, la peur générée se disperse à vitesse hallucinante dans ses rues. Deuxhommes entièrement de noir vêtus, fusils mitrailleurs AK 47 en ǡ Ǥ ǯ ǡ les tireurs expédient du trottoir face à leur cible, leurs munitions sur le ° ± ǯ Ǥ tirées par les deux Kalachnikov AK 47, laminent les pierres délicates de la façade. Lesimmenses portesfenêtres vitrées explosent dans un bruit ± ǡ ǯ Ǥ ± ± verre, d'huisseries, de pierres de taille chutent lourdement sur les véhicules ± Ǥ ǯ ± ± événement, terrorise tout être humain dans un large périmètre. Lacirculation automobile totalement enlisée, crée des situations totalement irréelles dans le quartier. Les conducteurs pris au piège, ǯ± ± ǡ urs véhicules sur place.
Publié le : jeudi 7 janvier 2016
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 Les assourdissantes détonations générées par les armes automatiques, déclenchent instantanément la panique dans la très chic avenue Parisienne. Le phénomène hautement anxiogène, se propage rapidement parmi les témoins de la scène. Lǯaffolement suscité par le déchaînement de violence urbaine, atteint son paroxysme en quelques secondes. Le bruit de la fusillade sème la terreur dans le quartier, la peur générée se disperse à vitesse hallucinante dans ses rues.  Deux hommes entièrement de noir vêtus, fusils mitrailleurs AK 47 en mains, tirent de longues rafales ininterrompues. Comme à lǯentrainement, les tireurs expédient du trottoir face à leur cible, leurs munitions sur le deuxième étage dǯun bel immeuble Haussmannien. Les balles de gros calibre tirées par les deux Kalachnikov AK 47, laminent les pierres délicates de la façade.  Les immenses portes fenêtres vitrées explosent dans un bruit démentiel, sous lǯimpact des projectiles. Des éléments indiscernables de verre, d'huisseries, de pierres de taille chutent lourdement sur les véhicules stationnés en contre bas. Lǯindescriptible résonnance causée par le violent événement, terrorise tout être humain dans un large périmètre.  La circulation automobile totalement enlisée, crée des situations totalement irréelles dans le quartier. Les conducteurs pris au piège, sǯéchappent dans une réaction purement instinctive, en abandonnant leurs véhicules sur place. Les automobilistes, piétons et résidents se réfugient dans les rues adjacentes, afin de se sécuriser. Lǯonde de choc de la terrible fusillade, a déclenchée les alarmes des voitures stationnées dans lǯavenue. Par dizaines, les stridentes sirènes ajoutent une dose de stress supplémentaire, à lǯincroyable scène se jouant actuellement. Dans lǯavenue désormais désertée de toute présence humaine, les tireurs rechargent calmement leurs puissantes armes. Visiblement décontractés, ils ne redoutent apparemment rien, ni personne. Parallèlement, deux hommes aux guidons de scooters se positionnent à leur hauteur et attendent leurs complices.  Les rafales reprennent de plus belle, le duo vide de nouveaux chargeurs sur l'habitation du second étage. Le minutieux travail de destruction reprend. Peu après, les armes étant à court de munitions, les hommes réapprovisionnent les magasins de leurs fusils d'assaut. Ensuite calmement, les tireurs s'installent armes en mains, derrière les pilotes des puissants deux roues. Aussitôt, les véhicules démarrent en trombe en direction de la place Mexico. C'est à cet instant, que choisi le conducteur dǯune voiture de police pour s'engouffrer dans l'avenue d'Eylau, sirène hurlante. Le véhicule des fonctionnaires, face aux deux scooters et leurs passagers, sǯimmobilise. Les pilotes ont stoppé net, dès la vision du véhicule avec son gyrophare allumé.
 Dans la seconde, les tireurs sont descendus de leurs montures et ont ouvert le feu sur le frêle véhicule. Les tirs provoquent un effet immédiat, l'arrêt définitif de la voiture de police. Une colonne de vapeur s'échappe peu après du véhicule agonisant, ainsi que ses quatre occupants. Les policiers en se réfugiant derrière les véhicules en stationnement, préservent leurs vies.  Les fonctionnaires protégés par les carrosseries, ne pouvant rivaliser avec les deux AK 47, ne songent pas à faire usage de leurs armes.  S'exposer ne sert à rien, sinon perdre la vie. Chez les quatre policiers entenue, personne ne prend lǯinitiative dǯune réaction armée. La froide détermination des tireurs et leur sang-froid, ont calmé leurs tentations de riposte. Pas un coup de feu nǯest tiré de leur fait, sûrement la meilleure solution pour éviter un bain de sang. Le chef de patrouille se contente par téléphone, dǯappeler des renforts. Ensuite calmement, les tireurs remontent sur les machines. Dans lǯinstant suivant et par une puissante accélération, les pilotes mettent un terme à la séquence hallucinante. Les deux roues, par la rue des Sablons s'enfuient rapidement vers l'avenue Georges Mandel, en direction du bois de Boulogne. Les quatre hommes disparaissent en quelques secondes.  L'absence de plaques minéralogiques sur les scooters, rajoute l'irréel à la scène violente venant de se jouer. Les deux puissants engins font entendre le son rauque de leurs moteurs surpuissants. Leurs bruyantes notes sonores, cessent finalement avec la distance.Un jeune motard affirme à un lieutenant de police qui lǯinterroge, que ce ne sont pas des engins volés. La préparation des mécaniques ayant fait à son avis, l'objet de soins attentifs. Dǯaprès lui, les démarrages auxquels il a assisté, laissent augurer de la puissance dont les scooters disposent. Les deux moteurs ont des capacités accrues par rapport à ceux de série, gonflés dǯaprès son expérience. Le connaisseur précise à lǯenquêteur, l'impossibilité de voler deux machines préparées identiquement. Le policier écoute les propos du jeune motard, impressionné par ses capacités de déduction.  Pour le reste, le flou le plus absolu règne dans les rangs policiers, mais une évidence s'impose aux enquêteurs. Les deux hommes ne voulaient pas tuer les policiers, tous en sont persuadés. Les impacts sont concentrés sur l'avant du véhicule, il ne reste pratiquement rien du moteur disposé transversalement.  Les tireurs ne désiraient pas éradiquer la menace policière, seulement lǯimmobiliser. Une ou plusieurs rafales à hauteur de pare-brise, aurait suffi à causer des dommages irréversibles à l'équipage. Les quatre policiers le savent, la fixité des regards étant plus qu'éloquente. Tous, sont conscients d'avoir la vie sauve sur décision des assaillants. Le traumatisme n'est pas loin, les trois hommes et la femme, auront du mal à évacuer la scène violente de leurs esprits.
 La maîtrise des deux tireurs, revient souvent dans les propos des témoins. Aucun blessé à déplorer, avec des armes aussi instables que les Kalachnikov, pour les spécialistes cǯest tout bonnement incroyable.  Les voitures de police arrivent ensuite en nombre avenue d'Eylau, interdisant l'accès à la circulation. Le calme revient enfin dans le quartier, après lǯincroyable scène spectaculaire qui vient de se jouer. Les habitants regardent interloqués, le sol jonché de débris aussi divers que variés. Les stigmates nombreux et profonds sur lǯimmeuble, témoignent de la violence de lǯattaque, sur le deuxième étage de lǯhabitation bourgeoise. Les résidents viennent timidement aux nouvelles, se réunissant en petits groupes. Le bruit des armes ayant disparu de l'environnement, le besoin de savoir et de partager le moment se fait plus présent. Les personnes présentes s'interpellent, s'interrogeant mutuellement sur ce qu'ils ont vu et entendu. Le sensationnel événement violent génère de nouveaux liens entre des voisins, ne se connaissant pas vraiment. La scène de guerre alimente les conversations. Le simple fait dǯen parler ensemble, donne aux bourgeois résidents lǯoccasion de se découvrir. Vivre un tel événement en direct, génère cette situation extraordinaire pour eux. La violence dans leur mode de fonctionnement ayant rarement cours, voire jamais.  Les commentaires fusent, il faut exorciser la peur subie et quel meilleur moyen pour y parvenir, que d'en parler ensemble. La thérapie semble excellente, les conversations créent lǯempathie, chacun la ressent désormais envers son voisin. Lǯavenue est méconnaissable, des débris divers jonchent le sol sur une surface très généreuse. Un véritable champ de ruines sur trente mètres de rue, sǯoffre à la vue des personnes présentes. Les propriétaires regardent dépités, leurs autos sinistrées. Les toits ont payé un lourd tribut à la terrible fusillade. Demain, certaines compagnies d'assurances auront quelques appels similaires de la part de leurs adhérents. Le commissariat quant à lui, des plaintes se ressemblant étrangement.  Les différentes patrouilles motorisées, lancées aux basques des quatre individus motorisés nǯont obtenu aucun résultat. Les policiers arrivés tardivement sur les lieux de lǯattaque, perdent la trace des fuyards dans les allées du bois de Boulogne. Les deux engins et leurs passagers, se sont volatilisés dans la nature environnante.  L'épisode suivant, concerne l'afflux des journalistes de tous les médias, dans le résidentiel quartier du Trocadéro. Les directeurs de grands quotidiens nationaux, ne peuvent laisser passer cette information. De chez eux, ils agissent en rameutant leurs troupes journalistiques. Un incroyable résultat, en ce dimanche matin.  La nuée de professionnels de l'information devient rapidement importante. Les camions relais de télévision se positionnent sur la place du Trocadéro, ajoutant un désordre supplémentaire à une circulation difficile. Les journalistes envahissent lǯartère à la recherche de témoins oculaires, provoquant lǯénervement des policiers qui bloquent les accès.
 L'interdiction de circuler sur l'axe ayant subi la scène de guérilla urbaine, provoque une paralysie partielle du trafic automobile dans le quartier. Lǯénervement sǯintensifie chez certains conducteurs, beaucoup sont bloqués depuis plusieurs dizaines de minutes.  Les stations de radios périphériques de la capitale, ont relaté l'incroyable événement. La nouvelle de lǯattentat attire des masses de curieux, dont de nombreux touristes, tous avides de sensationnel. Vivre une scène de guerre à deux pas de la tour Eiffel, tout en consommant cafés et croissants, n'est pas banal. Les souvenirs bruyants qu'ils rapporteront de notre pays, alimenteront les conversations dans leurs foyers respectifs.  Désormais et pour un certain temps, le point de convergence des curieux se situe sur la place du Trocadéro. Dans l'artère secouée par le déchaînement des fusils d'assaut, deux hommes regardent le spectacle. Les fenêtres dévastées de l'appartement et les impacts sur les pierres de taille, semblent les satisfaire.  Le vieil adage, disant qu'un assassin revient toujours sur les lieux de son crime, s'avère exact. Les frères jumeaux contemplent leur œuvre destructrice, en esquissant chacun un léger sourire.  L'apparence des deux tireurs, a considérablement changé en quarante minutes. Le sprint des deux roues, s'est achevé dans une allée déserte du bois de Boulogne. Descendus des puissants scooters, ils ont rejoint une camionnette de livraison, stationnée à l'abri des regards indiscrets. Les hommes en changeant dǯapparence, sont redevenus des quidams ordinaires.  Les armes de guerre, à l'abri dans des sacs de golf refroidissent, leur rôle étant terminé. Le véhicule utilitaire démarre peu après, en direction du Trocadéro. Les deux frères tiennent absolument à évaluer de visu, le résultat de leur raid audacieux.  Les pilotes des scooters dans un autre endroit discret du bois, ont effectué une démarche similaire. Les autocollants promptement retirés des carrosseries, en font en un instant deux machines totalement différentes.  Méthode similaire pour les tenues sombres des conducteurs. Les bandes noires de scratch retirées, redonnent des couleurs aux blousons et casques.  Les numéros de plaques minéralogiques, réapparaissent au grand jour. Les engins comme par magie, voient leurs teintes vives camouflées revenir à la lumière. Une métamorphose saisissante, en un instant, les scooters ont retrouvé leurs propres identités. Ensuite parfaitement en règle, les pilotes et leurs machines se sont réintégrés gentiment, dans la circulation fluide dǯun calme dimanche matin. Gino et Aldo Luchesi, ne restent que peu de temps dans l'avenue toujours en effervescence. Les nombreuses caméras de télés filment sans discontinuer, inutile de prendre des risques. La possibilité de se faire repérer reste importante, malgré leur apparence anonyme. Les deux frères quittent discrètement le lieu de leurs exploits, particulièrement satisfaits. Par leur action spectaculaire, ils ont mis un terme définitif à la tranquillité de leur cible, de cela ils en sont persuadés.
 Le déchaînement médiatique qu'ils ont déclenché, en font deux personnes pleinement heureuses. Lǯintense animation régnant dans le quartier, prouve à lǯévidence ce fait. Les questions des journalistes, se concentrent sur la personnalité de la victime. Bientôt une évidence se fait jour, peu de voisins connaissent la famille et encore moins le ressortissant Libanais. Les personnes vivant au second étage de lǯavenue dǯEylau, sont pratiquement inconnues des résidents voisins.  Le ballet bien réglé de la limousine, déposant les enfants et les ramenant de lǯécole, revient dans tous les témoignages. Invariablement, le scénario se répète chaque jour de classe. Le matin, le chauffeur attend les enfants au pied de l'immeuble. L'homme descend de sa voiture et dans les trente secondes, les fillettes arrivent.  Les confidences faites aux journalistes, ne donnent aucun élément concret sur les habitants du deuxième étage. Les voisins ne les aperçoivent que fugacement, personne ne les connais vraiment. Les autochtones interrogés n'en savent pas plus, les gens habitant l'appartement visé sont d'une discrétion rare. Certains journalistes décident, de s'informer chez les commerçants ouverts en ce dimanche matin. Le constat similaire étonne les pros de lǯinformation, tous connaissent l'employée philippine, personne le couple Franco-Libanais.  Le chauffeur de Marwan Saliba averti par les informations télévisuelles, se mêle aux personnes réunies dans l'avenue. Reconnu par la concierge évoluant dans l'immeuble martyrisé, elle informe aussitôt les journalistes de sa présence. La volte-face des reporters laisse la femme seule au monde, en trois secondes. Tel un vol de vautours, ils se dirigent à pas pressés vers l'homme désigné.  L'attitude glaciale du chauffeur, ne laisse pas présager un dialogue empreint de bonne humeur et de cordialité. La froideur avec laquelle il accueille les journalistes, les tempère quelque peu. L'homme grand et athlétique, impressionne véritablement. La stature hors normes de l'individu, calme instantanément leurs velléités de questions curieuses. Sous le costume, les muscles du glacial chauffeur Libanais transparaissent, la puissance qu'il dégage est visible et bien réelle.  Le ''no comment'' venant de sa part, désarçonne instantanément les représentants des masses médias. Peu après, l'homme fait demi-tour sous leurs regards ébahis. Un journaliste plus téméraire que les autres, essaye une ultime tentative en lui barrant le chemin. Le regard noir qu'il intercepte, le dissuade desuite dǯinsister dans sa démarche. L'homme poursuit sa route devant le journaliste médusé, qui a bien compris le message. Téléphone portable en main, le colosse à lǯécoute de son interlocuteur, analyse les propos qu'on lui tient. Ses rapides regards, ainsi que son allure décidée, interdisent aux professionnels de l'information de réitérer une autre tentative dǯapproche. Cet homme a marqué un net avantage psychologique sur eux, ils n'auront rien, ils le savent, lui aussi cǯest ainsi.
 Le chauffeur toujours aussi imperturbable, range son portable à la fin de la conversation. Peu après, il s'engouffre dans la station de métro Trocadéro. Sans un regard pour eux, il disparaît bien vite de leur champ de vision. Des policiers en tenue montent au deuxième étage de lǯimmeuble dévasté, ils accompagnent les deux lieutenants chargés de lǯenquête. Sur le palier une seule porte, un appartement par niveau semble être la règle. Visiblement, la surpopulation, nǯest pas de mise dans ces contrées bourgeoises.  La sonnette fait entendre son timbre strident. Pratiquement dans la seconde, des bruits de verrou et de clef avertissent de lǯouvertureimminente de lǯhuis. Une employée Philippine terrorisée ouvre le battant, elle invite les arrivants à pénétrer dans les lieux. Dès lǯaccès à lǯappartement, dans un couloir desservant les trois pièces martyrisées, quatre personnes sont présentes. La famille résidente est composée dǯun couple et deux enfants. Totalement décontenancées, les deux fillettes se tiennent auprès de leur mère, une lueur affolée dans le regard.  Pour le père de famille la situation est quelque peu différente, il attend calmathlétique que sonement les questions. Lǯhomme grand et tout aussi chauffeur, salue les policiers. Stoïque, visiblement encore sous le choc de la fusillade, il sǯapproche des fonctionnaires. -Bonjour messieurs, je mǯappelle Marwan Saliba. Je suis le propriétaire des lieux, voici mon épouse et mes deux filles. Je ne comprends pas lǯattaque que nous venons de subir, cǯest insensé. Je ne vois pas pourquoi ces gens ont attaqué notre domicile, avec autant de violence- Le salon, la salle à manger etle bureau donnant sur lǯavenue sont ravagés totalement. Les impacts de balles au plafond et sur les murs des trois pièces en enfilade, se comptent par dizaines. Le plâtre recouvre le parquet ainsi que des morceaux de plafond, un véritable désastre.  Les deux policiers précédés par le propriétaire, contemplent les dégâts dans les trois pièces. Le nettoyage et la remise en état de lǯappartement, prendront un certain temps. Telle est la réflexion commune en cet instant, des deux fonctionnaires  Le lieutenant Martin, demande au propriétaire :  -Avez-vous une idée quelconque, sur les auteurs de ce carnage immobilier ?  -Non vraiment aucune, je nǯai pas dǯennemis, à mon avis ils se sont trompés de cible, je ne vois pas dǯautre explication...  La réponse négative déplait au policier, il réplique :  -Les tireurs qui se sont lancé dans une attaque de cette ampleur, nǯont pas fait le voyage pour rien. Sǯentrainer au tir, dans un quartier du seizième arrondissement, nǯest sûrement pas une explication rationnelle. Peut-être un litige ou un différend dǯordre privé, ou commercial?  -Sincèrement Messieurs, je ne sais pasqui pourrait mǯen vouloir à ce point !!
 Cet homme ment, la constatation assaille le duo de flics au même instant. Le lieutenant Massart, prenant le relais de son alter ego, revient à la charge :  -Lǯerreur de cible ne tient pas, je ne crois pas du tout à une méprise. Des individus aussi déterminés que ceux-ci, ne tirent pas au fusil mitrailleur sur une façade dǯimmeuble, sans intentions quelconques. Les auteurs de cette fusillade nǯont pas fait cela, pour faire travailler des vitriers et plâtriers. Lors de votre convocation au commissariat, une version plus crédible sera attendue de votre part. Dans lǯimmédiat, veuillez nous montrez sǯil vous plait, vos pièces dǯidentité- Le lieutenant Martin reprend la parole, alors que son alter ego vérifie les passeports de la famille:  -Monsieur Saliba, puis vous demander la profession que vous exercez ? La réponse armée pourrait venir de vos relations professionnelles-Lǯhomme répond instantanément:  -Je suis dans les affaires-Devant le manque de clarté évident de cette réponse, lǯinspecteur demande des précisions, sur les affaires en question. Son hésitation est palpable, lǯhomme prend son temps avant de répondre à lǯinsidieuse question. La victime du mitraillage clarifie néanmoins la situation, en expliquant son activité :  -Je mets en relation des entrepreneurs, des chefs dǯentreprises de dimensions internationales, entre eux. Je suis un lobbyste, je pratique dans divers domaines, les travaux publics, le pétrole, le gaz. Mon nom est connu et respecté dans les milieux industriels étrangers. Je possède un carnet dǯadresses de grands entrepreneurs et dirigeants, avec leurs coordonnées personnelles. Ces personnes responsables, gèrent des sociétés mondialement connues du Nasdak, du CAC 40, où du Nikkeï. Je détiens également, quelques numéros de téléphone de chefs dǯétats étrangers, du proche et du moyen orient-orient-Cette confidence faite aux policiers nǯest pas de la bravade, juste un état de fait, sûrement sa réalité quotidienne. Cet homme côtoie les grands capitaines dǯindustries de ce monde, il ne voit pas pourquoi son domicile Parisien a été pris pour cible. Dans son milieu il est très rare que les différents se règlent à lǯarme de guerre, de façon aussi brutale. Les litiges trouvent leurs solutions dans les tribunaux au pire, jamais de cette manière. Marwan Saliba revient à sa thèse préférée, celle de lǯerreur de personne et de cible.  -Messieurs, je vous répète que je nǯai pas dǯennemis recensés à ce jour.Je ne sais dǯo‘ provient cette attaque délibérée, je compte sur vous pour me lǯapprendre-
 Son épouse beaucoup plus jeune que lui, tient les mains de ses deux filles, elles ont huit et dix ans. Concernant les enfants, la situation est nettement différente. Les deux fillettes ont eu peur et actuellement, la crainte se trouve toujours dans leurs yeux. La scène violente vécue sera pour elles, sûrement difficile à évacuer. Le bruit et les dégâts occasionnés dans leur maison, hanteront pour un certain temps leurs nuits.  Les deux inspecteurs se font la réflexion, en regardant les gamines accrochées à leur mère. Depuis le début de lǯintervention policière, la femme nǯa pas exprimé de colère où posée la moindre question. Elle observe la scène de ses yeux clairs, en silence. Les policiers nǯont pas encore entendu le son de sa voix. Lors des présentations par le mari, elle sǯest contentée de saluer les hommes dǯun bref mouvement de tête.Lǯattitude anormale de la situation, interroge le binôme enquêteur, le schéma nǯest pas classique.Lǯépouse belle et grande lǯair hautain, scrute les deux policiers avec une certaine déférence. Elle regarde les deux hommes qui ont investi son universet visiblement, elle a hâte quǯils partent le plus rapidement possible.  La femme contemple la dévastation de son appartement, sans émotion apparente. La froideur dont elle fait preuve, après ce qui peut passer pour un règlement de compte étonne les policiers. La seule réaction positive, se trouve dans son attitude rassurante envers ses enfants.  Actuellement, elle essaye de les réconforter avec beaucoup de prévenance. Les fillettes ne lâchent pas leur mère, souvent elle leur parle doucement. Pour se faire elle se met à leur hauteur, rassurante et protectrice leur disant de ne plus avoir peur que cǯest fini. Un contraste saisissant, avec lǯattitude glaciale quǯelle inflige présentement, aux deux lieutenants de police.  Le père regarde souvent ses enfants un voile dans les yeux, mais nǯinterfère jamais. Marwan Saliba laisse faire son épouse, elle maitrise la situation envers ses enfants, en ayant les mots rassurants. Le tandem policier, enregistre lǯentretien édifiant sur un dictaphone. Nul doute que leur chef appréciera le dialogue, comme la situation peu banale. Le chef en question est le commissaire Alain Lemarchand. Alors, quand il a reçu lǯappel du ministre de lǯintérieur, lui rapportant quǯun citoyen Libanais influent venait de subir une attaque à lǯarme de guerre. Son instinct de chasseur, a repris le dessus dans la seconde.  Le commissaire ne pouvant attendre le lendemain, a aussitôt dépêché sur place son binôme préféré, les lieutenants Massart-Martin, même un dimanche matin. Le mode opératoire de lǯattaque, lǯa immédiatement mis en alerte. Les règlements de comptes entre voyous, se différencient de cette manière de procéder. Les hommes qui ont tiré sur cet appartement, savaient pertinemment ce quǯils faisaient. La nationalité dǯorigine de la victime, lǯintéresse tout autant.
 Le Liban, a connu de terribles épreuves par le passé, les événements sont encore en mémoire de chacun. Actuellement, le proche orient vit une phase de stabilisation sereine. Les concrétisations de paix sont toujours dǯactualité, une période de douce quiétude règne. Les soucis du Franco-Libanais, viennent dǯailleurs. Telle est la conviction intime du policier, au premier jour de cette affaire atypique. Cette attaque Parisienne, ne lui dit rien de bon, son sixième sens ne le trompe que rarement. Le commissaire en est là de ses réflexions, quand un motard de la gendarmerie, venant du ministère de lǯintérieur, dépose le dossier attendu.  Alain Lemarchand commence la lecture de la prose ministérielle, elle est imposante. Le passé de lǯintéressé, sǯétale sur plus de trente ans. La surprise du commissaire à la hauteur du dossier, énorme. Après quelques pages de lecture, une constatation sǯimpose à ses yeux. La vente dǯarmes de toutes sortes, semble être le passe-temps préféré du résident Franco-Libanais.  La carrière du sulfureux Marwan Saliba débute au Liban, lors du conflit fratricide. Les services de renseignements précisent, quǯil a armé les phalanges chrétiennes durant la guerre civile. Cǯest en mille neuf cent soixante-dix-sept, quǯil a réalisé cette transaction. Lǯhomme alors âgé de vingt et un ans, réussi lǯexploit de livrer des armes en passant par la Syrie. Lǯexpérience dut lui plaire, car à partir deinstant, le négoce de cet matériels militaires devient partie intégrante de sa vie. Sǯen suit une longue de pays amis ou nettement moins, ayant reçu lǯaide discrète du marchand de mort. Une certitude commence à poindre chez le policier, son activité principale doit être la cause de ses malheurs actuels.  En parcourant le volumineux dossier, il découvre que le Franco-Libanais, est probablement lǯartisan du programme dǯinstallation des missiles Russes S 300 Iraniens.  Une note interne, notifie que les services secrets américains, évoquent également une provenance identique de ces armes. Seules des présomptions sont évoquées, mais jugées suffisamment crédibles pour alimenter de forts soupçons. Sur ce chapitre précis, le correspondant nǯa pu démontrer formellement, lǯimplication du Libanais dans cette vente.Le cloisonnement organisé dans ces juteux contrats dǯarmements, permet dǯocculter les véritables bénéficiaires. La discrétion dans ce domaine, nǯa pas dǯéquivalent chez les affairistes, lǯomerta prime sur tout. Lǯhomme est né en Juillet de lǯannée mille neuf cent cinquante-six à Beyrouth, dans une famille Maronite. Marwan Saliba passe son enfance et étudie dans cette ville. Cǯest à lǯoccasion de la guerre du Liban, quǯil apparait au grand jour. Les amitiés liées pendant les combats entre factions, décident de son avenir. Les premiers rapports fournis au ministère de lǯintérieur par la DGSE, datent de cette période trouble. Les relations tissées à cette époque, le propulsent dans les coulisses du pouvoir au proche orient. Son intelligence hors normes et un sens aigu des affaires, lui donnent lǯoccasion de briller sur la scène internationale.
 Son nom sera souvent cité quelques années plus tard, dans les chroniques mondaines. Marwan Saliba, restera longtemps classé dans la clientèle élitiste de la Jet Set.Lǯargent coule à flot, principalement sur la côte dǯazur. Les années quatre-vingt, sont les témoins de ses frasques dispendieuses. Cǯest durant cette époque dorée, quǯil achète une magnifique propriété à Saint Jean Cap Ferrat.  La fantastique villa située sur un promontoire naturel, offre une vision féerique et panoramique sur la méditerranée. Nul obstacle ne se dresse devant la luxueuse résidence, pour contrarier une vue exceptionnelle à deux pas de Monaco. Un petit paradis sur terre, cerné de tous côtés par des propriétés somptueuses, hors de prix pour le commun des mortels. Son estimation actuelle avoisine les trente millions dǯeuros, dǯaprès les experts en immobilier de Bercy.  Le rapport que lit le commissaire est exhaustif, le moindre détail sur le mode de vie du sieur Saliba est scrupuleusement annoté. Les renseignements généraux de lǯépoque ont fait un travail minutieux, rien nǯa échappé à leur sagacité. Alain Lemarchand reprend sa lecture, après lǯintermède de réflexion concernant les renseignements fournis. Cǯest à cette époque quǯil sǯinstalle également, dans la principauté de Monaco, le microcosme des nantis. Le sulfureux Marwan Saliba obtient rapidement le statut de résident, en mille neuf cent quatre-vingt-trois. En quatre ans, la nationalité Monégasque tant convoitée lui est offerte.  Son appartement situé sur le port de Fontvielle, fait face à son voilier, amarré quai Princesse Charlotte. De son salon, il peut admirer son sloop de trente-quatre mètres qui fait sa fierté.  Les rigoureux services de renseignements Français, connaissent les moindres détails de la vie de Marwan Saliba. Tout est recensé avec un luxe de précisions. Cǯest en mille neuf cent-quatre-vingt-dix, quǯil divorce de son épouse. Son fils de deux ans Sammy, reste avec sa mère en accord avec son géniteur. La jeune femme reçoit une importante pension alimentaire, elle réside à Londres dans un appartement de six cent mètres carrés.  Régulièrement, Marwan Saliba rend visite à Sammy dans la capitale anglaise. Des liens très forts existent entre eux. Lǯentente père et fils est dǯaprès le rapport, un modèle du genre, Marwan Saliba aime son enfant comme un fou. La suite, est dǯun classicisme programmé pour le jeune Sammy. Les grandes écoles anglaises se profilent à lǯhorizon, après un bac obtenu avec difficulté.  Le rapport précise, que les relations du père ont joué pour que Sammy puisse entrer à Oxford. Les résultats décevants, ne plaident en faveur de lǯétudiant médiocre. Le fils nǯest pas doué pour les études, il les abandonne rapidement.
Dès lǯadolescence, pour les vacances scolaires, Sammy Saliba investit la villa de Saint Jean Cap Ferrat avec ses copains. Les soirées concoctées par lǯhéritier, vont crescendo. Elles causent rapidement quelques ennuis au rejeton, par les nuisances sonores provoquées. De nombreuses plaintes émaillent le dossier, toutes négociées de main de maitre par lǯavocat de la famille, Charles Lantéri. Une figure du barreau Monégasque, un ténor dans sa partie, la référence absolue.  Le commissaire Lemarchand, commence à se faire une idée nettement plus précise du personnage. Une conversation avec le mitraillé, sǯimpose dans son esprit. Pour lui, lǯattaque a été organisée uniquement pour que les services de police, sǯintéressent à sa personne. Sa thèse, les auteurs de la fusillade ont voulu attirer lǯattention sur le Franco-Libanais, le but est parfaitement atteint.  Alain Lemarchand se conforte dans cette idée, en ayant lu le rapport des policiers pris sous le feu des armes de guerre. Les dizaines de cartouches tirées sur son étage, nǯont touchées aucun civil, ni représentants de lǯordre. Pour lui, cǯest le travail de tireurs aguerris exécuté par des professionnels aux nerfs dǯacier.Des hommes ayant une maîtrise totale de ces armes, au pouvoir destructeur bien réel. Marwan Saliba est au cœur dǯune affaire inhabituelle, le cas rarissime excite son intelligence. Le commissaire échafaude des thèses, sans avoir lǯombre dǯune piste. Quel lien, peut exister entre le personnage et le mitraillage sauvage de son appartement ? Un contrat non respecté, une livraison dǯarmes non aboutie, un différend dǯordre financier. Sans début de piste, la patience sera sa vertu première, il attendra les futures évolutions de lǯenquête qui ne tarderont pas. Cǯest une certitude pour le policier, le mystère du mitraillage ne fait que débuter.  La pugnacité dont il peut fait preuve, impressionne ses collègues, des qualités qui font sa force. Les tireurs, en commettant leur acte offensif ont braqué les projecteurs de la police sur le Franco-Libanais. La lumière générée, donne à Marwan Saliba un excès de notoriété, dont il se serait bien passé. Lǯépisode doit le déranger fortement. De cela, le commissaire en est intimement persuadé, il ne doit pas aimer la situation. Dans le monde fermé des vendeurs dǯarmes, la publicité nǯest guère appréciée des commanditaires. Marwan Saliba dans le collimateur policier et médiatique, aura beaucoup moins de facilités dans ses futures affaires. Lǯappel, au ministre de lǯintérieur a lieu quelques instants plus tard. Le commissaire Alain Lemarchand, étaye sa thèse. Edmond Pasqui, écoute religieusement ses propos. Le ministre convient que pour attirer lǯattention sur quelquǯun, peu de moyens sont aussi efficace que celui-ci. Dǯailleurs le résultat il lǯa en direct au téléphone, son limier préféren pleineé est déjà réflexion.
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