Bal au prisonnier

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Bal au prisonnier Tu es prisonnier ? Tu as pourtant les clefs. Tu peux partir Quand tu en as envie Et tu le sais Alors pourquoi baratiner ? Evidemment il faudra t’assumer et payer l’électricité. Tu ne t’es jamais exprimé Tu ne m’as jamais dit que tu te sentais en prison La vie à deux c’est balle au prisonnier ? Pas marrant d’aimer la même femme chaque soir ? Tu ne peux plus draguer d’autres filles ni les ramener ici. Tu n’es plus seul. Tu ne peux plus en toucher d’autres Et tu es joueur. C’est toujours la même femme que tu vois Et c’est chiant. Tu as besoin de diversité, de changement. Tu as besoin de jouer, de séduire De voir que tu plais à d’autres Une ne suffit pas. Une femme n’est jamais tout à fait la même Il suffit de la regarder pour le voir. Me regardais-tu ? Tu ne m’as jamais rien dit Tu préférais attendre bien au chaud en faisant des économies Mettre de côté, ne jamais rien payer. Accumuler comme une souris Pour ne pas te sentir acculer comme un rat. En attendant tu as joué les taupes. Tu as creusé des galeries Et au bout de chaque mail Il y avait une femme. « J’arrive ma chérie » Ca te prenait des plombes pour éteindre toutes tes sessions. Voir venir Faire des économies, tromper c’était plus excitant Et te barrer quand tu l’aurais choisi. J’ai découvert ta boîte à tunnels un soir. Tu t’étais installé sur mon ordi. « Florian » avec une paire de seins évidemment T’avait mis les sens à l’envers.
Publié le : mercredi 13 août 2014
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Bal au prisonnier
Tu es prisonnier ?
Tu as pourtant les clefs.
Tu peux partir
Quand tu en as envie
Et tu le sais
Alors pourquoi baratiner ?
Evidemment il faudra t’assumer et payer l’électricité.
Tu ne t’es jamais exprimé
Tu ne m’as jamais dit que tu te sentais en prison
La vie à deux c’est balle au prisonnier ?
Pas marrant d’aimer la même femme chaque soir ?
Tu ne peux plus draguer d’autres filles
ni les ramener ici. Tu n’es plus seul.
Tu ne peux plus en toucher d’autres
Et tu es joueur.
C’est toujours la même femme que tu vois
Et c’est chiant.
Tu as besoin de diversité, de changement.
Tu as besoin de jouer, de séduire
De voir que tu plais à d’autres
Une ne suffit pas.
Une femme n’est jamais tout à fait la même
Il suffit de la regarder pour le voir.
Me regardaistu ?
Tu ne m’as jamais rien dit
Tu préférais attendre bien au chaud en faisant des économies
Mettre de côté, ne jamais rien payer.
Accumuler comme une souris
Pour ne pas te sentir acculer comme un rat.
En attendant tu as joué les taupes.
Tu as creusé des galeries
Et au bout de chaque mail
Il y avait une femme.
« J’arrive ma chérie »
Ca te prenait des plombes pour éteindre toutes tes sessions.
Voir venir
Faire des économies, tromper c’était plus excitant
Et te barrer quand tu l’aurais choisi.
J’ai découvert ta boîte à tunnels un soir.
Tu t’étais installé sur mon ordi.
« Florian » avec une paire de seins évidemment
T’avait mis les sens à l’envers.
Tous ces petits mots qui flottaient sur l’écran.
Je suis restée bouche bée
Comme un poisson trop longtemps enfermé.
Toutes ces femmes.
Il y en avait partout.
Des femmes tiroirs
Une ici, une là.
Toutes ces phrases
Tous ces mots
Quelle inspiration.
Des mots que je n’avais jamais entendus
Tu as lu Corin Tellado ?
Tu trouves quand tu veux !
Là, tu as beaucoup voulu.
L’impression d’être aspirée.
Un silence, une pause, un ouragan,
Des arbres qui tombent, de la pluie
Et plus de son.
Un bourdonnement.
Et toi qui souris sur le canapé
Comme un con.
Un con, un canapé, un sourire.
Pourtant tu couchais avec moi ?
Evidemment
Tu avais froid
Il fallait bien te réchauffer
Il fallait bien en profiter
Il fallait bien passer le temps
Coucher c’est comme manger
C’est quand même mieux que la télé.
Et puis personne ne le savait.
Dans tes mails,
Pour ces femmes
Tu étais déjà parti.
Tu étais célibataire.
Ah, bon !
Tu aurais pu me le dire !
C’était qui dans mon lit, dans ma vie ?
C’était ça être deux?
C’était faire semblant, mentir, tricher
Et sourire tout le temps ?
Tu es la star du film de ta vie
Tous les autres sont des figurants
Et ne sont pas au courant.
Evidemment.
Décidément.
J’oublie.
A chaque fois.
Je t’ai aidé à partir bien sûr.
Tu as essayé de me faire payer la note.
L’hôtel où tu as dormi deux nuits avant d’embobiner le p’tit loueur
d’ appartement.
Tu t’y prends très bien.
Tu avais « encore » oublié ton chéquier.
Capable de gérer un tas de liaison à petite et moyenne distance
Du papier virtuel.
Incapable de gérer du papier
Du vrai, qui sort de ton carnet.
« Je te rembourserai ».
Le temps est un océan.
Tu n’as jamais ton chéquier
Tu n’as jamais de stylo
Tu n’as jamais le temps.
« Ah ! Le téléphone sonne ».
« Je vais louper le loto ».
« Je dois sortir le chien ».
Cette fois çi, je t’ai laissé assumer tes tromperies,
Tes femmes multiples
Tes responsabilités.
Bien sûr j’ai fais des voyages.
Amener tes affaires
Te déménager
Compter les nuages.
Tu voulais m’inviter à prendre le thé comme tu fais chaque fois
L’air détaché.
Les arbres n’avaient pas repoussé
La pluie continuait de tomber
L’ouragan nous suivait.
Ta connerie et ton sourire aussi.
Tout était à découvert ;
Tes baratins, ton savoir faire,
Ta garçonnière.
Je connais le chemin
Les horaires
Le dénivelé
La façon de faire
La montée
Les clefs que tu tends
Pour que chaque femme ouvre ta porte
Et s’invite au bal.
Le film en accéléré.
Je ne suis jamais montée.
Après cinq années
Tu me traitais comme les femmes que tu séduisais
Qui empruntaient ton escalier.
J’avais été une de ces femmes.
J’avais cru être ta seule femme
Tu étais mon seul homme.
Je te laisse jouer
Jouer à bal au prisonnier.
Je te laisse le carnet,
La robe
La lumière tamisée.
Je te laisse mener
Ouvrir
Conduire
Courir
Inviter
Sourire
Te sentir exister.
Je ne joue plus.
Je n’ai jamais joué.
Je suis libre.
A chacun sa destinée.
@Juliasmile1 30 juillet 2014
« Chaque fois que les cannibales sont sur le point de mourir de faim, Dieu dans son infinie bonté, leur envoie un missionnaire bien grassouillet » Oscar Wilde
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