RELIGION ET COLONIE AFRICAINE

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UNIVERSITE DE KINSHASA FACULTE DE DROIT B.P. 204 KINSHASA XI RELIGION ET COLONIE AFRICAINE Par MUABILA MUABILA Glody Etudiant en Droit/UNIKIN Philosophe politique autodidacte ANNEE ACADEMIQUE 2011-2012 Depuis maintenant plus d'une quarantaine d'années, nous assistons à un foisonnement de travaux historiques portant sur « les congrégations religieuses dans les colonies africaines». Cette réflexion, à la croisée de l'histoire des missionnaires, de l'histoire des femmes et de l'histoire coloniale, a profondément renouvelé les connaissances et la compréhension de la place des femmes dans des sociétés à la fois patriarcales et coloniales. Curieusement, étant donné la façon dont l'éducation structure les sociétés et les mentalités, l'éducation des filles en Afrique noire est un sujet qui n'est développé que depuis peu dans l'historiographie de la période contemporaine, la plupart du temps dans une forme encore inédite. Nous avons décidé dans le cadre de ce travail y consacré quelques lignes. Trois points constitueront l’ossature de notre travail : en premier lieu, nous analyserons non seulement les origines de la religion «européenne » dans les sociétés africaines précoloniales mais aussi sur la formation des colonies en Afrique, un crochet sera fait sur l’histoire de la colonisation.
Publié le : jeudi 30 août 2012
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UNIVERSITE DE KINSHASA
FACULTE DE DROIT
B.P. 204 KINSHASA XI
RELIGION ET COLONIE
AFRICAINE
Par MUABILA MUABILA Glody
Etudiant en Droit/UNIKIN
Philosophe politique autodidacte
ANNEE ACADEMIQUE 2011-2012
Depuis maintenant plus d'une quarantaine d'années, nous assistons à un foisonnement de travaux
historiques portant sur « les congrégations religieuses dans les colonies africaines». Cette réflexion, à
la croisée de l'histoire des missionnaires, de l'histoire des femmes et de l'histoire coloniale, a
profondément renouvelé les connaissances et la compréhension de la place des femmes dans des
sociétés à la fois patriarcales et coloniales. Curieusement, étant donné la façon dont l'éducation
structure les sociétés et les mentalités, l'éducation des filles en Afrique noire est un sujet qui n'est
développé que depuis peu dans l'historiographie de la période contemporaine, la plupart du temps dans
une forme encore inédite.
Nous avons décidé dans le cadre de ce travail y consacré quelques lignes.
Trois points constitueront l’ossature de notre travail : en premier lieu, nous analyserons non seulement
les origines de la religion «européenne » dans les sociétés africaines précoloniales mais aussi sur la
formation des colonies en Afrique, un crochet sera fait sur l’histoire de la colonisation. En deuxième
lieu nous évoquerons les impacts de la religion européenne dans les sociétés coloniales africaines et
aussi de l’impact de la colonisation dans les sociétés africaines ; et nous conclurons en troisième lieu
notre travail en y apportant des pistes de solution.
TITRE Ier
LA RELIGION
Dans ce titre, nous expliquerons le fondement de l’importation des religions européennes
dans les sociétés africaines. Et surtout répondre à la question de savoir « comment se fait
la rencontre entre ces religions et l’Afrique ?
Retenons que la société coloniale africaine a connu deux grandes religions, toues venues
de l’extérieur, j’ai cité le christianisme pour l’occident et l’islam pour l’orient
.
CHAP. Ier
LE CHRISTIANISME (post 1800)
Section I Origines
Pourquoi post 1800 ? Nous avons estimé bon de borner notre travail sur le 19è siècle, car il convient
de signaler que le christianisme comme certains le pensent ne datent pas que de ces deux précédents
siècles.
Juste à titre de rappel nous noterons que
le christianisme en Afrique peut même se targuer
d’une grande antiquité qui fait que d’un point de vue historique, la chrétienté n’est pas récente
en Afrique…
L’Égypte - où dit-on, le Christ séjourna quelque temps pour se protéger des persécutions d’Hérode -
fut le premier pays d’Afrique à accueillir l’évangile, qui se diffusa alors en Éthiopie et en Nubie
(actuel Soudan). Ainsi, l’apôtre saint Marc, compagnon de saint Paul puis de saint Pierre, auteur de
l’évangile, vécut son martyre en Égypte. (Paul VI ordonnera, après le concile de Vatican II, de
restituer les reliques au Caire, dans la nouvelle cathédrale de l’Eglise copte). De même, la spiritualité
des Pères du Désert, - saint Antoine le grand, saint Pachôme et Théodoret de Cyr - reste bien vivante
dans les vénérables monastères du Wadi-Natroum, au sud du delta du Nil et dans les monastères de la
mer Rouge. Ce n’est pas un hasard si on la retrouve à la source de l’inspiration des premières
fondations bénédictines en Afrique noire.1
Plus à l’ouest, en Tunisie et Numidie, il faut rappeler que, jusqu’aux invasions arabes, l’Afrique du
Nord fut une active région chrétienne, comptant même jusqu’à six cents évêchés au Ve siècle et de
grands théologiens comme saint Augustin, qui figure parmi les Pères de l’Eglise les plus féconds. A sa
mort, en 430, ces diocèses succombèrent aux invasions des Vandales (groupe de peuples germaniques
qui persécutèrent les Catholiques et devinrent maîtres de la Méditerranée) et furent progressivement
réduites,du VIIe au XIIe siècle par la conquête musulmane… La disparition est due en grande partie à
la latinisation de l’église (Rome).
Les travaux des spécialistes repris Mgr Teissier en 1991 et René Luneau à l’ouverture de son livre
récent sur
le synode africain
2 relient la disparition étonnante de ces communautés maghrébines
chrétiennes à leur latinisation, excluant le moindre effort pour traduire ou intégrer la langue berbère, -
une faiblesse essentielle que fait ressortir a contrario la résistance des communautés
proche-orientales trop occupées à défendre leurs langues coptes, grecque ou syriaque. Il faut souligner,
en outre, l’absence de structures monastiques rurales au Maghreb. Mais ceci nous importe peu dans le
cadre de notre travail.
La question qui revient souvent, est
« comment le christianisme a rencontré l’Afrique
?
Il y a de l’intensité dans ce terme de “
rencontre
” : celle-ci peut signifier une reconnaissance mutuelle
entre deux êtres humains, et même entre deux cultures - par conséquent, être l’occasion d’un échange
où le recevoir l’emporte sur le savoir et le donner…
Cette rencontre porte alors en elle une “
fécondité
” insoupçonnée au départ. A la richesse humaine, la
tradition biblique avait nommé l’étranger inconnu, - auquel on fait honneur en respectant les lois de
l’hospitalité - ambassadeur de Dieu, voire Dieu lui-même, ce
Dieu en trois personnes qu’Abraham reçut sous le chêne de Mambré, qui semble avoir été le lieu
d’habitation favori des patriarches. (Genèse, 18). Dans ce débat, le terme de “
rencontre
”a-t-il la même
signification lorsque l’on parle des relations entre christianisme et Afrique ?
Les missionnaires, “
ces étrangers venus de là-bas
” (pour reprendre la terminologie employée par
Anselme Sanon) ont-ils été jusqu’au bout de leur vocation qui consistait à s’identifier au peuple qu’ils
avaient adopté, au point de s’effacer devant une église qu’ils devaient conduire à l’âge adulte ? Quant
aux chrétiens africains venus peut-être de plus loin encore, de leur coutume ancestrale, sont-ils eux
aussi parvenus au bout de leur cheminement, les conduisant à intégrer leurs traditions à un
christianisme intériorisé, pour mettre en œuvre le “
christianisme africain
”?
Le questionnement sur le christianisme africain a un caractère très récent. Sa redécouverte par les
Africains est en effet tardive. Dans ce cas, cette première rencontre est empreinte de“
curiosité
” pour
une forme de religion plus sensible, plus directe et plus mystérieuse encore que les esprits de la
tradition… Citons quelques exemples pour illustrer notre propos : la demande spontanée d’envoi de
missionnaires dans les années 1950 dans le village de Koumogo au Tchad, - racontée par Jacques
Hallaire, les regards interrogateurs portés sur le sacrifice eucharistique par la population, le premier
contact avec des Blancs - cet épisode nous est rapporté par sœur Élisabeth de la Trinité et par Marcel
Paternot.
Préfaçant l’ouvrage de ce dernier, Paul Claudel compare cette“
découverte
” fortuite au choc qu’il
éprouva lui-même à l’élévation, au soir de l’office du Noël 1886 à Notre-Dame de Paris, et qui
déclencha sa propre conversion…
Section II pratiques
Le catholicisme et le protestantisme par le biais de ses missionnaires en dehors de leurs missions
d’agents double càd non seulement ils tenaient la bible dans la main gauche mais aussi se verser dans
des pratiques extrêmement inhumaines telles que certains auteurs l’ont décriées. Ces missionnaires là
avaient aussi pour mission d’amener les africains considéraient indigènes à rompre avec leurs sources,
j’ai cité la tradition, la coutume, les usages et les pratiques sous prétexte qu’ils étaient en déphasage
avec les lois universelles, bref sous prétexte qu’ils étaient brutaux et primitifs, en vue de leur
apprendre une nouvelle civilisation dite Européenne, propre et moderne. Toujours à cause de la
colonisation, qui a engendré ces fameuses religions, nous nous sommes intéressés à la pratique
pédagogique appliquée par les missionnaires sur la gente féminine en Afrique (madagascar, sénégal,
mali, cote d’ivoire)
Quelques ouvrages récents ainsi que des travaux de maîtrise permettent de suggérer des pistes de
réflexion et devraient stimuler d'autres travaux sur la question de l'éducation. Le livre de Jacqueline
Ravelomanana-Randrianjafinimanana3 est l'un des rares à placer l'éducation des filles au centre de sa
réflexion sur le groupe
merina
à Madagascar entre le XVIe et le XXe siècle. Son analyse met en avant
la similitude des buts des missionnaires catholiques et protestants : pour eux, la volonté d'éduquer les
filles s'inscrit dans une préoccupation très européenne d'opérer des transformations sociales à travers la
formation de bonnes épouses et mères de famille. Mais à cette optique s'ajoutent des préjugés envers
les femmes africaines : jugées perverses et séductrices, on les estime aussi faibles et plus malléables
que les hommes. À travers elles, les missionnaires souhaitent restructurer la famille africaine.
Le contenu pédagogique et l'organisation de l'enseignement traduisent cette visée domestique. La
séparation des sexes est la règle et le bagage culturel transmis léger ; sœurs catholiques et femmes
protestantes insistent sur les travaux ménagers et les travaux d'aiguille, en sus bien sûr de
l'enseignement religieux4. À partir de 1861, quand Madagascar s'ouvre vers l'extérieur, s'implantent
des
day-schools
ainsi que des internats dirigés par des missionnaires anglais, norvégiens et français.
Visant une élite urbaine, les protestants souhaitent, grâce au pensionnat, couper la jeune fille de son
milieu d'origine.
Les catholiques, et surtout les sœurs de Saint-Joseph de Cluny, s'orientent davantage vers des milieux
plus modestes et accueillent bien plus d'élèves : certaines écoles en ont jusqu'à 400! 5L'enseignement
plus rudimentaire se concentre sur la religion et les travaux manuels et ménagers, avec présence
d'ouvroirs pour financer les écoles. Le faible nombre de sœurs pousse la congrégation à adopter
l'enseignement mutuel qui a l'avantage de former des maîtres malgaches pour les campagnes. En 1885,
les sœurs précisent qu'elles ont plus de 14 000 élèves dans des pensionnats, des écoles primaires et des
écoles de village. On aimerait cependant connaître l'avenir des jeunes filles éduquées dans ces écoles-
ouvroirs. Deviennent-elles de bonnes mères de famille ou des domestiques pour les congrégations ?
L'orientation réelle des études féminines missionnaires a fait l'objet d'un débat parmi les historiens
anglophones, auquel Modupe Labode propose une réponse dans le cadre d'une étude fort riche sur
l'action des missionnaires anglicans en Afrique du Sud 6. Elle analyse les écoles fondées par la
Women's Mission Association
, branche semi-autonome de la
Society for the Propagation of the Gospel
in Foreign Parts
. Les femmes missionnaires anglicanes ouvrent des
day-schools
mais surtout des
internats où leur idéologie de l'éducation féminine apparaît clairement : elles souhaitent former de
bonnes mères de familles, en partie à travers « l'éducation industrielle » des filles.
Selon M. Labode, le fait que les élèves des internats soient souvent responsables des travaux ménagers
de l'institution, relève plus d'une rhétorique forgée en Angleterre que d'une volonté concrète de former
des domestiques. En revanche, ni les familles, ni les élèves ne semblent souhaiter une telle orientation
pratique7. En 1910, le missionnaire responsable de l'Institution St Agnès à Johannesburg note : « Les
indignes ont du mal à accepter et à approuver le travail industriel pour leurs filles. Leur seule vision de
l'éducation est un savoir livresque, et beaucoup de filles sont parties parce qu'elles n'aimaient pas faire
le lavage, le ménage, etc. en plus du travail scolaire. Avec le temps, j'imagine qu'ils comprendront que,
pour les femmes, d'autres formes d'éducation sont tout aussi importantes, sinon plus importantes, que
le savoir scolaire » 8Ces femmes missionnaires ont surtout souhaité christianiser les familles africaines
en formant de futures épouses modèles, mais dans la pratique il n'est pas rare de trouver leurs
anciennes élèves domestiques pour les populations européennes. L'échec de la mission civilisatrice au
sein de la société africaine est alors patent.
Les stratégies éducatives varient non seulement d'une dénomination religieuse à l'autre, mais aussi en
fonction des données locales. Dans le sud-est du Nigeria, protectorat anglais, les protestants de la
Church Missionary Society
pratiquent la mixité dans les écoles primaires, comme dans les
day-schools
en Afrique du sud9. Les catholiques doivent alors suivre le mouvement.
Avec l'arrivée des sœurs de
Saint-Joseph de Cluny en 1889, on ouvre des écoles réservées aux filles, mais les élèves restent en
nombre très faible. En revanche, au Sénégal, cinquante ans plus tard, la non-mixité des écoles
catholiques est très prisée.
Les conflits entre missionnaires catholiques et protestants constituent alors un facteur important à
considérer, comme le notent aussi les travaux sur Madagascar.
Pour la « Côte des esclaves » et le pays Yoruba, l'approche comparative des pratiques missionnaires
catholique et protestante de Bernard Salvaing montre la convergence des stratégies malgré des visions
différentes à l'origine. Dans les deux cas, les missionnaires se méfient de l'influence du milieu africain
sur les jeunes filles et défendent l'éducation en internat10. De manière générale les missionnaires
anglais préconisent davantage l'européanisation des élèves alors que les Français sont moins
« interventionnistes » sur le plan matériel (habitat, vêtement, etc.), mais B.Salvaing reste vague sur le
contenu des études et leur orientation.
Cette différence d'attitude reflète-t-elle la différence des groupes
visés par les missionnaires ? Les catholiques semblent orienter leurs efforts vers les pauvres alors que
les protestants visent davantage l'élite.
Il faut donc s'intéresser aux milieux africains touchés par ces écoles11. Comparant l'enseignement
public et celui des sœurs (surtout celles de Saint-Joseph de Cluny), au Sénégal entre 1930 et 1960,
Karine Thomas souligne la hiérarchie importante entre les institutions. Les écoles religieuses surtout
sont marquées par une différenciation culturelle forte entre les écoles européennes destinées à une élite
et les orphelinats-ouvroirs (devenus écoles ménagères à partir de 1945) qui sont destinés à des élèves
de la « brousse ». L'évolution démocratique du système scolaire français n'est pas reproduite dans les
écoles congréganistes, au moins jusqu'en 1960 au Sénégal.
En 1986, Yvonne Knibiehler et Régine Goutalier ont suggéré certains axes de recherche autour du
thème « Femmes et Colonisation » qui sont toujours d'actualité12. Elles s'interrogeaient notamment
sur l'émergence de nouvelles élites féminines par les effets de la colonisation, et, ajouterai-je, par
l'action missionnaire. L'éducation des filles africaines a-t-elle eu un effet plutôt déstabilisant ou
émancipateur ? Il faut bien sûr tenir compte des facteurs géographiques et temporels ;
l'affranchissement par l'éducation a certainement joué davantage au XXe qu'au XIXe siècle.
Beaucoup d'interrogations subsistent et pour le moment, les cas particuliers, objets de cet essai,
n'offrent guère la possibilité d'une synthèse générale13. Il faudrait porter une attention particulière à la
localisation des écoles (sur le continent, en milieu rural ou urbain), à leur clientèle et à leur évolution,
en rapport avec le développement d'un enseignement public soutenu par l'État colonisateur. Les filles
d'Afrique noire ont été l'objet de projets pédagogiques fort divers dont les contours méritent
développement à travers des études minutieuses d'institutions particulières. Enfin, comme le
comparatisme en histoire est dans l'air du temps, les historiens du monde européen profiteront
certainement du « regard dédoublé » sur les femmes qu'offre le continent africain.
CHAP.II. ISLAM
Section I
Origines
On discerne, pour expliquer cette éclipse du christianisme en Afrique, l’importance capitale de
l’islamisation : occupation jusqu’à l’Atlantique du conquérant Okba (mort en 669) ; occupation de la
Mauritanie (Sijilmassa fut le foyer qui donna naissance à ces empires dynastiques : almohades
(dynastie berbère musulmane), almoravides (confrérie religieuse et militaire berbère fondée au
Sénégal pour prêcher l’islam) et mérinides (dynastie de princes) qui s’étendirent à l’Espagne. Plus au
sud, se succédèrent les Empires noirs de Ghana (jusqu’au XIe siècle), du Mali (jusqu’au XIIIe siècle),
du Songhaï (du XIVe au XVIe siècle), puis des Haoussas à hauteur d’Agadès (depuis le XVe siècle)
15.
Section II Procédés de l’expansion
Mais ce fut moins l’Islam, qu’un phénomène sociologique qui lui est antérieur, qui a provoqué la
catastrophe démographique qui a séculairement paralysé l’Afrique noire : l’esclavage et la traite des
Noirs, dont la première raison est à rechercher dans les déchirements intertribaux et ethniques
auxquels l’Islam, comme les voies de communication maritime ouvertes par les Européens depuis le
XVe siècle ont fourni les nécessaires supports commerciaux et les débouchés lucratifs.
TITRE II LA COLONIE
Larousse nous renseigne que
par colonie, on entend la population sortie d’un pays pour aller
en habiter un autre. Et l’action de coloniser s’appelle la colonisation.
Nous commençons ce deuxième titre par les paroles racistes et xénophobes de Victor Hugo
lui-même, dont l’engagement humanitaire et la philanthropie étaient au-dessus de tout soupçon et a qui
jeté son immense prestige dans la lutte pour l’abolition de l’esclavage aux États-Unis, n’échappait pas
aux effets pervers de la mentalité colonialiste.
Dans son
Discours sur l’Afrique
, tenu à Paris le 18 mai 1879 lors d’un banquet commémoratif de
l’abolition en France, il expose sa pensée à ce sujet :
«
Il me semble que voir l’Afrique, ce soit être aveuglé. Un excès de soleil est un excès de nuit. […]
Déjà, les deux peuples civilisateurs, la France et l’Angleterre, ont saisi l’Afrique ; la France la tient
par l’ouest et par le nord, l’Angleterre la tient par l’est et par le midi. Voici que l’Italie accepte sa
part de ce travail colossal. L’Amérique joint ses efforts aux nôtres ; car l’unité des peuples se révèle
en tout ; l’Afrique importe à l’univers ; une telle suppression de mouvement et de circulation entrave
la vie universelle, et la marche humaine ne peut s’accommoder plus longtemps d’un cinquième du
globe paralysé. Les hardis pionniers se sont risqués, et, dès leurs premiers pas, ce sol étrange est
apparu réel ; ces paysages lunaires deviennent des paysages terrestres ; la France est prête à y
apporter une mer ; cette Afrique farouche n’a que deux aspects : peuplée, c’est la barbarie, déserte,
c’est la sauvagerie, mais elle ne se dérobe plus […] Au dix-neuvième siècle, le blanc a fait du noir un
homme ; au vingtième siècle, l’Europe fera de l’Afrique un monde.
Refaire une Afrique nouvelle, rendre la vieille Afrique maniable à la civilisation, tel est le problème.
L’Europe le résoudra.
Allez, Peuples ! Emparez-vous de cette terre. Prenez-la. À qui ? à personne. Dieu offre l’Afrique à
l’Europe. Prenez-la. Où les rois apporteraient la guerre, apportez la concorde. Prenez-la, non pour le
canon, mais pour la charrue ; non pour le sabre, mais pour le commerce ; non pour la bataille, mais
pour l’industrie ; non pour la conquête, mais pour la fraternité. Versez votre trop-plein dans cette
Afrique, et du même coup résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires ;
allez, faites !faites des routes, faites des ports, faites des villes ; croissez, cultivez, colonisez, multipliez
;et que, sur cette terre, de plus en plus dégagée des prêtres et des princes, l’Esprit divin s’affirme par
la paix et l’Esprit humain par la liberté ! »17
Section I Rappel
Les origines des colonies africaines ou soit de la colonisation remontent de la conférence de Berlin
pour être plus bref. Le continent, qui était à l’ordre du jour dans leur discussion, n’est rien d’autre que
l’Afrique ; longtemps peu connue, elle a été, au courant du 19è siècle, traversée par les explorateurs
entre autres :
Livingstone, Wissmann , Arnot, Stanley, Cameron, de Brazza, Marchand, Baker,
Mungo Park, Britto Capello et Ivens, Duveyrier, Flatters, fourreau, Caillé, Barth, Matteucci
, la
liste n’est pas exhaustive.
Convoquée dans le but essentiel d’assurer au capitalisme marchand des
débouchés dans des contrées où il ne s’est pas encore implanté, la conférence de Berlin (1884-1885) a
abouti, du moins d’après ses résultats, a une sorte de
« partage de l’Afrique »
en
différentes « zones
d’influences »
des puissances signataires de l’acte de Berlin.
Section II Les Colonies
a)
Le partage
Nous allons ici, vous les faire découvrir : - la France domine dans l’Afrique septentrionale (Algérie,
Tunisie et Maroc) ; occidentale (Afrique-occidentale française et Afrique-équatoriale française), et elle
possède Djibouti, Madagascar et ses dépendances.
-l’Angleterre détient le soudan égyptien et l’Afrique-orientale anglaise, puis l’union sud-africaine (le
cap, natal, orange, Transvaal et Rhodésie), enfin le Nigeria, la côte de l’or et sierra Léone.
-la Belgique possède le Congo,
-le Portugal occupe l’Angola à l’ouest et le Mozambique à l’est ;
-l’Italie détient la Lybie et l’Afrique-orientale italienne.
Le Cameroun et le Togo ont été partagés entre la France et l’Angleterre, l’Afrique-orientale allemande
entre l’Angleterre et la Belgique (1919) ; l’Espagne possède le nord du Maroc, le rio de oro et une
partie de la guinée. Après le partage systématique de l’Afrique, ces puissances capitalistes, jadis
esclavagistes sans âme, se transformèrent en colonisateurs, toujours marqués par l’idée de dompter et
d’asservir le peuple Africain. Nous noterons par ailleurs que toutes ces colonies n’ont pas été faciles à
être constituées ; n’oublions surtout pas certaines résistances qu’ont connues les colons.
Faute de documentation enrichie sur le sujet, nous nous concentrerons sur les colonies Françaises tant
des Caraïbes que de l’AOF, car les documentations de ces dernières sont bien développées et à la
portée de tous. A près tout nous estimons que les anciennes colonies Afriques ont presque connu les
mêmes réalités.
a)
Présence coloniale Française en Afrique de l’OUEST
Déjà grande puissance coloniale dans les Caraïbes, la France disposait durant tout le 19
eme
siècle de
plusieurs comptoirs en Afrique où elle avait pris une part active au commerce d’esclaves.
Elle se lança dans la constitution d’un empire sur le continent en 1854 depuis les côtes du Sénégal.
Ce n’est cependant qu’entre les années 1880 et le début du 20
eme
siècle que, comme les autres nations
européennes, la France conquit et stabilisa ses colonies africaines. La fédération des colonies
d’Afrique de l’Ouest fut créée en 1895 et la domination effective commença en 1900-1910 18.
L’Afrique Occidentale Française (AOF) était divisée en 8 colonies : le Sénégal, la Guinée, le
Dahomey (actuel Bénin), la Haute Volta (actuel Burkina Faso), la Côte d’Ivoire, le Niger, la
Mauritanie et le Soudan (actuel Mali) ; réparties sur 4 800 000
km
2 et occupées par 12 000 000
d’habitants. Chacune des ces colonies était découpée en une quinzaine de sous-unités administratives,
appelées cercles, à la tête desquelles officiait un administrateur colonial, «réel chef de l’empire
français" 19.
Il avait la charge de faire la police, d’arrêter et de juger les criminels, de représenter l’autorité
coloniale, de collecter les taxes...En dehors de l’administration coloniale, et contrairement aux
colonies françaises du Maghreb, la présence de citoyens européens en AOF était extrêmement limitée.
Le peu de perspectives économiques mais surtout le climat et les maladies expliquent la faible
installation d’habitants de la métropole (Acemoglu, Johnson, Robinson [20]).
Les rapports entre les populations africaines et l’autorité française furent marqués par de nombreux
incidents durant les débuts de la colonisation. Curtin 21 souligne que les actes de résistance furent
principalement le fait des états précoloniaux ou de groupes ayant une forte homogénéité politique,
culturelle ou religieuse. La contestation du pouvoir pouvait prendre différentes formes : du simple acte
de protestation à des révoltes armées.
b)
Les conflits dans les Colonies
Dans ce contexte la lutte contre l’esclavage domestique revendiquée par les Européens était largement
modulée selon les nécessitées politiques. Au Dahomey où le royaume n’a été vaincu qu’en 1893 après
plusieurs batailles, les Français supprimèrent activement l’esclavage afin de saper les fondements du
pouvoir de l’aristocratie Manning22.
Dans d’autres régions E. M’Bokolo 23 souligne que "les difficultés d’une mise en pratique, la
résistance possible des maîtres et surtout la crainte, du côté des administrateurs, de déséquilibrer
dangereusement les systèmes économiques et de ruiner la base sociale des chefs qui collaboraient avec
la colonisation poussaient à la prudence et à l’inertie. L’action se limitait la plupart du temps à une
aide aux fuyards."
Enfin, dans certains cas, l’abolition venait sanctionner des comportements ayant déplu à l’autorité
coloniale comme ce fut le cas après la révolte des Touaregs pendant la guerre de 1914-1918.
L’hostilité des populations locales entre elles ou à l’égard du pouvoir français a été recensée dans les
rapports annuels au gouverneur rédigés par les administrateurs coloniaux à la tête de chaque cercle.
Ces documents reportent l’ensemble des évènements politiques ayant eu lieu : manifestation de
ferveur ou d’hostilité, révoltes, difficultés pour collecter les taxes, refus du travail forcé...
E. Huillery a recueilli et codé tous ces évènements pour les années finissant par "3", "6" ou "9" entre
1906 et 1956. Ces données différencient l’hostilité entre les chefs, entre les populations, entre des
chefs et l’administration coloniale, entre une population et l’administration. Elles permettent donc de
séparer d’une part la combativité vis-à-vis du pouvoir français des incidents entre les locaux, d’autre
part l’agressivité des dominants de celle des peuples. Ces hostilités ont des ressorts et des
conséquences très différentes.
Ces données d’hostilité sont susceptibles d’être biaisées.
En effet comme le souligne P. Manning dans une étude sur le Dahomey24, les Français ne gèrent pas
l’ensemble des conflits. Une partie d’entre eux sont traités par les chefs locaux selon le droit
coutumier. Si la conservation d’une autorité locale est corrélée à l’esclavage les résultats des
régressions entre l’hostilité interne et les traites peuvent être biaisés.
En plus des données d’hostilités pendant la colonisation, la difficulté de conquête du territoire a été
reportée. Elle est mesurée par le temps nécessaire à l’établissement de l’autorité française.
Les indicateurs de structures politiques précoloniales (de 1850 à 1880) ont été construits à partir des
données des historiens de l’Afrique (Voir en particulier Coquery-Vidrovitch & Moniot [25]).
Ils distinguent, à la suite des anthropologistes26, trois types d’organisation : royaumes ou empires,
chefferies, sociétés acéphales27.
La fin de la première guerre mondiale marqua le début de l’apogée de la puissance coloniale qui ne fut
plus contestée jusqu’en 1945. Durant cette période l’Etat français s’arrogea une large part du surplus
généré par l’économie africaine. L’investissement colonial dans les infrastructures de transport, de
santé ou d’éducation fut faible28 et profita principalement aux industries capitalistes ayant un intérêt
pour l’économie française, au détriment de la croissance de l’ensemble de la zone29.
L’AOF fut dissoute en 1958 suite à l’indépendance de la Guinée rapidement suivie par celle des autres
colonies de la fédération. Elle fournit une triste illustration au constat de P. Bairoch30, pour qui
"de
nombreuses caractéristiques structurelles négatives du processus du sous-développement économique
remontent à la colonisation européenne"
TITRE III CONCLUSION
Section I Critique de la méthode de la christianisation dans les colonies
En effet, les travaux des historiens et théologiens, des sociologues et ethnologues de ce siècle, qu’ils
soient africains ou étrangers à l’Afrique nous font mieux comprendre cette aventure de la mission
conduite parallèlement et souvent en concurrence par les protestants et les catholiques, comme une
pièce à trois rôles. - Les missionnaires qui, eux-mêmes, ont dû se plier au contexte colonial, tout en
gardant leurs distances vis-à-vis de l’Administration, avec plus ou moins de succès suivant leur
nationalité d’origine. - Les “
récipiendaires
” de la parole dont il convient de mesurer les “
réactions
” à
la fois à la domination coloniale et au nouveau message religieux. - Les circonstances générales et la
résistance des autres traditions religieuses.
Nous pouvons retenir en dernier lieu que la religion et l’administration coloniale en Afrique ont
anéanti le pouvoir traditionnel pour ne pas dire l’autorité traditionnelle Africaine en ce sens que
l’homme blanc prônait l’Eurocentrisme et ne voulait pas admettre une structure parallèle fut-il
autochtone qui émergeait. L’homme blanc voulait européaniser ses colonies, en créant son nouveau
monde à longueur de sa cravate c’est-à-dire du transfert des modes d’éducation, de vie liturgique, de
constructions d’églises, etc… dans un sens qui contrariait directement les traditions, les cultures (les
coutumes africaines) qui faisaient l’unité communautaire des peuples, des diverses ethnies africaines.
Des stratégies se sont même appliquées à favoriser telle ethnie par rapport à telle autre, contribuant
ainsi à ébranler une coexistence séculaire. De là, est née plus généralement cette“
conscience
ambiguë
”, qu’exprimait le personnage de “
la Grande
Royale
” du fameux roman de Cheikh Hamidou
Kane, répliquant à ceux qui prônaient le départ de son petit-fils vers la grande école des Blancs :
“Ce
qu’il va apprendre vaut-il ce qu’il va oublier ?”31
Plus durablement encore, devait se développer cette “théomachie”, ce choc entre deux visions du
monde, dont parle Mgr Sanon en page 169 de sa thèse. Il interroge :
“Qu’était le retour des ancêtres
par rapport au Ciel des chrétiens ?”32
Et il expose que la reconstruction religieuse doit commencer
par poser les bases de croyance et de pratique permettant ainsi aux communautés humaines de refaire
leur unité…Compte tenu de ces hypothèses, quels facteurs ont joué un rôle important pour expliquer
l’attrait de la religion nouvelle et l’adhésion des populations ?
Si aujourd’hui, nous avons subi l’humiliation de cette colonisation et qu’aujourd’hui nous en payons le
prix c’est parce qu’avant tout l’homme blanc avait employé trois techniques essentiellement
psychanalytique en vue de désemparer totalement l’homme noir :
Section II. Thèse Négative sur l’image du Noir
a)
Transformation rapide des mœurs
: « que l’africain se remette toujours en question, qu’il se
sous-estime, qu’il nie ses origines, qu’il ait toujours besoin de l’homme blanc pour le faire
sortir du pétrin ». Cette transformation rapide de mœurs a eu pour conséquence l’aliénation
mentale, culturelle, psychique dans le chef de l’homme blanc.
b)
Image négative sur l’homme noir
: «le nègre est vulgaire, et pour sa rééducation devrait
toujours être dépendant et inférieur au Blanc, le nègre est naturellement poussé au mal et à la
violence. Il n’a pas de morale ; le nègre n’a pas de religion, le nègre n’a pas d’âme il n’est
qu’un singe … »
c)
L’incapacité de l’homme noir de progresser
: « l’Européen avait fait croire à l’Africain
qu’il était incapable de progresser sans l’aide constante de son mentor qu’est l’homme blanc,
l’Africain doit toujours rester apathique et aboulie quand il est provoqué, le nègre doit toujours
remettre tout au main de Dieu en vue de trouver solution à ses problèmes.
En définitive, nous pouvons dire haut et fort que toutes ces thèses pseudo-scientifiques
sur
l’image négative du noir qui ont été accompagnées des colons blancs ont effectivement réussies à
pénétrer le mental Africain jusqu’à la moelle épinière au regard des événements, des phénomènes,
des cultures diamétralement opposés aux us et coutumes africains, au regard aussi des relations
NORD-SUD, cas de la françafrique où les Etats Africains que nous considérons de protectorat font
appel sans cesse à l’intervention militaire une fois que le régime en place serait menacé…
En
tant que juriste le seul moyen pour nous de compenser les plaies ou blessures qu’ont connues nos
sociétés traditionnelles ,en assistant au massacre, tuerie, viol, l’exploitation de son peuple serait la
création d’un Tribunal spécial international ad hoc qui aura compétence large sur les contentieux
esclavagistes et coloniaux, qui condamnera en paiement des dommages et intérêts tous les Etats
negriers, esclavagistes qui ont participé de près ou de la loin à l’esclavagisme et au colonialisme…
Malheureusement, nous sommes toujours inféodés. Ce Tribunal ne peut voir le jour dès lors que
nous serons toujours sous l’impérialisme occidental.
Réflexion de Muabila Muabila Glody, Etudiant en Droit/UNIKIN, juin 2O12
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