Confidences d'un mari désabusé

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Ce livre retrace le parcours de déception et de désespoir d'un sexagénaire retraité, ruiné et malade, rejeté par ses enfants universitaires d'outre-mer, pour lesquels il a travaillé toute sa vie. Confidences d'un homme déçu, trahi et abandonné par sa femme à qui il vouait toute sa confiance.

Publié le : jeudi 1 septembre 2011
Lecture(s) : 53
EAN13 : 9782296470033
Nombre de pages : 150
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Confidences d’un mari désabusé

ROMAN
! Écrire l’Afrique
Collection dirigée par Denis Pryen

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BLOMMAERT KEMPS




Confidences d’un mari désabusé

ROMAN












L’HARMATTAN
!




































© L'HARMATTAN, 2011
5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-56089-5
EAN : 9782296560895 !
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Introduction
Nous vous invitons à partager des moments, au départ
merveilleux, mais qui, très vite, pourraient se transformer en
dégoût, en révolte, en grincements de dents et, à la limite,
faire pleurer de chaudes larmes, surtout si vous avez la grâce
d’être parents comme nous.
Il s’agit de l’histoire d’un père de famille, comme vous et
moi, de son drame qu’il a bien voulu porter à la connaissan-
ce de tout parent, surtout du jeune parent, pour l’informer
et, de biais, le prévenir contre toute éventuelle déception qui
affecte la filiation paternelle.
Il s’agit d’un homme issu d’une famille modeste, que la
société a élevé à un certain niveau de vie moyen, selon la
classification de l’Afrique subsaharienne, mais surtout cen-
trale.
Cet homme enverra trois de ses premiers enfants aux
études à l’étranger, cela à la grande satisfaction de toute sa
famille qui pressentait un avenir garanti pour elle, aussi bien
que pour toute leur communauté.
Pour subvenir aux exigences de sa nouvelle vie avec la
présence de ses enfants aux USA, Philippe devra briser sa
grande carrière dans une multinationale pour une position à
l’étranger où il allait être mieux payé qu’au pays de ses ancê-
tres.
Les sacrifices à consentir s’intensifièrent, à tel point que
l’équilibre social, surtout financier, de sa petite famille fut
déstabilisé. Très vite les maillons de stabilité du couple se
rompirent et aboutirent par le divorce inopiné des parents.
Très déçu, profondément humilié et se sentant abandon-
né et trahi, l’homme décida de refaire sa vie en se remariant,
trois ans après le divorce imposé par sa femme.
Hélas ! Ce second mariage fut la goutte d’eau qui fit dé-
border le vase. En effet, progressivement, il se sentit esseulé,
lâché et abandonné par ses propres enfants qu’il chérissait
pourtant obsessionnellement et pour la réussite desquels il
avait consenti tant de privations et de sacrifices exception-
nels.
! 7 !
!
Dans son ministère, on qualifie de « sentiment diaboli-
que » cette affection exagérée et sans limite que les parents
manifestent quelques fois envers leurs enfants, au point que,
parfois, ils les gâtent au lieu de les élever dans le respect
rigoureux des valeurs morales, sociales et religieuses. On
dépense sans retenue et sans calcul toute une fortune pour
ses enfants en leur faisant croire qu’ils sont exceptionnels et
différents des autres. Très vite, ces enfants deviennent, sou-
vent, orgueilleux, paresseux et difficiles à maîtriser, peu in-
téressés par les études et plus tard ils se rebellent même
contre leurs propres parents. Au lieu d’apporter des béné-
dictions à la maison, ils sont à la base de discorde et devien-
nent source de malédictions et de désolation dans la vie des
parents.
Très vite, l’affection obsessionnelle que Philippe éprou-
vait pour ses enfants, alors qu’elle était décriée d’ailleurs
plusieurs fois par sa famille élargie et ses proches amis,
s’amenuisait considérablement, à tel point qu’il dissimilait à
peine le dégoût viscéral, qui naissait en lui, envers sa propre
famille.
Et c’est dans ces moments particuliers, des circonstances
exceptionnelles, et surtout sur recommandations d’un psy-
chiatre chrétien combattant, que Philippe décidera de don-
ner sa vie à Jésus Christ, en l’acceptant comme Seigneur et
Sauveur personnel. Une nouvelle page de sa vie venait
d’être tournée !
Mais, de retour d’un séminaire animé par le révérend Dr
Abraham Chigbundu de Voice of Freedom Ministries du
Nigeria, il décida de se ressaisir et surtout contre-attaquer.
Maintenant qu’il venait d’apprendre que le Jésus qui nous
est prêché au niveau de l’Apocalypse, n’est pas celui qui
nous recommandait d’offrir la joue gauche à celui qui vous a
1souffleté à la joue droite .
Celui de l’Apocalypse nous est décrit ainsi : « 12. Je vis
sept chandeliers d’or, 13, et au milieu des sept chandeliers,
quelqu’un qui ressemblait à un fils d’homme, vêtu d’une
longue robe, et ayant une ceinture d’or sur la poitrine. 14 Sa
tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche,
comme de la neige ; ses yeux étaient comme une flamme de
feu ; 15 Ses pieds étaient semblables à de l’airain ardent,
comme s’il eut été embrasé par une fournaise ; et sa voix
était comme le bruit des grandes eaux. 16 Il avait dans sa
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! !
1 Cf. Matthieu 5 :39 (Louis Segond) « Mais moi, je vous dis de ne pas résister au
méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente lui aussi l’autre. »
! 8 !
!
main droite sept étoiles. De sa bouche sortait une épée aiguë,
à deux tranchants ; et son visage était comme le soleil lors-
qu’il brille dans sa force. » Louis Segond. Ap.1 : 12; 17
Avec une dimension si immense et dotée d’une armure si
impressionnante, qui peut approcher ce puissant Jésus-
Christ pour le menacer encore, comme cela fut le cas avant
son sacrifice !
Nous sommes maintenant à l’ère de l’ACTION. Ce Jésus
que les Juifs ont cru anéantir à tout jamais à Golgotha vit
aujourd’hui en nous. Il est plus actif que jamais ! C’est Lui
que nous attendons en ce moment, et nous savons qu’Il ne se
laissera plus faire. Il n’offrira plus la moindre chance à ses
ennemis de le malmener, de l’humilier comme autrefois, car
Il a déjà tout accompli.
! 9 !
!

Chapitre premier

Une vie tranquille
Après son retour d’un long séjour de cinq ans dans la ré-
gion de l’Équateur où sa société l’avait basé, Philippe se re-
trouvera muté dans la région du Bandundu deux ans plus
tard, juste au moment où il venait de fêter l’anniversaire de
ses vingt-neuf ans d’âge.
Logé dans une superbe villa de Ville Basse appartenant à
un dignitaire de la Deuxième République, Philippe, à peine
marié, vivait tranquillement à Kikwit, chef-lieu économique
de la province du Bandundu. Quelque six mois après son
arrivée, il eut une jolie petite fille qu’il appellera, on ne sait
pourquoi, Carmen Benedicta. Comme sa mère, la petite était
métissée et vraiment mignonne. Philippe qui, depuis sa ten-
dre enfance, avait toujours eu un faible pour les
« mulâtresses » était manifestement très satisfait. Il se disait
au fond de lui-même, et non sans orgueil : « Enfin, j’en ai
conçu une, moi aussi ! »
Tous les membres de sa famille, les voisins et les amis qui
passaient voir le bébé félicitaient Philippe et sa femme et af-
firmaient qu’ils venaient d’accoucher vraiment d’un
« ange ». La petite était très mignonne et semblait même plus
claire que sa mère.
De Philippe, elle n’avait rien d’apparent, à peine un bout
de nez négroïde, qui ne ressemblait vraiment pas à celui de
Jezabella, sa mère. Philippe était très fier de goûter aux pre-
mières délices de la vie d’un père. C’était sans aucun doute
un homme très heureux.
La fillette était bien entretenue, élevée et nourrie, dès son
jeune âge, par les mêmes mains et les mêmes doigts potelés
qui, autrefois, câlinaient longuement la tête de son père, et
qui l’avaient bien sagement élevé.
Aussi, pour que Carmen soit portée et dorlotée par les
mêmes grosses cuisses gracieuses et furieuses sur lesquelles
son père avait été bercé et avait grandi, Philippe fit-il venir
sa mère pour s’occuper de sa fillette.
! 11 !
!
Un de ses amis avait vite trouvé une trilogie harmonieuse
pour bien décrire le bonheur de Philippe : belle femme, belle
fille et belle villa !
Une année plus tard, Philippe fut rappelé à Kinshasa
pour occuper pendant 24 mois de nouvelles fonctions dans
le département des ressources humaines. Deux beaux gar-
çons vinrent agrandir sa famille pendant ce temps : Tristan
et Héritier. Comme leur sœur aînée, les deux enfants étaient
aussi de teint métissé, mais de peau bronzée brune que les
Angolais qualifient péjorativement de marron (Marrona :
enfant né d’un couple noir et métissé). Certains amis envieux
et jaloux n’hésitaient pas à qualifier ces beaux enfants de fu-
turs mécaniciens comme la plupart des adolescents métissés
vivant dans les quartiers de la cité noire. On pouvait lire
dans les yeux de Philippe qu’il était vraiment comblé, au
pinacle du bonheur.
L’attirance magnétique, mais naturelle que Philippe
éprouvait envers la peau métissée venait de sa tendre enfan-
ce. En effet, alors qu’il n’avait que quatre ans, une cousine
germaine mulâtresse, Dora Francisca, vint vivre dans la mai-
son de ses parents jusqu'à son mariage. Cette présence mar-
qua beaucoup Philippe qui l’adopta comme la sœur, l’amie,
la copine idéale.
« Lorsque nous nous promenions, nous ne récoltions que
des éloges d’admiration partout où nous allions », disait Phi-
lippe. Dora savait tellement entretenir sa peau que beaucoup
1de ses admirateurs la croyaient réellement « Quarteronne »
alors que sa mère biologique, donc ma tante, était cent pour
cent noire.
Il n’est pas étonnant que ces souvenirs d’enfance de Phi-
lippe eussent marqué son subconscient et s’ancrer à fond
dans sa conscience même après l’adolescence. Il aimait
vraiment les métisses et les désignait alors sous le nom de
« Coloro » ; dénomination dérivée certainement de
2« Coloured » . de l’Afrique du Sud. Mais elle est aussi im-
mortalisée dans une des chansons d’une Star disparue de la
rumba congolaise moderne, Mimi Ley, dans sa chanson :
« Coloro Preferando ». Cet ancien musicien de Tabu Ley co-
habitait avec une métisse connue dans la musique afro-
congolaise comme l’une des célèbres Yondo Sisters.
Un ami musulman chiite cohabitant avec deux femmes de
cette race se justifiait à sa façon auprès de Philippe d’une
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! !
1 Enfant né d’un couple blanc-métisse.
2 Ou “coloré”
! 12 !
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manière très imagée et subtilement élégante. Les métisses,
disait-il, sont comme de la drogue, quand on y touche, on ne
sait plus s’en passer. Les métisses, selon lui, ont hérité de
leurs parents de races mixtes de bonnes qualités (+) et des
défauts (-). Mais, mathématiquement, le produit de ses deux
valeurs (+) et (-) ne peut faire prédominer que le négatif !
Raison pour laquelle, on n’a l’impression que les êtres métis-
sés sont souvent asociaux et difficiles à dompter.
Claude, marié depuis 20 ans à une femme métisse, se
confiait à Philippe, quant à lui, en ces termes : C’est comme
le fruit défendu, proposé à Adam et Ève par le serpent. En
dépit de la ruse du diable, nos premiers parents étaient
conscients du danger encouru en le consommant, ils ont li-
brement osé y toucher, et succombèrent ainsi pour notre
1malheur à la tentation .
Plus tard, converti et devenu pratiquant approfondi du
Christianisme, « né de nouveau », Philippe trouvera un nom
péjoratif de nuance biblique pour désigner ces protégés
sœurs et frères hybrides : Les Moabites. À l’image de la pos-
térité de Lot, à partir de Moab, issus des rapports incestes
2entre le père et une ses filles .
Pourquoi y a-t-il tant de mythes autour de cette peau ?
Certains pays comptant une bonne proportion de métis,
comme l’Afrique du Sud (6 %), les Antilles (80 %), le Portu-
gal et toutes ses anciennes colonies dont l’Angola et le Brésil
(55 %), les reconnaissent comme une cinquième race, au
même titre que le blanc, le noir, le jaune et le rouge. Ailleurs,
en Europe et aux États-Unis, ils sont tout simplement noirs.
Mais les Asiatiques sont souvent non alignés, leur race
n’étant pas désignée. Ils ne sont ni jaune, ni rouge, ils ne sont
pas assez représentatifs dans ce pays, surtout à cause de
leurs barrières raciales, culturelles et religieuses.
La population antillaise est réputée détenir le plus grand
brassage des cultures hétéroclites composées des colons eu-
ropéens, des esclaves africains et des travailleurs asiatiques.
Empruntons la nomenclature antillaise pour mieux décrire
notre prototype (Association Archive/Le disciplidulio du 9
août 2009) :
Les mulâtres (Métis Noirs et Blancs)
Les Quarterons (Métis Blanc/Mulâtre, soit ¾ Blanc)
Les Câpres (Métis Noir/Mulâtre, soit ¾ noir et ¼ blanc)
Les Mamelouques (Blanc/Quarterons)
!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! !
1 Genèse 3:1-24, Louis Segond.
2 Genèse 19, 30-37, Louis Segond.
! 13 !
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Les Griffes (métis Noir/Câpre)
Les Chape Coolies (Métis Noir/Indien d’Inde)
Pendant l’Apartheid en Afrique du Sud, le mariage inter-
racial était à l’encontre de la politique de ségrégation raciale
prônée par les animateurs de cette philosophie nazie. Les
auteurs de ces unions considérées criminelles étaient séparés
de leur progéniture métisse, se retrouvaient déportés de for-
ce vers une région isolée, dénommée « Province de la Hon-
te » située autrefois soit dans Cape Flats (Cape Town/South
Africa), soit dans une des régions cachées vers l’actuelle
Namibie.
Il semblerait que ces enfants innocents étaient récupérés
par l’État pour être exportés, vendus comme esclaves dégui-
sés vers certains pays d'outre-mer ou placés pour adoption
dans certaines familles nanties du pays. En Afrique du Sud,
en Namibie, au Zimbabwe et au Botswana, les métisses
étaient aussi désignées comme Bruinmenese Kleurlinge or
Bruin Afrikaners, en Afrikaans au lieu de Coloured accepté
officiellement dans tous ces pays.
La Namibie utilise quelquefois le terme Basters, et Goffal
pour le Zimbabwe, mais le Swaziland comme l’Afrique du
Sud préfère le terme « Coloured ».
Selon Wikipedia, il y a eu des études génétiques organi-
sées par certains centres de recherche internationaux qui ont
prouvé que l’Afrique du Sud détient le plus haut niveau de
brassage des races au monde. Cette mosaïque raciale pro-
vient de l’Europe (Royaume-Uni, Pays-Bas...), de l’Indonésie,
de Madagascar, de la Malaisie, du Mozambique, de l’Île
Maurice, de Saint Hélène, de la Namibie, du Zimbabwe, du
Botswana et de l’Inde.
Nous incluons d’office les Griqua, appelés aussi (Bas-
tards) bâtards laissés par les colonialistes britanniques, entre
l’Afrique du Sud et la Namibie. Ces enfants sont issus des
parents britanniques et trappeurs afrikaners qui se sont ac-
couplés avec des autochtones Khoikhoi et Khoisan. Mais la
loi coloniale ne reconnaissant pas les enfants nés hors maria-
ge, ces hybrides étaient classés parfois dans une catégorie
inférieure, entre les Noirs et les vrais métis, par mépris, par
préjugés et par d’extrémistes discriminations raciales.
Pendant l’apartheid, cette race recevait une éducation de
niveau inférieur par rapport aux Blancs, mais souvent supé-
rieure à celle donnée aux Noirs sud-africains. Elle avait des
droits très limités. Lors des élections, elle était contrainte
d’élire seulement des représentants blancs.
! 14 !
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Dans plusieurs pays, cette race « artificielle » et minoritai-
re est souvent rejetée par les Blancs, à peine acceptée par les
Noirs, diabolisée et honnie par plusieurs Asiatiques et des
extrémistes religieux. Tout enfant métis est souvent perçu
comme un enfant indésirable qui doit souvent ses origines
dans les viols, les actes d’adultère, les aventures amoureu-
ses, les idylles discrètes et de toute une gamme d’actes pro-
hibés : fornication, prostitution, conséquence d’ivrognerie,
unions libres, etc.
En Afrique du Sud et aux États-Unis, les quartiers de for-
te concentration métisse sont réputés être des quartiers ex-
trêmement dangereux.
Au Sud Soudan, on raconte que, pour des raisons hégé-
moniques, la minorité arabe installée dans ce pays depuis
quelques siècles, conduite par le commerce, mais surtout par
la traite des Nègres pour l’esclavagisme, s’était lancée à un
certain moment dans une grande campagne de reproduction
de sangs-mêlés de gré ou de force pour bâtir ainsi une véri-
table colonie de peuplement « arabisée ». Cela se faisait
concrètement à travers des kidnappings, des viols perpétrés
avec impunité, le concubinage imposé surtout dans les mi-
lieux pauvres, une fornication agressive monnayée envers
les misérables tribus des gens de couleur.
Tous ces manèges visaient à ce que la progéniture issue
de ces unions honteuses et ignobles, de même que sa propre
descendance, soit de leur obédience pendant les grandes dé-
cisions communautaires : économiques, sociales et politiques
dont celles relatives aux élections dans le pays. Ces métis
arabes, pourtant rejetés d’office par la communauté arabe,
puisque considérés comme des Janer Harana (sang-mêlé,
enfant du Chef) sont facilement acceptés par la communauté
noire. Cette dernière est fière de recueillir les métisses femel-
les parce qu’elles sont souvent belles et surévaluées lors des
négociations de la dot.
Mais, hélas ! Ces types d’enfants sont souvent utilisés
comme des espions par leurs géniteurs et simples pions ou
figurants devant agrandir le nombre des têtes dans leur
communauté. Et, avec le temps, ils servent de contrepoids à
la prédominance noire dans le pays.
Déjà lors de la domination égyptienne au dix-neuvième
siècle, les musulmans soudanais métissés étaient considérés
comme des Arabes dans l’administration publique et pou-
vaient servir d’auxiliaires au pouvoir égyptien.
Ce plan machiavélique et discriminatoire aurait contri-
bué, entre autres, à la création de certaines villes où ne pou-
! 15

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