Analyse de "Histoire de ma vie" de Fadhma Aïth Mansour Amrouche

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Analyse de l’œuvre « Histoire de ma vie » de Fadhma Aïth Mansour Amrouche A- Préliminaire : l’objet livre. Le récit de vie, ou l’autobiographie « Histoire de ma vie » de Fadhma Aïth Mansour Amrouche a été imprimé par les presses de l’imprimerie Brise-Marine de Bordj-el-bahri à Alger (Algérie), pour le compte des éditions Mehdi de Tizi-Ouzou (Algérie). C’est un livre broché de format 19,5 x 13 cm. Les trois éléments de l’apparence extérieure du livre ont les caractéristiques suivantes : 1. La couverture de l’avant est toute en portrait de l’écrivaine. Ce portrait est une reproduction, un peu redimensionnée en réduction, d’une photo existante au milieu de l’ouvrage, entre les pages 114 et 115 et signée Nicolas Treatt, 1965 ; il montre une femme avancée dans l’âge, coiffée d’un foulard qui laisse montrer une chevelure blanche peignée à l’ancienne, des yeux au regard profond et inerte, une bouche qui dessine un silence. A l’avant-plan du portrait, des indications : Fadhma Aïth Mansour Amrouche (le nom de l’auteure), Histoire de ma vie (le titre du livre), Editions Mehdi (Enseigne de l’éditeur) surmontée du logo « EM ». 2. La couverture de derrière, après le titre du livre reproduit en haut, un sous-titre : Préfaces de Vincent Monteil et Kateb Yacine. Vient ensuite le texte intégral de l’éditeur, qui est incrusté, tel une pièce de valeur pointée de rubis, d’extraits des deux préfaciers sus-cités.
Publié le : jeudi 28 novembre 2013
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Analyse de l’œuvre « Histoire de ma vie » de Fadhma Aïth Mansour Amrouche
A- Préliminaire : l’objet livre.
Le récit de vie, ou l’autobiographie « Histoire de ma vie » de Fadhma Aïth Mansour Amrouche a été imprimé par les presses de l’imprimerie Brise-Marine de Bordj-el-bahri à Alger (Algérie), pour le compte des éditions Mehdi de Tizi-Ouzou (Algérie).
C’est un livre broché de format 19,5 x 13 cm. Les trois éléments de l’apparence extérieure du livre ont les caractéristiques suivantes :
1. La couverture de l’avant est toute en portrait de l’écrivaine. Ce portrait est une reproduction, un peu redimensionnée en réduction, d’une photo existante au milieu de l’ouvrage, entre les pages 114 et 115 et signée Nicolas Treatt, 1965 ; il montre une femme avancée dans l’âge, coiffée d’un foulard qui laisse montrer une chevelure blanche peignée à l’ancienne, des yeux au regard profond et inerte, une bouche qui dessine un silence. A l’avant-plan du portrait, des indications : Fadhma Aïth Mansour Amrouche (le nom de l’auteure), Histoire de ma vie (le titre du livre), Editions Mehdi (Enseigne de l’éditeur) surmontée du logo « EM ». 2. La couverture de derrière, après le titre du livre reproduit en haut, un sous-titre : Préfaces de Vincent Monteil et Kateb Yacine. Vient ensuite le texte intégral de l’éditeur, qui est incrusté, tel une pièce de valeur pointée de rubis, d’extraits des deux préfaciers sus-cités. Au bas de la couverture se trouvent mentionnées les indications de l’éditeur (enseigne, adresse et numéro de téléphone) et une référence ISBN, pas d’EAN. 3. Le dos de l’ouvrage porte les indications de l’auteure, de l’éditeur et du titre. Le tout sur fond blanc.
Les pages :
En page 2, en bas à gauche, est mentionnée l’indication des quatre droits de reproduction.
En page 3, centré et un peu en haut, se trouve le titre de l’œuvre.
En page 4, en bas à gauche, sont mentionnés le numéro et la date de dépôt, suivis de la référence ISBN.
En page 5, c’est la page de garde où sont mentionnés le nom de l’écrivaine, le titre de son œuvre sous-titré d’une indication sur les préfaciers, et enfin la référence de l’éditeur.
En page 6, une note de l’éditeur sur la reproduction du texte et des notes au bas des pages.
L’autobiographie, qui normalement débute en page 19 par une dédicace de l’écrivaine à son fils Jean Amrouche, datée à Maxula-Radès le 1er août 1946 (et qui est en fait une lettre manuscrite dont une copie apparemment authentique est insérée dans le paquet des documents photographiques entre les pages 114 et 115), cette autobiographie est précédée des deux préfaces déjà citées dans ce préliminaire. Après les deux préfaces, en page 17, une lettre de Jean Amrouche à sa mère datée à Paris le 16 avril 1945 est reproduite en copie fidèle de celle manuscrite insérée dans le paquet sus- cité. Nous reviendrons sur la portée symbolique de ces deux correspondances.
Le volume :
L’ouvrage édité comprend 224 pages avec :
- En page 221 la table des matières.
- En page 224 le cachet de l’imprimeur.
B- Pour commencer…
Donc, « Histoire de ma vie » est un récit de vie ou une autobiographie ou même les deux à la fois pour ceux qui préfèrent en faire une différence. Un roman ? Jean Amrouche, le fils de l’écrivaine l’aurait fait (« […] pour en faire ce que tu voudras après ma mort. […] et si tu en fais un roman, […] »1) de ce legs2 Celle qui avait écrit ce récit est bel et bien Marguerite Fadhma Aïth Mansour précieux. Amrouche, désormais Fadhma, qui revêt dans ce récit le statut, de par celui d’auteure, de narratrice que les personnelsjeetnouset les possessifsmon,ma,mes,notre,nosattestent.
« Histoire de ma vie » est au départ une réponse à un vœu ou une sollicitation écrite formulée par le fils de l’écrivaine, Jean El-Mouhoub Amrouche, désormais Jean. Cette sollicitation datée à Paris le 16 avril 19453environ quinze mois après si l’on considère que la lettrea sans doute été exaucée manuscrite datée à Maxula-Radès le 1erété une preuve de réponse positive à 31 août 1946 ait  – ladite sollicitation. En effet, Jean avait écrit à sa mère, entre autre : « Il faut que tu rédiges tes souvenirs, sans choisir, au gré de ton humeur, et de l’inspiration »4.
Avant d’aller en profondeur dans l’analyse multidimensionnelle de l’ouvrage, essayons d’élucider quelques précisions quant-au parcours du manuscrit dans lequel Fadhma avait narré sa vie. La lettre manuscrite parlant du legs de l’histoire (« Je te lègue cette histoire, qui est celle de ma vie »5) a subi un rajout, daté à Paris le 13 décembre 1964 (soit environ trois ans avant le décès de l’écrivaine) qui n’était pas destiné à Jean puisque ce dernier fut éteint le 16 avril 1962. Le rajout en question6 qu’à la date du 13 décembre 1964, le manuscrit n’était pas encore édité et il se atteste trouvait que la lettre qui avait été destinée auparavant à son fils Jean était en la possession de son expéditeur et sur laquelle elle avait opéré le rajout. Ce même rajout recommandait le soin de l’édition du manuscrit à la seule Marguerite Taos Amrouche. Fadhma avait écrit dans le rajout (référence déjà citée) :
si je ne pouvais faire éditer ce manuscrit de mon mon vivant, je confie le soin exclusif de le faire éditer sans modifications, ou avec de légères modifications portant sur la forme, à ma fille Marguerite Taos Amrouche, et à elle seule.
Paris le 13 décembre 1964
M. Amrouche
Marguerite Fadhma aïth Mansour Amrouche
A noter que ce rajout comportait les détails orthographiques suivants : le « s » desi en écrit minuscule ; le possessifmon répété le nom de l’auteure écrit doublement et deux fois ; différemment.
1Marguerite Fadhma Aïth Mansour Amrouche, « Histoire de ma vie », dédicace (lettre à Jean Amrouche), éd. Mehdi (Algérie) 2009 ; p. 19 2« Je te lègue cette histoire »,ibid. 3Marguerite Fadhma Aïth Mansour Amrouche, Op. cit. , paquet de documents photographiques entre les pages 114 et 115. – p. 18. 4Marguerite Fadhma Aïth Mansour Amrouche, Op. cit. , même paquet et p. 19. 5Marguerite Fadhma Aïth Mansour Amrouche, Op. cit. , même paquet et p. 19. 6Marguerite Fadhma Aïth Mansour Amrouche, Op. cit. , même paquet.
Ce rajout appuie de près ce que rapporte la préface de Vincent Monteil (« Une simple vie écrite avec limpidité par une grande dame kabyle, d’abord en 1946, puis en 1962 »7). Monteil aurait sans doute effectué des recherches documentaires selon lesquelles la date de 1962 serait celle d’un achèvement de réécriture du manuscrit, ou d’apport de modifications de l’auteure-même, et la date du rajout serait celle de la charge confiée à Taos Amrouche d’éditer dudit manuscrit si l’auteur arriverait à mourir avant que l’édition ne fût faite. Une autre indication qui affecte le parcours du manuscrit, cette fois en note au bas de la page 19 de l’autobiographie en question, mentionne que Marie-Louise Taos Amrouche, devenue par la suite Marguerite Taos Amrouche, désormais Taos, eut la charge de reprendre la tâche confiée à Jean. La dite-note informe aussi que le manuscrit ne fut pas publié du vivant deMonsieur Amrouche père(de son vrai nom Belkacem Ou Amrouche).
Toutes ces informations recueillies et rassemblées font que le manuscrit autobiographique a parcouru paradoxalement le même chemin qui sentait l’exil comme celui de sa créatrice : Fadhma.
7Vincent Monteil, op. cit. , p. 7.
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