Le conscient de l'inconscient

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Le conscient de l'inconscient L e yin et le yang se complémentent comme les couleurs le font bien qu'ils en soient dénués,disent-ils en penchant toujours pour l'un plutôt que l'autre par peur de les connaître simultanément,ils visent à parfaire le cercle qu'ils

Publié le : mardi 16 juin 2015
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Le conscient de l'inconscient
Le yin et le yang se complémentent comme les couleurs le font bien qu'ils en soient
dénués, disent-ils en penchant toujours pour l'un plutôt que l'autre par peur de les
connaître simultanément, ils visent à parfaire le cercle qu'ils remplissent, tissés par un
fil mimant un serpent que même les plus courageux respectent, ils se complètent,
ajoutent-ils comme à tâtons à la vue des braises des flammes érigées par l'aversion
commune qu'inspire le dissemblable, celui qu'ils fuient au grand jour et à la grande
nuit, mais la lune porte elle aussi d'égales non-couleurs, qu'elle soit pleine ou nouvelle,
qu'elle soit visible ou invisible, qu'elle soit un attribut ou son contraire; elle qui, mieux
qu'un garnement porte les défaites sur son dos, transporte son ombre et sa lumière d'un
jugement neutre jusqu'aux deux alcôves du cercle où les vivants vivent, révélant tour à
tour ce qui a été obscurcit et obscurcissant ce qui a été auparavant révélé, les choses
qu'ils choisissent de contempler et celles qu'ils ne perçoivent qu'à travers des verres
optiques par crainte de les regarder d'un œil trop nu, ces parties d'eux-mêmes qu'ils ont
un jour voulu enterrer, séparant dès lors le bon du mauvais, l'exposé du caché, l'actif
du passif, le présent du passé, le conscient de l'inconscient.
Ce n'est que quand le yin se noiera dans le yang et le yang dans le yin, ce n'est que
lorsqu'ils ne feront plus qu'un que les corps d'Adam et Ève fusionneront pour se fondre
dans l'unité que ces syllabes chinoises se mêleront aux bruits de fond que l'on n'entend
plus, profèrent-ils, feignant d'envisager l'avenir en s'attelant aux pulsions qui incitent
les peintres à envisager en portrait les forts caractères dont ils ne savent rien d'autre
que le nom, or il serait difficile de croire à tout ce que l'on dit, pensent-ils à moitié, on
pourrait ainsi prouver qu'il y a autant de croyances dans le monde qu'il y a d'Hommes,
que retenir les dates de l'histoire calme autant les ardeurs que prédire l'avenir apaise les
inquiétudes, que la rétrospective et l'anticipation empêchent de s'égarer plus loin que
de rapides boulevards, ce n'est qu'en temps de guerre que les lois se courbent, diraient
les démagogues et les visionnaires d'une même voix lisse évoquant la tendance et les
statistiques avant d'affirmer qu'il n'y a pas de génération sans conflit, qu'il sera
nécessaire de guerroyer tant que l'inconscient subsiste, que c'est lorsqu'il deviendra
conscient qu'il s'éteindra comme la lune nouvelle sombre pour cacher la face que sur le
tableau du ciel nocturne personne d'autre qu'elle-même ne saurait deviner.
Heidi Bacquet

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