Qualité de la présence, Absence de la pensée.

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Qualité de la présence, Absence de la pensée. «La présence construit, la pensée anticipe.», telle reste la fulgurance qui se forma en moi avec insistance au début d'une séance, au point que je demandai à la cliente de l'interrompre le temps de l'écrire sur le premier support que j'avais à ma portée ce jour-là. Expression organique de la congruence, poussée par une compréhension empathique aiguisée, soulignée du regard positif inconditionnel envers ma cliente, cet «insight» réclamait un accouchement dont les quelques lignes qui suivront ici se veulent être la trace et les prolongements. La présence est improvisation. Elle se dégage du temps qui se cristallise et passe sous la forme de souvenirs, et qui devient passé, déterminisme réclamant obéissance et silence. Devant, il est futur et projection d'une attente, d'un changement qui peut devenir exténuante répétition. La présence se conjugue avec l'alphabet d'une palpitation inattendue. C'est quand sa déclinaison arrive au seuil de la conscience que précisément revient le temps dans l'après-coup du miroir où se profilent des stades, des étapes et les moments du mouvement. Construction, elle ne laisse pas béante la faille du manque par laquelle s'infiltre goutte à goutte le désespoir, la déception du «déjà vu». La présence ne redit pas une réalité préconçue. Elle crée des visions, assemble des ressentis et sonorise des duos improbables.
Publié le : dimanche 22 juin 2014
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Qualité de la présence, Absence de la pensée.
«La présence construit, la pensée anticipe.», telle reste la fulgurance qui se formaen moi avec insistance au début d'une séance,au point que je demandai à la cliente de l'interrompre letemps de l'écrire sur le premier support que j'avais à ma portée ce jour-là. Expression organique de la congruence, poussée par une compréhension empathique aiguisée, soulignée du regard positif inconditionnel envers ma cliente, cet «insight» réclamait un accouchement dont les quelques lignes qui suivront ici se veulent être la trace et les prolongements. La présence est improvisation. Elle se dégage du temps qui se cristallise et passe sous la forme de souvenirs, et qui devient passé, déterminisme réclamant obéissance et silence. Devant, il est futur et projection d'une attente, d'un changement qui peut devenir exténuante répétition. La présence se conjugue avec l'alphabet d'une palpitation inattendue. C'est quand sa déclinaison arrive au seuil de la conscience que précisément revient le temps dans l'après-coup du miroir où se profilentdes stades, des étapes etles moments du mouvement. Construction, elle ne laisse pas béante la faille du manque par laquelle s'infiltregoutte à goutte le désespoir, la déception du «déjà vu». La présence ne redit pas une réalité préconçue. Elle crée des visions, assemble des ressentis et sonorise des duos improbables. Elle personnalise une construction du monde par l'acte créatif de l'être en reliance. La pensée est mémoire sédimentaire déposée dans les systèmes fermés de prophéties bien souvent autoréalisatrices: «cela va arriver car cela est déjàarrivé», tel est le refrain qui tourne dans les séances inconfortables où la plainte et l'impuissance tiennent salon. La personne part en voyage quand la pensée radicalise son emprise et la vie devient un feuilleton dont les résumés encombrent la relation d'une défensivité lâchée ici à bride abattue... L'anticipation n'est pas un roman,c'est un calcul que la pensée rédige pour se préserver de son ombre: la peur. La cliente envisage pour ne pas dévisager ce qui fait loi et consignes en elle: la reproductivité des instants insécures dont le pare-feu est la prévision. Cependant de cette protection àla prédiction, il n'y a qu'une nuance qui referme le cercle des possibles. L'ambiance vire au dépit, parfois au cynisme. Les structures du moi, ces traductrices d'incidents invariablement conservatrices, s'installent au côté de ma cliente pourlui chuchoter un discours convenu . Quand la présence s'efface, reste le balisage d'une existence répudiant l'expérience. «A quoi bon.» devient la réplique d'un acteur fatigué confirmant à sa personaveille qu'il encore au maintient de ce qui doit rester linéaire; la cause implique une conséquence devenue si prévisible!... La pensée est le royaume des croyances. Leur culte s'inscrit dans le marbre des principes et des rituels. La présence pourtant est un architecte dont la matière première est l'instant.:«L'amour, la joie et la paix s'installent dans les instants que nous dérobons au temps.» écrit Guy Corneau( Guy Corneau,(2010) «Revivre» p.211.).La pensée, à sa différence, pose une industrie planifiant l'inconnu afin de segmenter le réel ences produits dérivés que nous connaissons: stress, angoisse, dissociations multiples et malaises répétitifs, peur de manquer etc... La présence n'élabore pas l 'expérience, elle en pose la condition essentielle: le contact .
Elle est phénomène et non pas concept. Son lieu de vie: la relation. Elle est l'éclair inattendu qui jaillit quand je suis disponible sans avoir recours à l'excuse de la préparation. La présence construit l'éternité mouvante dans l'instantanéité de la rencontre. Quand elle reste à sa place, la pensée est utile, elle est le réceptacle qui contientles matériaux de l'après-coup ,ceux qui servent à témoigner de l'intensité et de la justesse de la transmission de l'un vers l'autre. La présence nettoie le mouvement de vie des déterminismes construits sur les bases inamovibles des structures du moi. L'étant surgit quand le «has been» oublie de se perpétuer en évènements futuribles.
Gérard Mercier,  11et 12 Avril 2012.
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