Emy Barth et le Monde Secret de Terninet

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Emy Barth et le monde secret de Terninet Nathalie G.A. L’Anniversaire Cet après-midi de printemps était ensoleillé, mais un petit vent frais soufflait dans les arbres. La rue des Horticulteurs était étroite et calme, bordée de petites maisons aux petits jardinets coquets. Seules les voitures des habitants y circulaient. Ils se connaissaient tous mais se fréquentaient peu. Lorsqu’ils se croisaient ils se saluaient chaleureusement. Ce dimanche après-midi était très paisible. Les voitures alignées le long des trottoirs laissaient supposer que tout le monde était resté dans son petit nid douillet. Les portails étaient fermés. Ils se ressemblaient tous, en fer forgé noir. Leurs formes variaient peu, c’était la seule originalité qui les différenciait les uns des autres. Aujourd’hui, l’un d’eux était paré de ballons multicolores qui flottaient au vent. De la fenêtre pourtant fermée, et qui devait être celle du salon, s’échappaient des rires sourds. Une petite fille très entourée se tenait devant un gros gâteau d’anniversaire, les yeux brillants d’émotion, elle s’apprêtait à souffler ses bougies. Un paquet énorme était posé par terre et de plus petits jonchaient la table. 2 Emy fêtait ses dix ans, elle déballa le cadeau le plus volumineux à la hâte et découvrit un ordinateur tout neuf.
Publié le : dimanche 10 juin 2012
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Emy Barth
et le monde secret
Nathalie G.A.
de Terninet
L’Anniversaire Cet après-midi de printemps était ensoleillé, mais un petit vent frais soufflait dans les arbres. La rue des Horticulteurs était étroite et calme, bordée de petites maisons aux petits jardinets coquets. Seules les voitures des habitants y circulaient. Ils se connaissaient tous mais se fréquentaient peu.Lorsqu’ils se croisaient ils se saluaient chaleureusement. Ce dimanche après-midi était très paisible. Les voitures alignées le long des trottoirs laissaient supposer que tout le monde était resté dans son petit nid douillet. Les portails étaient fermés. Ils se ressemblaient tous, en fer forgé noir. Leurs formes variaient peu,c’était la seulequi les différenciait originalité les uns des autres. Aujourd’hui,l’un d’eux était paré de ballons multicolores qui flottaientau vent. De la fenêtre pourtant fermée, et qui devait être celle du salon, s’échappaient des rires sourds.Une petite fille très entourée se tenaitdevant un gros gâteau d’anniversaire, les yeux brillants d’émotion,elle s’apprêtait à souffler ses bougies. Un paquet énorme était posé par terre et de plus petits jonchaient la table.
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Emy fêtait ses dix ans, elle déballa le cadeau le plus volumineux à la hâte et découvrit un ordinateur tout neuf. Certes, elle utilisait déjà celui de ses parents mais,aujourd’hui elle enavait un à elle, et ça changeait tout. Emy était une petite fille de son époque, très moderne et très active. Ce qui la distinguait des autres enfants de son âge,c’était son coté rêveur et très réfléchi à la fois. Etait-ce parce qu’elle était fille unique? Elle avait le sérieux d’une enfant aînée, et la légèreté d’unedernière. Elle était petite tout à la fois.Son père l’appelait souvent affectueusement « ma petite brunette ». Elle avait fait couper ses cheveux au carré pour, pensait-elle,
avoir l’air d’une jeune fille. Ses cheveux n’étaient pas si bruns que ça, plutôt châtain foncé, ses yeux couleur noisette lui donnaient un petit air coquin. Comme le sont souvent les enfants des parents qui travaillent, elle était très autonome. Elle se rendait seuleà l’école primaire qui étaittoute proche. Parfois, sa mère se sentait coupable de ne pas être assez présente auprès d’elle. Emy en grandissant,s’étaitrendu compte du dilemme qui la frappait. Elle la rassurait, lui expliquait qu’elle ne s’ennuyait jamais.Très proche de ses cousins, elle était très rarement seule, le pavillon voisin appartenait à son oncle et sa tante. Ils vivaient là avec leurs trois enfants : Sarah, Hugo et Manon. Hugo et Manon étaient jumeaux, enfin de faux jumeaux qui ne se ressemblaient pas. Ils avaient six mois de plus qu’Emy. La seule chose qu’ils avaient en commun,c’était leurs cheveux châtain clair, et le bleu
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marine de leurs yeux.Les yeux d’Hugo étaient allongés, ceux de Manon étaient tout ronds et très mobiles. Ils étaient grands pour leur âge, et assez costauds. Sarah,leur sœur aînée, avait quatorze ans mais paraissait plus âgée. Tous les trois étaient totalement différents de leur cousine Emy plutôt petite et toute fine. Ils étaient dans la même classe, inséparables et très férusd’informatique. Emy passait des heures sur Internet. Dèsqu’elle le pouvait elle se connectait, fréquentait les sites de ses chanteurs préférés, mais aussi ceux des musées. Elle se tenait au courant des films qui sortaient, tout l’intéressait.Elle disait souvent del’ordinateurqu’il étaità la fois son frère, son ami et sa fenêtre. Il suffisait qu’ellese penchât sur lui pour regarder le monde. Une fenêtre magique où l’on voit très loin.
Alors que la fête battait son plein, tous trois se mirent à chuchoter et à se raconter leurs petites histoires, comme ils le faisaient souvent. -Tu imagines la tête de Priscilla quand elle saura que tu as un ordinateur à toi, dit Manon toute excitée. Priscilla était leur ennemie jurée, une sorte de pimbêche qui avait tout, et qui narguait souvent les deux enfants. -Jem’en fiche d’elle, c’est une idiote. Je ne vais même pas le lui dire, répondit Emy désabusée.
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Emyet Manon n’avaient pas le même caractère, alors que l’une restait calme et ne faisait pas cas des ragots, l’autre prenait tout à cœur et s’inquiétait de tout.Emy savait apaiser sa cousine parfois enflammée pour un petit rien. Au premier abord,on aurait pu croire qu’elle suivait les deux autres. Mais pour ceux qui savaient observer, il en était tout autre. Iln’était pas rare que les jumeaux la suivent dans ses idées, ses décisions. Cette journée avait été joyeuse ; toute la famille était réunie. Hugo et Manon ne dissimulaient pas leur envie en regardant l’ordinateur tout neuf.La nuit commençait à tomber et chacun s’en retourna. Deux ou trois claquements de portes et de portières mirent fin à la fête. Emy rejoignit sa chambre dont la fenêtre donnait sur le jardin. Elle était coquettement meublée. Son père, Romain,avait achevé d’installer l’de la bibliothèque. Il était grand et avait unordinateur prés du bureau et physique d’athlète, il était très sportif. Quand il souriait, deux fossettes creusaient joliment ses joues. - Voilà, ici,c’est parfait! dit-il un tournevis à la main. Il venait de monter la petite table à roulette où trônait l’ordi.Emy le regarda avec affection en souriant. -Je prépare un repas, demanda Clara,ou…
-En ce qui me concerne jen’ai pas faim! répondit Romain.
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-Moi non plus ! renchérit Emy.
-Dans ce cas, nous mangerons les restes de gâteaux, décida Clara. Cela semblait convenir à tout le monde, ils grignotèrentplus qu’ilsne mangèrent. Ce repas informel prolongeait un peu la fête. Après la petite collation, Emy quitta la table et rejoignit la salle de bain. Comme il était déjà tard, elle fit sa toilette rapidement. En enfilant son pyjama à la hâte, elle le mit à l’envers.-Eh bien Emy, fit son père les mains sur les hanches,tu n’as pas eu assez de cadeaux ? Elle le regarda surprise.
-Oui ! ajouta- t-il, en souriant. Chez moi quand on met un vêtement à l’envers c’est qu’on veut un cadeau.Il ne se rappelait pas lui-même, d’où il tenait cette étrange croyance. Il l’accompagna dans sa chambre comme chaque soir.-Bonsoir chérie, fit-il en l’embrassant.Emy se coucha,en regardant partout autour d’elle, comme si elle sentait une présence. Sa lampe de chevet tomba. Elle sursauta. Une appréhension indéfinissablel’accapara. Cette nuit là, elleeut du mal à s’endormir.L’excitationde la journée sans doute mais aussi l’envie irrépressible d’utiliser sonordinateur. Elle avait 6
promis à ses parents qu’elle ne l’utiliserait pas après vingt heures, et comptait bien tenir sa parole. Se tournant et se retournant, elle cherchait le sommeil. La fatigue prit le dessus. Lorsqu’elle s’endormit enfin, il était déjà très tard mais, qu’importe, les vacances de Pâques venaient tout juste de commencer. Alors qu’elle dormait profondément,un bip de son ordinateur la réveilla. Ellese leva pensant qu’il était mal éteint. L’écran était bleuté et scintillant. Tout en baillant, elle appliqua les procédures que lui avait indiquées son père pour le quitter dans les règles de l’art, sansl’éteindre sauvagement.Elle essaya mais il ne s’éteignait pas. Le bip avait cessé mais ça scintillait de plus en plus. Emy crut d’abord à une panne. Elle était contrariée que son ordinateur tout neuf fasse déjà des siennes. En regardant son réveil,elle vit qu’ilindiquait minuit un quart. Ne voulant pas réveiller ses parents qui travaillaient le lendemain, elledébrancha l’ordinateur, etconstata avec stupéfaction qu’il ne s’éteignait pas.
Elle courut dans son lit toute tremblante, puis essaya de se rassurer. Peut-être qu’une tension électrique était la cause de tout cela? Pourtant elle savait que son ordinateurn’était pas portableseule, que l’électricité sur secteur pouvait le faire fonctionner.Elle s’enfouit sous ses couvertures, se disant en son for intérieur qu’elle aurait bien le temps de percerle mystère le lendemain. Mais un bip à nouveau lui fit sortir la tête. En regardant son écran elle vit un message couleur or scintiller. 7
EMYREPONDSMOI
Replongeant sous sa couverture, elle se mit une nouvelle fois à trembler de la tête aux pieds. Qui était derrière tout cela ? Et surtoutqui pouvait connaître son prénom ? Sa chambre si familière, lui parut tout à coup hostile. Les formes de ses placards,l’ombre de la branche d’arbre qui balance projetée sur son mur, comme un bras qui tente de l’agripper.Chaque bruit,qui d’ordinaire, ne la troublait pas, lui paraissait suspect ; le souffle du vent dans les feuilles, la chaudière qui se met en marche. Tout lui semblait cris et menaces.C’est finalementdans la peur qu’elle se rendormit enfin. Sa maman la retrouva le matin blottie dans son lit. Lesommeil l’avait saisie dans sa frayeur nocturne : -Emy chérie, il est neuf heures ! Je vais bientôt partir, ton petit déjeunerest prêt, tu vas bien mon cœuren se brossant les? dit-elle cheveux. Déjà prête,la mère d’Emyson manteau. Toujours habillée avec cherchait goût, elle était très élégante et chaque vêtement choisi était mis en valeur. Elle portait un joli pull marron foncé et un grand collier sautoir suivait le rythme de chacun de ses pas. Elle la regarda, interrogative, elle était sans doute surprise de la retrouver toute recroquevillée dans son lit. 8
-Oui maman ça va très bien, répondit Emy en baillant.
-N’oublie pas que tu déjeunes chez tes cousins tous les jours de la semaine. Sarah vous réchauffera votre repas, vous mangerez tous les quatre, rappela Clara. Sarah était gentille, mais un peu autoritaire. Il fallait se plier à sa volonté, sinon elle poussait des hauts cris qui vous cassaient vite les oreilles. Se sentant responsable du trio, elle dictait ses ordres, Hugo disait souvent d’elle «qu’elle faisait sa chef». Sarah avait peur de mal faire et essayait
de corriger les bêtises avant même qu’ellesn’aient lieu. Sa mère disait souvent : « mieux vaut prévenir que guérir »,un précepte qu’elle suivait à la lettre. Clara affairée, ne voyait pas passer le temps. Tous les matinsc’était la course. Elle se battait contre la montre et gagnait rarement. -A ce soir, trésor, bonne journée ! cria Clara, en descendant quatre à quatre les escaliers.
-A ce soir,M’an, bonne journée, répondit Emy se redressant ébouriffée. Elle se leva sans entrain. Lanuit l’avait fatiguée plus qu’elle ne l’avait reposée. Elle se rendit dans la cuisine où son bol et ses céréales l’attendaient. Chaque matin, son père lui préparait avec amour son petit déjeuner et, ce,depuis qu’elle était toute petite. Il lui laissait des post-it partout avec des indications et des petits cœurs qui la faisaient sourire. Ces petits morceaux de lui, la suivaient à la trace toute la matinée. En prenant 9
son petit déjeuner, elle repensait à la veille, encore effrayée par ce phénomène étrange. Elle regardait partout autour d’elle. Une présence indéfinissable ne la quittait plus. Après avoir fait sa toilette rapidement, elle partit chez ses cousins, presque contente de quitter ce qui était encore la veille son nid douillet,et qui était aujourd’hui la maison de l’angoisse.murs, Mêmes mêmes meubles, mais une autre atmosphère. Son ordinateur débranché, paraissait vivant. Lorsquelle arriva chez ses cousins, elle grimpal’escalier quatre à quatre pour en parler à Manon et à Hugo. Chacun était dans sa chambre ;l’un écoutant de la musique à en faire trembler les murs,l’autre rouspétant en lui demandant pour la énième fois, de baisser le volume. Manon l’entendit la première. Ellela vit très pâle et crut d’abord qu’elle était malade. Elle donna alors un grand coup dans la porte d’Hugo, qui stoppa net sa musique,et sortit d’un air ahuri. Emy, les yeux écarquillés, les prit tous deux par les épaules et commença à raconter en chuchotant, l’histoire peu singulière qu’elle avait vécue la nuit dernière.Sarah, qui avait entendu tout le vacarme puis un grand silence inquiétant, monta comme un chat dans l’escalier pour surprendre une quelconque bêtise : -C’est quoi ces messes basses! leur lança-t-elle.
-C’est rien…c’est rien,Je ne voulais pasbredouilla Emy.  Sarah, faire de bruit. 10
Hugo agacé claqua la porte : -mêle de tout, celle là !Elle se
Emy leur racontal’aventure de la nuit précédente : -Ah bon ! QuoiNon !s’étonnaManon. C’est incroyable ça! Hugo tenait bien son rôle de garçon :
-Tu as rêvé ma vieille ! Depuis quand les ordinateurs parlent tout seuls sans électricité ?
-Je te dis que non,j’étais réveillée. je ne suis pas folle, protesta Emy.
-Et pourquoi tu n’as pas répondu alors? demanda Manon.
-Parce qu’il était plus de minuit et que papa et maman m’ont interdit de communiquer sur l’ordi avec des gens que je ne connais pas. En plus,il n’aurait pas du fonctionner. J’avais la trouille.Hugo levant les yeux au ciel : -Je ne te crois pas, tu inventes cette histoire pour faire ton intéressante. Manons’énerva; Hugo la contredisait souvent, elle n’accepta pas qu’il en fasse de même avec Emy : 11
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