Intrigues de couloir dans le marché du bâtiment

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Cette pièce décrit le parcours atypique du Necaumorois Alan Dabo, docteur en droit public, qui, de retour au bercail, se mêle à la vie des chercheurs d'emploi. Rebuté à cause de ses origines ethniques par les entreprises publiques du pays, son oncle Casmi lui suggère de s'essayer à l'entrepreneuriat et au développement local. Il y découvre une société que la médiocrité a gagnée, une société de déviances qui fourmille d'intrigues et où chacun brille de sa propension criante à se servir dans les caisses.
Publié le : mercredi 1 octobre 2014
Lecture(s) : 10
EAN13 : 9782336358550
Nombre de pages : 146
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INTRIGUES DE COULOIR Tekam Tagne
DANS LE MARCHÉ DU BÂTIMENT
Théâtre
Cette pièce de théâtre n’est pas issue d’une fction, encore moins d’un
conte de fées. L’auteur y décrit le parcours atypique du Necaumorois INTRIGUES DE COULOIR
Alan Dabo qui, de retour au bercail, se mêle à la vie des chercheurs
d’emploi aux contours controversés. Docteur en droit public, DANS LE MARCHÉ
il propose ses ofres de service aux entreprises publiques du pays, qui
le rebutent à cause de ses origines ethniques. DU BÂTIMENTMis à mal par cette abjection sans nom, son oncle Casmi lui suggère
de s’essayer dans l’entrepreneuriat et le développement local. C’est lors
de son premier marché qu’il découvre une société que la médiocrité
a gagnée, une société de déviances qui fourmille d’intrigues, et où
chacun brille par sa propension criante à se servir dans les caisses.
Il y relèvera, non sans s’en indigner, l’indiférence complice des Théâtre
pouvoirs publics face aux tares sociales qu’on ne dénonce plus et qui
sonnent ici le glas des grands projets dans le secteur du bâtiment :
corruption généralisée, tribalisme fagrant, détournement sans égal
ailleurs de deniers publics, etc.
Ne pouvant s’abstraire de l’ambiance morale qui se gâte comme un
fruit et le révolte, il cédera aux travers et excès des monarques et de leurs
courtisans, pour enfn livrer un ouvrage sur lequel les avis divergent.
Diplômé de l’École supérieure des travaux publics de Yaoundé,
Préface de Joseph Ngangopoption génie civil, Tekam Tagne est né en 1951 à Bandjoun,
dans les hauts plateaux de l’Ouest-Cameroun. Il intègre en
1978 la fonction publique camerounaise, où il a fait carrière
jusqu’à sa retraite en 2006, carrière ponctuée de plusieurs
stages tant au Cameroun qu’à l’étranger. Son parcours
professionnel, riche en expériences de terrain, lui a permis de mettre à proft
son œil d’observateur averti, pour cerner un hiatus profond entre les discours
« rassurants » de nos politiques, et leur dévotion aux maîtres qui les ont portés
aux afaires.
ISBN : 978-2-343-04349-4
Lettres camerounaises
15 €
INTRIGUES DE COULOIR
Tekam Tagne
DANS LE MARCHÉ DU BÂTIMENT






Intrigues de couloir
dans le marché du bâtiment

Lettres camerounaises
Collection dirigée par Gérard-Marie Messina


La collection Lettres camerounaises présente l’avantage du
positionnement international d’une parole autochtone
camerounaise miraculeusement entendue de tous, par le moyen
d’un dialogue dynamique entre la culture regardante – celle du
Nord – et la culture regardée – celle du Sud, qui devient de plus en
plus regardante.
Pour une meilleure perception et une gestion plus efficace des
richesses culturelles du terroir véhiculées dans un rendu littéraire
propre, la collection Lettres camerounaises s’intéresse
particulièrement à tout ce qui relève des œuvres de l’esprit en
matière de littérature. Il s’agit de la fiction littéraire dans ses
multiples formes : poésie, roman, théâtre, nouvelles, etc. Parce que
la littérature se veut le reflet de l’identité des peuples, elle alimente
la conception de la vision stratégique.


Déjà parus

Béatrice AMMERA MENDO, La vie se moque d’être aigre-douce,
2014.
Gabiel TAGNE, Cellule, 2014.
OPIC SAINT CAMILLE, Un cœur n’aime qu’une seule fois, 2014.
Rabiatou NJOYA, Les cloches du prédateur. Œuvres variées,
2014.
Emmanuel NDJERE, Une vie austère ou une galère ? Entre
tradition et modernité en Afrique, 2014.
Gabriel DEEH SEGALLO (coord.), L’Enfant Bamiléké et autres
nouvelles. Anthologie des écrivains Bamougoum, 2014.
ÉPINGLÉ, La poubelle ou Les mystères de la vie, 2014.
Moussa MBOUÉ, La démocratie de la Calmantie, 2014.
Paul BITOUK, Les mots de mon silence, 2014. La lune d’or, 2014.
Romuald Marie AVINA, Souffle des aurores, 2014.
Floréal Serge ADIÉMÉ, Miroir du monde, 2014.
Tekam Tagne



Intrigues de couloir
dans le marché du bâtiment


Théâtre






Préface de Joseph Ngangop





















Du même auteur

L’Afrique est trop riche pour être si pauvre, (Essai), L’Harmattan, 2011






















© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-04349-4
EAN : 9782343043494

DÉDICACE



À

Mes feus parents

Ma chère et tendre épouse

Mes chers enfants

Mes frères et sœurs bien-aimés

Tous mes amis

Merci pour votre patience et votre compréhension, merci
pour les soins multiples et soutenus dont vous m’avez entouré
dans ce contexte de morosité économique et sociale qui m’a
nourri d’idées et d’inspiration tout au long de la rédaction de
ce pamphlet.
Puissiez-vous trouver ici l’expression de ma gratitude et
de mes sentiments reconnaissants !
PERSONNAGES
(Par ordre d’entrée en scène)

o Ma’a Rebecca, la mère de Dabo Alan
o Nandi, fille de Ma’a Rebecca
o Garcia, fils de Ma’a Rebecca
o Dabo Alan, docteur en droit public, devenu tâcheron
en bâtiment
o Casmi, oncle de Dabo Alan, fonctionnaire retraité
o Délégué départemental de l’éducation nationale de
Djesse, chargé de la propagande à la section départementale
du parti de la majorité
o Bernard, chef de la subdivision des marchés publics de
Djesse, neveu de l’inspecteur régional
o Inspecteur régional, président de la commission
régionale des marchés publics de Miban
o Jacqui Mamo dite Elsa, tenancière de la gargote du
village
o Tatem, homme de main de Dabo
o Contrôleur des travaux
o Témoins, diplômés de l’enseignement supérieur en
chômage au village :
• Taba
• Massato
• Samo PREFACE
Cette pièce de théâtre est centrée sur la descente aux
enfers de Dabo Alan. Nanti d’un doctorat en droit public, il
regagne son pays d’origine, plein d’enthousiasme, de zèle, de
fougue. Ce retour suscite beaucoup d’espoir auprès de sa
famille qui organise à cet effet un festin à la dimension de ses
modestes moyens.
Mais le désenchantement du protagoniste ne tarde pas à
voir le jour lorsqu’il arpente les couloirs de quelques bureaux
administratifs pour quêter un emploi. Il enregistre sa première
désillusion au cabinet du directeur de la Société des dépôts
pétroliers où la secrétaire lui exige de l’argent sans reçu pour
que sa demande d’audience parvienne à qui de droit. Ulcéré
par cette corruption à ciel ouvert et l’outrecuidance de la
jeune dame, Dabo claque la porte, non sans avoir haussé le
ton.
Sous les conseils de sa mère, il calme ses ardeurs et se plie
aux exigences immorales d’une autre secrétaire pour accéder
au Directeur général de l’agence de gestion des produits
pétroliers. À la faveur de la vacance d’un poste, il est envoyé
pour entretien chez le sous-directeur des ressources humaines.
La deuxième déception, c’est lorsque ce dernier lui signifie
qu’il bénéficie des qualités requises pour le poste sauf
l’essentiel à savoir son appartenance tribale et le défaut de
parrain. Cap sur le Fonds national de l’emploi où il se heurte
aux tares traditionnelles de l’administration : lenteur,
corruption, disparition des dossiers, enlèvement des timbres,
etc. L’auteur fustige le népotisme, le pouvoir des lobbies, la
politique des quotas qui promeut les cancres et les médiocres
au détriment des plus méritants, toutes des gangrènes qui
minent le pays. Dans un monologue, Dabo dresse le constat
9 amer à savoir que la réussite scolaire et académique n’assure
aucune réussite sociale ou matérielle.
Comme Bertène Juminer dans Les Bâtards, le dramaturge
souligne à l’encre rouge la difficile insertion de l’intellectuel
dans son milieu d’origine où la carte du parti et une certaine
appartenance ethnique sont des sésames. Parce qu’il accepte
le compromis et les compromissions, Dabo ne peut être hissé
au trône des héros ; contrairement à beaucoup d’autres qui
plient bagage, il s’insère dans ce système inique, pas pour le
combattre, mais pour s’en accommoder, pour s’y complaire
et pour perpétrer le statu quo, le pandémonium. A ce titre, il
ne saurait faire partie des hommes dont l’Afrique a besoin
pour renaître.
Necaumor, cet enfer sur terre est bien l’anagramme du
Cameroun, pays tristement célèbre pour la corruption et la
mal gouvernance. Tekam Tagne s’engage, avec son style à lui,
sur une voie empruntée par ses nombreux devanciers que sont,
Bernard Nanga dans Les Chauves-souris, Stanislas Awona
dans Le Chômeur, Patrice Nganang dans Temps de chiens,
Gabriel Kuitche Fonkou dans Moi Taximan, pour ne citer que
ceux-là.
Heureusement pour le Héros, que son oncle Casmi, retraité
expérimenté, est là, qui lui ouvre une perspective, une piste
novatrice, celle de prestataire de services. Le dramaturge
promène le spectateur dans un monde drôle où les marchés
sont distribués aux membres de la minorité régnante qui les
revendent aux entrepreneurs qualifiés et écartés sciemment de
la course.
Casmi obtient un agrément pour son neveu. Ce dernier
assimile les leçons de son mentor et s’adapte progressivement
à l’environnement. C’est ainsi qu’il corrompt le délégué
départemental de l’éducation nationale pour gagner le marché
de la construction des deux salles de classe. Chaque
responsable exige sa part, du chef de la subdivision des
10 marchés au contrôleur des travaux en passant, entre autres par
l’inspecteur régional. On comprend pourquoi les chantiers
administratifs sont faits avec beaucoup de légèreté. Ils seront
pourtant réceptionnés puisque chaque membre de la
commission reçoit discrètement une enveloppe de
l’entrepreneur.
Cette pièce est un véritable pamphlet, le ton est au
pessimisme, la lutte contre les détournements de deniers
publics est un leurre. Ce que l’auteur suggère, face à
l’impéritie d’une élite intellectuelle avide de gloires,
embastillée par l’instinct matérialiste et inapte à s’élever au-
dessus des marais, c’est de hâter l’avènement d’hommes
nouveaux et neufs, gagnés aux idéaux du Beau, du Bien et du
Juste. Pour paraphraser Aimé Césaire, c’est tout le matériau
humain qui est à refondre

Joseph NGANGOP
Docteur d’Etat Es-Lettres

11 INTRODUCTION
Les technologies, nouvelles ou anciennes, ont toutes pour
cœur de cible l’épanouissement paisible de l’homme dans son
milieu de vie. Et dans cet environnement de globalisation ou
plutôt d’interconnexion ouverte où le climat social et
économique mondial n’est plus au beau, rien ne justifie que
l’Africain, au milieu de ses ressources naturelles inouïes,
souffre l’indignité de mener une existence de damné.
Le monde qui se refait sous nos yeux ouvre devant nous un
boulevard de perspectives et d’opportunités dont nous devons
pouvoir explorer l’horizon. La vitalité d’un peuple qui veut
s’approprier son destin en période d’instabilité comme celle
de crise financière que traverse le monde en ce moment,
s’affirme par sa capacité d’adaptation au contexte du temps
qui se complexifie et sa remise en question permanente pour
rester en phase avec lui. Il est temps que nos gouvernants
cessent de croire qu’on ne peut trouver le bonheur que chez
l’autre, et créent un environnement social propice à la
rêverie et qui permet de combler nous-mêmes certaines de
nos insuffisances. Il est temps qu’ils reviennent à de meilleurs
sentiments et abandonnent leurs vieux réflexes de toujours se
servir les premiers. Les difficultés sans nombre accumulées
sans solutions appropriées au cours des ans et aujourd’hui
laborieuses à gérer ne se démultiplieront pas parce que nous
aurons assisté en observateurs tièdes et passifs à nos défis.
Parce qu’il n’y a pas une prime à l’inertie, elles nous
interpellent et ne seront vaincues ni par cette propension
innée à nous laisser vivre ni en vivant en victimes résignées
face à nos relents de haine qui ont survécu.
L’œuvre ici présentée prend racine dans ce contexte social
particulier d’une Afrique des guerres fratricides sans fin, où
les constructions et les déconstructions se succèdent.
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