L'amour à l'aube du crépuscule

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Les deux auteurs ont voulu traiter, dans ce roman, la vie des septuagénaires en abordant des sujets dont on parle peu : leurs solitudes, leurs relations amoureuses et leurs besoins sexuels. Eux-mêmes n'en font pas (ou peu) état, par pudeur et par crainte d'être jugés. Si certains séniors acceptent progressivement d'afficher leur soif de vivre en jouissant pleinement de leurs dernières années, pourquoi ce sujet resterait-il encore culturellement tabou ?
Publié le : lundi 5 janvier 2015
Lecture(s) : 152
EAN13 : 9782336367828
Nombre de pages : 218
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Ginie Chabriel et E. Nessuno
L’amour à l’aube du crépuscule
Ginie Chabriel et E. NessunoLes deux auteurs ont voulu traiter, dans ce roman, la vie des
septuagénaires, en abordant des sujets dont on parle peu: leurs
solitudes, leurs relations amoureuses et leurs besoins sexuels.
EuxL’amour à l’aube du crépusculemêmes n’en font pas (ou peu) état, par pudeur et par crainte d’être
jugés. Roman
Si certains séniors acceptent progressivement d’affi cher leur soif de
vivre en jouissant pleinement de leurs dernières années, pourquoi ce
sujet resterait-il encore culturellement tabou?
Pourtant... « Nul ne voit le jour, marqué dans sa chair d’une date de
péremption sexuelle ».
Ils ont donc voulu aborder ces sujets osés, avec la plus grande liberté,
au risque de choquer certains lecteurs.
Ginie Chabriel (75 ans. Née à Toulon). Professeur de
Français/langue étrangère. Elle a travaillé dans diff érents
pays d’Afrique, d’Asie, du Moyen-Orient et du Pacifi que.
Elle est aussi peintre. Le symbolisme tient une grande place
dans ses toiles.
E. Nessuno (70 ans. Né à Lyon) fait référence à la rencontre
du cyclope avec Ulysse, qui a voyagé, comme lui, aux quatre
coins du monde. On lui doit d’autres ouvrages publiés
sous son véritable nom. Il est aussi peintre “pictoglyphiste” et
participe au mouvement avant-gardiste iniste, créé en 1980 par
GabrielAldo Bertozzi.
Rose des vents
Collection dirigée par Gabriel-Aldo Bertozzi
ISBN : 978-2-343-05349-3
20
Ginie Chabriel et E. Nessuno L’amour à l’aube du crépuscule 12L’amour à l’aube du crépuscule
3Collection «Rose des vents»
dirigée par Gabriel-Aldo Bertozzi
Cette collection est avant tout un choix d’œuvres qui dit «OUI» à ceux
qui ont in uencé ou in uencent le sentir contemporain et « O » au dé à
dit. Dans une telle direction, en partant des révolutionnaires de la
elittérature de n I siècle, la collection parcourt les thèmes de
l`avantearde du sans négliger les terrains où la francophonie exprime
un renouvellement de l`écriture et de la vie et non pas un hétérogène
amalgame de points de vue. Et encore «OUI» à ces études universitaires
qui unissent la recherche à l’originalíté et à l’innovation.
Déjà parus
eMaria Teresa Zanola, Arts et métiers au XVIII siècle. Études de
terminologie diachronique, 2014.
Gabriel-Aldo Bertozzi, «Une heure de littérature nouvelle». Projet et
réalisation, 2013.
Marco uti, Écrivains inspirés par Paul Cézanne. De Rainer Maria Rilke
à Virginia Woolf, 2009.
Tristan Corbière, Les Amours jaunes, édition établie, présentée et annotée
par Lorella Martinelli, 2006.
4
MJ;11?1??;
;;Ginie Chabriel et E. essuno
L’amour à l’aube du crépuscule
Roman
L’Harmattan
5
1


































© L’Harmattan, 201 5
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2- 343-05349-3
EAN : 9782 343053493
SOMMAIRE
Préface ...…..………………………………..................... 11
Chapitre 1 ……………….........................................……. 13
Chapitre 2 25
Chapitre 3 39
Chapitre 4 49
Chapitre 5 59
Chapitre 6 73
Chapitre 7 ……………….........................................……. 85
Chapitre 8 97
Chapitre 9 109
Chapitre 10 121
Chapitre 11 131
Chapitre 12 ……………….........................................……. 141
Chapitre 13 149
Chapitre 14 159
Chapitre 15 167
Chapitre 16 177
Chapitre 17 187
Chapitre 18 197
Chapitre 19 207
78Il n’y a qu’une souffrance, c’est d’être seul.
Gabriel Marcel
Les auteurs remercient Gabriella Giansante
pour ses avis d’expert et son soutien indéfectible.
910Préface
Dans ce roman, nous avons voulu traiter de la vie des sexas et
septuagénaires, en abordant des sujets qui les préoccupent et
dont on parle peu: leur solitude, leurs relations amoureuses et
leurs besoins sexuels.
Eux-mêmes n’en font pas (ou peu) état, par pudeur et par
crainte du jugement des autres.
Les hommes et les femmes de ces générations se sont en
général mariés avant la révolution sociétale et sexuelle de 1968,
et leur jeunesse fut profondément empreinte d’une morale
judéochrétienne extrêmement rigide qui les ont gravement inhibés.
Si certains s’en sont accommodés, d’autres ont vu leur vie
affective marquée, et gâchée à tout jamais par cette éducation
étouffante.
Quelques-uns ont découvert l’amour sur le tard, après un
changement de vie. Aujourd’hui, veufs ou divorcés, ils font
souvent preuve d’une grande liberté d’esprit.
Progressivement, les séniors acceptent donc d’af cher leur
nouvelle soif de vivre en tentant de jouir pleinement de leurs
dernières années.
Mais ce sujet devrait-il encore rester culturellement tabou?
eEn ce début du XXI siècle, nous vivons toujours dans un monde
hypocrite qui se voile la face. Malgré les nouvelles idées plutôt
libertaires qui régissent aujourd’hui notre société, il semblerait
malheureusement que seules les générations qui ont suivi peuvent
prétendre à une certaine liberté sexuelle.
Force nous est de constater que nous vivons dans un monde
envahi par un jeunisme assourdissant, dans lequel on ne concède
plus aux séniors qu’un rôle de grands-parents asexués.
11
?Pourtant «Nul ne voit le jour, marqué dans sa chair d’une
date de péremption sexuelle».
Au risque, peut-être, de choquer certains lecteurs, nous avons
voulu aborder ces sujets quelquefois osés, avec la plus grande
liberté.
***
12Chapitre 1
Samedi 14 décembre. 10 h du matin.Toute guillerette au volant
de ma petite voiture, e suis en n parvenue à m’extraire des
embouteillages qui paralysaient les rues grouillantes et affairées
de l’agglomération lyonnaise, et e roule plein sud.
Je ne m’inquiète pas pour mon véhicule. Ma mini Toyota
ne ra eunit pas, mais rien à craindre, elle vient de passer avec
succès l’examen du contr le technique. Le mécano m’a af rmé
que malgré ses dix-sept ans elle se porte comme un charme, et
rien ne devrait donc l’empêcher d’avaler encore des centaines de
kilomètres dans un proche avenir.
Par une sorte d’étrange mimétisme nous nous ressemblons,
ma voiture et moi. Je viens de célébrer mes soixante-quatorze
ans, mais e touche du bois e garde bon pied bon œil, et surtout
un moral olympique et des rêves plein la tête. Tou ours prête à
bouger, à découvrir des horizons inconnus, et à me lancer corps
et âme dans de nouvelles aventures. Cependant, veuve depuis six
ans, mon mariage ne m’a pas laissé de souvenirs impérissables.
J’ai vécu presque cinquante ans avec un homme convenable au
demeurant, mais qui ne m’a amais fait vibrer. Au ourd’hui, e
prends conscience d’être passée à c té des plaisirs que e méritais
de recevoir de la vie, alors ’essaie de me rattraper. ive la liberté
Après tout, la vie est courte, et e désire en pro ter avant que le
ciel ne me tombe sur la tête.
Où m’emmènera ma présente escapade? Dieu seul le sait. Ce
matin, un seul désir m’habite. Quitter au plus vite la ma estueuse
cité des Gaules au ourd’hui totalement noyée dans un brouillard
de fumées puantes. Le temps paraît pourtant splendide en cette
matinée de décembre. Pas un souf e de vent, ciel uniformément
bleu et température printanière. Des conditions météo relativement
rares en cette saison. Les prémices d’une belle ournée.
13
9MM??MM{MMMMM?M{MMMM?MD’ailleurs en d’autres circonstances ’aurais adoré âner
nonchalamment sur les quais de Saône ou dans les allées du Parc
de la tête d’or.
Mais ce matin dès l’aube la météo a publié un bulletin
d’alerte d’urgence repris aussitôt par tous les médias, et intitulé
pompeusement «Alerte aux particules nes».
J’ai donc décidé de fuir. Rien de spécial ne me retient à
Lyon, alors e ne m’incrusterai pas ici plus longtemps à inhaler
passivement les fameux miasmes empoisonnés. J’ai préparé
rapidement un sac de voyage, et vogue la galère.
Avant de prendre la route, ’ai tout de même appelé ma copine
Mireille espérant qu’elle aimerait m’accompagner dans ce voyage
improvisé. Sinon e devrai me résoudre à ler toute seule. Pourquoi
pas? J’y suis habituée. Mais pour une fois e préférerais partager
les plaisirs de cette escapade avec une amie. Certes, la solitude au
quotidien me semble souvent très dure à supporter, mais pendant
les périodes de vacances cela paraît encore plus lourd. Dif cile
d’apprécier en solitaire la beauté de nouveaux horizons ou certains
instants magiques. L’expérience m’a appris que si l’on ne partage
pas ses émotions avec un être cher, les paysages les plus grandioses
s’affadissent à nos yeux et perdent tout intérêt.
Mimi a un peu hésité.
a me tente bien, mais tu t’absentes pour combien de temps?
Oh, e l’ignore. Une petite semaine sans doute. J’espère
seulement que tu n’as rien programmé de ton côté.
Eh si Dimanche prochain Jean-Luc m’emmène à Paris
pour quelques ours, et il a dé à tout organisé cabarets, théâtre et
même repas dansant sur un bateau-mouche. Tu te doutes bien que
e ne vais pas rater a.
Jean-Luc? Ce nom ne me dit rien.
aturellement, tu as dé à oublié cet of cier en retraite que
’ai rencontré sur Internet le mois dernier. Tu charries quand
même. Je t’ai pourtant relaté notre coup de foudre en long et en
large.
Ah oui, e m’en souviens à présent. Mais tu t’échappes pour
un long eek-end en amoureux? J’espère que tu as bien ré échi.
14
oM?Z?MM??????1?MMMMM?M??MMMdJe crains que tu ne sois dé ue lorsque tu rencontreras ton soupirant
en chair et en os, parce que si tu acceptes de l’accompagner, plus
de dérobade possible. Tu es gon ée quand même
on, mais tu plaisantes? Il m’a re oint à Lyon avant-hier
et nous avons partagé la soirée et même la nuit. Une nuit divine
d’ailleurs. Je t’en réserve tous les détails pour bientôt.
Je constate que tu as abandonné ta sacro-sainte devise «Jamais
le premier soir?» Maintenant tu te dévergondes carrément.
Ben oui Je craignais qu’il ne m’échappe celui-là. Tu
n’ignores pas combien la solitude me pesait ces derniers mois. Je
n’ai donc pas tergiversé. Je lui ai mis le grappin dessus aussi vite
que possible. Mais au fait, ’en conclus que tu n’emmènes pas
Matthieu dans tes valises.
on Cette fois e désirais prendre le large sans lui. Et puis il
travaille. J’envisageais donc de partir en ta compagnie. Cette idée
me paraissait sympa.
coute, ta proposition me tente beaucoup. Alors, d’accord.
Mais à condition d’avoir ta promesse que nous rentrerons avant
dimanche.
Promis, uré Je t’enlève dans une petite heure.
Attends, tu ne m’as même pas dévoilé notre destination.
J’en le mon maillot de bain ou ma doudoune? audrait que e
sache quand même.
Excuse-moi, e n’avais pas pensé à a. Je t’avoue que depuis
ce matin e ressens une irrésistible envie de respirer l’air pur des
montagnes. Donc emporte plutôt des vêtements chauds, ce sera
plus approprié.
Oh, formidable Pourtant une autre question me tarabuste.
Dois- e demander une autorisation spéciale à mon banquier avant
de partir? Parce que si tu pro ettes de m’emmener à Megève ou
à Gstaad, e crains bien que la totalité de mon compte courant ne
suf se pas à couvrir nos dépenses, et e doute qu’ils acceptent mes
liasses d’assignats.
e dis donc pas de bêtises. Rappelle-toi que e ne roule pas
sur l’or, moi non plus. Il s’agira uste de trouver un petit coin
tranquille et sans prétention.
15
Mo)M???MMo???M1???MMMe?M??1MMM?M1 Oui bien s r, et a m’enchante. Je me prépare en vitesse et
e t’attends devant chez moi dans une petite heure.
Me voilà ravie. Je viens d’embarquer Mimi au pied de son
immeuble, et tout comme moi elle af che une grande forme.
Je crois que l’ennui ne nous guette pas. Sacrée Mimi Elle n’a
pas froid aux yeux celle-là. Elle vient de fêter ses soixante-neuf
printemps, et la pensée de devenir prochainement septuagénaire
la terrorise. Alors elle met les bouchées doubles pour être assurée
de pro ter au maximum de la vie et de l’amour. Depuis son
inscription sur un site de rencontres via Internet, elle consomme
sans vergogne. Si bien que quelquefois e ne parviens plus à
suivre ni à m’y reconnaître dans la longue liste de ses amoureux.
Quant à moi e m’épanouis dans une délicieuse liaison. Mais
une seule. Je préfère m’en tenir là. Il s’appelle Matthieu, et e
subodore qu’il risque de tiquer lorsqu’il apprendra ma fugue loin
de lui. Tant pis. Rien de tout cela ne saurait me retenir ni même
me tracasser.
Je lui ai envoyé un texto laconique avant de partir
«Envie de changer d’air pendant quelques ours. Je m’évade
vers la montagne avec Mireille. Je te tiendrai au courant. Bisous».
Matthieu, le plus souvent astreint à des horaires improbables,
travaille à l’aéroport de Lyon Saint-Exupéry. Ce week-end par
exemple, il sera occupé à temps complet, donc autant ouer les
lles de l’air puisque de toute fa on nous ne devions pas nous
retrouver. Et puis e préfère a. Depuis quelques mois nous vivons
une histoire torride, bien qu’épisodique, mais e ne souhaite pas
que cette aventure envahisse ma vie. En effet, e tiens par-dessus
tout à conserver mon autonomie et ma liberté de mouvement. Pas
question pour moi de m’installer dans un train-train quotidien
douillet et astreignant avec un gar on de dix-huit ans mon cadet.
Oh, il aimerait bien, lui, que ces rapports (que nous voulions
uniquement sexuels, au début évoluent vers une histoire plus
intime. Du genre «Je t’aime, tu m’aimes, et nous allons vivre
ensemble usqu’à la n des temps». Mais non, pour moi, pas
question. J’avoue que mes relations avec cet homme charmant
m’apportent un certain équilibre et beaucoup de plaisir, mais e
16
ooMM?o??MMMMM?M?oM?MMdemeure lucide et détachée. otre importante différence d’âge
m’incite à m’attacher à cette stricte ligne de conduite, et e ne
m’autorise pas à rêver d’autre chose. Matthieu ne doit rester pour
moi qu’un séduisant amant attentionné et performant. De cette
fa on, il occupe mes pensées en me permettant d’oublier le poids
de ma solitude, mais e ne me sens pas emprisonnée pour autant.
Je souhaite donc ne rien changer aux règles qui régissent notre
aventure. Ce principe me satisfait pleinement, et fonctionne à la
perfection.
Donc e quitte Lyon et Matthieu sans aucun remords ni le
moindre état d’âme.
Sur les conseils de Mimi e décide de me diriger vers la
HauteLoire. Un département que e connais peu, mais qui d’après elle, a
gardé tout le charme et l’authenticité que e cherche au ourd’hui.
Tout en roulant, nous bavardons comme des pies. Mon amie
m’avoue être tombée folle amoureuse de son Jean-Luc, et ne tarit
pas d’éloges sur ses talents cachés.
Je t’avoue que non seulement il me plaît (physiquement e
veux dire , mais en plus il s’est révélé très expérimenté, tendre,
ardent et passionné. En fait, l’amant idéal tout simplement. Je
n’en reviens pas. Après tous les types nuls que ’ai rencontrés ces
derniers mois, le destin m’offre en n une magni que revanche
que e n’attendais plus. Mais au fait, ’aimerais bien savoir
comment se déroule ton idylle avec Matthieu. Tou ours aussi
br lant, ton Roméo?
Oh, plus que amais D’ailleurs hier au soir il m’a oué le
grand eu. igure-toi qu’il était invité chez son collègue ves. Je
crois t’avoir dé à parlé de ce type collet monté qui visiblement
ne me porte pas dans son cœur. Cela se comprend, car ’apparais
à ses yeux comme le sulfureux couguar qui a eté son dévolu sur
son naïf et innocent copain. Mais tu connais Matt? Il a insisté
pour m’emmener dans l’unique but d’indisposer ves.
Alors pendant tout le repas il m’a ostensiblement caressé
les épaules et embrassée dans le cou. Puis sa main a ef euré
innocemment mon décolleté, et s’est nalement égarée sous la
table... et sous ma upe. Tu imagines sans peine la tête d’ ves.
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M)M?MM<M?M?MM<<MM?MMMMM??M?oM1MM

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