La chambre 321

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Léa et Marc se sont connus en Afrique du Nord. Ils y ont vécu une brève mais intense passion durant quelques mois. Séparés par les aléas de la vie, ils se retrouvent vingt ans après et, contre toute attente, redeviennent amants. Leurs corps et leurs esprits s'épanchent, plongeant le lecteur dans des récits colorés et sensuels où se mélangent souvenirs et espoirs; où tout est sujet à retrouver l'innoncence d'un temps à tout jamais perdu.

Publié le : lundi 2 février 2015
Lecture(s) : 22
EAN13 : 9782336369044
Nombre de pages : 148
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Marie-France Gibert-Baillet
La chambre 321
Léa et Marc se sont connus en Afrique du Nord. Ils y ont vécu
une brève mais intense passion durant quelques mois.
Séparés par les aléas de la vie, ils se retrouvent vingt ans après
et, contre toute at ente, redeviennent amants.
Tout au long du récit, l’auteur raconte comment ils essaient
de revivre « à l’envers » une vie amoureuse impossible dès ses
débuts…
Leurs corps et leurs esprits s’épanchent, plongeant le lecteur LA CHAMBRE
dans des récits colorés et sensuels où se mélangent souvenirs
et espoirs ; où tout est sujet à retrouver l’innocence d’un
temps à tout jamais perdu…
Marie-France Gibert-Baillet est née à 321Narbonne. Après des études de let res à
Toulouse, où elle fut élève de Monsieur René
Nelli, elle a fait toute sa carrière de professeur
Romande let res aux lycées français d’Alger et d’Oran.
Elle a déjà écrit un essai, Fest ns amoureux , sur
le thème du cœur mangé à part r des « Chants »
du troubadour Guilhem de Cabestany, une correspondance
poét que, La correspondance amoureuse de Cagliostro, et un
recueil de poèmes, Fleurs du désert, publiés par La société des
écrivains.
ISBN : 978-2-343-05492-6
14,50 €
Marie-France Gibert-Baillet
La chambre 321
















































































La chambre 321




Marie-France Gibert-Baillet















La chambre 321

Roman















































































Du même auteur


"Festins amoureux" ou le mythe du cœur mangé, essai, Société des
écrivains, 2014.

Correspondance de Cagliostro, poèmes érotiques, Société des
écrivains, 2014.

Fleurs du désert, Poésie, Société des écrivains, 2014.












































































































































© L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-05492-6
EAN : 9782343054926











À mon amie Nadia et à tous ceux qui ont partagé un grand
moment de ma vie en Afrique du nord.
Affectueusement







À tous mes amis connus ou inconnus
qui en lisant mes livres les font vivre.
Merci





















































1.

LA CHAMBRE 321


"Incertitude, ô mes délices vous et moi
nous nous en allons,
comme s’en vont les écrevisses
À reculons, à reculons"
(Apollinaire)





















































Léa pensait à ses retrouvailles récentes avec Marc, là
dans la chambre 321, sans flonflons ni musique mais avec
les mêmes timidités que les jouvenceaux qu’ils avaient été
lors de leur première rencontre vingt ans auparavant.
Elle avait voulu jouer le tout pour le tout dans ces
ultimes retrouvailles quitte à ce qu’elles deviennent
également leur ultime rencontre or il s’avéra qu’elles
furent au contraire une sorte de rencontre de l’extrême tant
en amour qu’en désir, un embrasement tardif qui allait peu
à peu les consumer tous les deux dans un balancement
cruel entre joies et manques comme si le temps passé
voulait les rattraper et multiplier jusqu’à une illumination
totale définitive et irréversible une rencontre amoureuse
hors du commun.
Marc était venu la chercher à "Saint Pancras station"
pour l’amener en voiture jusqu’à Oxford où il enseignait
maintenant depuis vingt ans.
Dans l’ascenseur qui les montait au troisième étage du
"Costwold Lodge Hôtel" proche de la gare, ils ne se
regardaient pas, ne se parlaient pas, chacun perdu dans ses
propres pensées.
Lui, tenait serré dans sa main la clé de la chambre 321,
elle, pour ne pas avoir à lever les yeux sur lui, fixait ce
numéro qu’elle n’oublierait certainement plus.
C’était elle, Léa qui avait voulu et insisté pour qu’ils se
rencontrent dans une chambre, comme deux amants et non
comme deux vieux copains se retrouvant au bout de deux
décennies mais elle s’en voulait maintenant n’allait-elle
pas tout gâcher ? Leurs retrouvailles épistolaires déjà si
inattendues après tant d’années n’avaient-elles pas déjà été
un beau cadeau de la vie ? Pourquoi vouloir plus encore ?
Comment, de surcroît, faire comprendre à un homme,
même aussi intelligent sensible et complaisant que
celuici, qu’elle n’attendait pas de lui… Comment dire… des
performances sexuelles ?
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En fait elle n’avait pas osé lui dire qu’elle avait surtout
un vrai besoin de se retrouver contre lui, contre son corps,
les lèvres contre son cou, de le toucher, de le sentir, d’être
serrée dans ses bras en toute intimité, et non sur un banc
public ou dans une voiture, que c’était ça qui lui manquait
le plus et c’était vrai, mais il aurait rigolé sans doute et
peut-être même aurait-elle froissé sa fierté masculine ?
Au lieu de lui parler aussi simplement que cela, elle
s’était un peu irritée de ses réticences qui lui paraissaient
en contradiction avec les mots tendres de ses mails ou de
ses appels téléphoniques, mais maintenant, mise au pied
du mur, elle avait peur, réellement peur des conséquences
de sa demande.
Comment elle, qu’il avait connue si peu osée dans le
domaine amoureux, avait-elle pu proposer une rencontre
dans une chambre d’hôtel ? Pour retrouver le bien-être du
passé ? L’homme idéalisé, compagnon de tous les rêves et
fantasmes amoureux de sa vie depuis vingt ans ? Pauvre
idiote ! Pouvait-on vivre sa vie à reculons ?
Et lui, ne devait-il craindre aussi, que ce ne soit là, la
fin d’un aimable souvenir ?
Ils avaient été très amoureux l’un de l’autre à l’époque,
mais aujourd’hui ? Quelques mots tendres échangés,
quelques baisers sur un banc, étaient-ils le gage d’un
retour de flamme ? Elle l’avait trouvé plutôt sur la
défensive lors de leurs deux précédentes entrevues où ils
avaient flirté comme s’ils avaient eu quinze ans !
Et s’ils faisaient l’amour ? Quelle audace, se disait-elle,
de se montrer nue devant un homme qui gardait le
souvenir d’un jeune corps ! Quelle honte de le laisser
s’apercevoir qu’elle était en manque d’amour et de
sexualité !
Quelle sottise de donner la preuve de sa persistante
niaiserie dans les activités amoureuses ! Quand on est très
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jeune ça passe, pas plus tard ! Elle se trouvait
complètement stupide.
Pour calmer sa panique, elle se disait que, puisqu’ils
allaient se retrouver face à face dans un lieu clos et
personnel, elle allait au moins pouvoir parler à cœur
ouvert, lui faire enfin comprendre quel drame avait été
pour elle leur séparation après une dernière rencontre déjà
dramatique en elle-même, tant en vécu qu’en
conséquences.
Car il y avait bien eu séparation quoiqu’il en dise. Il le
savait bien, et ce, malgré les contacts épistolaires qu’elle
avait toujours maintenus à l’exclusion de ces dernières
années, pendant lesquelles il n’avait, quant à lui, pas
cherché, non plus, à la recontacter.
Discrétion poussée à l’extrême ? L’amour ne
s’embarrasse pas de telles précautions ; Voilà, au moins,
un sujet de conversation tout trouvé avait-elle pensé !
Il avait résolument ouvert la porte de la chambre pour
la faire entrer, comme il avait résolument donné à la
réception, son nom et sa carte bleue, dans une ville où il
était, pourtant, parfaitement connu.
C’était un homme qui allait jusqu’au bout de ses
décisions lorsqu’il les avait prises. Elle le savait bien,
hélas, cela n’avait pas toujours été en sa faveur dans le
passé !
Aujourd’hui, c’était elle qui avait voulu prendre cette
chambre et c’était elle maintenant qui se serait enfuie à
toutes jambes si son amour-propre ne l’en eût empêchée.
En entrant dans la pièce elle avait jeté son manteau sur
le lit et était allée s’asseoir à l’écart sur une chaise, invitant
Marc à faire de même, mais lui s’était accroupi pour lui
ôter ses bottes. Il avait fait cela en silence, puis l’avait
prise dans ses bras et la relevant doucement, lui avait dit
les mots les plus justes et vrais sur les raisons évidentes et
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