La maison d'Élise

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La maison d'Élise est le récit d'un coup de foudre entre une maison, un village et Jeanne. Dans cette maison se sont joués de modestes destins, de modestes histoires, celles de rencontres à la fois simples et improbables, au gré des générations, des hasards, des solitudes.
Publié le : mardi 2 décembre 2014
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EAN13 : 9782336364216
Nombre de pages : 122
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Francia GodetLa maison d’Elise
La Maison d’Elise est le récit d’un coup de foudre entre
une maison, un village et Jeanne. La maison d’Elise est
au cœur d’un petit village de l’Aude. Ce lieu où respire la
maison d’Elise, c’est la rencontre et l’union de la terre et La maison d’Elisede l’eau, de la montagne et de la rivière. Mais c’est aussi
la rencontre de tous les passés, individuels et historiques.
Elle est au cœur des souvenirs de Jeanne qui se fait
l’écho de tous ces passés. Car dans la maison d’Elise se Roman
sont joués de modestes destins, de modestes histoires,
celles de rencontres à la fois simples et improbables,
au gré des générations, des hasards, des solitudes. Mais
c’est avant tout une histoire d’amour entre Jeanne et
ce lieu dont elle pénètre la magie, magie qui se pare
d’ordinaire, ordinaire lui-même transmué par l’art, celui
de la photographie comme celui de la peinture. Ainsi que
par le souvenir et la mémoire de l’écriture.
Francia Godet a enseigné de nombreuses
années les Lettres Classiques. Elle vit dans
la Drôme. Elle a fait la connaissance de Félix
Jourdan en 1962. Elle a publié La Traille (2010)
et Rosebud (2013), aux Editions Baudelaire.
La photographie du village de Rennes-les-Bains qui fgure en
couverture a été prise en 1965.
Collection personnelle de l’auteur.
ISBN : 978-2-343-04786-7
Prix : 13,50 €
Francia Godet
La maison d’Elise©L’Harmattan,2014
5 7,ruedel’Ecolepolytechnique,75005Paris
http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN:978 2 343 04786 7
EAN:978234304786711
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1111Écritures
CollectionfondéeparMaguyAlbet
Dauphin(Elsa),L’accident,2014.
Palliano(Jean),LanaStern,2014.
Gutwirth(Pierre),L’éclat desténèbres,2014.
Rouet(Alain),Chacuneensacouleur,2014.
Cuenot(Patrick),DieuauBrésil,2014.
MaurelKhonsouetlepapillon,2014.
D’Aloise(Umberto),Mélodies,2014.
Jean MarcdeCacqueray,Lavieassassinée,2014.
Muselier(Julien),Leslunaisonsnaïves,2014.
Delvaux(Thierry),L’orphelindeCoimbra,2014.
Brai(Catherine),UneenfanceàSaigon,2014.
Bosc(Michel),Marie Louise. L’Oretla Ressource,2014.
Hériche(Marie Claire),LaVilla,2014.
Musso(Frédéric),Lepetit Bouddhadebronze,2014.
Guillard(Noël),Entreleslignes,2014.
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Cesquinzedernierstitresde lacollectionsont classésparordre
chronologiqueencommençantparleplusrécent.Lalistecomplètedes
parutions,avecunecourteprésentationducontenudesouvrages,
peut êtreconsultéesurlesitewww.harmattan.fr
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Lamaisond’Elise
roman
L’Harmattan
1111111111111111Dumêmeauteur,auxEditionsBaudelaire:
LaTraille
Rosebud
111111111111111111AEliseet Aude
AFélixet Léon
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Jeanne, après avoir franchi la première porte extérieure et
le petit sas qui la séparait de la seconde, poussa cette se
conde porte battante, bois rouge et ciré, vitres de verre
épaisetbarresdecuivre.Sesregardsretrouvèrentdesuite
à la gauche de l’entrée, inchangée et déserte, l’espèce de
cage vitrée où, comme dans tout hôtel ou pension de fa
mille, était censée se trouver la patronne des lieux, ou
quelquepréposéprêtàaccueillirlesvoyageursenquêtede
logis pour la nuit ou de pension pour quelques jours.
Jeannefutraviedelatrouvervide.Commetoujours.C’est
bien que rien n’avait changé des habitudes et naturelles
méthodes,inébranlablesetpérennesdulieu.Mêmeaumo
ment où on venait régler la note, au moment du départ,
MadameRousseletnesetenaitjamaisderrièrelesvitresde
la cage d’entrée. Le seuil où se tenait Madame Rousselet
pour vous présenter la note, à la fin de votre séjour et au
momentdudépart,étaitceluidelapetiteportelatéralede
la cage vitrée, tout à droite, d’où l’on pouvait apercevoir
un grand salon, quand la porte imposante de celui ci qui
jouxtait la petite porte de la cage vitrée était entrouverte.
Ce seuil où juste avant votre départ Madame Rousselet se
tenait proche de vous, indiquait assez que les rapports
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séjour en séjour, n’étaient plus de l’ordre du commerce,
mais davantage celuide l’arrangement amicalou familial.
D’ailleurs, immanquablement, elle vous demandait avant
de vous remettre la note : « C’est bien trois jours ? ». Ques
tion que l’on aurait pu supposer (venant de quelconque
pratique)unesortedecandiderusecommerciale,maisqui
n’étaitqu’unemanièrenaturelle,devenueacquise,defaire
confianceauvoyageurrésident.
Il faut cependant préciser, avant de s’exclamer et de
s’extasier devant la pratique de Madame Rousselet, que
l’on n’était jamais sûr d’être accepté dans l’une ou l’autre
chambredel’HôteldeFrance,avantunexamenaussibref
qu’expéditifdesapart.Etcela,alorsmêmequ’ilrestaitplu
sieurs chambres libres à l’hôtel. Jeanne avait pu, à diffé
rentesreprises,prendreMadameRousseletsurlefait.C’est
ainsiqu’unsoir,commeelleetGabrielterminaientleurre
pas,l’unedesdeuxgrandesportesdelasallederestaurant
étant restée un peu entrouverte qui donnait sur l’entrée à
laported’acajou,ilsavaientpuprendreMadameRousselet
enflagrantdélit.Celuid’unrefusrapide,d’unefindenon
recevoir, sans doute polie, mais à peine empreinte de re
gret, répondant par la négative à un touriste ennuyé qui
quémandaitlegîtepourlanuit.Voyageurhirsutetropche
velu ou même père de famille en quête de logis, pour des
raisonsconnuesdelamaîtressedeslieuxetd’elleseule,se
voyaient rapidement expédiés, sans autre forme de ver
gogne, vers d’autres toits plus accueillants. Il semblait à
Jeanne que si, parfois, de fait exceptionnel et rare, l’hôtel
étaitaucomplet,ellesedemandaitd’autresfois,sicetteré
ponsesansappeln’étaitpasunalibiàlalibertédeMadame
Rousseletdedirenon,pourraisonobscure,àquineluire
venaitpas.
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11On ne passait donc pas aussi facilement, au delà de la
deuxièmeportebattantedel’entrée,lafrontièredupasde
l’Hôtel de France. Et Madame Rousselet, surtout depuis
son lointain veuvage, en était le douanier tout puissant.
Elle l’avait, lors du dernier séjour de Jeanne et Gabriel, ce
certain soir là du refus, fait clairement comprendre à
Jeanne, quand, après avoir ainsi expédié le passant en
quêtedelogis,ellerevintservirlefromagedanslagrande
salle du restaurant. Jeanne, qui au demeurant ne lui de
mandait rien, mais dont Madame Rousselet avait dû sur
prendre et deviner ensuite la perplexité curieuse du re
gard.Quandonfaisaitenoutre,d’unsimplecoupd’œil,le
compteetlemaigreinventairedespensionnairesdelasalle
à manger, on comprenait aussi très vite que Madame
Rousselet, déjà âgée, ne comptait que sur ses habitués, si
non pour emplir son hôtel, pour lui assurer du moins une
routine juste rentable. Ses habitués, d’anciennes connais
sances, de modestes curistes, des femmes surtout, qu’elle
voyaitvieillirenmêmetempsqu’elleetdontelleréservait
la chambre sans qu’ils l’eussent retenue et dont elle savait
queleurabsencesigneraitunempêchementmajeur,l’inca
pacitéoulamort. 11
C’estpourquoi,ayantfaitainsiuntripréparatoiredeses
hôtes,MadameRousseletpouvaitdoncsepayerl’élégance
et la coquetterie de leur demanderau moment de leur dé
part une confirmation du nombre de nuits ou de demi
pensionsàdécompter,sachantsansdoutefortbienquelen
étaitcedécompte.Ellesesentaitalorsdavantageautorisée
égalementàvoustendrelepetitpapierréglementairedéjà
rempli,oùfigurait,sousl’annoncesomptueuse:«Hôtelde
France » à Rennes les Bains, « Les Tables en pays
Cathare », un total, seul et nu, sans même qu’y figure le
numéro de la chambre, ni le nombre de jours. Un total où
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