Les blessures sont parfois éternelles

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Des attentats surviennent à chaque déplacement du Président des Etats-Unis
Walter J. Ashton, notamment lors de commémorations.
Ces évènements surviennent tous après avoir été annoncés par des
messages laconiques accompagnés de balles de golf servant de signature.
Chantage? Vengeance ?
Surnommé le"Golfeur" par les médias, le terroriste déjoue tous les services
de sécurité de l'état.
Une menace réaliste rendant le président incapable de pouvoir se mouvoir.
Le passé du Président en serait-il la cause ?
En découle une enquête palpitante menée par un agent du "Secret Service"
allié à une journaliste.
Coups de théâtre, intrigues et suspens sont au rendez-vous.
Un Thriller haletant qui nous emmène de Washington au Montana, puis retour
sur le parc sud de la Maison-Blanche durant le "Easter Egg Roll".
Publié le : samedi 4 avril 2015
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Nombre de pages : 304
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Les blessures sont parfois
éternelles
Titre original : Les blessures ne se referment pas toujours

Ivan ZIMMERMANN

Roman



Copyright © 2015 Ivan ZIMMERMANN
All rights reserved. – Tous droits réservés.
ISBN : 978-2-9552611-1-8
Dédicace


A ma femme Peggy pour sa patience et son courage

Avertissements

Ceci est un roman de fiction. Tous les personnages de ce
roman ne sont que pure invention et n’existent pas. Les
descriptions des lieux sont basées sur des recherches effectuées
dans le cadre de documentations. Si certains évènements cités sont
réels ils ont été adaptés au contexte du roman.

LES BLESSURES SONT PARFOIS ETERNELLES





Prologue

Highwood Mountains, près de Belt Creek. (Montana)

La grotte était enfin devant eux. L’entrée, en bas d'un à-pic
rocheux, avait la forme d’une énorme bouche béante prête à avaler
tout ce qui passerait à proximité. Elle était encombrée de deux
troncs d’arbres récemment arrachés, par l'orage, de la lisière de la
forêt qui l'entourait. Les deux gamins, après une certaine
hésitation, entrèrent avec précaution et décidèrent de rester dans la
salle sous la voûte du gouffre. Ils avaient pénétré d'une vingtaine
de mètres seulement et l'entrée ne représentait qu'une arche de
lumière blanche dont les rayons diffus du soleil s'éparpillaient en
éventail et ne parvenaient pas à pénétrer. Ils allumèrent leurs
lampes torches. Les faisceaux de lumière blanche léchaient le
plafond où des stalactites de toutes tailles pendaient au-dessus de
leurs têtes. On aurait dit le paysage dantesque des enfers qui aurait
été renversé. Plus loin, dans la profondeur du boyau torturé par
l'érosion, la zone sombre était marquée par un relief mouvementé
révélant différentes couches de strates calcaires. Les faisceaux
lumineux créaient des ombres dansantes à l'aspect inquiétant sur
les parois irrégulières.
ŕ Bon, on s'arrête là, ça fout un peu les jetons là-bas.
Jonathan écouta son ami. Il n'avait pas très envie, lui non plus,
de continuer plus avant dans ce gouffre inquiétant.
ŕ Brrr ! Ça fait froid dans le dos. Tu crois qu'il y a des
chauves-souris là dedans ? demanda-t-il.
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Ivan ZIMMERMANN
ŕ Je ne sais pas. En tout cas, papa m'a dit de me méfier de ce
genre de grotte car il se peut très bien qu'elle loge un ours en
hibernation, répondit Steve.
ŕ Joyeux ! On reste là, comme ça en cas de problème on sera
plus près de la sortie.
Les deux garçons de quinze et seize ans se regardèrent en
souriant pour se réconforter. Mais à travers leur sourire crâneur
chacun pouvait lire une sorte de d’angoisse sur le visage de l'autre.
Jonathan était le plus âgé. Il aurait du s'imposer comme chef de
file, mais c'était pourtant bien Steve qui conduisait la manœuvre.
D'ailleurs, malgré son année de moins, Steve était bien le plus
grand en taille, mais également le plus costaud.
ŕ Bon, on va le faire ici, ce sera parfait.
Les ados se délestèrent de leurs sacs à dos. Ils les ouvrirent et
sortirent chacun un hétéroclisme d'objets des plus insolites. Des
trépieds et un plan de travail pliant avaient été ainsi installés. Ils se
mirent alors à faire un montage curieux fait de ballons en verre
reliés à un ensemble de pipettes mises batterie par des tuyaux
flexibles transparents. Un tube de verre en spirale montait le long
d'une cuve métallique sous laquelle un réchaud à gaz de camping
avait été placé.
ŕ J'espère que la prof de chimie ne va pas s'apercevoir de la
disparition des ustensiles, dit Jonathan en contemplant leur œuvre.
ŕ D'ici lundi on aura tout le temps de remettre tout ça en place
dans le labo du lycée, répondit Steve.
Un long hululement se fit entendre à l'extérieur. Les deux
adolescents sursautèrent en se retournant, leurs deux torches
dirigées vers l'extérieur. Jonathan mit sa torche sous son menton
transformant son visage en spectre blême jaillissant dans
l’obscurité.
Steve haussa les épaules :"très drôle !", dit-il avec un accent de
frayeur. Alors qu’un frisson s’insinuait le long son échine dorsale,
il dut se secouer mentalement.
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LES BLESSURES SONT PARFOIS ETERNELLES

ŕ Bon, on ne va pas y rester toute la journée. Remplis les
fioles, je vais allumer le réchaud, dit-il avec autorité.
ŕ Je mets toute l'eau ?
Jonathan n'attendit pas la réponse et déversa son container d'eau
dans la cuve métallique. Le feulement du gaz qui s'enflammait eut
pour effet de les rassurer créant une atmosphère, rougeoyante, plus
douce, dont le reflet ambre de la flamme voletait de stalactites en
bosselage rocheux. Ils se reculèrent un peu. Déjà, l'eau de la cuve
commençait à bouillir et un liquide de couleur jaune-vert amorçait
une montée dans le serpentin de verre. Les deux garçons
observaient attentivement l'enchaînement du processus chimique
qui était en train de se développer devant eux. Un goutte-à-goutte
était en train de se former à l'autre bout de la chaine et tombait
dans un bécher gradué qui avait été installé dans une housse
réfrigérante électrique.
ŕ J'espère que la réfrigération va bien fonctionner, lança
Jonathan un sourcil levé.
ŕ La batterie est au maximum, je l'ai laissée une journée en
charge, ça devrait aller.
ŕ Il faut être prudent, on va se reculer un peu, derrière ce
rocher, on ne sait jamais.
Jonathan suivit son compagnon et les deux compères se
retrouvèrent serrés l'un contre l'autre derrière leur abri de fortune
où seuls leurs visages apparaissaient dans l’éclairage succinct. Le
blanc de leurs yeux était illuminé par une intermittence presque
stroboscopique des fluctuations de la flamme rouge orangée du
brûleur. Ils ne quittaient pas leur laboratoire improvisé du regard.
Ils restèrent accroupis pendant une demi-heure et des
fourmillements commençaient à se faire sentir et à envahir leurs
jambes pliées.
Le goutte-à-goutte s'accélérait et le bécher se remplissait
régulièrement sans discontinuer. Ils attendirent ainsi pendant une
trentaine de minutes, l’esprit partagé entre bonheur et angoisse.
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Ivan ZIMMERMANN
Quelques bruits et craquements intermittents se faisaient entendre
de-ci de-là, les faisant sursauter et se retourner par moment,
affutant leur instinct en éveil.
ŕ Les fioles sont presque vides, il est temps d'arrêter le brûleur,
fit Steve.
Il se leva et trépigna sur place pour relancer la circulation à
l'intérieur de ses jambes, puis se dirigea vers le petit réchaud et
coupa l'alimentation du gaz. La cavité tomba tout à coup dans
l’obscurité. Jonathan resté derrière son rocher, le cœur battant,
tentait vainement de trouver l’interrupteur de sa lampe torche, alors
qu’un frôlement le fit sursauter et lui fit dresser les cheveux sur la
tête. Un faisceau de lumière éclaira alors le plafond de la grotte
avant de se redresser à l’horizontal. Steve venait d’allumer sa
torche. Le rai de lumière lécha le plateau du laboratoire avant de
s’arrêter sur la cuve. Sous le reflet de la lampe, Jonathan s’aperçut
qu’une racine pendant d’un rocher au dessus de lui avait caressé
son dos. Il l’arracha de rage, d’un coup sec.
Une dernière goutte perlait sous la pipette. Steve attendit
patiemment qu'elle tombe alors que Jonathan le rejoignit en
grommelant.
ŕ C'est bon, dit Steve, on démonte le matériel.
ŕ J'espère que ce sera un bon crû.
ŕ Ouais, en tout cas, ça a une belle couleur jaune-vert comme
prévu.
ŕ Tu crois que c'est consommable ?
Steve tourna la tête vers son acolyte et lui décocha un sourire.
ŕ Il n'y a qu'un moyen de le savoir, pas vrai ?



Vingt-cinq ans plus tard.

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