AMAMI : Manon et Adrien en sortiront-ils indemnes ?

De
Publié par

Deux personnages que tout oppose et que tout unit. Manon : ambitieuse, sérieuse, studieuse, tétue rencontre le très séduisant Adrien : le beau goss de la fac, surnommé, "l'italiano" pour ses nombreuses conquêtes. Il est sexy, arrogant, borné, colérique, il prend la vie cool en sortant autant que possible. Après avoir connu une relation passionnelle très intense, pendant leur première année de fac, Manon décide de partir étudier à l'étranger, en Italie à Perugia. Ils se retrouvent quatre ans après sur leur lieu de travail. Pourront-ils s'aimer à nouveau ? La vie les a séparés une fois, comment géreront-ils leur attirance ? Chacun cachant des secrets... TOME 2 : DESIRE-MOI.
Publié le : mardi 23 février 2016
Lecture(s) : 37
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791026204145
Nombre de pages : non-communiqué
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

Marion MANNONI

AMAMI : Manon et Adrien

en sortiront-ils

indemnes ?

Tome 2 : Désire-moi

 


 

© Marion MANNONI, 2016

ISBN numérique : 979-10-262-0414-5

Image

Courriel : contact@librinova.com

Internet : www.librinova.com


 

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

 

Chapitre 1 : MANON

 

J’ai un sacré mal de crâne depuis ce midi. Dans mon bureau il fait une chaleur épouvantable, pas de climatisation, en plein mois de juin. Je suis devant l’ordinateur depuis ce matin huit heures trente. Je n’ai ingurgité qu’un léger sandwich. Je n’ai pas arrêté de mettre à jour la base de données, qui servira à finaliser mon mémoire de Master. Ah, oui, j’ai oublié de vous préciser. Je suis en cinquième année de Master : Management et Droit public. Cela fait maintenant quatre ans que j’ai intégré un institut de management public sympa et dynamique, près de Sciences Politiques. Vous vous demandez sans doute pourquoi, je ne suis pas allée l’IEP1.

Il y a quatre ans, en rentrant de mon séjour en Italie. J’ai reçu chez mes parents à Aix-en-Provence, deux lettres d’admission : une pour intégrer une deuxième année de licence en Administration Publique à Science Politique, puis celle dans l’école ou j’étudie actuellement. J’ai laissé tomber l’IEP. Mes parents m’en ont voulu pendant une semaine. En me rabâchant, que c’était mon rêve depuis le collège et patati et patata…. Oui c’est vrai ! Il l’était jusqu’à ce que je découvre cet institut professionnel, qui m’a permis de réaliser déjà deux stages en collectivités. Ironie du sort au pas, mon école est accolée à l’IEP, j’y passe forcément tous les jours. Ceci dit, depuis trois mois je suis en stage sur Marseille, dans l’une des Chambres Consulaires les plus importantes de France.

Il est bientôt quinze heures sur ma montre, je dégouline sous mon tailleur bleu gris, tellement transpirante. Dans quelques minutes, je dois me rendre avec ma maître de stage, à une réunion qui finalisera les actions à entreprendre sur les lignes du tramway Marseillais. Vous y croyez vous ? L’on m’a confié la mission d’analyser quel impact aura le tramway sur les commerces. C’est le stage en or, celui qui me permettra d’obtenir le poste dont je rêve tant depuis des années.

Je range à la hâte mes affaires, quand Denise ma supérieure me lance de son bureau d’à côté :

— Manon, t’es prête ?

— Oui, j’arrive.

J’attrape un stylo, mon classeur, mon sac et pars la rejoindre dans son bureau. Arborant la cinquantaine, Denise est une belle blonde, aux longs cheveux raides, au visage carré, aux yeux marron. Elle est dynamique, sympathique, elle m’apprend le métier avec passion et c’est rare dans les structures dites « d’administration », j’en ai fait les frais parfois par le passé…. Nous descendons les marches d’escaliers de l’immeuble et sortons prendre le métro. Depuis, trois mois, je suis obligée de me coltiner Métro et bus pour me rendre à ce stage.

Venir avec ma voiture serait plus que contraignant dans cette ville, où circuler est devenu un enfer. Nous entrons dans la rame du métro et sortons à la station « Vieux Port ». Nous avons rendez-vous au siège social avec le service communication. L’enceinte de l’immeuble est en verre, immense avec un ascenseur gigantesque. Nous montons et nous nous rendons à la réunion. Lorsque cette dernière se termine il doit être aux alentours de dix-sept heures. Je suis éreintée, je me languis de rentrer chez moi sur Aix. Nous descendons et papotons devant le hall, avec une stagiaire en communication. Soudain, une voix masculine s’écrie :

— Manon ?, Manon Costa ?

 

Je me tourne aussitôt et croise le regard de… Nom de Dieu ! C’est lui. Je ne rêve pas. C’est bien lui. Oui. Vous l’aurez deviné : Adrien. Que fait-il là ? Il n’a pas changé. Il a toujours ce regard énigmatique de séducteur. Ses yeux d’un bleu profond m’appellent. Rapidement, je suis prise de bouffées de chaleur, il fait trop chaud, le malaise est proche.

Qu’est-ce qu’il est sexy dans son élégant costume noir qui affine merveilleusement sa silhouette longiligne. Dans son un mètre quatre vingt, il m’intimide. Il a toujours les cheveux bruns rebelles. Il a laissé pousser sa barbe, une barbe de trois jours je suppose, qui dessine divinement son visage allongé. Son corps d’athlète me bouleverse à nouveau, sous son costume j’imagine ses pectoraux et ses abdominaux parfaitement sculptés. Vous ai-je dit qu’il avait un tatouage, un dragon (sur un de ses pectoraux). Je me vois y déposer mes lèvres humides, le lécher, j’adorais le regarder nu.

Mince alors, il est encore plus canon qu’il y a quatre ans. Il dégage cette aura virile, animale, bestiale qui envahit tout mon être. Ce n’est plus un petit étudiant de première année, mais un mâle, un homme, un vrai. Il me chamboule tellement, j’en tremble.

Je ne pensais absolument pas le revoir un jour. A vrai dire, depuis que je suis partie en Italie, notre relation s’est terminée sans motif. Il m’envoyait des mails tous les jours, parfois deux dans la même journée, pour me demander comment j’allais. Il a essayé de me joindre à plusieurs reprises par téléphone. Au début, je lui donnais de mes nouvelles, puis après j’ai arrêté. Je l’aimais vraiment comme une folle, mais je ne pouvais plus gérer cette relation à longue distance. Trop jeune, besoin de vivre à fond ma vie. Quand vous faites l’expérience de l’étranger, vous n’êtes plus la même personne, vous évoluez différemment. Je sais que c’est moi qui aie tout gâchée. Je lui ai même envoyé une photo qui a dû l’agacer pendant des jours je pense, je n’en sais rien. C’est à partir de là que je n’ai plus eu de ses nouvelles et n’ai pas cherché à en avoir non plus. Sur cette photo, je me promenais le long de la « Porta Sant’Angelo », bras dessus bras dessous avec un très bon ami Luigi avec lequel j’ai eu une forte complicité et dont j’ai gardé son amitié. A l’époque, ne plus l’appeler, ne plus lui donner de mes nouvelles, était la meilleure chose que j’avais à faire, pour lui comme pour moi.

Quand, je m’aperçois qu’Adrien s’avance vers moi, mon pouls s’accélère aussitôt, mes mains deviennent moites, je vais me liquéfier sur le champ s’il s’approche trop près. Il me fait la bise, je sursaute à peine, il m’électrise, je hume son odeur, il n’a pas changé. Son parfum me grise, tous mes sens sont en éveil. Cette sensualité et cette virilité qui émane de lui, fait pulser les battements de mon cœur à un niveau optimal. Adrien salue Denise, la stagiaire et me mène un peu plus loin en direction des ascenseurs.

— Hé bien ! Je ne savais pas si je rêvais. Je ne t’ai pas reconnu tout de suite, avec ton tailleur, les lunettes. Qu’est-ce que tu fais ici ?, me lance-t-il avec de grands yeux étonnés en me pointant de son doigt.

— Heu… J’ai… heu…. assisté à une réunion, bafouillé-je. (Je déglutis, il me perturbe, ses yeux me dévorent intensément). Je suis en stage depuis trois mois.

— C’est vrai ? Pourtant, je ne t’ai jamais croisé ?, me demande-t-il médusé.

— Normal. (Je racle ma salive). Je suis dans le département commerce et artisanat. Et toi tu fais quoi au juste ?

— Je suis en alternance à EUROMED Marseille2.

— NON ! C’est pas vrai, répliqué-je stupéfaite.

— Ouais. (Il hausse les épaules). Je bosse au service finances depuis trois ans déjà. Dans quinze jours, je passerai ma soutenance de mémoire.

— Hé ben dis donc. (J’acquiesce). Je suis contente pour toi, dis-je encore sous le choc.

Je savais qu’il avait les capacités pour y arriver, il était tellement doué avec les chiffres, fainéant mais doué. Mais alors là, il m’en bouche un coin.

— Et toi alors, t’as intégré Sciences Po ?, m’interroge-t-il intrigué.

— Heu… à vrai dire… non (Je baisse la tête). Je suis dans une école plus petite.

Denise qui discutait avec la stagiaire, vient vers moi et nous interrompt :

— Je rentre au bureau. (Elle scrute Adrien). On se voit demain. (Elle me sourit).

— Ok pas de soucis, souris-je. A demain.

Denise part. Je me retrouve seule dans le hall avec Adrien. Le silence s’installe entre nous. J’ai eu une relation tellement intense avec ce mec, il connait mon corps dans les moindres détails, pourtant je ne sais quoi lui dire. Il m’intimide encore, je rougis telle une pivoine, bafouille, que m’arrive-t-il ? Jamais je n’aurais pensé que cela puisse m’arriver avec lui, pas à ce point. Les gens évoluent, changent, mais surtout grandissent. Je sors de mes songes, quand il me dit :

— Je dois y retourner, on m’attend. J’étais sorti pour faire une pause.

— Ok, je comprends. A une prochaine fois, qui sait ?

Nous nous disons au revoir. Adrien effleure à peine de ses mains mon bras, mon corps s’enflamme. Ce sentiment que j’ai connu par le passé se déclenche à nouveau. Toutefois, j’ai trop souffert de cet amour passionnel. Je ne suis plus l’étudiante naïve qui fonce sans raison, d’autant que depuis deux ans, je vis au quotidien avec une maladie que je ne souhaite à personne. Elle m’a endurcie et surtout permis de comprendre que mon travail est la seule chose qui compte à mes yeux. Je prends la direction de la sortie, toujours bouleversée, Adrien me rattrape, pose sa main sur mon bras, je frissonne, me retourne. C’est comme un sentiment de déjà-vu.

— T’es libre dans une petite heure ?

Son regard me trouble, sa bouche entrouverte attend ma réponse et sa main me paralyse.

— Je… Heu… dois rentrer, soupiré-je. Je viens en bus jusqu’ici. Je… Je ne sais pas, balbutié-je.

Je cherche mes mots, je ne sais plus quoi répondre. Ce type me met le doute. Il suffit que je croise à nouveau son regard pour que je ne puisse plus raisonner convenablement. Il lâche mon bras et part en direction de l’ascenseur….

 

Chapitre 2 : ADRIEN

 

Quel con ! Qu’est-ce qui m’a pris de lui demander si elle était libre. Je mets ma main à couper que cette nana n’est pas célibataire. Une fille comme elle, ne peut pas être seule. Putain ! Elle n’a pas changé. J’ai eu un choc en la revoyant. Elle est toujours aussi belle. Une chevelure brune épaisse arrivant aux épaules, de grands yeux verts pétillants, une bouche pulpeuse que vous avez envie de sucer et de mordre, des pommettes saillantes, ce teint de porcelaine m’a une fois de plus hypnotisé, sous son visage angélique, se cache une vraie tigresse. Quand je me suis approché d’elle, j’ai reconnu tout de suite son parfum un mélange de bergamote de Sicile et de fleurs sauvages. Elle a toujours la même odeur. Elle vous enivre à un point, que vous n’avez qu’une envie la prendre sauvagement dans un coin et l’embrasser partout. Dans son petit tailleur, ses lunettes de secrétaire et ses talons aiguilles, j’ai cru que j’allais faire une syncope. Ses nichons, non un vrai supplice. Vous ai-je dit qu’elle faisait du 85 D pour une poitrine naturelle. C’est une sicilienne-corse évidemment, qui a des formes généreuses là où il faut. Merde, je suis mort ! Avec ce petit top moulant juste à peine décolleté, je m’imaginais dans l’ascenseur en train de lécher et de mordiller ses tétons. Je me revois, lui palper ses gros seins, elle gémissait mon prénom tellement fort quand j’appuyais vigoureusement sur ses pointes. Et ses hanches à la courbure parfaite, juste faites pour être caressées et mordues à souhait. Bordel de merde ! Je déraille. Qu’est-ce qu’elle est bonne ! Son cul putain ! Je me vois le malaxer et le fouetter fermement, si je continue à rêvasser de la sorte… Je… Ouais, son petit cul de danseuse m’appelait. Exact, elle a un petit fessier bien ferme. De ce que je me souviens, elle pratiquait « le moderne-jazz ». « Miss Glaçon » est devenue une femme tellement sexy. C’était le petit surnom que je lui avais trouvé en première année de fac, car elle ne se laissait pas approcher et pourtant, elle est tout sauf frigide…

Merde et merde ! Elle est encore plus canon avec les années, elle dégage quelque chose de tellement féminin, érotique que mon pantalon me trahit tout seul. Il va falloir que j’arrête de penser à elle, quelqu’un pourrait s’apercevoir en entrant dans mon bureau que ma bite est au garde à vous. De plus, je dois boucler cette analyse de comptes de mes couilles avant ce soir et c’est bientôt dix huit heures.

Une heure plus tard, mon patron Hervé est toujours en train de bosser dans son bureau. Je franchis le pas de la porte et lui annonce : 

— Je rentre. (J’inspire). A demain.

— Ok. (Il redresse sa tête et jette son regard sur moi). Passe une bonne soirée.

— Oui, toi aussi. (Je le salue de la main).

Hervé est un mec sympa, la quarantaine. C’est un grand gaillard, aux yeux marron, aux cheveux bruns courts à peine grisonnants et à la mâchoire carrée. Il ne vaut mieux pas se frotter à lui, tel le rugbyman qu’il était. Ce type est un peu pris par son boulot. Il délaisse sa femme et ses gosses au détriment du boulot, c’est un accro du travail. Il me retourne la tête toute la journée avec ces comptes, ces analyses financières.

Je sors de l’immeuble. Il fait une chaleur atroce, même à cette heure de la journée. Je défais les premiers boutons de ma chemise, j’étouffe. Heureusement que nous avons la climatisation dans les bureaux. Je prends le métro et rentre dans mon appartement. Cela fait trois ans que j’habite dans un joli T3 de soixante mètres carrés en plein centre-ville de Marseille, que je partage avec mon frère Alexis et sa fiancée Océane. Cela fait deux ans, qu’ils se sont fiancés. Ils continuent toujours Médecine, Alexis en gynécologie et Océane en pédiatrie. Ils sont tous les deux internes et se croisent en coup de vent, tellement ils effectuent de gardes, ce qui me permet d’avoir l’appartement quasiment pour moi tout seul.

Après dix bonnes minutes, j’arrive chez moi. Je dépose ma veste sur le comptoir de la cuisine et sort une bière que j’ingurgite lentement. Ça fait vraiment du bien, avec cette chaleur. Puis je pars prendre une bonne douche. Quand, je reviens, je m’installe sur le canapé, allume la télévision et mets Eurosport pour me détendre un peu. Il est vingt heures sur l’horloge et me dis qu’il serait temps que je commande une pizza. Océane, n’est pas encore rentrée. Elle ne rentrera que pour minuit, donc personne ne fera le dîner. Ouais, je sais, je suis un sacré macho. J’ai pris l’habitude depuis trois ans qu’elle fasse le repas. Elle cuisine bien. Faire la cuisine, ce n’est pas pour les femmes ces choses normalement ? Je commande ma pizza, me réinstalle sur le canapé et attends patiemment une petite heure, quand tout à coup on sonne. Ce doit être mon repas. Je me lève, ouvre la porte. Magali (une ex (c’est un bien grand mot) lorsque j’étais à la fac d’économie et qui est dans la même école de commerce que moi), qui est aussi l’une des gonzesses avec lesquelles je baise à l’occasion, entre en trombe dans l’appartement. Cette jolie brunette de taille moyenne est une sacrée allumeuse qui gobe toutes mes conneries, je vous le confirme !

— Ça fait deux heures que je t’appelle. (Furieuse, elle croise les bras). Tu faisais quoi ? On avait rendez-vous au resto ? (Elle fronce les sourcils et me fusille du regard).

— Merde. (Je passe mes mains dans les cheveux). J’ai oublié. Désolé. Le boulot. Je suis parti tard. On remet ça une prochaine fois.

J’ai vraiment envie qu’elle se casse. Je suis crevé. J’ai eu une journée de merde avec ce dossier que je dois terminer pour vendredi, c'est-à-dire demain. Mon mémoire à finaliser. Puis, Manon, ça fait trois heures que mes pensées vont et viennent. Je repense sans arrêt à la façon dont elle m’a humilié avec ce fils de pute d’Italien de mes deux. Ouais, bon je devrais arrêter les injures car indirectement je suis en train de m’insulter.

— Aller s’te plait. (Elle fait la moue) On sort, renchérit-elle. (Elle secoue mon bras).

Elle me casse les couilles avec son resto. Non. Là faut vraiment qu’elle dégage. 

— Bon écoutes (Je la fixe). J’ai du boulot. On se voit samedi midi, dis-je en la poussant vers la sortie.

— Bon d’accord, me répond-elle résignée.

Elle se penche pour m’embrasser sur la bouche, je recule instinctivement et l’embrasse sur le front. Putain ! Ce n’est pas parce que l’on baise que l’on doit être intime. Il n’y a eu qu’une fille à qui j’ai dévoilé qui j’étais et c’est Manon. La seule femme qui m’ait jamais autant blessé jusqu’à présent. Je la déteste tellement de l’avoir laissé entrer dans ma vie et d’y avoir laissé des miettes que j’ai dû recoller jour après jour après son départ. Depuis ce temps, je me suis engagé à reprendre ma vie d’avant en l’amplifiant. Parfois, il m’arrive de baiser avec Magali, puis quelques heures après avec une autre. Parfois aussi, avec des filles dont je ne connais même pas le nom. Je n’ai trouvé que cette solution pour redevenir le type que j’étais. Un mec cool, qui aime sortir avec ses potes, faire du sport, s’amuser, voyager et qui ne se prend pas la tête à cause d’une nana qui vous a promis des choses, qu’elle n’a jamais pu tenir. Magali part enfin, ma pizza arrive quelques minutes plus tard. J’avais faim, j’ai quasiment tout englouti. Il ne reste que quelques morceaux, les autres devront se contenter de ce qu’il y a. De toute façon ils mangent à l’hôpital. Il est vingt-deux heures. Je range la pagaille que j’ai mis dans le séjour et pars dans ma chambre pour bosser un peu et me couche un peu plus tard.

Ce vendredi matin, j’ai la tête dans le cul. J’ai mal dormi. J’ai fait des cauchemars sur ma période post-amoureux. Quel con d’avoir été ce type-là, ouais enfin… C’était la meilleure période de toute ma vie. Quand Manon m’a laissé, je l’ai mal vécu. Pire que ça. A l’époque de « mec le plus cool de la fac » je suis passé « à mec le plus ringard ». Je n’avais plus de potes. Enfin, ceux avec qui je sortais régulièrement. Maxime avait trahi ma confiance en embrassant Manon en boite de nuit, lorsque nous n’étions plus ensemble. Alexandre et Thomas, les deux pires connards qui avaient fait de ma vie un enfer, à cause de cette connasse de Lucie. Bref. Heureusement que Clémence et Nora étaient sympas avec moi et m’avaient accordé une nouvelle fois leur confiance. Quand Manon, ne m’a plus donné signe de vie, j’avais grâce à elles de ses nouvelles. Ici, je pétais les plombs tellement je me sentais impuissant alors qu’elle s’éclatait dans un pays étranger, sortait dans les musées, bars, discothèques avec ses nouveaux meilleurs amis. C’est peu après que j’ai repris ma vie en main, en arrêtant de m’apitoyer sur mon sort et en reprenant mes activités sportives et sexuelles….

Je redescends sur terre quand je m’aperçois que je suis arrivé au bureau. Il est sept heures trente, il fait déjà super chaud. La matinée se déroule à une vitesse phénoménale. Je n’ai pas eu le temps de prendre une petite pause. Hervé entre dans mon bureau.

— Faudrait que tu récupères tout de suite le budget tramway au département commerce et artisanat, me lance-t-il.

— Mais c’est midi ! (Je grogne !). Je comptais partir déjeuner. (Je râle, vous ne le voyez pas !)

— Oui, mais au passage va chercher le dossier. J’en ai besoin avant la réunion de cet après-midi.

— Bon, soupiré-je dégouté.

Qu’est-ce qu’il fait chier ! Il faut toujours qu’il me dise les choses à la dernière minute. Je prends ma veste. Je pars en direction des bureaux et réalise peu après que c’est à cet endroit là que Manon travaille. J’espère que je ne la croiserais pas à nouveau. Elle me tourmente trop depuis hier soir, j’aimerais ne plus jamais la revoir de ma vie. J’entre dans l’immeuble, demande à la standardiste l’étage et monte. Il n’y a pas d’ascenseur. L’immeuble est petit, logé dans un quartier plus ou moins tranquille du centre-ville. Une fois dans les bureaux, j’aperçois à travers la vitre la femme avec qui Manon était hier. Je toque, elle me dit d’entrer de sa main, j’ouvre la porte.

— Bonjour, Je suis Adrien Spinola. Je travaille à la finance. Hervé m’a demandé de récupérer le budget du tramway.

— Ah oui. (Elle se redresse et me fixe). Il m’a appelé. Allez dans le bureau de droite. Ma stagiaire a le dossier complet.

Mon sang fait un tour.

— Ok. Merci.

Je sors, ferme la porte et pars en direction du bureau indiqué. Je frappe. Une petite voix que je reconnais bien me lâche un petit :

— Entrez.

J’ouvre la porte, ma respiration se bloque. En moins de vingt-quatre heures je la revois encore. C’est le destin qui s’acharne sur nous. Un peu comme lorsque je l’avais rencontré à deux reprises quand nous étions en première année, en compagnie de son ami Mikael et dans les rues d’Aix-en-Provence. Elle a l’air tétanisée. Moi aussi. Je me ressaisis et lâche sur un ton sec et affirmé :

— Ta patronne m’a dit que t’avais le budget du tramway. Il me le faut.

Elle me dévisage, me scrute tel un animal furieux. Je sais, je ne lui ai même pas dit bonjour. C’est la première fois, qu’elle m’intimide de la sorte. Qu’est-ce que j’aimerais la plaquer contre son bureau, lui remonter sa petite robe, glisser mes mains dans son décolleté et lui retirer sa culotte. Je suis sur qu’elle porte encore ces mêmes culottes affriolantes qui m’ont tant fait fantasmées. Puis, la baiser comme aucun homme n’a pu le faire aussi bien que moi jusqu’à maintenant. Ouais, je suis sur qu’elle n’a pas pu connaitre de meilleurs plans cul que moi. Enfin, je ne sais pas, ce n’est pas le genre de fille qui couche pour la nuit. Rien que d’y penser, ça m’enrage. Imaginer qu’un autre homme ait pu la toucher ou j’ai été le premier à le faire. Bordel ! « Adrien ne pense pas à ça, sort cette fille de ta tête ».

— Tiens, me dit-elle arrogante. Le voilà (Elle me tend le dossier). Au fait un bonjour, n’aurait pas été du luxe, ajoute-t-elle avec des yeux menaçants.

— Ouais. Bonjour et au revoir, dis-je en prenant la direction de la sortie.

— Attends !, me dit-elle en haussant la voix.

Je me tourne, elle réplique tête baissée, la voix tremblante : 

— J’allais, heu sortir, tu vois. (Elle relève la tête et me regarde). Déjeuner et je me disais que peut-être.

Putain ! C’est toujours comme ça chez elle. Elle ne finit jamais ses phrases. Elle m’emmerdait tout le temps pour que je lui parle, mais il fallait que je décode constamment ce qu’elle voulait me dire. Les nanas c’est trop compliqué, ça ne va jamais droit au but.

— Oui quoi ? Tu veux savoir si je suis libre pour manger avec toi ?, balancé-je sans prendre de gants.

— Heu, oui. (Elle rougit et sourit). Manger avec une ancienne amie (Elle baisse les yeux).

Je reconnais tout de suite, quand je suis direct et que ça la met mal à l’aise. Amie, non mais elle délire la pauvre. Ex, je veux bien. Elle devrait plutôt dire avec le meilleur coup de sa vie. Jamais je n’aurais pu être ami avec elle plus d’une semaine, ça avait été une torture à l’époque, j’avais bien fait de me lancer. Elle est et restera je pense dans le top un de mes meilleurs plans cul de toute ma vie. Oui, enfin ce n’était pas que du cul.

— Ok. Mais maintenant. (J’attrape la poignée de ma main). Je dois rentrer assez tôt, répondis-je.

— Moi aussi j’ai une réunion cet aprèm. (Elle prend son sac qui était posé par terre et s’avance jusqu’à moi).

— Ah bon ?, dis-je surpris.

— Oui avec ton service.

— Non.

Merde ! Je vais encore l’avoir dans mes pattes. J’espère que j’arriverai à me concentrer sur cette réunion. Nous sortons du bureau et je ferme la porte. Du couloir, elle fait signe de la main à sa patronne et nous sortons de l’immeuble.

 

Chapitre 3 : MANON

 

Qu’est-ce qui m’a pris de demander à Adrien de m’accompagner déjeuner ! Quand il est entré dans le bureau, j’ai cru que j’allais m’évanouir. Ça m’a fait le même effet qu’il y a quatre ans, quand je l’avais croisé à plusieurs reprises dans les rues d’Aix-en-Provence. Je ne pensais pas le revoir aussitôt. Enfin, je me doutais que j’allais le voir dans l’après-midi, mais pas tout de suite…

Toute la nuit, je n’ai pas arrêté de penser à lui. Le fait de l’avoir vu hier à fait remonter de vieux souvenirs, qui m’ont toujours hanté depuis des années. Je m’en suis tellement voulu de ne pas lui avoir donné de mes nouvelles. Mais, je souffrais trop, beaucoup trop. Me savoir en Italie et lui à Aix-en-Provence, était difficile à gérer, je n’arrivais pas à me concentrer sur les études, du moins c’est ce que je croyais à l’époque. Quand Clémence et Nora m’ont dit qu’il était redevenu le « baiseur de la fac », j’avais disjoncté. Pendant une semaine, je n’avais pas arrêté de chialer, en me persuadant que c’était en partie de ma faute s’il était à nouveau ce type volage. C’était si douloureux de ne plus faire partie de sa vie, il me manquait terriblement. Puis, je suis rentrée en France, j’ai essayé de lui envoyer plusieurs fois des messages. Ils ont tous finis à la poubelle. Impossible de les lui envoyer. Nora qui a continué sa deuxième année avec Adrien, me donnait des nouvelles régulièrement. Elle me disait constamment qu’il était le pire des connards. Une fois, deux filles se sont battues en plein cours car il les baisait toutes les deux. Evidemment, elles n’en savaient rien. Pratiquement tous les soirs il faisait la fête, je me demande comment il a fait pour réussir ses partiels…. Bref…

 Nous sommes dehors, le soleil tape fort en ce mois de Juin. Je porte une petite robe fluide avec des imprimés fleurs, à peine décolletée, qui m’arrive à mi-cuisses. A ce sujet, j’ai l’impression qu’Adrien n’arrête pas de me reluquer. Je le connais bien, même si notre relation n’a duré que quelques mois, je sais quand il me regarde droit dans les yeux, et pour le coup, il jette des regards plus sur ma poitrine que sur tout le reste. Nous bavardons de choses banales, de nos souvenirs à la fac. Quelques minutes plus tard, nous entrons dans un petit restaurant, il ne paie pas de mine, mais la cuisine marocaine y est sensationnelle. Nous nous installons, Adrien retire sa veste, la pose délicatement sur sa chaise. Exact, il est hyper maniaque avec ses vêtements. Je pose mon sac sur la chaise, sors mon téléphone portable et le pose sur la table. Nous commandons un couscous et nous discutons de tout et de rien, parfois le silence prend le pas sur la parole. Je jette parfois des coups d’œil sur mon téléphone, pour éviter d’être perdu dans ses yeux, des yeux d’un bleu à vous fascinez. Dès que je relève la tête, il me sourit. Il m’observe, sans rien dire. Adrien est embarrassé de se retrouver avec moi, je le sens, moi aussi il me bouleverse. Le revoir, lui parler, j’en ai rêvé des tas de fois. A Pérouse, j’ai découvert la vie, comme dans le film « l’auberge Espagnole ». Je ne comprenais pas pourquoi Xavier (l’acteur Romain Duris), avait été si chamboulé en partant en ERASMUS3. J’ai vite compris en étant dans un pays étranger, que l’on se fait très vite des amis, de divers horizons. Etudier à Pérouse a été l’une des expériences les plus enrichissantes que j’ai vécues jusqu’à présent. Pourtant, la France me manquait et plus particulièrement : Aix-en-Provence, les cigales, le soleil, la mer, la Sainte Victoire, même le Mistral…. Tout me manquait.

Moi, la fille du Sud, qui pourtant à des origines italiennes, n’avait envie que d’une chose : rentrer dans son pays. Puis, il y avait lui : Adrien. Il a toujours eu une place spéciale dans mon cœur. A vrai dire, il a été le seul dans ce cas. Je ne peux pas dire que je n’ai pas eu de petits amis, mais des flirts, un peu plus poussés parfois, jamais ça n’allait bien loin. A ce propos, je suis avec un mec en ce moment. Arnaud est plutôt beau, brun (évidemment), d’origine espagnole, (ça change un peu), en dernière année d’école d’ingénieur sur Aix. Je l’ai rencontré au gala des Arts et Métiers, il y a quelques semaines. Clémence, m’y a emmené tous les ans avec son chéri, Cédric. Arnaud est effectivement un de ses amis. Clémence et Cédric ne se sont plus quittés et depuis ils se sont installés dans un petit studio sympa il y a peu dans le centre-ville d’Aix. Clémence a quitté la fac d’économie, pour faire du droit Pénal. Ce changement de cursus, lui va comme un gant. Le droit pour cette fille, c’est une religion.

Mes amies Clémence et Nora sont géniales, elles ont toujours été là pour moi, surtout quand ça n’allait pas, notamment quand j’ai appris il y a deux ans que j’avais une maladie auto-immune. Ça a été le plus gros choc de ma vie et pour mes parents aussi. Je l’ai mal vécu. J’ai subi une intervention chirurgicale. Je prends des traitements, mais ne peux pas guérir. Cette maladie pourrit mon existence, mais je la combats tous les jours, en essayant d’être positive.

 

Dès que je sors de mes songes, je constate qu’Adrien me scrutait. Il me sert à boire et me sourit. Je lui renvoie son sourire et prends mon verre en bouche.

— Alors ta soutenance c’est pour bientôt ?, lui demandé-je afin que le mal à l’aise s’estompe.

— Ouais, dans quinze jours. (Ses doigts jouent avec le bord de son verre).

— Et ça va ? T’as fini de rédiger ton mémoire ?

— Non, bien sûr que non. (Il fronce les sourcils, retire ses doigts du verre et croise les bras).

— Ah bon. Mais il faut que tu te dépêches. Moi à ta place je flipperai.

— Ouais, je n’en doute pas, me répond-il le sourire en coin.

Avec ce type c’est toujours pareil. Il me met en rogne constamment. Il ne peut pas répondre simplement aux questions. Non, il faut qu’il me pique. 

— Il me reste encore quelques chapitres à peaufiner. (Il inspire profondément). Rien de bien important. Mais dis-moi et toi, pourquoi tu n’as pas fait Science Po ?

— J’ai changé d’avis, tout simplement. (Je hausse les épaules). En rentrant en France, je n’avais plus les mêmes envies. (Je pose le verre sur mes lèvres, le fixe, ingurgite à nouveau le liquide).

Son teint et son regard changent, il plisse les yeux. Je sais, je viens de parler du sujet qui fâche. Le silence s’installe entre nous, pour l’éviter plus, je poursuis :

— J’aime bien l’école où je suis. Les profs sont jeunes, l’ambiance un peu comme une famille. Puis, je ne suis pas seule, Issem est avec moi.

Quelle tête de linotte, je suis ! J’ai oublié de vous préciser qu’Issem a quitté lui aussi la fac d’économie pour intégrer le même institut que moi en deuxième année. Du coup, nous sommes devenus inséparables. C’est devenu un très bon ami, avec deux filles (des jumelles) génialissimes au caractère bien trempé, d’origine Italienne, évidemment !

— Ah ouais. A l’occas tu lui passeras le bonjour.

— Ok. Je lui dirais. Ah ben tiens en parlant du loup. (J’attrape mon téléphone). Il m’a laissé un message.

Mon portable venait de vibrer sur la table. Je lis le message que m’a envoyé Issem : « Salut bombasse. Ce soir c’est petit resto libanais, bien sûr. Et cuba libre ensuite. T’as intérêt à rappliquer ta fraise. Ne me fais pas celle qui est raplapla. Ton Arnaud, tu le ramènes si t’as prévu de le voir. Tu ne peux pas me faire ce coup. Tu me dois un service ! »

Son SMS me fait sourire comme toujours. Issem est tellement naturel, franc. Ce type vit sa vie comme il l’entend sans se poser de questions. Je l’admire beaucoup pour ça.

— Qu’est-ce qu’il t’a raconté de si drôle ? me demande Adrien avec ce regard malicieux.

— Oh rien de spécial. (Je repose mon portable sur la table). Disons qu’il veut que l’on sorte ce soir.

— Ah ouais, et vous allez où ?

— Au resto. Un libanais forcément. Puis en boite.

Adrien tique, il a dû se rappeler la fois où nous n’étions plus ensemble, que j’étais ivre et que j’avais embrassé son pote Maxime.

— Hé bien j’espère que tu passeras une bonne soirée, me dit-il sur un ton neutre.

Il se contient de riposter, je le connais tellement. Pourquoi se mettre dans cet état ? Cette histoire remonte à des lustres. Heureusement, qu’un serveur vient nous apporter nos plats au même moment. Hum, ce couscous a l’air excellent. Je prends une grande bouchée. Adrien m’examine, il ricane. Qu’est-ce que j’ai ? Un bouton sur le visage ?

— T’avais tellement faim, que tu t’en mets partout. (Il pose son index sur le bord de ma lèvre inférieure).

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Julien

de librinova

WAR 2.0

de librinova

suivant