Chipi - 2574 AC

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Chipi - 2574 AC

Andrej Koymasky
Roman érotique de 267 000 caractères.
Aska prit un collier en cuir et le lui mit autour du cou.

— Voilà, comme ça tout le monde saura que tu es mon esclave. Grâce aux couleurs : vert, bleu et jaune, ce sont mes couleurs.

Balko répondit.

— Le garçon ne peut pas être ton esclave, il est à tout le monde. Tu ne l’as pas pris à la bataille.

— J’aurais pu le tuer, puisqu’il est entré ici. C’est à moi qu’il s’est rendu, alors il est à moi, dit Aska, décidé.

— Rendu ? demanda Balko en arquant les sourcils. Tu veux dire que vous vous êtes battus ?

— Bien sûr, même si je n’ai pas eu de mal à surmonter sa résistance, dit Aska.

— Dans ce cas... d’accord, tu peux le garder comme esclave, dit-il et il le congédia d’un geste de la main.
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Publié le : mardi 17 février 2015
Lecture(s) : 6
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791029400278
Nombre de pages : non-communiqué
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Chipi - 2574 AC

 

 

 

Andrej Koymasky

 

 

 

 

 

 

Traduit par Éric

 

 

 

Chapitre 1 : Chipi tombe dans les mains d'Aska

 

 

Aska entendit un léger bruit. Il releva son arme et scruta les alentours, tous les sens en alerte. Le bruit venait de derrière la pile de caisses, c’était comme un grincement imperceptible, lent. Aska crut un instant s’être trompé, il ne pouvait y avoir personne, là, la seule entrée du dépôt, il la surveillait de l’intérieur et Fero de l’extérieur. À moins que ce soient des souris… et c’était justement le coin des provisions. Il devait aller voir. Les souris étaient de pires ennemis que nombre de guerriers d’autres bandes.

Sans faire de bruit, lentement, guidé par le bruit qui revenait de temps en temps, il tourna entre les caisses qui formaient comme un labyrinthe et se rapprocha. Le bruit s’entendait mieux. Comme un léger froissement. Les souris ne font pas ce genre bruit, pensa Aska, sur le qui-vive. Il serra plus fort son arme et se prépara à s’en servir. D’ailleurs, se demanda-t-il, qui donc pouvait s’être introduit ici ? La pièce était faite en béton solide, ancien, mais robuste, elle n’avait pas de fenêtre, juste le conduit d’aération et par là… et bien, quelqu’un de très mince aurait pu s’y glisser, en supposant qu’il ait pu passer la sentinelle au niveau du sol, ce qui était très improbable.

Il tourna dans un autre étroit couloir de caisses et il le vit : c’était un ado émacié, accroupi devant une caisse de vivres dont il avait déjà presque enlevé une planche de fermeture qu’il forçait à la main. Le garçon ne s’était pas aperçu de l’arrivée d’Aska. Ce dernier l’observait, amusé, comme un chat avec une souris, prêt à lui sauter dessus dès qu’il aurait pris de la nourriture et voudrait s’enfuir avec son butin.

La planche céda encore un peu dans un craquement discret. Le garçon glissa la main par l’ouverture et en sortit un paquet de biscuits. Mais, au lieu d’en chercher d’autres comme s’y attendait Aska, il l’ouvrit, les mains fébriles, et en fourra un dans sa bouche. Il lâcha un léger gémissement de satisfaction en le mâchant la bouche fermée. Il allait en avaler un autre quand Aska dit, d’une voix dure et ironique :

— C’est bon ?

Le garçon se retourna en un éclair, les yeux terrifiés, et il laissa tomber le paquet. Aska leva lentement son arme, prêt à l’abattre sur le petit voleur. La terreur qu’il lut dans les yeux du garçon le fit hésiter.

— Alors, ignores-tu que voler les Raptors signifie mourir ? demanda Aska en avançant à un pas du garçon.

Ce dernier se recroquevilla contre les caisses.

— J’ai faim, dit-il à voix basse.

— Tu as faim, répéta Aska en le dévisageant.

Le visage du garçon, si émacié et terrorisé qu’il soit, était beau. Ses habits semblaient tenir ensemble par miracle, mais ils révélaient un corps bien fait.

— Lève-toi ! dit Aska, sec.

Le garçon se leva, tremblant.

— Moi aussi, j’ai faim, lui dit Aska lentement, à voix basse, en le jaugeant de pieds en cap. Déshabille-toi, ajouta-t-il et peu après il commença à ouvrir son pantalon de sa main libre.

— Mais je suis un garçon, protesta l’adolescent, hésitant, quand il comprit de quelle faim parlait l’homme.

— Et moi, j’aime les garçons, dit Aska avec un sourire amusé, puis il ajouta d’un ton sec : À poil, vite !

Et il découvrit son membre déjà presque en érection.

L’adolescent regarda entre les jambes du jeune homme, comme fasciné, et se mit à enlever les quelques haillons qui le couvraient.

— Bien, bravo. Puisque tu as si faim, commence par me sucer un peu, après je t’enculerai…

— Je… je n’ai jamais fait ça… gémit le garçon, mais il s’agenouilla devant le jeune homme et prit en main son membre palpitant.

— Je t’apprendrai, ne t’en fais pas… dit Aska en rattachant son arme dans le dos et il se mit à caresser des deux mains les cheveux ébouriffés du garçon. Comment tu t’appelles ?

— Chipi…

— Bien, Chipi, commence par me lécher, et dis-toi que tu n’as jamais rien savouré de plus délicieux.

Le garçon commença, timidement.

Chipi ressentit du plaisir à avoir en mains ce pieu de chair ferme et frémissante, plus encore quand il se mit à le lécher et il sentit aussitôt que son membre à lui se dressait aussi entre les jambes.

— Oui, bravo, comme ça, tu vois, ce n’est pas si difficile. À présent, prends-la en bouche, suce-la… Oooh, comme ça, oui, bravo, dit Aska, satisfait.

Chipi suçait avec entrain et, en même temps, il palpait le sac lourd des testicules du jeune homme. Aska lui caressait la tête et il se mit à bouger lentement le bassin d’avant en arrière.

— Comme ça, Chipi, oui… tu apprends vite… bravo… murmurait Aska.

Puis il le fit se relever. Il remarqua l’érection du garçon et sourit.

— Alors, ça te plaît ?

— Oui… dit l’ado en rougissant.

— Tant mieux. Tu es un peu trop maigre, mais quel beau petit cul… tourne-toi et appuie-toi aux caisses, je vais te prendre… dit-il.

Il se tourna sans protester. Aska lui fit écarter un peu les jambes, tendre le derrière en arrière puis, avec de la salive sur ses doigts, il se mit à lubrifier abondamment le trou du garçon.

— Je ne veux pas te faire mal, je veux juste en profiter. Mais si tu n’as jamais été pris, ça te fera mal. Tâche de ne pas crier, sinon Fero viendra aussi et il est moins délicat que moi. Et il l’a sacrément plus grosse que moi. Écarte bien tes fesses avec tes mains et essaie de te détendre, c’est compris ?

— Oui, murmura l’adolescent, obéissant.

Aska enduisit aussi son sexe de salive, le pointa, décidé, sur le trou du garçon qu’il saisit par la taille et il se mit à pousser.

— Détends-toi, Chipi, détends-toi… haletait le jeune homme en montant peu à peu la pression.

— J’essaie, murmura le garçon.

Aska poussa plus vigoureusement et il sentit le sphincter céder peu à peu.

— Oh, que c’est bon… c’est la première fois que je dépucelle quelqu’un. Que tu es étroit ! Ça te fait mal ?

— Pousse, dit le garçon à voix basse et il commença à se masturber rapidement.

— Je te fais mal ? demanda encore Aska en poussant fort.

— Oui, mais ça me plaît… pousse, répondit l’ado.

Aska lui écarta la main et se mit à le masturber, tout en se poussant de plus en plus profondément en lui. Il le sentait frémir, trembler, gémir et geindre doucement, et il comprit qu’il ressentait en même temps de la douleur et du plaisir. Quand enfin il fut en lui jusqu’à la base du sexe, sans cesser de caresser sa maigre poitrine et son ventre et de le masturber, il se mit à fourrager en lui. Il eut la pensée confuse qu’il adorait baiser ce garçon. Il était chaud et étroit.

Pour Chipi, bien qu’il ait seize ans, c’était son premier rapport sexuel. Ça lui faisait mal, mais il adorait. Il sentait la virilité victorieuse du guerrier, sa force, le plaisir qu’il avait à le prendre. Moi aussi j’ai faim… et j’aime les garçons, avait-il dit… et à présent il soulageait sa faim en lui. Il pressa ses fesses contre son pubis et comprit que cela augmentait le plaisir du guerrier. S’il le satisfaisait, peut-être qu’il le laisserait manger. Il était sûr qu’il ne le tuerait pas, sinon il ne se serait pas inquiété de lui faire mal. Et il ne le masturberait pas, ça, ce n’était que pour son plaisir à lui, pensait le garçon.

Soudain Aska se raidit, poussa fort, frémit et commença à décharger dans les profondeurs de l’ado. Chipi aussi jouit dans les mains fortes du guerrier. Lequel se retira lentement du garçon qui sentit un élancement, et puis comme une sensation de vide.

— Aaah, ce que tu m’as plu, Chipi. Tu peux finir le paquet de biscuits, maintenant, dit Aska en remettant son sexe dans son pantalon avant de fermer sa braguette, l’air satisfait.

Chipi s’accroupit pour manger avec voracité.

Aska lui caressa les cheveux.

— Doucement, doucement, ne t’étouffe pas. Plus rien ne presse, à présent.

— J’ai faim, répéta le garçon, la bouche pleine.

Aska s’accroupit près de lui et le regarda manger, il souriait, amusé. Tout en lui caressant le dos et le corps.

— Un peu plus gras, tu serais beau garçon. Oui, très beau garçon, dit Aska songeur tandis que Chipi ingurgitait le dernier biscuit.

L’adolescent regarda le guerrier.

— Et maintenant, que vas-tu faire de moi ? demanda-t-il avec un filet d’espoir dans le ton.

— Oui, que faire de toi ? J’ai trois possibilités : te tuer sur l’heure, te remettre au chef pour qu’il décide, ou te prendre comme mon esclave, dit Aska, songeur.

— Prends-moi comme esclave, s’il te plaît.

— Au moins tu serais sûr d’avoir à manger ? demanda le guerrier en riant.

— Tu apaises ma faim et moi la tienne. Ça m’a l’air d’un bon marché, dit l’ado, l’air espiègle.

— Ça te fait pas mal ? demanda Aska, amusé, en caressant son derrière décharné.

— Si, mais un estomac vide fait bien plus mal… répondit l’ado, sérieux, et il dit en rougissant, sans donner aucun plaisir.

— Alors, tu as aimé que je te baise ?

— Oui.

— Bon, rhabille-toi. Je te prends comme esclave.

— C’est vrai ? Merci, maître.

— Je m’appelle Aska. Tu viens d’où, toi ?

— De la vallée de Maratta.

— Un endroit sacrément moche.

— Non, mais il n’y a plus à manger. Même les rats ont presque disparu, quand on en attrape un pour le manger, il faut faire attention de ne pas être vu par les autres, sinon ils te sautent dessus pour te le prendre. Mais la vallée est belle.

— Belle ?

— Il y a des milliers de cachettes et des plantes qui donnent du bois pour se chauffer l’hiver.

— Ah, je vois. Tu as de la famille ?

— De la famille ? Je ne sais pas. Ça fait six ans que je suis seul. Je crois que mon père est mort et ma mère doit être partie avec un étranger.

Aska le regarda longuement en silence.

— Comment as-tu fait pour entrer là-dedans ? demanda-t-il enfin.

— Et bien, je… hésita le garçon.

— Au point où tu en es… dit Aska avec un regard encourageant.

— Par ce trou, dit le garçon en désignant la bouche d’aération.

— La conduite d’air, oui, j’y avais pensé, mais en surface elle est surveillée.

— Que l’entrée du haut. J’ai découvert qu’elle est reliée aux tubes souterrains d’écoulement des eaux.

— Les égouts ?

— Peut-être. Ces grands tubes qui vont au fleuve.

— Ah, d’accord… Et toi, comment as-tu trouvé ce passage ?

— Il y a longtemps que j’explore les grands tubes avec mes amis parce que parfois il reste encore quelques gros rats. Quand j’ai vu le trou carré, je me suis demandé où il menait. Et je suis arrivé ici.

— Et comment as-tu deviné dans quelle caisse trouver à manger ?

— À l’odeur… et puis celle-ci était d’un bois plus léger que les autres, plus facile à casser, à ouvrir. J’ai cru qu’on ne m’entendrait pas et que je pourrais revenir. Mais maintenant, si tu me prends avec toi comme esclave, je n’aurai plus de problèmes, hein ?

Aska lui ébouriffa les cheveux.

— Il te faudra de nouveaux habits, bien sûr. Et un bon bain, tu es sale comme un rat. Viens avec moi. Et il faudra qu’on ferme ce trou, je ne voudrais pas que quelqu’un d’autre trouve cet accès. Rhabille-toi.

L’adolescent se couvrit tant bien que mal de ses pauvres haillons. Le guerrier le prit par la nuque et l’emmena devant la porte du dépôt.

— Fero, fais-moi relever, je dois parler à Balko ! cria-t-il à travers la porte.

— Tu ne peux pas attendre la relève ? cria une voix de dehors.

— Non, c’est urgent.

— Tu sais que Balko n’aime pas qu’on change les tours de garde.

— Il sera très content, Balko. Allez, vite !

— Comme tu veux, Aska.

Après quelques minutes, la porte fut débloquée de dehors et Aska fit jouer le loquet intérieur. Quand la porte s’ouvrit, il y avait Fero et Tres qui, à la vue du garçon, écarquillèrent les yeux.

— Et d’où il sort, celui-là ? demanda Fero.

— C’est ce dont je dois parler à Balko. Toi, Tres, ne quitte pas des yeux la bouche d’aération, il est venu par là, dit Aska et, sans lâcher la nuque de Chipi, il le conduisit à un escalier en béton, ils montèrent trois étages jusqu’à arriver sur une esplanade en plein air.

D’autres guerriers étaient sur l’esplanade, l’un nettoyait ses armes, d’autres bavardaient ou faisaient autre chose, et tous regardèrent avec une stupeur évidente les deux nouveaux arrivants. Aska s’éloigna vers un bâtiment sur un côté.

— Balko est ici ? demanda-t-il au guerrier de garde.

— Oui, mais tu dois attendre, il est occupé. Il est avec Weno.

— Il l’a repris avec lui ? demanda Aska avec un sourire malicieux.

— Balko est Balko… répondit l’autre en haussant les épaules.

— Mais… et Gokko ?

— Gokko ? Ce n’était qu’un caprice, tu sais, le dernier arrivé semble toujours le mieux. Mais dis-moi plutôt qui est ce garçon ? D’où sort-il ?

— C’est mon esclave.

— Et depuis quand ?

— Depuis maintenant.

— Tu as fait une razzia dehors ? Je n’ai entendu parler de rien.

— Non, c’est un don des égouts.

— Pas étonnant, à le voir.

— Bon, je vais le faire se laver et je reviens, dit Aska et il emmena le garçon vers un autre bâtiment.

Il l’emmena dans une pièce avec une grande vasque au centre et des robinets autour, il le fit se déshabiller, jeta ses habits à la poubelle et lui tendit un bout de savon.

— Lave-toi à fond à un de ces robinets, puis rince-toi et plonge-toi dans la vasque, lui dit-il.

Dans la vasque fumante, trois guerriers parlaient ensemble.

— De l’eau chaude ? demanda l’ado stupéfait.

Les guerriers se tournèrent pour le regarder, mais ne dirent rien. Chipi fit couler un filet d’eau et commença à se savonner et à se frotter énergiquement.

— Les cheveux aussi, lui ordonna Aska, resté debout à la porte, à le regarder.

Le garçon obéit. Il se lava soigneusement, se rinça puis se savonna encore. Sa peau était devenue très claire, il avait l’air d’un autre. Puis, bien rincé, il alla à la baignoire et s’y plongea, l’air heureux.

Aska, après quelques minutes, le fit sortir. Il lui tendit un tissu et le garçon se sécha le corps et les cheveux, il se frotta longtemps : sa peau rosit un peu. Tout nu, il le guida dans une autre partie du bâtiment. Il le poussa dans une petite pièce.

— Voilà, ici c’est ma chambre. Maintenant il faut que je trouve quelque chose à te mettre, attends.

Il lui tendit un short et un maillot de corps. Le garçon les mit, dans ces vêtements trop grands, il semblait encore plus menu.

Puis Aska prit un collier en cuir et le lui mit autour du cou

— Voilà, comme ça tout le monde saura que tu es mon esclave, lui dit-il.

— Grâce au collier ? demanda le garçon, tranquille.

— Et aux couleurs : vert, bleu et jaune, ce sont mes couleurs. Allons-y, peut-être que Balko est libre, maintenant.

Balko les reçut. Aska lui expliqua comment il avait trouvé le garçon et comment il était entré.

Balko hocha la tête.

— Bien, nous ferons fermer ce conduit avec des barres de fer. Mais le garçon ne peut pas être ton esclave, il est à tout le monde. Tu ne l’as pas pris à la bataille.

— J’aurais pu le tuer, puisqu’il est entré ici.

— Certes, tu aurais pu.

— C’est à moi qu’il s’est rendu, alors il est à moi, dit Aska, décidé.

— Rendu ? demanda Balko en arquant les sourcils. Tu veux dire que vous vous êtes battus ?

— Bien sûr, même si je n’ai pas eu de mal à surmonter sa résistance, dit Aska.

— Dans ce cas… d’accord, tu peux le garder comme esclave. Fais-le enregistrer par Kerse comme ton bien, dit-il et il le congédia d’un geste de la main.

— Pourquoi lui as-tu menti ? lui dit Chipi quand ils furent dehors.

— Tu aurais préféré être à tout le monde ?

— Non, bien sûr.

— Alors…

— Mais il ne t’a pas cru.

— Bien sûr que non, mais s’il mettait ma parole en doute, il aurait dû me défier en duel.

— Il n’est pas plus fort que toi ?

— Oh si, c’est pour ça qu’il est chef. Mais je suis un bon guerrier, ça n’aurait aucun sens de me tuer, et on le sait tous les deux.

Chipi fut enregistré comme propriété d’Aska. Ce dernier lui expliqua ses devoirs : tenir propre et en ordre sa chambre, laver et réparer ses habits, lui servir à manger et à boire, faire sa vaisselle, le laver quand il prenait son bain, dormir dans son lit et se donner à lui chaque fois qu’il le lui demandait. Ce dernier devoir était celui que Chipi préférait. Les autres aussi, il s’en acquittait vite et bien, mais c’était au lit qu’il donnait le meilleur de lui-même à « son » guerrier.

Enfin il mangeait bien et son corps se remplumait et se renforçait. Aska semblait de plus en plus content de Chipi. Quand le soir ils se couchaient, il suffisait que le guerrier caresse son corps pour que l’ado se glisse vite sous la couverture et se mette à lécher et embrasser le corps musclé du jeune homme. Il avait peu à peu appris où Aska était le plus sensible et il le menait à des sommets d’excitation, notamment en suçant avec une dévotion goulue le membre puissant et beau du guerrier, lequel le faisait se coucher sous lui, sur le dos. Alors Chipi s’offrait à lui. La douleur avait assez vite disparu et le plaisir avait augmenté d’autant. Aska le caressait et l’embrassait avec transport, et il le pénétrait avec une mâle passion.

Chipi était fier d’appartenir à Aska. Le jeune homme le traitait mieux que la plupart des guerriers ne traitaient leur esclave. Les Raptors, contrairement aux autres bandes de guerriers, n’avaient pas de femmes parmi eux, ce pour quoi ils avaient des esclaves. Les esclaves, à vingt-quatre ans, s’ils en étaient capables et le demandaient, devenaient des guerriers, sinon ils les laissaient libres. Ce qui souvent équivalait à une condamnation, parce que la vie dehors, et Chipi le savait bien, était extrêmement dure.

Les guerriers étaient riches, ils vivaient bien, grâce aux razzias périodiques et aux guerres contre les autres bandes. Ces guerres avec les autres bandes avaient des causes diverses : piller une base des ennemis dont on disait qu’ils étaient riches, ou s’emparer de leur repaire s’il était plus facile à défendre, voire des conflits sur la limite des territoires soumis à leur pillage.

Lors des soirées autour du feu, Chipi entendit parler d’une bande mythique de guerriers qui vivait très loin de là, dans une région près de la mer qui s’appelait Niokko. Chipi n’avait jamais vu la mer. Ni même un lac, à vrai dire. Seulement le fleuve qui séparait dans la vallée Maratta le camp des Raptors de la zone d’influence des Franme, la bande de guerriers la plus proche. Les Raptors avaient vaincu les autres bandes du coin, les Goriah, les Bronsy et les Dukas. Aussi dominaient-ils à présent la vaste étendue de ruines de ce côté du fleuve. Chipi apprit cela, et d’autres choses, lors des veillées, dans les récits et les ballades, les histoires qu’ils se disaient le soir autour du feu. Le vieil Herte surtout en savait beaucoup. Il se souvenait même d’un guerrier qu’il avait rencontré et dont le grand-père s’était battu dans la dernière guerre mondiale, celle qui, après l’holocauste de rayons dix générations avant, avait donné le coup de grâce à l’antique civilisation. Chipi écoutait, fasciné, assis à côté de son Aska, prêt à exécuter ses ordres.

Chipi était au camp depuis plus d’un an, il était heureux. Il adorait Aska. Quand ce dernier partait faire une razzia avec les autres, il aimait quand il lui disait, « Je vais peut-être trouver mieux que toi ». Parce qu’il savait désormais qu’il revenait toujours avec un butin d’objets et qu’il disait : « Purée, tu restes le meilleur, je n’ai rien trouvé d’assez beau pour te remplacer ». Chipi savait que c’était un jeu. Il attendait son retour, un peu songeur, parfois il rentrait blessé et il devait le soigner. Les gens, dehors, cherchaient par tous les moyens à défendre leurs vivres et leurs possessions tirées des ruines. Mais les guerriers étaient les plus forts, mieux nourris, mieux armés et surtout, mieux organisés. Alors les gens de dehors étaient vaincus. Quand ils le pouvaient, les guerriers ne tuaient pas les gens de dehors, après tout, c’était grâce à eux qu’ils pouvaient de temps en temps faire une razzia. Et ils n’en faisaient jamais deux au même endroit, pour donner aux gens du lieu le temps d’accumuler vivres et biens.

Il y avait comme un équilibre entre les groupes. Et certains groupes, pour qu’on les laisse tranquilles, se mettaient à apporter périodiquement vivres et biens au camp.

— Nous sommes de l’amas de la Dowee. Ceci est un don pour vous. Nous n’avons pas grand-chose, mais…

— Bien, posez tout ici. Pendant quelque temps nous ne vous rendrons pas visite, était la réponse magnanime de Balko.

Aussi les Raptors devenaient-ils de plus en plus riches. Ils avaient de beaux habits, de la vaisselle, et du matériel dont faire des armes belles et mortelles. Leur seul travail consistait à faire des razzias, à fabriquer et réparer des armes et s’entraîner. Les esclaves faisaient les petits travaux moins plaisants. Il y avait 279 guerriers, et juste 62 esclaves, dont 45 esclaves personnels comme Chipi. Bien des guerriers couchaient ensemble ou avec les 17 esclaves communs. Ils ne voulaient pas de femmes parmi eux parce qu’ils ne voulaient pas d’enfants qui n’auraient fait que les gêner. Et les femmes, disait Herte, avaient été la cause de toutes les guerres du passé parce que, selon le vieux guerrier, elles sont les créatures les plus avides du monde. Si un guerrier avait une femme, fût-ce une esclave, il deviendrait lui-même l’esclave de cette femme. Aussi, selon leur loi, aucune femme ne pouvait même mettre le pied dans le camp des Raptors. D’ailleurs ils n’en avaient pas besoin, ils se suffisaient les uns aux autres et leurs esclaves leur suffisaient.

Chipi s’épanouissait et se renforçait et Aska était de plus en plus affectionné à son esclave, tout comme celui-ci à son guerrier. À présent ils se comprenaient tous les deux même sans parler. Aska était décidé à faire un guerrier de Chipi, aussi le faisait-il s’entraîner avec lui pendant les exercices physiques. Chipi faisait tous les exercices qu’Aska lui demandait avec entrain et quand, après, ils allaient se baigner, il lavait son beau corps avec une joyeuse anticipation, sachant bien qu’à réveiller ainsi son désir, Aska l’emmènerait vite dans son lit pour faire l’amour longtemps et avec transport. Après, Chipi aimait s’endormir entre les bras de son guerrier, apaisé et satisfait.

— Quand tu feras de moi un guerrier, tu prendras un autre esclave ?lui demanda Chipi, une nuit.

— Qu’est-ce qui te fait croire ça ? demanda-t-il en le caressant.

— Je ne sais pas, je me disais…

— Et si je me prenais vraiment un autre esclave ?

— Alors je préférerais ne pas devenir guerrier.

— Mais alors tu devrais quitter le camp.

— Je ne supporterais pas de te savoir ici avec un autre.

— Jaloux ? demanda Aska en lui ébouriffant les cheveux.

— Oui. Je sais que je n’en ai pas le droit, mais…

— Chipi, mon Chipi, personne ne viendra jamais dans ce lit, à part toi, je te le promets, répondit le guerrier et il l’attira contre lui et l’embrassa.

Chipi était heureux. Il portait avec fierté le collier tricolore de son Aska. Il se moquait d’être esclave ou guerrier, tant qu’il pouvait rester avec lui. Parfois il repensait à sa vie avant d’être surpris par Aska et elle lui semblait un lointain cauchemar. Avec Aska, il avait trouvé le bonheur.

Mais une nuit, ils furent réveillés par des cris, des hurlements et des bruits. Et l’alarme sonna, elle n’avait pas servi depuis des années : le camp était attaqué. Aska s’habilla, avec l’aide de Chipi et prit ses armes. C’était une attaque-surprise des Franmes qui, d’une façon ou d’une autre, avaient réussi à traverser en masse le fleuve.

— Toi, attends-moi ici, lui dit Aska.

— Je veux aller me battre avec toi, l’implora le garçon.

— C’est impossible, tu es encore esclave.

— Je ne veux pas être loin de toi, ici, je mourrais de peur pour toi.

— Je t’ordonne de rester là. Je dois défendre le camp, je ne pourrais pas prendre soin de toi. Ici, je te sais en sécurité. Sois tranquille, nous les repousserons au fleuve, dit Aska en sortant.

Chipi entendait les hurlements, les bruits d’armes et par l’étroite fenêtre il voyait des flambeaux et des lampes courir sur la place et il entrevoyait les guerriers gagner leur poste pour interdire à l’ennemi l’accès au camp. La bataille dura toute la nuit et ne sembla cesser que le matin au lever du soleil. Un calme étrange tomba sur le camp. Chipi n’avait pas fermé l’œil. Il aurait voulu sortir chercher Aska, mais il ne voulait pas désobéir à l’ordre reçu. En milieu de matinée il entendit du bruit dans le couloir et il reconnut aussitôt le pas d’Aska. Il alla impatient à la porte : Aska lui sourit, entra dans la chambre et se jeta sur le lit avec fracas.

— Tu vas bien ?

— Je suis entier. Ils sont nombreux. Mais nous avons de bonnes défenses, nous avons l’avantage.

— Ils sont encore là, dehors ?

— Oui, de partout. Mais ici, nous avons vivres et armes, eux pas. Ils ont beau être nombreux, nous gardons l’avantage, dit Aska, sûr de lui.

Balko les réunit.

— Ils attaqueront de nouveau cette nuit. Ils nous testent. Nous n’avons que trois morts et douze blessés. Ils en ont bien plus. Mais ils sont aussi bien plus nombreux… dit-il et il organisa les défenses, surtout pour les points les plus faibles de l’enceinte du camp.

Quand Aska revint dans sa chambre, Chipi lui avait préparé à manger. Ils mangèrent ensemble.

— Pourquoi ils ne se battent pas de jour ? demanda Chipi.

— Parce que le jour, on verrait d’où ils viennent, combien ils sont et on pourrait mieux se défendre. La nuit est leur alliée, pas la nôtre, dit Aska. Et il ajouta : Je ferais bien de dormir, à présent.

Dès la tombée de la nuit, l’attaque reprit. À nouveau Chipi ne dormit pas de la nuit, inquiet pour son Aska. Mais au matin, Aska revint encore sain et sauf. Mais Chipi remarqua que son guerrier avait l’air préoccupé.

— Que se passe-t-il, là dehors ? lui demanda-t-il.

— Ils sont forts. Et organisés. J’ai l’impression qu’ils ont un plan. Ils étudient nos défenses. Le pire reste à venir.

— Aska, demande à Balko d’armer aussi les esclaves, je ne suis pas le seul à vouloir me battre avec vous… presque tous…

— À...

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