Exercices sexuels de style 2

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Maïna Lecherbonnier a étonné les amateurs de littérature érotique, avec ses Exercices sexuels de style, par sa liberté de ton, la richesse de son univers fantasmatique et sa totale franchise. Son style dépouillé de tout alibi a séduit et troublé de nombreux lecteurs.
Dans ce deuxième tome, Maïna poursuit son exploration des désirs et des sexualités avec une écriture encore plus libre et affirmée. Les connaisseurs se réjouiront de retrouver la puissance des évocations de l'imagination débordante de Maïna qui marque de son empreinte le genre érotique, de sa joyeuse impudeur et du sexe roi.



Publié le : jeudi 28 janvier 2016
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EAN13 : 9782846286794
Nombre de pages : 134
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DU MÊME AUTEUR

Exercices sexuels de style, Éditions Blanche, 2005.

Éloge de l’adultère, Éditions Blanche, 2007.

Petites brèves


Depuis l’âge de sept ans, je suis passionnée par l’érotisme.

Durant cette année-là, j’habitais en Normandie et je me sentais terriblement seule, à tel point que même les pigeons picorant dans le jardin semblaient avoir mis des patins pour ne pas me déranger !

Je me suis alors dit : « J’ai envie de voyager ! »

Plus grande, j’ai suivi cette forte inspiration d’enfance. En parcourant le monde, j’ai observé toutes sortes de gens et me suis dit :

« Que peuvent-ils donc bien faire sur cette planète ? »

« Ils font l’amour ! » me suis-je répondu.

« C’est quoi faire l’amour ? »

« Ce sont des Exercices Sexuels de style. »

« Comment vais-je donc m’y prendre pour accomplir de telles prouesses ? »

« Expérimenter les fantasmes et les perversions du monde ! »

Passionnée par cet art, un peu voyeuse sans doute, j’ai commencé à écrire ce que j’ai vu, vécu et fantasmé.

Après avoir écumé les terroirs de mon pays natal, je me suis fièrement lancée à la recherche de toutes les cornes, queues, godemichés, cravaches pour satisfaire les petits déjeuners, déjeuners et dîners de ma bouche, de mon con et de mon cul, en commençant par celles de la Corne de l’Afrique de l’Est.

Cette fréquentation assidue de la Corne finit par faire de mon époux, Jean, un porteur de cornes et de moi une faiseuse de cornes, et par en faire pousser des centaines d’autres dans toutes les parties du monde.

1

Au nom d’une pipe en bois


Et la chlorophylle naît.

Au commencement, Dieu créa la nature avant de créer les humains ; l’eau, l’air, le vent et la terre avec tout ce qui pousse dessus comme les herbes, les fruits et les arbres, tout ce qui grouille comme animaux ; et qui existaient avant le premier homme et la première femme.

Le serpent, ayant séduit et trompé la première femme, Ève, l’amena à transgresser les interdits de Dieu et croquer une pomme. La faisant goûter à son homme, Adam, ils se virent chasser du paradis terrestre, découvrant en même temps leur nudité comme une honte. Ils prirent donc les feuilles d’un vulgaire eucalyptus pour cacher leur sexe.

La chlorophylle de la feuille d’eucalyptus ayant dégagé son arôme en frottant le pénis d’Adam, Ève se rendit compte que le goût du sexe de son compagnon ainsi « chlorophyllisé » et le sien parfumé au même arôme étaient pour elle, comme pour lui, autrement plus appétissants avec cette odeur.

À peine engloutissait-elle dans sa bouche la tête de la queue d’Adam qu’elle avait envie d’avaler jusqu’au plus profond de sa gorge et de tout son corps le priape d’Adam jusqu’à le faire sortir par sa chatte. Elle imaginait sa queue être l’arbre même de l’eucalyptus d’où venait la feuille qui l’avait frottée.

Et la sexualité du XXIe siècle apparut.

Je m’écriais, un jour que je taillais une pipe du tonnerre de Zeus à l’un de ces juifs errants, Dominique, qui me fournit les derniers produits parfumés à la chlorophylle, à la vanille, à la fraise et autres odeurs et essence à la mode dont les geishas modernes des grandes métropoles enduisent les phallus de leurs amants avant de les sucer :

– Nom d’une pipe, d’une pipe en bois d’eucalyptus que je vénère et que j’adore comme l’obélisque de la place de la Concorde ! moi, Maïna, Ève moderne du XXIe siècle, vénérerai toujours les phallus parfumés et goûteux.

À peine ai-je allumé – fille insatiable – la tête du « cigare » de mon amant que j’ai envie de l’engloutir en entier, tant le goût de la chlorophylle qui recouvre la tête de son sexe me donne le désir de l’avaler complètement jusqu’à sa racine. Je continue à le pomper avec un tel acharnement que mon aspiration nous amène à prolonger le sabbat pour en faire une fête dominicale !

– Diantre, dit-il, si avec le seul goût de la chlorophylle tu peux m’aspirer si durablement depuis les sept ans que je te connais, qu’en serait-il si c’était le goût de fraise et de vanille dont s’enduit ma femme, cette chère Fabienne, avant que je ne la broute avec la même vigueur et aussi longtemps que toi !

Je lui réponds :

– Comme le chien de ma chienne, et le Fabien de ta Fabienne, quand je te sucerai avec ces goûts de fraise et de vanille, voire de chocolat ou de café que tu me proposes, j’en ferai un livre de recettes de cuisine que viendront déguster tous tes semblables et congénères qui m’embouchent un coin ou un autre ! Tous les hommes et toutes les femmes qui fréquentent les vestibules et corridors de mon imagination intarissable défilent dans ma tête pendant que je pompe jusqu’à la dernière goutte ce priape sabbatique et dominical.

Pour lui, l’odeur de ma chatte couverte de chlorophylle évoque, dans sa bouche remplie par ma cyprine qu’il ingurgite à gorge déployée, une odeur mentholée qu’il a envie de manger, boire et ruminer du samedi au dimanche, comme les meilleures herbes d’une prairie normande :

– Maïna, tu es mon eau bénite du Jourdain, mon eau salée de la Mer Morte qui me ressuscite, ma Sarah, mon Esther, ma Myriam, parfumées à la chlorophylle, à la vanille et à la fraise de la même couleur que la chair de ma chair.

Depuis la découverte de ce priape à la chlorophylle, je demande à son propriétaire, mon fournisseur favori, de ne plus m’approcher s’il ne m’apporte pas le maximum de variétés d’essences de cette espèce que je lui propose de mettre dans son sac fourre-tout lors de ses pérégrinations africaines, pour redresser, comme des arbres, les phallus rabougris de certains de mes amants retraités dont les sexes enduits de chlorophylle n’ont plus rien à envier aux turgescences des jeunes coqs vaniteux que je fréquente.

2

Mon aphrodisiaque : le qat


Kat, khat, quat, cat, jat, gat, jima, mira, Abyssinian or somali tea…

Cette plante est connue sous ces noms, mais possède aussi bien d’autres surnoms. Les musulmans de la Corne de l’Afrique l’appellent la fleur du paradis. Elle est considérée comme un cadeau de Dieu. Pendant longtemps, son utilisation ritualisée autrefois était réservée aux anciens lors de pratiques religieuses. Aujourd’hui, chrétiens comme musulmans, les hommes comme les femmes, l’apprécient et organisent régulièrement des « sessions » par plaisir, lesquelles se déroulent comme un véritable rituel. La mâcher représente la force, la tranquillité du corps et la sérénité de l’esprit.

Cet après-midi, je me sens aussi fatiguée qu’une plante sèche. J’ai la sensation de ne pas avoir fait l’amour depuis une éternité. Mon con réclame un pénis lourd, mes lèvres un phallus charnu, et mon anus un braquemart épais.

Assayas décide d’organiser une session de khat dans la plus petite chambre de la maison qu’il a louée à Nazareth, charmant petit bourg situé cent kilomètres d’Addis-Abeba. Cette pièce est la plus agréable de la villa. Sur le sol, la domestique pose des couvertures et des matelas par-dessus lesquels elle jette des coussins pour améliorer notre confort.

Je m’assois sur l’un des plaids, le dos contre le mur, le genou gauche replié, le bras nonchalamment posé sur son extrémité, la tête légèrement inclinée vers mon amant. La domestique ferme la porte et la fenêtre comme de coutume dans ce genre de cérémonie. Assayas me tend quelques branches de qat. Mon sexe se détend, et s’emplit d’une nouvelle énergie et vigueur. Comme d’habitude, le khat l’inspire. Il devient philosophe. Ma foufounette se sent une âme de poétesse et mon anus celle d’un mystique, ce qui donne envie à la première d’écrire des vers de foutre et au second une allégorie du cul.

Le qat stimule les idées de mon amant et lui donne davantage d’humour, animant d’autant plus ainsi notre « session d’amour ». Un univers magique se crée autour de nous, un espace enchanté loin de la réalité s’installe et, au fil des minutes, notre imagination commence à dériver. Assayas et moi échangeons, pendant plus d’une heure, des histoires facétieuses et coquines.

Toute à mon aise, le corps étendu, je m’allonge davantage sur les coussins et écarte les cuisses, suppliant Assayas de me faire jouir. Sa langue experte et agile caresse l’entrée de mon vagin et, progressivement, fait miauler mon clitoris avec le cartilage de son nez et ses lèvres aspirantes.

Il relâche la pression de son visage sur mon sexe, se relève un peu, pique une brindille de qat du bout de ses dents et titille le nerf de mon clitoris du bout de celle-ci. Des effets euphoriques dilatent mes veines, mon point G s’éveille. Je me sens dans une phase de suprême bonheur au point que tout me semble parfait !

– Fourrage-moi la chatte encore, s’il te plaît.

Il déchire et avale la petite brindille de qat et reprend avec acharnement sa tâche délicate de suceur de pubis. Concentré uniquement sur l’un de mes sens, il jette tout son dévolu sur ma chatte au lieu de répartir, comme il le fait d’habitude, de manière équitable, ses offrandes à mes trois portes. Grisé par les effets du qat, il contemple avec l’énergie du désespoir et de l’espoir l’ouverture des petites et grandes lèvres et mon couloir vaginal le plus profondément possible. Sa langue s’étire au fond de celui-ci, tandis que ses dents mordent avec acharnement les coussinets de ma chatte en sueur. Il irrigue abondamment chacun des poils de sa salive. Tout comme ma tête, le nerf clitoridien accède à la période euphorique du khat, le « Kayf » ou « merkana ». Celui-ci, tendu et détendu à la fois, est prêt à détonner. J’ai l’impression de pisser une cyprine de khat !

Pour mieux me déguster, Assayas m’écartèle, poussant sa langue au plus profond de mon puits d’amour pendant que je concentre mon regard trouble sur le méat dilaté de son gland.

Je mouille à mon tour les poils de sa queue, les asperge de ma salive couleur jade, déteinte par les feuilles du qat, tant et si bien qu’ils deviennent une resplendissante chevelure verte. Je gobe tout son manche, le fait tourner longuement dans ma bouche, petit ruisseau où nagent les miettes de khat, le ressorts, le pompe encore. J’ai la sensation de sucer une petite liane grandissante à mesure de mes aspirations et expirations nerveuses. La cascade amère de sperme que j’avale voracement nous fait oublier la brutalité de nos gestes, tant nous sommes concentrés dans l’irruption de notre double jouissance d’homme-volcan et de femme-fontaine.

Le bonheur orgasmique touche à sa fin, et une phase de dépression s’installe. Quelques perles de sueur apparaissent sur mon front et le fantôme de l’insomnie me tourmente. Assayas et moi restons encore un peu allongés l’un contre l’autre, baignant dans l’ensemencement et l’émission des phéromones, du sperme, de la cyprine et du qat.

Ma chatte et sa queue entrent lentement dans le « gafla » ou « dukak », une sorte d’apaisement angoissant, la dernière étape des effets du qat. Ils n’ont pas envie de se séparer ni de s’abandonner à leur état de sexes solitaires.

3

La femme chatte


Est-ce l’effet secondaire du qat qui m’amène à me métamorphoser ainsi en femme-chatte ? Au cours de la soirée suivant notre cérémonie « de la fleur du paradis », nous recevons la visite de Magie, une Kenyane blanche, amie d’Assayas, de passage dans le sud de l’Éthiopie. Elle nous prépare un cocktail à base de vodka, de lait de chameau et de rhum de La Réunion.

À mesure que l’euphorie provoquée par le mélange de qat et d’alcool s’accroît, notre conversation, notre « chat » s’érotise. Allongée sur les coussins, le pot de lait de chamelle, à côté duquel je suis assise, chauffé par le feu de cheminée, pousse ma chatte à m’ordonner de devenir moi-même chatte. J’exprime alors mon envie d’animalité à haute voix. D’un bon, Magie se lève, fouille dans son sac à main gigantesque et me tend un masque noir représentant la tête d’un félin. J’ajuste immédiatement l’étrange objet sur mon visage, puis me mets à quatre pattes pour laper le lait du pot en terre cuite bouillant.

Même si ma jarretelle, mes chaussures et la courbure de mes fesses ne peuvent tromper aucun visiteur sur l’état de mon humanité, je me suis métamorphosée en mammifère, dotée d’une agilité corporelle nouvelle et d’une acuité visuelle et auditive remarquable. Magie couvre mon dos et mes deux épaules d’une peau de bête dont la fourrure est particulièrement douce. Un lien en cuir retient les deux parties du vêtement entre mes seins gonflés. Je sens mes doigts devenir des griffes rétractiles et mes dents des couteaux aiguisés. Mon odorat se développe ; j’ai envie de chasser une proie dans une lumière tamisée. J’ai faim et désire bouffer une autre chatte.

Je me sens lionne, jaguar et léopard à la fois, chatte sauvage, jaguarondi, lynx, ocelot, caracal, serval et once en même temps.

Je me tourne soudain vers Magie qui a saisi mon appareil photo. Je m’allonge entièrement sur le sol et lui fais remarquer que les carreaux noirs et blancs de la chambre se marient de manière claire et sans ambiguïté avec le blanc de ma peau, laquelle manque cruellement de soleil durant cette saison des pluies et le noir de mes bas, de mes chaussures, de mon bustier et de mon masque.

J’affirme ainsi que je suis bel et bien la chatte maîtresse de cette maison, prête à laper le lait qui ne demande qu’à jaillir de mon sexe, tel du champagne. Quand le fétichisme des couleurs, des formes, nous envoûte, Nous, Chattes Femelles, devenons des tigresses prêtes à bondir !

À son tour, Magie confie ma caméra à Assayas, resté en spectateur passif, et se déshabille. Prête à s’élancer sur moi, sans porte-jarretelles, ni bas, ni masque, ni fard, elle me sourit attentivement, accroupie devant moi. Elle m’observe comme une chatte devenue puma. Nos mamelons s’effleurent et nos seins sont comme des pistolets, prêts à faire éclater le bouchon de l’orgasme, cette cuvée de charme que nous cultivons comme des œnologues de phéromones. J’ai envie qu’elle déverse dans ma bouche des milliards de bulles de ce nectar, répandant ainsi sa lave de vie au plus profond de ma gorge de féline assoiffée.

Je regroupe mes jambes sous mes fesses, mon clitoris en rut, cette petite queue de petite femelle fièrement dressée. Sans complexe d’œdipe, ma langue fouille la chatte de ma compère comme si je cherchais à entrer ma tête dans la chatte de ma maman. J’approche mes lèvres de son sexe, béant devant moi. J’ai l’impression qu’elle va enfanter une chatte par sa chatte. La douleur de cet accouchement la fait crier de plaisir, lui fait tenir son ventre par les griffes de ses doigts. Cela lui ouvre la bouche de la joie que lui procure ma langue sur son clitoris.

Pendant que je la suce, j’écoute les miaulements, les gémissements, les coups de mon téléphone portable. Je pense au « Chat virtuel » auquel je suis accro chaque fois que je reviens en Europe et à toutes ces chattes et de tous ces chats qui me contactent par internet et font vibrer l’écran de mon ordinateur-ordonnateur !

Je sens ses doigts glisser sur mon bas-ventre. Ma chatte, au contact de la chaleur de ses doigts sur ses cheveux soigneusement coiffés en petite touffe, me pousse à devenir encore plus chatte. Je continue, assise à quatre pattes sur les carreaux blancs et noirs du salon, à laper le lait qui jaillit de son clitoris devenu phallus. Le masque que je porte concentre mes sens sur mes papilles gustatives.

Debout, face à moi, Assayas ôte prestement mon bustier, ma jarretelle et mes chaussures. Je sens ses mains épouser la courbure de mes fesses.

Prête à bondir sur son corps tendu par la jouissance, cette fois sans porte-jarretelles, sans bas, sans masque et sans fard, ma langue, mes lèvres gonflées, ma salive la désirent. La puissance de l’accouchement orgasmique de sa chatte m’oblige à libérer mes doigts de l’étreinte que je leur impose, ouvre davantage ma bouche par la joie que me procure son lait que je pourlèche sur son pénis de femme, ce qui la fait hurler, telle une chienne cherchant ses petits.

Je pense alors à tous ces gémissements, ces miaulements que j’ai tant de fois partagés avec mes maîtresses dans l’acquittement, la délivrance de nos fantasmes. L’éjaculation de la chatte de Magie dans ma bouche, sur ma peau blanche et dans ma chevelure blonde me transforme en chatte brûlante, en femme-louve, en femme-forêt embrasée.

Je deviens une louve-garou. Bête du Gévaudan ! Louve cruelle à la bouche ouverte, aux dents aiguisées prêtes à déchirer, prêtes à arracher les quéquettes des Romus et Romulus en rut, comme dans L’Empire des sens. Moi, chatte, mère des chattes et des chats virtuels, je suis prête à pomper, à absorber, à déguster toutes les queues dressées, comme ce japonais qui mangea cru sa petite amie à Paris !

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