Hell's Horsemen (Tome 3) - Inaccessible

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Depuis l’enfance, Tegen côtoie le fils du président des Horsemen, Cage West. Cependant, le garçon doux et attentionné qu’elle a autrefois connu s’est mué en véritable macho prétentieux et égoïste, qui enchaîne les aventures d’un soir. Pourtant, en dépit du bon sens, c’est à lui que Tegen a offert son coeur et son corps, pour finalement se heurter à son indifférence. Blessée, elle a fui à San Francisco pour ses études, mais aussi pour l’oublier. Pourtant, lorsqu’elle revient dans le Montana et croise Cage de nouveau, elle comprend que c’était peine perdue. Elle le désire plus que jamais, et elle ne peut s’empêcher d’attiser la passion qui boue entre eux… à ses risques et périls.
Publié le : mercredi 4 novembre 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782290088913
Nombre de pages : 384
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couverture
MADELINE
SHEEHAN

HELL’S HORSEMEN – 3

Inaccessible

Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Anne Michel

image
Présentation de l’éditeur :
Depuis l’enfance, Tegen côtoie le fils du président des Horsemen, Cage West. Cependant, le garçon doux et attentionné qu’elle a autrefois connu s’est mué en véritable macho prétentieux et égoïste, qui enchaîne les aventures d’un soir. Pourtant, en dépit du bon sens, c’est à lui que Tegen a offert son cœur et son corps, pour finalement se heurter à son indifférence. Blessée, elle a fui à San Francisco pour ses études, mais aussi pour l’oublier. Pourtant, lorsqu’elle revient dans le Montana et croise Cage de nouveau, elle comprend que c’était peine perdue. Elle le désire plus que jamais, et elle ne peut s’empêcher d’attiser la passion qui boue entre eux… à ses risques et périls.


Couverture : d’après Nick Dolding © Getty Images
Biographie de l’auteur :
Auteur de deux séries phares, dont les Hell’s Horsemen, Madeline Sheehan apparaît sur les listes des best-sellers du USA Today. Sa plume est sombre, profonde et sensuelle…

Du même auteur
aux Éditions J’ai lu

HELL’S HORSEMEN

1 – Indéniable

N° 10927

 

2 – Imparfait

N° 11201

Ce livre est consacré à l’amour indéniable.

Prologue

Take one fresh and tender kiss

Add one stolen night of bliss,

One girl, one boy

Some grief, some joy,

Memories are made of this1

Dean MARTIN

Je me souviendrai toujours de la première fois où j’ai posé les yeux sur lui ; le drame de ma vie. J’avais huit ans, il en avait onze – grand, blond, des yeux marron au regard profond, et lorsqu’il souriait… des fossettes se dessinaient au coin de sa bouche.

Plus encore, il s’était montré gentil avec moi. Il me prêtait attention quand tout le monde m’ignorait.

Salut, dit-il, en se penchant vers moi.

Je lui rendis son sourire. C’était le premier gamin que je voyais au club depuis que ma mère m’y emmenait. Il avait l’air plus âgé que moi, mais seulement de quelques années, et était super mignon.

— Comment tu t’appelles ? me demanda-t-il.

— Tegen Louise Matthews.

J’arrachai brutalement aux pattes de mon ours en peluche la tasse de thé qui s’y trouvait pour la lui tendre.

— Tu peux te joindre à nous, lui proposai-je, en indiquant d’un geste de la main le cercle de mes peluches.

— Prendre le thé avec Tegen Louise Matthews, dit-il, son sourire s’épanouissant. J’adorerais ça. (Il s’assit à côté de moi et croisa les jambes en tailleur.) Tu as un surnom, Tegen ?

— Non, c’est juste Tegen.

Je levai ma théière et lui versai une généreuse quantité du breuvage invisible. Lorsque j’eus terminé de remplir ma propre tasse, je la portai à mes lèvres.

— Attends, m’interrompit-il, tu as oublié de faire tchin-tchin.

Je plissai du nez.

— Tchin-tchin ?

— Ouais, avec la tasse. Ma petite sœur m’oblige toujours à trinquer avant qu’on boive le thé. Comme ça. (Il frappa légèrement ma tasse contre la sienne.) Santé, dit-il, son regard passant de sa tasse à moi, Tasse de thé, acheva-t-il, rayonnant.

— Quoi ?

— Tasse de thé, répéta-t-il. Je vais t’appeler comme ça. Franchement, quel autre surnom donner à une fille qui s’appelle Tegen et qui aime recevoir pour le thé avec des tasses ? (Il s’assombrit.) Sauf si tu n’aimes pas.

Mes yeux s’écarquillèrent.

— Non ! répondis-je, excitée. J’ai jamais eu de surnom avant, et j’adore celui-là !

— Affaire conclue dans ce cas, dit-il en me tendant sa main libre. Ravi de te rencontrer, Tasse de thé. Moi, c’est Cage.

Malgré sa jeunesse, à compter de ce jour-là, il fut la seule figure masculine à participer activement et quotidiennement à ma vie.

Mais les sentiments d’une fillette de huit ans deviennent ceux d’une ado de douze, puis de quatorze ans.

Plus je grandissais, plus je l’aimais, au point de ne plus le considérer comme une figure masculine et stable dans mon existence. L’intensité des sentiments que je lui portais allait parfois jusqu’à frôler la folie.

L’amour, dit-on, a la faculté de tuer celui qui l’éprouve s’il n’y prête pas attention.

Ce qui était exactement mon cas. Je laissais cet amour s’épanouir de manière incontrôlable, jusqu’à ce qu’il atteigne sa pleine floraison, irradiant de moi dans tout son éclat, mais sans avoir de but à atteindre.

Les choses ne se déroulaient pas de la même manière pour Cage. Plus il grandissait, plus il changeait.

Le petit garçon doux et soucieux des autres avait disparu, pour laisser place…

… au salaud le plus prétentieux, égoïste, narcissique et dépravé que j’aie jamais connu.

Lorsque j’y repense, cela explique probablement pourquoi je n’en suis tombée que plus amoureuse de lui.

Les filles peuvent être de véritables idiotes. Elles se pâment pour l’homme qu’elles ne peuvent avoir – l’intouchable, l’inatteignable.

Mais je n’étais pas l’unique membre de ce club des idiotes. Pratiquement toutes celles qui croisaient la route de Cage y adhéraient. Des femmes jeunes, vieilles, et toutes celles qui se trouvaient entre les deux, cela n’avait aucune importance. À la minute où elles voyaient son sourire, entendaient sa voix traînante, observaient la manière fluide qu’il avait de se déplacer, elles sombraient aussitôt dans la stupidité.

Le temps passant, mes sentiments non partagés s’altérèrent au point que je ne puisse plus le supporter. Je décidais de prendre les choses en main.

Pour agir de façon très, très bête.

Je me mordis la lèvre. Tout mon être était en feu.

— Putain, t’es étroite, marmonna Cage, sa voix révélant son état d’ivresse.

Il sortit presque entièrement de moi. J’avais beau lutter aussi vaillamment que possible, un gémissement m’échappa.

Mon corps, malgré le sentiment d’horreur qui m’habitait, s’habituait progressivement à la situation. Une chaleur humide m’envahit, et lorsqu’il me pénétra de nouveau, je n’éprouvai cette fois aucune douleur, juste une légère gêne.

— Meeeerde, gronda-t-il.

Le mouvement de balancier qu’il imprimait à ses hanches était une sensation entièrement nouvelle, qui me frappait directement au ventre. C’était agréable. J’en oubliais ce qui se passait réellement entre Cage et moi, me bernant, pensant que les choses allaient se dérouler comme je les avais prévues. J’allais lui offrir ma virginité. Il prendrait conscience que j’étais la fille faite pour lui. Que personne ne l’aimerait autant que moi.

Ses doigts glissèrent dans mes cheveux, en agrippant une pleine poignée, tandis que son autre main s’accrochait à mon flanc. Il enfouit le visage dans le creux de mon cou. Je tournai la tête vers lui, le cherchant, ayant besoin de le voir, de m’assurer que mes sentiments étaient partagés. Mais sa prise sur ma chevelure se fit plus ferme, me maintenant en place.

Puis il recula.

J’haletai quand il s’enfonça de nouveau en moi. Nos peaux s’entrechoquaient, le souffle me revint et…

De nouveau, il se retira avant de me pénétrer.

— Merde, Tasse de thé, marmonna-t-il, accélérant le rythme. Je peux tout sentir. Ta chatte est un putain d’étau.

Ce qui, à son ton, était visiblement une bonne chose.

Cela me conduisit bêtement à croire que Cage voudrait encore de moi une fois la nuit finie.

— C’est si bon, ma belle, souffla-t-il contre ma chair, son corps rencontrant le mien avec des mouvements de plus en plus vifs.

Je retins ma respiration sous l’assaut de ces sensations, à la fois physiques et émotionnelles.

Cage me possédait totalement. Mon corps et mon cœur. J’étais gauche et mal à l’aise, pas sûre de vraiment savoir comment me comporter, mais cela n’importait pas. Parce que c’était Cage, parce que c’était moi, et que je désirais cela depuis très longtemps. J’avais envie de lui d’aussi loin que remontaient mes souvenirs. Ma gêne était donc un faible prix à payer pour obtenir enfin ce que j’avais toujours désiré.

Puis, à peine cela avait-il commencé, que ce fut fini. Cage grognait, et je le sentais obnubilé par son orgasme proche, avant que je n’éprouve une sensation d’humidité quand il éjacula sur mon ventre.

Soixante secondes plus tard, il s’était laissé choir à mon côté, s’était tourné sur le flanc et avait retrouvé un souffle égal.

À présent, il ronflait.

— Cage ? murmurai-je.

Je restai immobile, le cœur battant, ne sachant quelle attitude adopter. Ce qu’il avait répandu sur mon ventre avait commencé à sécher, me donnant la sensation que les minuscules poils qui se trouvaient là étaient désormais figés, étirés.

Je sortis du lit en grimaçant, les membres douloureux, sentant mon pouls battre entre mes jambes. D’une démarche rapide, je gagnais la salle de bains dont je refermai la porte derrière moi. Je déglutis difficilement avant de passer mon corps en revue.

Beurk.

Non seulement j’étais couverte de sperme à moitié séché de la poitrine à la taille, mais mon propre sang souillait l’intérieur de mes cuisses.

Je me rendis soudain compte qu’à aucun moment il ne m’avait embrassée.

Cette révélation anéantit la fille que j’avais été autrefois. J’étais coincée, incapable d’aller de l’avant. Et les années avaient beau défiler, abandonner m’était impossible.

Avec Cage West, mes erreurs furent nombreuses et mes regrets abondants. Si mon passé était une personne, je l’attraperais à la gorge, la tirerais en arrière pour remonter le fil du temps et une fois que je lui aurais fait passer l’envie d’aimer pour toujours, je me tiendrais face à son corps amoché pour lui déclarer :

— Connasse. Connasse ignorante. L’amour n’est pas une réponse. Il est plus douloureux que doux, plus dur que facile, il demande de l’acharnement et de la persévérance.

Pire encore – point sur lequel j’insisterais le plus –, c’est que l’amour ne résout rien. Il n’efface pas un cœur brisé et il ne change certainement pas les gens.

Mais qu’importe combien le lien amoureux est vieux, frêle, effiloché, il vous garde attaché à ceux que vous aimez.

Et j’étais liée pour toujours à Cage.

Changerais-je cela si je le pouvais ? Oh que oui, sans aucun doute.

Mais on ne choisit pas sa famille, ni les personnes que l’on aime. Et nous avons tous notre croix à porter : nos amours, nos deuils et nos histoires.

Celle-ci est la mienne.

La nôtre, en fait.

1. « Prenez un baiser léger et tendre, ajoutez une nuit volée de bonheur absolu, une fille, un garçon, un peu de souffrance, un peu de joie, les souvenirs sont faits de ça. » Titre de Dean Martin, Memories are made of this. (N.d.T.)

1

— Tegen, ou tu réponds à ce truc, ou je le balance par la fenêtre.

Le regard ensommeillé, je battis des cils pour lorgner le visage furieux qui se trouvait à quelques centimètres à peine du mien. De quoi mon camarade de lit pouvait-il bien parler ?

— Va te faire foutre, marmonnai-je en enfouissant la tête dans l’oreiller, c’est même pas le matin.

Cette fois-ci, lorsque mon portable se mit à la fois à sonner et à vibrer sur ma table de chevet, je l’entendis parfaitement.

— Tegen ! C’est le quatrième appel d’affilée !

— Merde ! hurlai-je sans relever la tête. Arrête de m’emmerder et décroche !

— Impossible ! me renvoya-t-il du même ton. C’est ta mère !

La sonnerie s’interrompit, et je l’entendis soupirer, totalement excédé.

Presque aussitôt, l’appareil se rappela à notre bon souvenir.

— TEGEN, RÉP…

Jurant, je fis un bond, attrapai mon oreiller et le balançai dans les airs avant de le lui écraser sur le visage.

— La-fer-me, sifflai-je en détachant chaque syllabe, tout en me mettant en quête du téléphone.

J’appuyai sur la touche pour prendre la communication et portai le mobile à mon oreille.

— Allô ? lançai-je brutalement.

— Tegen ?

— Maman, soupirai-je, me sentant coupable, est-ce que tout va bien ? Le soleil n’est même pas levé.

— Je sais, répondit-elle. C’est juste que… Je voulais te joindre avant que tu ne fasses des plans pour le week-end prolongé. J’ai pensé que tu aimerais peut-être rentrer à la maison pour quelques jours.

Je me frottai les yeux et soufflai.

— Hawk revient, c’est ça ?

James « Hawk » Young, qui avait dédié sa vie au Hell’s Horsemen MC, était le père de mon demi-frère, Christopher Kelley. Christopher avait quatre ans, presque deux décennies nous séparaient. Malgré ses cheveux roux foncé, ses yeux verts et ses taches de rousseur – traits dont nous avions tous deux hérité de notre ascendance maternelle – il était aussi beau que son père. Jusqu’à son regard troublant et à la ligne dure de sa bouche.

— Oui, dit doucement ma mère. Et je ne suis pas prête pour ça. Je… J’ai suffisamment à faire avec Jase. Je t’en prie, rentre à la maison, Tegen.

Voilà où était le problème. Ma mère ne voulait aucun contact avec Hawk, malgré son physique avantageux. Le croiser très brièvement pour lui confier Christopher pendant quelques jours lui semblait impossible. M’obliger à voyager de San Francisco, Californie, jusqu’à Miles City, Montana, uniquement pour remettre mon demi-frère à son père et réconforter ma mère en son absence pouvait paraître extrême… mais il n’en était rien. Pas après ce qu’elle avait traversé.

Elle approchait du terme de sa grossesse quand l’épouse de son petit ami lui avait tiré une balle dans le crâne. Pas la femme de Hawk, qui était célibataire, mais celle de Jason « Jase » Brady, lui aussi membre des Hell’s Horsemen.

Pour tout dire, mes parents étaient encore mariés lorsque ma mère, Dorothy Kelley, avait rencontré Jase.

Dorothy était tombée enceinte à quinze ans, m’avait donné le jour à seize, et mes grands-parents l’avaient obligée à épouser mon père. Chauffeur poids lourd, il était rarement à la maison, et lorsque c’était le cas, il s’intéressait plus à la télévision et à sa bière qu’à sa famille. Quand j’ai eu quatre ans, ma mère a rencontré Jase.

Elle était tombée presque instantanément amoureuse de lui sans se soucier, au départ, qu’il soit lui-même marié et père de trois enfants en bas âge, parce qu’elle pensait qu’il finirait par divorcer.

Ce qui n’arriva pas, or ma mère ne renonça pas. Elle travaillait au club, nettoyait après le passage des gars, faisait la cuisine et la lessive, ce qui lui permettait de vivre son histoire avec Jase aussi discrètement que possible.

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