Juste le temps de trois épisodes…

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Juste le temps de trois épisodes...

Fotsix
Nouvelle de 71 506 caractères, 12 050 mots.
Dans une chambre discrète au fond des combles de la maison de vacances, Lucas entraîne Charlotte pour regarder TeenWolf sur sa tablette. Mais la coquine va conduire l'innocent garçon sur la piste d'une exploration autrement passionnante.

Dans une lente glissade, ils partent à la découverte du corps et de l'âme de l'autre, poussés par l'instinct et l'excitation, pendant que, sur l'écran, d'épisodes en épisodes, les héros du feuilleton vivent leurs aventures sans s'occuper d'eux...


Publié le : mardi 19 avril 2016
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EAN13 : 9791029401466
Nombre de pages : non-communiqué
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Juste le temps de trois épisodes…

 

 

Fotsix

 

 

Nouvelle

 

 

 

 

— Viens, c’est là-haut !

Comme une envolée légère, Charlotte avait disparu dans l’étroit escalier qui s’élevait vers les combles. Lucas la suivit sans hésitation dans la montée un peu obscure et referma sans bruit la porte derrière lui en se demandant comment, depuis son arrivée, il n’avait même pas remarqué le passage, dissimulé dans un renfoncement du palier de l’étage, à côté d’une haute horloge comtoise.

À mesure de l’ascension, le bruit léger que faisaient les enfants qui jouaient au rez-de-chaussée avait disparu et il se hâta de la suivre, à la poursuite de la tache claire que faisaient le T-shirt et le short que portait la fille.

L’escalier débouchait dans un couloir tortueux qui serpentait entre les poutres de charpente de la vieille bâtisse. Ils traversèrent un vaste grenier encombré de meubles hétéroclites, de caisses et d’objets indéfinissables recouverts de draps poussiéreux, puis elle ouvrit une porte et entra dans une petite pièce mansardée bien plus propre, mais presque entièrement vide, juste meublée de deux gros coussins, d’une petite table bancale poussée dans un coin, d’un lampadaire décrépit posé en angle et d’un gros carton de déménagement qui semblait vide. Un demi-jour filtrait d’un étroit vasistas à la vitre poussiéreuse.

— Tiens, ici on sera tranquille, c’est là que je viens quand je ne veux pas qu’ils me dérangent… Tu n’as qu’à poser la tablette sur le carton !

Elle tira la grosse boîte vide au milieu de la pièce puis elle poussa les deux gros coussins vers le mur.

Lucas se laissa tomber à genoux sur la vieille moquette qui recouvrait le plancher de pin brut et ouvrit la pochette de la tablette qu’il disposa en position de lecture.

Le niveau de signal du wifi n’avait pratiquement pas baissé et il se reconnecta sur le site de streaming. Le lien vers son feuilleton, Teenwolf, était toujours actif et il passa l’image en plein écran. Au bout d’à peine quelques secondes, le générique de début s’afficha, resplendissant dans la pénombre qui régnait dans la pièce. Puis il se retourna et s’immobilisa, stupéfait.

Charlotte avait pris les deux coussins, l’un comme siège, l’autre comme dossier et trônait contre le mur avec un large sourire.

— Mais moi, où je m’assois ? demanda-t-il d’un air surpris. Tu veux que j’aille chercher d’autres coussins ?

— Mais non, tu peux t’assoir là, répondit-elle en lui montrant la place entre ses jambes. Et tu pourras t’appuyer contre moi… ajouta-t-elle avec un sourire enjôleur.

Pris au dépourvu par la proposition, Lucas s’assit entre les deux jambes en évitant de la toucher, le dos droit, raide comme un piquet, en se demandant pourquoi elle n’avait pas mis les deux coussins côte à côte. Mais elle était chez elle, maitresse des lieux, et il n’osa pas proposer de changer. Et sur l’écran, l’épisode avait déjà commencé…

Ils ne se connaissaient que depuis le début de la semaine, depuis qu’il était arrivé en vacances avec ses parents et sa petite sœur, furieux qu’on ne l’ait pas laissé partir avec ses copains qui avaient monté un plan pour aller s’installer quelques jours dans un camping. Il avait tout de suite compris que leur plan était fumeux, que jamais ses parents ne seraient d’accord, mais même, il avait manifesté sa mauvaise humeur pour le principe, pour marquer sa liberté de vivre sa vie…

Et puis, le lendemain de leur arrivée, Charlotte était revenue d’un court séjour chez sa grand-mère et Lucas avait brusquement changé d’avis. Depuis, dès qu’il en avait l’opportunité, il la regardait à la dérobée, détaillant le corps svelte, les jambes fines, la taille étroite, le buste portant haut deux petits seins pointus…

Mais il ne pouvait jamais s’attarder à son observation, car les yeux bruns perçants, presque noirs, de la demoiselle se fixaient quasi immédiatement sur les siens et le faisaient rougir et perdre sa contenance.

— Mais recule-toi, viens contre moi ! Si tu restes comme ça, je ne vois plus rien...

Il sentit qu’elle l’attrapait par les épaules et le tirait en arrière, le forçant à venir s’appuyer contre elle. Au contact du corps tonique contre son dos il arrêta presque de respirer, saisi par cette proximité troublante, par la chaleur qui émanait de son corps contre le sien.

— Ça va comme ça ? demanda-t-elle d’une voix innocente.

— Oui…

Le garçon avait été incapable de trouver une réponse plus argumentée, tant son esprit était submergé par le flot de sensations inattendues qui remontait de sa colonne vertébrale.

Le silence tomba dans la pièce, laissant place aux échanges entre les acteurs, à la recherche de leur identité, entre le monde des hommes et celui des loups-garous.

 

Scott : Il faisait trop sombre pour bien voir, mais je suis presque sûr que c’était un loup.

Stiles : Un loup t’a mordu ?

Scott : Ouais.

Stiles : Y’a aucune chance.

Scott : J’ai entendu un loup hurler.

Stiles : Non impossible.

Scott : Pourquoi tu me dis non, comment tu peux le savoir ?

Stiles : Parce qu’il n’y a pas un seul loup en liberté dans la région, ils ont tous disparu depuis 60 ans.

Scott : T’es sûr ?

Stiles : Mais oui, je suis sûr. Il n’y a aucun loup en Californie.

 

Charlotte, très satisfaite de son stratagème, huma lentement les effluves qui montaient jusqu’à son nez. Il émanait du garçon une fraîche odeur, mélange subtil où se mêlaient les parfums de lessive du polo, de savon et l’essence indéfinissable de la peau de l’adolescent.

Quand ses parents lui avaient annoncé que son père avait invité un collègue avec sa famille, dont un grand fils de son âge, elle avait imaginé un de ces garçons crétins et boutonneux qui l’importunaient de leur cour niaise et maladroite. Mais en rentrant, elle avait découvert un jeune homme certes un peu timide, mais discret et bien élevé. Et en plus de ne pas être idiot, elle avait découvert sur le bord de la piscine un corps attirant, aux muscles longs, mais bien marqués, viril sans être brutal.

Et son regard d’un bleu profond, sa façon de la regarder par en dessous, dès qu’il se croyait hors de vue, mais de rougir dès qu’il se savait découvert l’avait émoustillée. Alors quand il lui avait proposé de regarder ce feuilleton, avec lui, sur sa tablette, elle avait immédiatement pensé à son repaire secret, cette pièce au fond du grenier où rien ne pourrait les déranger.

Contre son ventre, elle percevait les lents mouvements de sa respiration, mais elle sentait bien qu’il était tendu, un peu mal à l’aise. Le son réglé assez bas ne couvrait pas totalement les bruits de la maison, l’appel lointain des enfants qui jouaient au rez-de-chaussée, la voix plus sourde des adultes.

Malgré l’intérêt de l’intrigue sur l’écran, cet épisode qu’elle n’avait pas vu, Charlotte baissait parfois le regard vers la tête du garçon. Un peu troublée elle aussi par ce point de vue un...

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