LA MALÉDICTION DU Q

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Elle, jeune femme curieuse, rencontre Christian qui lui annonce qu'elle est maudite, entre l'amour et le plaisir, elle doit faire un choix. Sa vie va la persuader qu'il a raison.
Va-t-elle rencontrer celui qui brisera la malédiction ?
Pour public averti.
Publié le : lundi 19 octobre 2015
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EAN13 : 9782822100014
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La malédiction du
Q

Nico Sara

La malédiction du
Q



© Nico Sara, 2015

Prologue

Non, mais la pauvre ! Jamais je ne comprendrai cette tradition qui consiste à humilier publiquement une amie sous prétexte qu’elle va se marier ! Et quand je vois toutes les réjouissances auxquelles elle a déjà eu droit, j’en suis à me demander si toutes les filles présentes n’ont pas passé les dix dernières années à les mettre au point.

Porter des accoutrements ridicules, vendre à la criée des capotes devant une église, faire la manche au restaurant pour le paiement de son repas, et j’en passe. Rien ne lui a été épargné.

Et c’est maintenant au tour du jeu de la mort subite, qui consiste à lui faire boire un maximum de verres cul sec, dans le bar le plus populaire de la région. Elle qui ne sort pratiquement jamais, ne boit quasiment jamais d’alcool. Finalement, ce n’est peut-être pas si mal. Avec un peu de chance, il ne lui faudra qu’une heure avant de finir la soirée aux toilettes. Elle n’aura plus à les supporter.


J’ai bien essayé de faire entendre raison aux autres pendant l’organisation, mais malheureusement sans succès. Impossible de communiquer avec elles. Je n’ai d’ailleurs jamais tellement su le faire, les seules copines que j’ai sont celles que j’ai connues sur les bancs de l’école et j’ignore par quelle magie nous le sommes encore. Souvent, je me dis que j’aurais dû être un mec, surtout dans ce genre de soirée. Je trouve les filles capricieuses, chichiteuses, méchantes, chiantes et pas drôles.

Je regarde donc la future mariée se faire torturer, de loin ; elle est au bord des larmes, lance des regards désespérés à ses soi-disant meilleures amies, celles qu’elle a choisies pour être témoins de son bonheur conjugal. J’hallucine, si je me marie un jour, j’enterrerai ma vie de jeune fille avec des mecs, au sport et à la bière, et avec une stripteaseuse ! Ça ne pourra pas être pire que ça !

C’en est trop pour moi. Un peu d’air frais me fera du bien. Je m’éclipse en prétextant un besoin pressant.


Quelques bouffées plus tard, je me sens mieux. Je finis ma cigarette, et alors que je vais en reprendre une autre, je sens la culpabilité me tenailler. J’ai abandonné Carla à son triste sort.Allez, j’y retourne !

Mais alors que je repasse la porte dans l’obscurité du bar, je suis immédiatement attirée par le regard d’un homme… Il me transperce, c’en est un ! Un maudit comme moi ! Nos yeux ne se quittent pas, je ne résiste pas à l’appel de la chair, je vais rester là et voir où cela va nous mener, ça ne devrait pas être trop long.Après tout qu’elle se démerde !

Je m’accoude au comptoir faceàlui, le bar est noir de monde mais je ne vois plus personne. Que lui. Nous restons là pendant une dizaine de minutes à nous défier du regard, sans parler, sans bouger. Enfin, il prend son verre, contourne le comptoir et s’installe à côté de moi :

– On se connaît, non ?

– Possible ! Je souris.Je ne sais pas si on se connaît mais on se reconnaît, ça, c’est certain.

Il se penche vers moi et m’embrasse sur la joue gauche. Il pose sa main sur mon bras, se penche et mon corps se réchauffe déjà.

– Un dernier verre ? ajoute-t-il. Direct ! ? C’est vrai, pourquoi perdre du temps en bla-bla inutile ?

– Non merci, pas ce soir. J’enterre la vie de jeune fille de ma meilleure amie, il faut que j’y aille.

– Dommage.

Je me penche à mon tour vers son oreille :

– Demain ?

Il ne répond pas. Je hausse les épaules et reprends ma route au milieu de la foule pour retrouver les filles. Après tout, mon instinct m’a peut-être trompée. Ou pas ?

Je le sens derrière moi. Il me suit. Arrivé dans le coin le plus sombre du bar, il m’attrape par l’épaule, me retourne :

– Tu n’as pas dit au revoir.

Il m’embrasse. Son baiser, que je lui rends aussitôt, est profond, langoureux, et alors qu’il me colle à lui, je le sens déjà bander à travers son pantalon. Sixième sens, tu es au top !

À demain.

Je tourne les talons et reprends mon chemin, je sais que je serai demain et je sais ce que nous ferons.

– Alors, t’étais passée où lâcheuse ? me dit Carla.

– Ben, pas aux toilettes ! lance une des filles, déjà très bourrée. Je l’ai vue avec un gars.

– C’est vrai ? Qui ? me sourit mon amie.

– Un gars. Mignon, lui dis-je.

– Ouais, ben, en tout cas elle avait sa langue dans sa bouche.

Je la foudroie du regard. De quoi je me mêle espèce d’ivrogne?

– Ouais, une vraie salope ! renchérit l’autre abrutie avinée. Ils s’embrassaient et se collaient, on aurait dit qu’ils allaient baiser sur place.

– Et alors, qu’est-ce que ça peut te foutre ?

Carla me regarde, surprise, comme si elle attendait une explication.

– Oh et puis merde, j’ai ma dose, je me casse !

J’ai atteint ma limite. 14 heures avec ces bonnes femmes, et maintenant, je me fais insulter. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

– Mais qu’est-ce que t’as ? me dit Carla. S’il te plaît, ne me laisse pas seule avec ces harpies. Elles vont avoir ma peau ! Je sais, tu détestes ce genre de soirée et tu as fait un énorme effort, mais ce n’est pas une raison pour faire n’importe quoi.

– N’importe quoi ? Tu ne comprends pas ? Je sais ce que je fais, j’aime ma vie et même si je passe pour une salope aux yeux de tes copines, je m’en fous.

– Mais non, elle ne le pensait pas.

– Oh que si ! Mais je m’en tape. Allez, je te laisse à ta soirée et à tes amies, je vais le rejoindre.

– OK… comme tu veux… Et au fait, comment il s’appelle ?

– Je ne sais pas et ça aussi, je m’en fous !

Je n’ai jamais su son nom, je ne l’ai jamais revu, mais la nuit que nous avons passée ensemble a été torride, terriblement sensuelle et j’ai adoré ça…

Car j’ai la malédiction du Q !

Chapitre 1

La présentation de L

Je m’appelle Elle. Un prénom peu commun qui se prononce, dans ma langue qui est le français, comme la lettre L, une seule et unique lettre qui me rend, aux yeux des autres, originale, et aux miens, anonyme.

Aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie décalée dans ce monde. Pourtant, je suis l’archétype de la femme banale, celle qu’on ne remarque pas, qui ne fait pas de vagues. Une petite vie parfaite, job quelconque, physique quelconque, loisirs quelconques.

Ce qui fait que je me sente décalée ? Je suis terriblement cynique et j’ai un énorme défaut, inavouable : je suis maudite, habitée par un terrible besoin de sexe.

J’ai même fini par lui donner un nom : la malédiction du Q.


Enfant, je passe le plus clair de mon temps le nez dans les livres, car je trouve très souvent la vie ennuyeuse à mourir. J’ai appris à rire aux blagues douteus++es des gens qui me servent d’amis, à participer à des jeux idiots, histoire de m’intégrer, mais au fond de moi, je me sens toujours seule, avec le sentiment d’être totalement déconnectée du monde qui m’entoure.


À 14 ans, je découvre la littérature érotique. Une révélation. Tout un monde de possibles s’ouvre alors à moi, fait de plaisirs et d’interdits.

Curieuse et impatiente de vivre à mon tour l’extase décrite dans mes si chers compagnons de papier, je décide, un peu plus tard, qu’il est temps pour moi de passer à la pratique. Mais comment faire ?
Maladivement timide et pas très jolie, comment rencontrer un mec. Un jour, un garçon un peu plus vieux que moi, et qui se vante d’avoir déjà couché, je ne vais pas prendre un débutant quand même, intègre le groupe de copains que je me suis fait à la piscine durant l’été. Je le trouve pas trop mal physiquement et il semble gentil. Comme je suis la seule fille sans petit ami dans le groupe, notre rapprochement se fait assez naturellement. Merci les hormones en folie des adolescents !

Nous débutons donc une relation. Ce n’est pas l’amour fou, mais je suis motivée et ma curiosité me pousse à donner très vite une dimension sexuelle à notre idylle par des attouchements d’abord, jusqu’au jour où, enfin, quelques jours après mes 15 ans, on fait la « chose ».

Quelle déception ! Où sont le plaisir, le nirvana, la béatitude ? Alors, le sexe, c’est ça ? Franchement, pas de quoi écrire un bouquin ! Je suis si démoralisée que je rentre chez moi, en larmes, après ma première fois et, en désespoir de cause, je finis par en parler à ma mère. Elle hausse juste les épaules en riant et me lance :

– Ça viendra ! Oui, mais quand ?


Après plusieurs – beaucoup trop – tentatives foireuses avec le même garçon, et après avoir essayé de lui suggérer d’innover et d’essayer autre chose que : je te malaxe les seins et te pénètre 30 secondes mais sans succès, pendant plus de 18 mois, je décide d’abandonner la partie et de changer de partenaire.


Fière de ma nouvelle résolution, j’accepte donc, quelques jours plus tard, une invitation de dernière minute d’un copain dont les parents sont absents. Au programme, soirée film et alcool. Avec un peu de chance, je trouverai un mec.

David, le play-boy du collège, est des nôtres. Beau comme un dieu mais bête à manger du foin. Pas grave, de toute façon, il ne m’a jamais regardée !

Mais après quelques verres, il s’approche de moi et me drague. Merci Jack Daniels et Smirnoff. Oui ! Je tiens ma chance de faire une nouvelle tentative et avec un mec ultra-canon en plus. Bon, OK, je le trouve idiot mais après tout, je ne lui demande pas de parler.

La chambre du petit frère se transforme en baisodrome pour adolescents, les couples se succèdent à une vitesse folle dans la petite pièce décorée par des Spiderman, et c’est enfin notre tour.

Il est très entreprenant, me déshabille vite, maladroitement, et me pousse sur le lit.

– Aïe ! Tu me fais mal !

– Pardon, tu m’excites un max mais je ne sais pas pourquoi. Sympa ! Je sais que je ne suis pas un canon mais quand même, il y a plus motivant comme entrée en matière!

Il se déshabille en me regardant comme s’il voulait me manger. J’adore…Mais c’est quoi ça ? ! Devant mes yeux apeurés se dresse un pénis énorme. Enfin, par rapport à mon seul et unique point de comparaison. La vache ! Est-ce que je vais avoir mal ? Mais je suis téméraire et trop excitée pour que la peur gagne. Il sort un préservatif de sa poche et l’enfile très vite, trop vite ?

– Merde, je l’ai percé. Attends-moi là, je reviens.

Il enfile son jean en vitesse et je l’entends dans la pièce d’à côté demander à notre hôte une nouvelle capote. Il revient hors d’haleine comme s’il venait de courir 10 kilomètres, un grand sourire de conquérant sur les lèvres et une capote dans la main. À peine arrivé, il essaie de la mettre mais rien à faire, il est maladroit et elle se déchire :

– Merde, elle est trop petite. Ah oui? c’est possible ça ?

– Merde, comme tu dis. Bon, ben tant pis. Ah !!! Enfer et damnation, une occasion unique me passe sous le nez!

Il se couche à côté de moi, dans le lit d’enfant, presque aussi déçu que moi, et d’une voix triste me lance :

– Je peux t’embrasser quand même ? Après tout, pourquoi pas, un petit flirt ça peut être sympa !

– Bien sûr.

Il colle sa bouche à la mienne et lorsque je sens sa langue dans ma bouche, instinctivement, je me crispe. Je n’aimais pas trop les baisers de mon ex, j’avais l’impression qu’il prenait ma bouche pour une machine à laver, c’était désagréable, froid et mouillé. Mais pas ceux de David ; sa langue est chaude et douce. Je me détends. Je sens ses mains sur mes seins, il les malaxe, ah ! lui aussi, les embrasse, c’est mieux!, me caresse partout. Je commence à trouver ça très agréable et je me laisse aller à le caresser moi aussi.

Après quelques minutes d’exploration manuelle, je m’enhardis et pose mes lèvres sur son torse, son ventre. C’est alors que je sens sa main appuyer sur ma tête. Je ne comprends pas tout de suite où il veut en venir.

– Suce-moi ! Quoi ? J’ai essayé pendant presque un an de convaincre mon ex-copain de tester la fellation et lui, au bout de quelques minutes, me le demande?Ce n’est pas un peu rapide ?

– Je n’ai jamais fait ça.

– Pas grave. J’en ai envie. Allez, lance-toi, c’est maintenant ou jamais !

– OK, mais dis-moi si je te fais mal.

Je rassemble rapidement dans ma tête toutes mes lectures sur le sujet. Bon, ça ne devrait pasêtre trop difficile.

– Euh… tu sais, moi non plus je n’ai jamais fait ça, me lance David, ce qui me rassure immédiatement.

Téméraire et très excitée, j’approche doucement mes lèvres de son sexe. Je le trouve beau et j’y dépose un baiser sur le gland. La réaction est immédiate, il se tend contre mes lèvres. Je le lèche comme un esquimau glacé, je le sens trembler. Bon, allez ! J’y vais! Je le saisis dans ma main, ouvre la bouche et lorsqu’il y pénètre, je trouve ça doux. Je descends un peu plus, je ne sais pas comment faire, les lectures, c’est bien, mais dans l’action, pas facile de faire appelà ses souvenirs. Instinctivement, je pose mes lèvres à la base de son sexe et remonte doucement, je l’entends gémir, très fort. C’est la première fois que j’ai l’impression que c’est moi qui provoque le plaisir d’un homme et je trouve ça très intéressant. Je redescends, il crie et je sens un liquide chaud se répandre dans ma bouche. Déjà ? C’est étrange et surprenant. Je l’ai fait jouir, moi ?

Il ne m’a pas touchée et je ressens pourtant un plaisir immense, physique.

Il me soulève jusqu’à son visage, il a des larmes au bord des yeux. Tiens est-ce que tous les garçons pleurent quand on les suce ? Je ne me rappelle pas avoir lu ça!, et il me prend dans ses bras. Quelques minutes plus tard, il s’endort. Lorsque j’entends sa respiration devenir régulière, je sors du lit, me rhabille et quitte l’appartement. Les autres sont tellement bourrés qu’ils ronflent bruyamment devant la télé.

Quelle soirée ! Quelle découverte ! J’ai vraiment bien fait d’accepter cette invitation ! et de quitter mon mec !

Après cette mémorable soirée, on se revoit et on couche deux fois ensemble mais ce n’est toujours pas à la hauteur de mes espérances.


Ma quête doit reprendre.


Quelques semaines plus tard, je rencontre l’amour, le vrai. C’est la première fois que je suis amoureuse. Cette fois, j’en suis sûre, c’est le bon, c’est lui qui me fera connaître enfin le grand frisson.

Mais la vie me réserve une surprise de taille. Durant 4 ans, nous mettons énormément d’énergie à tester d’innombrables positions et pratiques sexuelles mais je n’arrive pas à ressentir de plaisir. Du moins pas plus que lors d’un massage, une sorte de bien-être mais rien de plus. Je me pose beaucoup de questions, sur nous, sur lui, sur moi, notre avenir ensemble.

J’ai beau l’aimer de tout mon cœur, je m’ennuie dans cette relation et je me sens de plus en plus frustrée. Lui aussi l’est, il me traite même de frigide. Je voudrais tant pouvoir y changer quelque chose mais j’ai l’impression que mon corps se désolidarise de mon cerveau.

Les scènes sont de plus en plus fréquentes et il rentre de plus en plus tard. Ma vie devient si pesante que je ressens une irrésistible envie de sortir de cet enfer, j’ai besoin de rire, de m’amuser, alors je sors aussi, sans lui, de plus en plus souvent, et comme si nous n’avions déjà pas assez de problèmes, il devient jaloux.


C’est un vendredi soir, après une énième scène, la veille de mes 20 ans, que je rencontre mon premier « maudit ».

Il s’appelle Christian, il est grand, très musclé, brun, plutôt beau gosse, pas idiot et pourtant seul.

Je le rencontre dans une discothèque. J’y suis déjà lorsqu’il entre. Je le repère immédiatement. Il semble bien connaître les lieux, discute avec quelques clients et plaisante avec le personnel. Il s’accoude au bar, commande à boire et se retourne pour regarder la piste de danse d’où je l’espionne. Il me voit. Mon regard est attiré par le sien comme un aimant. J’ai chaud. Je n’arrive plus à suivre la conversation de ma copine qui danse à côté de moi. Elle s’en rend compte et suit mon regard. Elle lui fait signe, elle le connaît? et s’approche de lui pour lui dire bonjour. Avec un peu de chance, elle va me le présenter!?


J’en profite pour aller m’asseoir à ma table. Une seconde plus tard, il s’invite. Ma copine me le présente, il me fait la bise et pose sa main sur mon bras pour me saluer. Mon corps entre alors en éruption, j’ai l’impression de n’avoir jamais eu aussi chaud de toute ma vie. J’essaie de me montrer polie, de répondre à ses questions, mais à son sourire narquois, je remarque qu’il sait qu’il me trouble.

Un de nos copains arrive à son tour et une grande conversation s’engage entre ma copine et lui à la table voisine. Christian et moi sommes en tête à tête maintenant. Il me pose quelques questions sur moi, sur ma vie, j’essaie de me montrer claire et cohérente dans mes réponses mais comme je n’arrive pas à me concentrer, je me lève et lance :

– Je vais danser.

– OK, je t’accompagne.


Sur la piste, je me sens un peu mieux, je le garde à bonne distance pour regarder bouger son corps en rythme. Très bien d’ailleurs ! La plupart des hommes que j’ai vu danser jusqu’à maintenant me font plus penser à des pantins désarticulés qu’à des chippendales. Ça me fait marrer.

– Qu’est-ce qui te fait rire ? me lance Christian.

– Rien, je me disais que tu pourrais faire chippendale. Tu bouges vraiment bien !

– Je ne fais de strip-tease que dans l’intimité, me dit-il.

Sa voix est devenue plus grave, je me sens rougir, heureusement qu’il fait sombre. Je tente l’humour.

– Oh, quel dommage !

C’est alors qu’il s’approche de moi et me murmure :

– Mais je suis tout à fait prêt à en faire un pour toi, Elle.

Je suis mal à l’aise tout à coup, je crève d’envie de lui dire « oui, allons-y tout de suite » mais il me trouble tellement que tout ce que je trouve à lui répondre c’est :

– Je ne suis pas libre.

Pour toute réponse, il éclate de rire et me dit :

– Pas grave, je suis patient. Non mais quel culot!

– Tu risques d’attendre longtemps.

– Mais non, ma belle, je le sais et toi aussi, tu le sais. Quel prétentieux ce type!

Mon sang bouillonne dans mes veines, non mais pour qui il me prend cet abruti? Au moment où j’ouvre la bouche pour lui lancer une remarque bien cinglante, il pose son doigt sur mes lèvres et me dit :

– Chut. Je ne suis pas méchant, je te trouve juste fascinante, alors j’ai tenté ma chance. Viens, je t’offre un verre. Fascinante ?


Il me prend par la main et m’entraîne jusqu’au bar. Je le suis sans moufter, et je passe une super-soirée avec un homme charmant et drôle.

Peu avant la fermeture, il me tend un papier :

– Tiens, voilà mon numéro, j’aimerais beaucoup te revoir.

– Moi aussi, j’ai vraiment passé une très bonne soirée.

– Si tu peux, on pourrait aller manger un morceau ou boire un verre un de ces jours. Demain, par exemple ?

– Non, pas demain, c’est mon anniversaire.

Il prend ma main, la porte à ses lèvres, l’embrasse.

– Alors, bon anniversaire et fais-moi signe !

Puis il s’éloigne. Arrivé à la porte de sortie, il se retourne et lance :

– Et pour le strip-tease, on dira que c’est ton cadeau !


Une semaine plus tard, la tentation est trop forte. Après une crise de jalousie mémorable de mon amoureux, je retourne dans le même lieu avec l’espoir de voir Christian.

Il est au bar et me tourne le dos.

– Salut ! je lui murmure à l’oreille.

– Elle… Je t’attendais.

– Vraiment ?

– Oui, j’espérais que tu viendrais. Quel sourire, il est vraiment craquant.

– Je suis là, tu vois. Nulle, je suis nulle!

Mon regard ne peut plus se détacher de son visage.

– Tu es prête ?

– Prête pour quoi ? Je tremble comme une feuille.

– Pour ton cadeau… À moins que tu ne préfères boire un verre avant.

Mue par un désir que je n’avais alors jamais ressenti, je lui réponds :

– Non, allons-y !

Sa main prend la mienne et nous partons. Il me donne les instructions pour me rendre chez lui. Je suis fébrile. Seule dans l’habitacle de ma voiture, je me sermonne intérieurement : Mais qu’est-ce que je suis en train de faire ? J’ai quelqu’un dans ma vie et que j’aime, et je vais aller chez un type que je connais à peine ? Et si c’est un dangereux maniaque ? Mais je continue ma route, ma raison m’abandonne.


J’arrive chez lui et sors de ma voiture. Il m’attend sur le pas de la porte, son petit sourire narquois aux lèvres.

– Tu vois, j’avais raison quand je t’ai dit que je n’attendrai pas longtemps. Prétentieux, qu’est-ce qu’il m’énerve !

– Je ne suis venue que pour mon cadeau et après je pars.

Il me murmure alors à l’oreille :

– Ce n’est pas comme ça que ça marche, Elle ! Si tu passes cette porte, tu ne partiras que lorsque je t’aurai fait l’amour. Merde, mais il est dingue ce mec !!! Ou c’est moi qui suis dingue!

Je sais pourquoi je l’ai suivi, j’ai envie de lui, mais j’ai un peu peur aussi, de lui, de moi, je ne sais plus. Il me regarde me débattre avec ma conscience.

– Si tu veux partir, je te laisserai t’en aller et tu n’entendras jamais plus parler de moi. Je n’ai même pas ton numéro de téléphone et je ne connais que ton prénom. Mais si tu restes, je ne me comporterai pas comme un gentleman. J’ai l’intention de goûter chaque centimètre carré de ton corps.


Est-il possible d’être plus excitée que moi à cet instant précis ? Je ne suis que désir. Je sens mon sexe palpiter, mon ventre me fait mal, il faut que je me reprenne, que je remonte dans cette voiture et que je quitte cet endroit. Mais ses paroles font resurgir mes fantasmes, je suis l’héroïne d’un des romans de ma jeunesse. La tentation est plus forte que tout. Je m’approche de lui.

– Sois gentil, s’il te plaît.

J’ouvre la porte de sa maison, il me suit à l’intérieur, me prend dans ses bras, je sens son souffle dans mes cheveux.

– Promis.

Il me retourne et me pousse doucement contre le mur, son regard se plante dans le mien, ses mains attrapent mes cheveux et il m’embrasse, doucement, je me colle à lui, son baiser devient plus profond, je le sens bander contre mon corps.

– Viens, murmure-t-il.

Je découvre sa chambre, il me soulève du sol, me dépose sur le lit et allume une petite lumière.

– J’ai envie de te voir jouir, me précise-t-il.

Oh, mon Dieu ! et si je ne ressentais rien ? Mon amoureux le vit déjà assez mal ! Mais qu’est-ce que je fous là ?

– Il faut que je te prévienne, Chris, je ne ressens rien.

Je lis la surprise sur son visage.

– Comment ça, rien ?

– Ben, je suis frigide.

Il part d’un grand éclat de rire.

– Mais non, ma belle, tu es juste mal baisée.

– Tu crois ?

Il est mort de rire. Il me caresse le visage.

– J’en suis certain. Fais-moi confiance.

Il se redresse, allume la musique, et commence à bouger en rythme en déboutonnant sa chemise. Je m’agenouille sur le lit et le regarde se dandiner. J’éclate de rire.

– Mademoiselle, vous pourriez être gentille et ne pas vous moquer du danseur.

Je le regarde s’approcher de moi, toujours en rythme, sa chemise tombe sur le sol. Waouh, quel corps, il est magnifique !

– Monsieur est superbe !

Je ne ris plus, je me sens bien, détendue, à ma place. Je le regarde fascinée.

– Mais je trouve que Monsieur est un peu loin… Approche !

Il est à quelques centimètres de moi, m’effleure avec son corps. Je tends la main vers lui.

– Non, on ne touche pas le danseur. Dites-moi ce que vous voulez, Mademoiselle.

Je me prends au jeu.

– Déshabillez-vous !

Il se retourne et dégrafe son pantalon. Puis le baisse un peu sur ses jambes, le remonte et bouge ses fesses, je suis hilare, et très excitée. Il se remet face à moi, s’arrête de bouger et descend son pantalon sur les chevilles. Il est vraiment appétissant cet homme, je le regarde et, d’un signe de tête, je lui demande de tout enlever. Il s’exécute, il bande. C’esttellement beau un homme excité!

– Et si vous approchiez pour me déshabiller, Monsieur ?

Il sourit et s’approche de moi lentement. Ses mains glissent le long de mes jambes, attrapent ma robe, lentement, et la remonte, je suis en sous-vêtements, agenouillée sur le lit, il me regarde, serait-ce de l’admiration dans ses yeux ?

– Vous êtes très belle, Mademoiselle.

Je rougis.

– Moi ? N’importe quoi ! J’ai un miroir !

– Tu rougis ?

Il est surpris. Je sens la chaleur monter encore plus sur mon visage, je me cache derrière mes mains.

– J’adore, murmure-t-il. Et maintenant, Mademoiselle, je vais vous faire l’amour.

J’ai envie de crier : oui, oui, oui. Son assurance me fait presque peur, alors j’enfonce ma tête encore plus dans mes mains. Doucement, il les enlève l’une après l’autre, me soulève le menton, me force à le regarder.

– Embrasse-moi ! Je veux que ce soit toi qui commences, me demande Chris.

Je passe ma main dans ses cheveux et l’attire à moi. Je pose mes lèvres sur les siennes, ma langue cherche la sienne, nos souffles se mêlent dans un long baiser. Il est grand, je suis presque debout sur son lit. Tout à coup, il me soulève et pose mes pieds au sol. Il me retourne, décroche mon soutien-gorge, m’embrasse le dos, la nuque, je frissonne et m’entends gémir. Puis il s’agenouille et descend mon string tout en m’embrassant les fesses, il me chatouille, je pousse des petits cris et me tortille.

– Retourne-toi !

Sa voix est rauque et impérieuse. Je m’exécute. Sa tête est maintenant à la hauteur de mon ventre. Il y dépose de petits baisers en remontant jusqu’à mes seins, prend un téton dans sa bouche et le suce. Je savoure la caresse et lorsque je sens ses dents, mon clitoris palpite.

Comme s’il avait lu dans mes pensées, sa main s’insinue entre mes cuisses et ses doigts commencent à me caresser. C’est bon. Je sens le plaisir monter, ça me donne envie de le toucher moi aussi.

– Non, dit-il en prenant ma main. On a toute la nuit. Allonge-toi ! Je vais m’occuper de toi.

Je lui obéis sagement. J’ai confiance.

– Je t’ai dit que j’allais goûter chaque centimètre carré de ton corps…

Je ne suis que sensation et j’ai hâte de le sentir contre moi. Il prend ma main et la porte à sa bouche, me lèche le doigt et, tout en me regardant, l’introduit dans sa bouche. Cette caresse est totalement inédite pour moi et je trouve ça très excitant. Il continue son exploration, je sens ses lèvres qui m’embrassent, me sucent, me mordillent le bras, puis l’épaule, la poitrine, le ventre, j’écarte les jambes, comme une invitation. Lorsque je sens sa bouche prendre mon clitoris, je pousse un petit cri. Mais qu’est-ce qui m’arrive ? Surprise, je lui dis :

– Pardon…

Il s’arrête et plante son regard dans le mien. Le voir entre mes cuisses me fait prendre conscience de ce qui se passe, un autre homme me fait l’amour et j’aime ça.

– Pourquoi pardon ? Je rougis, encore.

– Parce que j’ai crié.

Ça ? crier ? Non, ma belle. On n’en est qu’aux débuts…

Sa langue et ses doigts me caressent durant ce qui me semble des heures, il sait ce qu’il fait, ce que j’aime, oh, la vache ! c’est incroyablement bon, j’ai envie de plus !

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