La marque des forceps

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La Marque des Forceps

Andrej Koymasky
Roman de 216 000 caractères, 38 000 mots
Dans un royaume nordique, le jeune Niels, fils du roi, est enlevé par des brigands, puis abandonné dans un village de montagne. Balloté d'un foyer à l'autre, il rencontre un beau chevalier qui le prend comme écuyer.

Mais la marque indélébile de sa naissance royale veille sur son destin...
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Publié le : vendredi 13 novembre 2015
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EAN13 : 9791029401008
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La marque des forceps

 

 

 

Andrej Koymasky

 

 

 

Traduit par Christophe

 

 

 

Chapitre 1 : La naissance et l'enlèvement du Prince Niels

Chapitre 2 : Olaf apprend comment offrir ses services

Chapitre 3 : Comment Olaf est secouru par le chevalier Guntar

Chapitre 4 : Olaf et Guntar se déclarent leur amour

Chapitre 5 : Les étranges prophéties du Brett

Chapitre 6 : Comment le roi découvre qui est vraiment Olaf

Chapitre 7 : Comment Bjorn se donne à Athal pour faire assassiner Niels

Chapitre 8 : Le Roi Niels le miséricordieux

 

 

 

 

Chapitre 1 : La naissance et l'enlèvement du Prince Niels

 

 

Il était une fois un roi nommé Harold. Il était très aimé de ses sujets et respecté des monarques voisins. Gertrude, sa Reine, était aimée de tous pour sa beauté et sa bonté. Mais le Roi Harold avait atteint quarante ans sans que la reine ne lui ait encore donné un héritier.

À la cour, on lui suggéra de répudier la Reine, mais Harold l'aimait profondément, et ne voulut pas en entendre parler. Le Roi déclara qu'il adopterait plutôt l'un des fils de ses sœurs, le faisant ainsi l'héritier du trône. Mais d'autres conseillers s'y opposèrent au motif que ses sœurs ayant épousé des monarques voisins, cela pourrait créer un dangereux précédent, et qu'un jour, un roi voisin pourrait réclamer la terre du neveu ainsi adopté.

Alors le Roi Harold, écoutant le conseil d'une dame d'honneur de la Reine, décida de tenter un ultime recours.

Avec la reine, il se rendit en pèlerinage au Mont de l'Aigle où vivait un saint homme, célèbre pour sa clairvoyance. Le cortège royal arriva aux pieds de la montagne. Le roi les fit tous arrêter, et retirant son manteau et son or, il se vêtit de bure et retirant les voiles de son épouse, il l'habilla de même. Puis, pieds nus, ils se rendirent seuls jusqu'à la grotte du saint ermite.

— Roi Harold, Reine Gertrude, qu'est-ce qui vous conduit chez moi ? demanda le saint ermite dès qu'il les vit se présenter devant la grotte.

L'ermite n'avait encore jamais vu le Roi et la Reine et ce n'était certainement les vêtements de bure qui pouvaient lui avoir fait comprendre qui étaient ces deux visiteurs.

— Comment sais-tu qui nous sommes, Brett, saint homme ? demanda donc le roi au comble de la stupeur.

— Le Dieu de cette terre m'a annoncé en rêve votre visite, mais également la raison pour laquelle vous venez. Vos prières seront exaucées, Majesté, et vos espoirs comblés, ma Reine. Vous aurez deux fils. Tous deux vous seront, de manière différente, la source de grands chagrins. Malheureusement, ce sont les choses telles que je les vois.

— Mais mon héritier sera-t-il un bon roi ?

— Oui, Sire, un très bon roi.

— Cela me suffit, saint homme. Même si mon épouse et moi devons souffrir, cela me suffit. Comment puis-je te remercier pour ces bonnes nouvelles, saint homme ?

— Je ne suis que le messager. Remercie le Dieu, mon Roi, en consacrant ton aîné au Dieu Niel et en lui donnant son nom. Sais-tu ce que signifie vouer un garçon au dieu Niel ?

— Qu'il ne pourra jamais s'unir à une femme, sous peine d'encourir sa colère. Mais alors, comment aura-t-il un héritier ?

— Le Dieu y pourvoira aussi, si ton fils lui est fidèle.

— Très bien, cela aussi sera fait, répondit le Roi en s'inclinant devant le vénérable vieillard.

L'ermite plaça alors ses mains sur la tête de la Reine, puis sur celle du Roi, à deux reprises.

— Ainsi, ton fils premier né verra le jour dans deux ans, précisément, et le cadet dans cinq ans, également à cette date anniversaire. Vous saurez ainsi que le Dieu veille sur votre maison, malgré les épreuves qui suivront. Toi et ta fidèle épouse devrez vous unir à la nouvelle lune, au premier quartier, à la pleine lune et au dernier quartier, mais à aucun autre moment. Vous devrez disposer à proximité du lit matrimonial d'une bassine d'eau de source et d'un rameau de houx. Alors le Dieu vous donnera les fils promis. Vous pouvez aller, à présent, avec la bénédiction du Dieu.

Le Roi et la Reine rentrèrent heureux à la Cour et le Roi annonça à ses conseillers le jour de la naissance de son hériter. Ces derniers, passablement dubitatifs, décidèrent de patienter les deux ans que le Roi leur avait annoncé.

Au bout de quinze mois, la Reine annonça joyeusement qu'elle n'avait pas eu ses règles, et que donc elle attendait son premier garçon. En compagnie de ses suivantes, elle se mit à coudre le trousseau du nouveau-né, sûre que ce serait un garçon. Le Roi commanda une médaille d'or portant le signe du Dieu Neil, auquel il consacrerait son fils, le jour de sa naissance, par une cérémonie solennelle.

Le jour de l'accouchement arriva. Les douleurs de l'enfantement furent terribles, et il semblait que le garçon ne voulait pas sortir. La sage femme décida de se servir de forceps pour faciliter la naissance du bébé. Il apparut, grand et fort, beau malgré le travail, et lança immédiatement un vigoureux vagissement de bon augure. Toutes les dames rirent de bonheur et battirent des mains.

Mais les forceps avaient laissé une marque sur le côté gauche du bébé, trois profondes marques rouges, trois stries verticales, juste sous l'aisselle. La pauvre sage-femme se désolait de ces marques, craignant le courroux du roi, mais il était si heureux de l'arrivée de son premier-né qu'il le lui pardonna. Prenant son fils dans ses bras, il vint à la fenêtre du château et le présenta aux nobles et aux chevaliers assemblés qui acclamèrent le prince avec des cris de joie.

— Je consacre mon fils premier-né, mon héritier au Dieu Niel et ainsi son nom sera Niels déclara alors le Roi. En signe de cette consécration, je pose cette médaille autour de son cou. Soyez-en mes témoins, vous, mon peuple !

De nouveaux cris de joie accueillirent cette annonce du Roi et tous s'exclamèrent, « Longue vie au Prince Niels ! »

Le petit Niels fut alors emmailloté dans des langes du lin le plus fin et rendu à la Reine qui lui donna son premier repas. Le nouveau-né tétait avec vigueur, alors que les suivantes commentaient avec plaisir ce nouveau signe d'espoir.

De tous les royaumes voisins, des rois qui aimaient le Roi Harold et de ceux qui le combattaient, arrivèrent des présents pour le nouveau-né. Même le Roi Oder fit parvenir des cadeaux précieux, malgré l'ancestrale rivalité entre les deux royaumes. Harold les accepta de bonne grâce et avec des paroles de paix pour les messagers de ses voisins.

Niels grandissait, fort et sain. Pour son premier anniversaire, le Roi décida de le conduire chez le saint homme sur la montagne, pour qu'il le bénisse, et pour le remercier de nouveau pour cet héritier promis. La Reine Gertrude ne voulait pas être séparée de son fils et reçut la permission d'accompagner le petit. Le cortège réduit se mit en route sur les chevaux, escorté de cinq suivantes et sept chevaliers.

Mais quelqu'un, à la Cour du Roi Harold, payé par le roi Oder pour espionner, lui envoya immédiatement un message sur ce voyage qui conduirait le cortège à proximité de la frontière des deux royaumes. Oder choisit alors dix de ses meilleurs hommes, les habilla comme les brigands qui infestaient les montagnes et les envoya attaquer le cortège. Il voulait prendre Niels en otage pour forcer le Roi Harold à lui abandonner une bande de territoire vers la mer, que sa famille voulait depuis des générations, mais n'avait pu prendre malgré de nombreux combats.

Les hommes du Roi Oder se cachèrent en embuscade à un endroit propice du chemin, arrêtèrent le convoi et l'attaquèrent. Ce fût une bataille brève et violente. Trois des hommes du Roi Oder arrachèrent le petit des bras de sa mère en pleurs. La Reine s'évanouit. Les trois hommes s'enfuirent au galop dans les montagnes, pendant que les sept autres se battaient contre les sept chevaliers du Roi Harold.

Quand la bataille fut finie, les sept hommes d'Oder et quatre chevaliers d'Harold étaient morts et deux autres chevaliers étaient gravement blessés, mais il n'y avait plus trace du petit Prince.

La Reine, les suivantes et les trois malheureux chevaliers survivants rentrèrent immédiatement à la Cour. Le Roi Harold convoqua ses chevaliers pour décider quoi faire. Cependant, les trois hommes du Roi Oder avaient traversé les montagnes et rejoint l'endroit où le bébé princier devait être gardé prisonnier et où deux suivantes de l'épouse d'Oder attendaient pour prendre soin de l'enfant. Mais en chemin, les trois hommes furent attaqués et tués par de vrais brigands qui pensaient qu'ils portaient un trésor

Quand les brigands virent que le fardeau sur la quatrième monture n'était qu'un bébé que les hommes d'Oder avaient vêtu de vêtements ordinaires, ils ne soupçonnèrent pas qu'ils avaient un Prince entre leurs mains et restèrent perplexes.

— Un morveux ! Trois hommes d'armes pour convoyer un morveux ? C'est bizarre. C'est dommage qu'on les ait tués, on ne peut même plus leur demander qui est ce mioche. Probablement le fils d'un riche marchand kidnappé pour une rançon. Là, il ne nous sert à rien, dit le chef en secouant la tête, l'air mécontent.

— Laissons-le dans les bois et partons. On a déjà gagné quatre bons chevaux et des armes magnifiques, dit un des hommes.

— Il va mourir, si on l'abandonne ici, dit un autre homme.

— Quelle importance ? répondit le premier.

— Non, je ne veux pas souiller mes mains de la mort d'un bébé, ça porte malheur ! dit un autre.

— Alors, portons-le au prochain village et laissons-le près du puits. Une femme s'occupera de lui… ou d'elle… décida alors le chef.

— C'est un gars, regarde un peu cette biroute ! dit un des hommes en dénudant le bébé.

Les autres regardèrent en s'esclaffant.

— Je suis sûr qu'une femme s'occupera bien d'une queue pareille ! continua l'homme.

C'est ainsi que Niels, de nouveau enveloppé dans ses guenilles, fut remis dans le couffin bâté sur son cheval, et les brigands le conduisirent jusqu'au village suivant, dans le pays du Roi Oder. Quand ils arrivèrent en vue du village, un des brigands démonta, prit le couffin et le posa près d'un puits. Puis ils s'enfuirent au galop.

Au village, on avait vu avec inquiétude arriver la bande de brigands et on fut heureux de les voir repartir. Au bout d'un moment, un groupe de femmes, encore inquiètes, vinrent tirer de l'eau au puits. Si les brigands revenaient, elles savaient qu'elles seraient violées. C'était déjà arrivé. Comme ils étaient venus et repartis en se laissant voir, les villageois pensèrent qu'ils ne leur tendraient pas d'embuscade.

Quand les femmes s'approchèrent du puits, elles virent le couffin. Curieuses, elles se rapprochèrent et virent le bébé, blanc et rose, les cheveux blonds comme des rayons de soleil, les yeux du bleu d'un ciel clair, le garçon regardait tranquillement les visages qui arrivaient et leur souriait.

— Un bébé !

— Par les dieux, comme il est beau !

— Regardez-le, on dirait un elfe…

— Pourquoi l'ont-ils abandonné ici ?

— Si petit, il ne doit même pas être sevré…

— Regardez son sourire tranquille…

Bien que le village fût très pauvre, plus d'une femme supplia son mari d'accueillir le bébé. À la fin, il fut décidé de le donner à une femme qui allaitait encore son dernier enfant, et dont le mari ne souleva pas d'objections.

Cependant, les hommes du Roi Harold recherchaient le petit prince, mais sans résultat. Loin du lieu de l'embuscade, ils retrouvèrent les langes du Prince et sa médaille, mais même après avoir passé les environs au peigne fin, ils ne trouvèrent pas trace des ravisseurs. Pendant longtemps, le Roi Harold attendit une demande de rançon, peut-être de la part des bandits, mais les mois passèrent. Après un long hiver glacial, le printemps reparut sans nouvelles du petit Niels. Le Roi et la Reine firent leur deuil et tous pensèrent que le petit héritier était mort.

Une année se passa et, conformément à la prophétie, la Reine retomba enceinte d'un second fils.

— Ce fils sera mon héritier, il pourra se marier et avoir des enfants. Peut-être était-ce l'idée du saint homme, ma douce Gertrude… Nous devons accepter le destin.

Le nouveau-né fut appelé Bjorn. Lui aussi était blond, mais ses yeux avaient la couleur de noisettes dorées. La Reine Gertrude, tous les mois, jetait dans la rivière une couronne de fleurs, à la pleine lune, incapable d'oublier son fils Niels, priait les Dieux du fond de son cœur qu'il soit toujours en vie, et qu'ils le protègent.

 

Cependant Niels, qui portait à présent le nom d'Olaf, grandissait, dans un village isolé dans les montagnes, avec les autres enfants, apprenait de petites tâches, à reconnaître les herbes et les racines, les feuilles et les fruits, à garder les chèvres du village, à tresser la paille pour faire des chaussures pour l'hiver. L'hiver était long, avec juste quelques heures de jour, et chacun restait dans sa masure couverte de neige, et préparait le travail pour la belle saison. Les femmes filaient, les hommes préparaient les outils, les enfants jouaient près du feu en écoutant les vieux leur dire des contes.

Olaf grandissait, fort et beau. C'était un bon garçon, joyeux, obéissant et serviable et tout le monde l'aimait. Il était devenu habile à la fronde et parfois il arrivait à toucher un animal qu'il ramenait fièrement à la femme qui lui servait de mère, pour qu'elle le fasse cuire.

Un printemps, quand Olaf eut onze ans, un de ses frères adoptifs, Drach, qui en avait treize, alors qu'ils étaient assis sur une pierre près d'un lac, gardant les chèvres, vint près de lui et sans un mot, mais avec un sourire malicieux, se mit à lui tripoter le caleçon.

— Eh, mais qu'est-ce que tu fais, tu me chatouilles ! dit Olaf en riant.

— Je vais t'apprendre un jeu amusant… Toi aussi, tu peux jouer avec mon truc…

— Pourquoi ? C'est quoi comme jeu ? demanda le petit garçon, curieux.

Ils se baignaient souvent nus, ce qui ne gênait en rien Olaf. Il fit ce que son frère lui demandait, et bientôt les deux garçons, baissant leurs pantalons, avaient en main le membre de l'autre. Celui de Drach était dur et dressé.

— C'est quoi, comme jeu ? demanda de nouveau le garçonnet, en regardant le membre, pas encore complètement développé, mais déjà porteur de quelques poils de son frère adoptif.

— C'est un jeu drôle auquel les garçons jouent entre eux. Tu me caresses la mienne, et moi la tienne. C'est bon, et à la fin, il sort un lait blanc…

— Du lait ? D'ici ? demanda le garçon incrédule, mais en le caressant comme l'autre lui faisait.

— Ben en fait, c'est pas vraiment du lait, mais ça ressemble. Je ne sais pas si ça va sortir pour toi, mais moi si. Moi, je deviens un homme.

— Qui c'est qui t'a appris ce jeu ?

— Mon cousin Welle. Il m'a fait lui tirer son lait. Mais maintenant Welle a arrêté avec moi. Il a une copine et il le fait avec elle.

— Mais les filles n'ont pas le truc, comment elles peuvent faire ?

— Elles ont un trou. Et alors, le garçon la lui met dedans jusqu'à ce que le lait coule. C'est comme ça qu'on fait les bébés.

— Avec du lait blanc ? demanda le garçonnet, mais sentant venir un léger plaisir aux manipulations de l'autre.

— Le lait blanc va dans la femme et nourrit le bébé qu'elle a en elle, alors il grandit, et finit par naître… ou quelque chose comme ça… Dis, ça te plait ?

— Oui, plutôt…

— Moi, j'aime. Quand tu grandiras, tu aimeras beaucoup quand tu pourras faire sortir du lait.

— Mais tu y joues aussi avec d'autres ?

— Des fois. C'est un jeu auquel les garçons jouent ensemble, avant de le faire avec les filles. Ooooh, voilà… Ça va venir… dit Drach, soudain tendu.

Olaf le vit frémir et vraiment, du bout du jeune membre, jaillirent quelques gouttes d'un liquide blanc.

— Oooh, c'est bon, Olaf ! soupira le garçon, en répandant sa semence sur l'herbe.

Olaf en prit une goutte au bout de son doigt, le frotta entre deux doigts, puis testa le goût du bout de la langue.

— Mais ça n'a pas le goût du lait, dit-il pensivement.

— C'est pas vraiment du lait, je te l'ai dit. Ça y ressemble seulement.

— Et quand ça sort, c'est bon ?

— Oui, vraiment bon. Tu verras quand tu pourras aussi, que c'est vraiment bon, dit le garçon en remontant son pantalon.

Olaf aussi se rhabilla rêveusement. Il avait ressenti un peu de plaisir, mais rien d'extraordinaire.

À partir de ce jour, quand Drach la sortait et commençait à se caresser, Olaf venait silencieusement à ses côtés et le caressait jusqu'à ce qu'il jouisse, pendant que l'autre le caressait aussi.

L'hiver revint, et comme les deux garçons partageaient la même paillasse, hors de vue des autres, dans l'obscurité, ils jouèrent souvent à ce jeu, quand Drach, le caressait entre les jambes, lui faisant comprendre ce qu'il voulait. Et finalement, une nuit, alors qu'Olaf avait douze ans, les premières gouttes coulèrent de sa petite verge et le garçonnet gémit en signe du plaisir.

— Chut ! lui intima son frère adoptif en lui posant la main sur la bouche.

— C'est sorti… murmura Olaf, troublé.

— Oui, je l'ai senti. Toi aussi tu deviens un homme.

— C'est vraiment bon !

— Je te l'avais dit, non ?

Le printemps revint, et à présent en pleine nature, quand ils étaient seuls, c'était parfois Olaf qui la sortait le premier, et l'autre l'imitait, se rapprochant avec un doux sourire, et ils se satisfaisaient mutuellement. Parfois, ils faisaient un concours à celui qui l'enverrait le plus loin. Et Olaf, en grandissant, s'aperçut qu'il aimait de plus en plus ce jeu.

Olaf avait treize ans quand Drach se mit avec une fille et cessa de le faire avec lui. Olaf était triste que Drach ne joue plus à ça avec lui, mais même s'il en avait envie, il n'osa pas le proposer à d'autres garçons à cause d'une pudeur naturelle, et puis Drach lui avait dit que les adultes ne comprenaient pas ce jeu, même s'ils y avaient joué plus jeune. Mais les adultes oublient. Olaf se dit que lui, il n'oublierait jamais une chose si agréable. Alors, rêvant de retrouver un ami avec lequel le faire, il se contentait de le faire seul.

Il avait quatorze ans la première fois qu'une fille le toucha entre les jambes. Au début, ça l'excita, mais quand à son tour, il souleva les vêtements de la fille et ne trouva rien, son érection retomba. S'il ne pouvait pas toucher un joli membre bien dur, quel plaisir pouvait-il y avoir, se demanda-t-il ?

Alors, il se tint à l'écart des filles. C'était mieux de le faire seul qu'avec une fille. Il n'arrivait pas à comprendre comme Drach et les autres garçons plus grands puissent aimer autant ça.

Olaf avait quinze ans quand son beau-père mourut sous un éboulement. Puis sa belle-mère se décida à se remarier. Mais l'homme y mit la condition que les enfants devaient vivre ailleurs parce qu'il ne voulait pas chez lui d'un enfant qui ne soit pas le sien. Drach, le plus jeune des fils légitimes, avait à présent dix-huit ans. Il se maria et eut sa propre maison.

La femme conduisit Olaf dans la vallée, à la ville, et lui trouva du travail comme mitron chez le boulanger, qui était cousin éloigné de son premier mari.

— Je suis désolé de devoir te laisser, Olaf, mais je suis encore jeune, je dois penser à ma vie. En plus tu es grand, maintenant, et tu apprendras un bon métier, lui dit la femme avec un air un peu coupable.

— Oui, je comprends, mais ça va, répondit Olaf.

Mais il se sentit abandonné par cette femme qui était comme une mère pour lui. La femme lui dit au revoir et retourna au village pour se marier.

Le boulanger s'appelait Petre, et ne restaient chez lui que ses deux derniers fils qui n'étaient pas encore mariés. Lukas, dix-huit ans, et Jan, vingt. Petre dormait avec sa femme au-dessus de la boutique, les deux fils au rez-de-chaussée dans une petite pièce derrière le four. Ils partageaient une large paillasse. Dans un coin, le boulanger en ajouta une petite pour Olaf.

Jan et Lukas traitaient Olaf comme un serviteur, mais le garçon se rendait volontiers disponible pour les centaines de tâches qui lui étaient demandées, toujours prêt et souriant. La vie à la ville paraissait un rêve à Olaf, comparée à la misère du village. Et puis la nourriture était bonne et abondante, avec du pain frais à satiété. Petre était un homme revêche et peu bavard, mais il était généreux. Il donna à Olaf quelques vêtements trop petits pour ses fils, qu'Olaf trouva merveilleux, moelleux et légers, même s'ils étaient rapiécés par endroits. C'était la belle vie, par rapport au village.

Il était chez le boulanger depuis environ trois mois quand, une nuit, il fut réveillé par des bruits bizarres. La lanterne qui était éteinte au coucher, était de nouveau allumée.

Lukas et Jan étaient assis, à moitié nus, sur leur paillasse et se masturbaient mutuellement, et ils rigolaient.

— … de toute façon, la mienne est plus grosse, Lukas.

— Mais la mienne est plus longue… répliqua l'autre dans un murmure.

Olaf fut excité à la vue des membres des jeunes gens agités avec vigueur, et instinctivement, il sortit le sien et se mit à se masturber à son tour, souhaitant les toucher, qu'ils le touchent, comme il faisait plus petit avec Drach.

Un grincement soudain de sa paillasse attira sur lui l'attention des deux frères qui se tournèrent vers lui.

— Hé, le gamin qui nous espionne ! dit Jan en sautant de sa paillasse, le membre dur bondissant, et il se dirigea vers la paillasse du garçon, immédiatement suivi de Lukas. Qu'est ce que tu regardes, hein ?

— Je… rien… répondit Olaf intimidé.

D'un seul geste, Jan repoussa la couverture et regarda, entre les cuisses du garçon, la main toujours serrée autour du membre qui se recroquevillait rapidement de peur.

— Regarde, il se branle… en nous matant… dit Jan en se moquant.

— On va lui donner une bonne leçon, pas vrai, Jan ?

— Une leçon, quelle leçon ?

— Enlève-lui son pantalon. S'il aime tellement les bites, on va lui donner ce...

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