La perle

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Ces trois romans considérés par Pia et Pauvert comme des classiques de la littérature érotique anglaise apportent un éclairage étonnant sur les relations clandestines de la société victorienne. Cet ouvrage devrait ravir autant les amateurs du genre que les historiens de cette période.
The Pearl, unique en son genre et en son temps, est le titre d'un magazine érotique clandestin, publié à Londres dans l'Angleterre victorienne. On en connaît 18 fascicules échelonnés de juillet 1879 à décembre 1880. Dans une Angleterre ultra puritaine où les noms désignant les parties du corps sont modifiés par d'édifiantes métaphores, The Pearl apparaît comme une revue d'une pornographie insoutenable alors qu'il s'agit en fait d'un érotisme non-réfrené par les carcans de la morale victorienne.
La fine fleur de la littérature anglaise y publiait, sous pseudonyme, des textes jugés subversif par les autorités.


Le présent volume propose trois textes parus en feuilleton dans The Pearl : Lady Pokingham ou Tous peuvent le faire, La Rose d'amour ou Les Aventures d'un gentilhomme à la recherche du plaisir, roman français et Sub-Umbra, roman d'érotisme colonial.



Publié le : jeudi 24 septembre 2015
Lecture(s) : 41
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782846285490
Nombre de pages : 286
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La Perle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Éditions Blanche, Paris, 1999

ISBN : 978-2-84628-549-0

 

LADY POCKINGHAM

ou

Elles le font toutes

 

INTRODUCTION

Au Lecteur :

Très peu d’excuses seront nécessaires pour engager la publication de ce récit hautement érotique et plein de verve d’une jeune femme noble, dont les aventures, j’en suis certain, apporteront à tous les véritables amoureux de la littérature voluptueuse autant de plaisir qu’elles en ont procuré à votre humble serviteur.

Le sujet de ces mémoires est une des créatures les plus brillantes et des plus charmantes de son sexe, dotée d’une telle exquise sensibilité de caractère, ajoutée à une rare chaleur de constitution, qu’elle se montra presque incapable de résister aux influences séductrices de la plus belle des créations de Dieu. Car Dieu fit l’homme à son image, homme et femme il les créa ; et son premier commandement fut : “Croissez et multipliez, repeuplez toute la Terre.” (Genèse I,28)

L’instinct naturel des anciens instilla dans leur esprit que la copulation était la forme la plus directe et la plus acceptable de célébration qu’ils puissent offrir à leurs déités, et je sais que ceux de mes lecteurs qui ne sont pas des Chrétiens dévots et fanatiques seront d’accord avec moi : ce ne peut être un péché grave que d’écouter ses désirs naturels, et de jouir, autant que faire se peut, et sans entraves, de toutes ces sensations délicieuses dont un généreux Créateur nous a si amplement dotés.

Pauvre fille ! Elle ne vécut pas longtemps, mais en jouissant pleinement des quelques brèves années de sa vie de papillon, qui pourrait penser qu’elle fut une mauvaise fille ?

J’ai trouvé les documents épars, à partir desquels j’ai reconstitué ce récit, dans un paquet qu’elle avait confié à un serviteur dévoué, qui, peu après sa mort subite et prématurée à l’âge de vingt-trois ans, entra à mon service.

En tant qu’auteur, j’ai le sentiment que mon style cru et sans détours pourrait en choquer quelques-uns, mais j’espère que mon désir d’offrir à tous du plaisir excusera mes faiblesses.

 

 

L’Auteur

 

PREMIÈRE PARTIE

Mon cher Walter,

Comme je t’aime ! Mais hélas ! Tu ne le sauras jamais avant que je ne disparaisse ; tu ne te doutes pas, tout en poussant ma chaise roulante, combien tes attentions délicates ont gagné le cœur d’une pauvre phtisique, prête à glisser dans la tombe. Comme j’ai hâte de lécher les perles d’amour sur tes lèvres, de toucher et de caresser ton noble priape, et de sentir en moi ses allées et venues excitantes ! Mais je ne connaîtrai plus jamais de telles joies ; la moindre excitation me serait mortelle, et je ne peux que soupirer en regardant ton beau visage aimant, et admirer les magnifiques proportions de mon chéri, tel qu’il se montre par ce gros trousseau de clés que tu sembles toujours avoir dans la poche ; en fait, il semble que ce soit un passe-partout que tu possèdes, dont les assauts brûlants viendraient à bout de tant de petites serrures vierges.

C’est une idée plutôt étrange de ma part (de coucher sur le papier, à votre intention, ce court récit de quelques-unes de mes aventures), mais un des seuls plaisirs qu’il me reste est de me complaire dans des rêveries à propos du passé, et de paraître ressentir à nouveau les émotions enivrantes de mes ébats voluptueux, qui me sont aujourd’hui refusés. J’ose espérer que ce récital de mes escapades et de mes folies t’apportera un peu de plaisir, et ajoutera à l’affection avec laquelle tu te souviendras de moi dans les années à venir. Une chose que je te demande, cher Walter, c’est de t’imaginer que tu jouis avec Béatrice Pockingham chaque fois que tu serreras dans tes bras une nouvelle conquête. C’est un plaisir auquel je me suis souvent livrée moi-même, pendant un coït, et cela augmentait ma jouissance de laisser libre cours à mon imagination, et d’imaginer que j’étais dans les bras de quelqu’un dont je rêvais très fort, quand je ne pouvais l’être réellement. Mes revenus s’éteindront avec moi, je n’ai donc pas de raison de rédiger un testament, mais tu trouveras des billets, quelques centaines de livres peut-être, parmi ces esquisses de mes aventures ; c’est tout ce que j’ai réussi à économiser. Tu trouveras aussi une jolie mèche de poils brun foncé, que j’ai coupée parmi l’abondante toison de mon mont de Vénus ; d’autres amis et relations ont pu admirer les boucles de mes cheveux, mais ton souvenir provient du lieu sacré de l’amour.

 

Je ne me souviens pas de mon père, le Marquis de Pockingham, et j’ai quelques doutes concernant le droit que j’ai de me réclamer de son nom, car c’était un vieil homme usé, et d’après les documents et les lettres qui furent transmis en privé de lui-même à ma mère, je sais qu’il faisait plus que soupçonner que c’est à son fort aimable valet de pied qu’il devait la jolie petite fille que ma mère lui présenta à ma naissance. Il déclare en fait dans une note qu’il aurait pu tout pardonner, si le fruit de ses rapports avec James avait été un fils héritier, de manière à écarter son neveu, qu’il haïssait, des biens et du titre. Il espérait ensuite qu’elle laisserait James cultiver une nouvelle fois son petit parterre de persil, ce qui pourrait entraîner une nouvelle conséquence plus en rapport avec ses souhaits. Le pauvre vieil homme mourut peu après avoir écrit ce billet, et ma mère, de qui je tiens cette affreuse condition phtisique, n’a pas tardé à me laisser orpheline à l’âge le plus tendre, me léguant son douaire de vingt mille livres, et un titre de noblesse que cette somme ne pouvait décemment pas parvenir à honorer.

Mes tuteurs étaient très économes et prudents, car ils m’envoyèrent en pension à l’âge de huit ans, et ne dépensèrent que cent cinquante livres environ par an pour ma scolarité et mes frais, jusqu’à ce qu’ils estiment qu’il était temps pour moi d’être présentée dans le monde, si bien que j’en tirai de grands bénéfices par les intérêts accumulés de mon argent.

 

Les quatre premières années de ma scolarité passèrent sans événement majeur, et pendant tout ce temps, je ne me trouvai qu’une seule fois dans une fâcheuse position, ce que je vais raconter, car elle me valut de goûter pour la première fois à une bonne badine.

Miss Birch était une maîtresse plutôt portée à l’indulgence, et ne recourait au châtiment corporel que pour des fautes très graves, celles qui, d’après elle, risquaient d’affecter plus tard le caractère de ses élèves, et qu’il s’agissait donc de punir sévèrement dès la première manifestation. J’avais presque atteint l’âge de dix ans quand me vint le goût de faire des dessins sur mon ardoise, pendant la classe. Une de nos gouvernantes, Mlle Pennington, était une vieille fille revêche et sévère, d’environ trente-cinq ans, et stimulait particulièrement mes talents de caricaturiste ; mes dessins passaient discrètement de main en main dans la classe, et provoquaient bon nombre de fous rires, ainsi qu’un grand manque d’attention pendant les leçons. J’étais devenue très fière, et même fanfaronne, devant les dessins que je considérai les meilleurs, et plusieurs admonestations, assorties de tâches supplémentaires en matière de punition, n’avaient eu aucun résultat ; je poursuivis donc mes interruptions, jusqu’à ce qu’un après-midi, Miss Birch s’étant endormie sur le bureau, et la vieille Penn étant occupée avec une leçon, une soudaine inspiration s’empara de moi et je croquai deux ou trois dessins très osés : un de la vieille fille assise sur un pot de chambre, et l’autre d’elle, s’accroupissant en pleine campagne pour faire ses besoins, les jupes fort relevées. La première fille à laquelle je les montrai faillit éclater de rire, et deux autres, trop pressées de connaître la cause de cette hilarité, se penchèrent carrément par-dessus son épaule pour regarder mon ardoise. Bref, avant que je puisse les effacer, la vieille Penn se rua sur nous comme un aigle, et la porta en triomphe jusqu’à Miss Birch, maintenant parfaitement réveillée, se retrouvant vexée encore plus gravement par le sourire amusé que notre directrice ne put réprimer en jetant les yeux sur les caricatures indécentes.

« Il faut que ma petite lady se souvienne de ceci, Mlle Pennington… » dit Miss Birch, d’un ton devenu soudain grave. « Elle nous a causé quelques désagréments récemment avec ses dessins pleins d’impudence, mais ceux-ci sont positivement obscènes ; si elle dessine ces choses, elle en dessinera bientôt d’autres. Appelez Susan et dites-lui de m’apporter mes verges ! Il faut que je la punisse tandis que j’ai le sang chaud, car j’ai trop d’indulgence, et je pourrais bien la laisser s’en tirer comme ça. »

Je me jetai à genoux, et implorai sa clémence, promettant « de ne jamais, jamais plus refaire une telle chose ! »

Miss Birch : « Vous auriez dû songer aux conséquences avant de dessiner de telles saletés ; la simple idée qu’une de mes petites ladies soit capable de produire des horreurs pareilles est une abomination pour moi ; ces idées lascives ne doivent pas être autorisées à s’installer dans votre tête, ne serait-ce qu’un instant, tant que je pourrai les en chasser avec le fouet.»

Mlle Pennington, avec un air de satisfaction sévère, m’attrapa le poignet au moment où apparaissait Susan, une servante blonde, ronde et forte, d’une vingtaine d’années, portant ce qui me semblait être une brassée de verges proprement nouées avec un ruban de velours rouge.

« Maintenant, Lady Béatrice Pockingham, dit Miss Birch, agenouillez-vous, confessez votre faute, et embrassez le fouet. » Prenant les badines de la main de Susan, et me les tendant, comme aurait fait une reine de son sceptre devant un sujet soumettant une supplique.

Pressée d’en finir avec l’inévitable, et de maintenir ma punition aussi légère que possible, je m’agenouillai, et avec de vraies larmes de pénitence, la suppliai d’être aussi clémente que son sens de la justice lui permettrait, car je savais que je méritai bien ce qu’elle s’apprêtait à m’infliger, et ferai bien attention de ne plus insulter de nouveau Mlle Pennington, que j’étais si désolée d’avoir caricaturée ; puis, j’embrassai le fouet et me résignai à mon destin.

Mlle Pennington, avec méchanceté : « Ah ! Miss Birch, comme la vue du fouet provoque rapidement un repentir hypocrite. »

Miss Birch : «Je comprends tout cela, Mlle Pennington, mais je dois tempérer la justice avec la pitié au moment opportun ; maintenant, impudente artiste, relevez vos jupes, et exposez votre derrière à la punition justement méritée. »

Les mains tremblantes, je soulevai ma jupe, puis on m’ordonna d’écarter aussi mes culottes ; ceci fait, elles épinglèrent ma robe et mes jupons aussi haut que possible sur mes épaules ; puis, on me fit pencher au-dessus d’un bureau, et Susan se plaça devant moi, me tenant les mains, tandis que la vieille Penn et la gouvernante française, (qui venait d’entrer dans la classe), tenaient chacune une de mes jambes, si bien que j’étais comme qui dirait écartelée et sans défense.

Miss Birch, lançant autour d’elle un regard sévère, tout en brandissant les verges :«Maintenant, jeunes filles, que cette punition soit un avertissement pour chacune d’entre vous ; ma petite lady Béatrice mérite grandement cette honte dégradante, pour ses dessins indécents (je devrais même les appeler obscurs). Recommencerez-vous ? Recommencerez-vous, ennuyeuse et impudente petite chose, recommencerez-vous ces vilaines actions ? Tenez ! Tenez ! Voilà ! J’espère que ceci vous fera bientôt du bien. Ah ! Vous pouvez crier ; j’en ai encore quelques-uns à vous donner ! »

La poignée de verges paraissait s’écraser sur mes fesses nues avec une force terrible, cinglant sur la peau tendre, qui semblait prête à éclater à chaque nouvelle volée. « Ah ! Oh ! Ah ! Oh ! Ciel ! Ayez pitié, Madame. Oh ! Je ne le ferai jamais plus ! Ah ! Aïe ! Je n’en peux plus ! » Je criai, donnai des coups de pieds et me débattai à chaque nouveau coup, si bien qu’au début elles pouvaient à peine me tenir, mais tous mes efforts me firent bientôt perdre mes forces.

Miss Birch : « Vous commencez à le sentir un peu ! Puisse la douleur vous faire du bien, vilaine petite fille ; si je ne vous tenais pas en respect maintenant, c’est tout cet établissement qui irait bientôt à vau-l’eau. Ah ! Ha ! votre derrière est maintenant bien zébré, et je n’ai pourtant pas encore terminé », dit-elle en fouettant avec une vigueur accrue.

À ce moment, j’aperçus un instant son visage, d’habitude si pâle ; il était en vérité rouge d’excitation, et ses yeux brillaient d’une animation peu commune. « Ah ! poursuivit-elle, mes jeunes ladies, faites bien attention à mon fouet, quand j’ai à m’en servir. Comment le trouvez-vous, Lady Béatrice ? Faites-nous savoir à toutes combien c’est agréable ! », frappant mes fesses et mes cuisses délibérément à chaque coup.

Lady Béatrice : « Ah ! Oh ! Ah ! Ouille ! C’est affreux !Oh ! je vais mourir si vous n’avez pas pitié, Miss Birch. Oh ! Mon Dieu ! Je suis terriblement punie, je suis blessée ! J’ai l’impression que les badines sont rougies au feu, tellement leurs coups me brûlent ! »

Puis, j’eus l’impression que tout était fini, que j’allais mourir pour de bon ; à mes cris succédèrent des sanglots étouffés, des plaintes, puis des pleurs hystériques, qui perdirent de leur force peu à peu, jusqu’à ce que finalement je dus m’évanouir, car je ne me rappelai plus de rien sinon que je me retrouvai dans mon lit, et m’éveillai, le postérieur cuisant et douloureux ; il me fallut une quinzaine de jours avant que toutes les marques de cette sévère punition ne disparaissent.

Dès que j’eus atteint l’âge de douze ans, je fus incluse parmi les grandes filles, et j’héritai d’une compagne de chambre très dégourdie, que j’appellerai Alice Marchmont, une superbe blonde, un peu forte, avec des yeux sensuels, et la peau ferme et douce comme de l’ivoire. Elle sembla s’attacher très vite à moi, et la seconde nuit que nous passâmes ensemble (nous avions une petite chambre pour deux), elle m’embrassa et me câlina si amoureusement qu’au début je me sentis légèrement confuse. Elle prit de telles libertés avec moi, mon cœur battait si fort la chamade, que quoique la lumière fût éteinte, je sentais mon visage piquer des fards brûlants tandis que ses lèvres chaudes embrassaient les miennes, et que ses mains, s’insinuant à tâtons dans les endroits les plus secrets de ma personne, provoquaient des frissons partout en moi.

« Comme tu trembles, chère Béatrice, » murmurait-elle. « Mais de quoi as-tu peur ? Tu peux me tâter partout, toi aussi ; c’est si bon ! Glisse ta langue dans ma bouche, c’est un grand aiguillon à l’amour, et je désire tellement t’aimer, ma chérie ! Où est ta main ? Tiens, pose-la ici. Sens-tu le duvet qui commence à pousser sur mon petit chat ? Le tien ne va pas tarder non plus. Frotte ton doigt sur ma fente, juste là, » et elle m’initia ainsi dans l’art du pelotage de la plus tendre et amoureuse façon.

Comme tu peux l’imaginer, je me montrai une élève studieuse, même à cet âge tendre. Ses doigts enflammaient mon sang, et la manière dont elle suçotait ma langue semblait particulièrement délicieuse. « Ah ! Oh ! Frotte plus fort, plus fort... Plus vite », haleta-t-elle, tandis que ses membres se raidissaient dans une sorte de tremblement spasmodique, et je sentis soudain mes doigts trempés par quelque chose de chaud et d’onctueux. Elle me couvrit de baisers un moment, puis demeura immobile.

« Que se passe-t-il, Alice ? Comme tu es bizarre, et tu as mouillé mes doigts, vilaine fille, » chuchotai-je en riant. « Continue de me caresser avec les doigts, je commence à bien aimer ça... »

« Mais tu vas l’adorer bientôt, ma chérie, et m’aimer aussi pour t’avoir appris un jeu aussi délicieux, » répondit-elle, reprenant les allées et venues de ses doigts dans ma fente, qui me donnèrent un plaisir si grand que je ne sus plus ce que je faisais, et qu’une sensation de désir sensuel m’envahit peu à peu. Je la suppliai de glisser ses doigts carrément entre mes petites lèvres. « Oh ! Oh ! Comme c’est bon ! Plus loin ! Plus fort ! » et je m’évanouis presque de délice quand enfin elle provoqua mon premier orgasme de fillette.

La nuit suivante, nous répétâmes nos jeux lascifs, et elle me montra une chose qui ressemblait à une saucisse, recouverte de cuir souple, et à l’intérieur aussi dure que possible, qu’elle me demanda de pousser en elle, et de faire aller et venir, tandis qu’elle me tripotait comme la veille, après m’avoir fait coucher sur elle, et glisser ma langue dans sa bouche. C’était délicieux ! Je ne peux décrire son extase, mes mouvements avec l’instrument semblaient la plonger dans des délices de plaisir, elle criait presque en serrant mon corps contre le sien, s’exclamant : « Ah ! Oh ! Mon garçon chéri ! Tu me fais mourir de plaisir ! », tandis qu’elle déchargeait avec une profusion extraordinaire sur ma main agile.

Dès que nous eûmes recouvré quelque peu notre sérénité, je lui demandai ce qu’elle avait voulu dire par « Mon garçon chéri ».

« Ah, Béatrice ! J’ai tellement sommeil maintenant, mais demain soir, je te raconterai mon histoire, et t’expliquerai comment il se fait que mon petit chat est capable d’avaler cette chose, tandis que le tien ne le peut pas pour l’instant. Cela t’éclairera un peu plus sur la Philosophie de la Vie, ma chérie. Donne-moi un baiser, maintenant, et dormons ! »

 

L’HISTOIRE D’ALICE MARCHMONT

Tu peux imaginer combien j’étais anxieuse d’arriver à la nuit suivante. Nous étions à peine dans notre petite tanière que je m’exclamai : « Maintenant, Alice, dépêche-toi de te mettre au lit, je suis si impatiente d’entendre ton histoire ! »

« Tu l’auras, ma chérie, et mes doigts aussi, si seulement tu me laisses me déshabiller en paix. Je ne peux me mettre au lit tout de suite, de toute façon, car je dois faire d’abord l’inspection de mes petites frisettes intimes. Qu’est-ce que tu penses d’elles, Béatrice ? Allez, retire ta chemise de nuit, il faut que nous comparions nos petits monts ! » dit-elle, retirant tous ses vêtements, et contemplant sa belle silhouette nue dans le grand miroir en pied. Je la rejoignis bientôt, aussi dévêtue qu’elle. « Quelle délicieuse petite fente rebondie tu as, Béatrice ! » s’écria-t-elle, en caressant mon mont de Vénus.«Nous ferons un contraste charmant, les miens sont blond clair, et les tiens seront bruns. Tu vois, mon petit parterre de persil est bien souple, et mesure presque un centimètre ! » Elle n’arrêtait pas de se livrer à mille jeux excitants, jusqu’à ce qu’à la fin, je brûle d’impatience, aussi j’enfilai ma chemise de nuit, sautai dans le lit, et annonçai que je ne croyais pas un mot de ce qu’elle m’avait promis :elle n’avait pas d’histoire à raconter, si bien que je ne la laisserai jamais plus m’aimer, à moins qu’elle ne satisfasse ma curiosité.

« En voilà des manières de petite fille mal élevée de mettre ma parole en doute ! » s’écria-t-elle, sautant à son tour dans le lit et, me prenant par surprise, découvrant mon derrière pour lui infliger une bonne petite fessée, tandis qu’elle poursuivait en riant : « Tiens ! Que cela te serve de leçon, pour ne pas douter à l’avenir de la parole d’une jeune fille de bonne famille ! Maintenant, je vais te raconter mon histoire, même si tu mériterais d’attendre jusqu’à demain pour l’entendre. »

Après une courte pause, qui nous permit de nous installer confortablement dans le lit, elle commença :

Il était une fois une petite fille âgée d’environ dix ans, qui s’appelait Alice. Ses parents étaient riches, et habitaient une magnifique demeure entourée de merveilleux jardins et d’un vaste parc. Elle avait un frère, qui avait environ deux ans de plus qu’elle ; mais sa maman l’aimait tellement (car c’était sa seule fille) qu’elle ne permettait pas que sa fille s’éloigne d’elle, à moins que William, le majordome, ne la suive dans ses promenades à travers la propriété et le parc.

William était un bel homme avenant d’environ trente ans, et il était dans la famille depuis son plus jeune âge. Maintenant Alice, qui aimait beaucoup William, s’installait souvent sur ses genoux, quand il s’asseyait sous un arbre, ou sur un banc du parc, chaque fois qu’il lui lisait des contes de fées. Leur intimité était si grande que, quand ils étaient seuls, elle l’appelait “mon cher Willie”, et le traitait pratiquement en égal. Alice était une petite fille assez curieuse, et faisait souvent rougir William avec des questions inquisitrices sur des problèmes d’histoire naturelle, et comment les animaux avaient des petits, et pourquoi le coq se montrait-il si rude envers les pauvres poules, sautant sur leur dos et leur pinçant la tête avec son bec pointu, etc. « Ma chère enfant, répondait-il : je ne suis ni une poule ni une vache, comment le saurais-je ? Ne posez pas de questions aussi idiotes. » Mais Miss Alice ne se laissait pas démonter pour si peu, et répliquait : « Ah ! Willie, vous le savez, et vous ne voulez pas me le dire ! J’insiste pour le savoir, etc. » Mais ses efforts pour qu’il l’éclaire sur la question restaient sans réponse.

Ceci dura quelque temps, jusqu’à ce que la petite fille ne soit plus qu’à trois ou quatre mois de son douzième anniversaire, quand une circonstance qu’elle n’avait jamais vraiment remarquée auparavant éveilla sa curiosité. C’était que M. William, sous le prétexte de vaquer à ses obligations, avait pris l’habitude de s’enfermer dans l’office, ou dans la réserve, de sept heures à huit heures tous les matins, pendant à peu près une heure, avant le petit déjeuner. Si, par hasard, Alice venait frapper à la porte, elle était fermée à clé de l’intérieur, et l’entrée lui en restait interdite ; le trou de la serrure était bouché de telle sorte qu’il était impossible de voir ce qui se passait à l’intérieur, mais l’idée germa dans la tête de notre petite fille que peut-être elle pourrait jeter un œil dans le lieu du mystère si seulement elle pouvait se glisser dans le passage qui courait derrière l’office de M. William, et possédait, elle s’en souvenait, une porte vitrée communiquant avec cet office et dont on ne se servait plus aujourd’hui, le passage lui-même étant interdit à chaque extrémité par une porte fermée à clé. Ce passage était éclairé par une petite fenêtre donnant sur l’extérieur, à un mètre vingt du sol environ, et fermée de l’intérieur par un simple crochet qu’Alice, grimpée sur un tabouret, réussit à ouvrir après avoir cassé un petit carreau en diamant de la fenêtre. Elle était certaine que si elle patientait jusqu’au lendemain, elle serait en mesure d’expliquer ce qui occupait tant M. Willie, et aussi qu’elle pourrait entrer et sortir par la fenêtre sans être vue de quiconque, car elle était cachée par d’épais buissons derrière lesquels personne ne s’aventurait jamais.

Levée de bonne heure le lendemain, elle dit à sa femme de chambre qu’elle allait respirer le bon air du jardin avant le petit déjeuner, puis, elle se hâta vers son lieu d’observation, enjamba la fenêtre sans se soucier de la poussière ni de la saleté, enleva ses bottines dès qu’elle se retrouva dans le passage et rampa sans bruit jusqu’à la porte vitrée ; mais à sa grande déception, elle constata que les vitres étaient si sales qu’on ne pouvait plus voir au travers. Cependant, elle eut la chance de trouver un trou de serrure assez conséquent et bien dégagé, ainsi que deux ou trois fentes dans le bois de la porte, si bien qu’elle avait une vue presque entière de la pièce, qui était bien éclairée par une verrière au plafond. M. William n’y était pas, mais il ne tarda pas à faire son entrée, portant un grand panier de vaisselle de la veille, et pendant quelques minutes, il s’activa vraiment à consulter le grand livre de l’office, à compter les cuillères, les fourchettes, etc., mais il eut bientôt fini, et entreprit de feuilleter un petit livre qu’il avait sorti d’un tiroir.

C’est alors que Lucy, une des plus jolies bonnes, une brunette d’environ dix-huit ans, entra dans la pièce sans cérémonie et dit : « Voilà de la vaisselle du buffet. Où donc avez-vous les yeux, M. William, puisque vous ne ramassez pas tout ce qui vous revient ? »

Les yeux de William semblèrent s’allumer de délice, il l’attrapa par la taille et dit, en lui administrant une bise somptueuse sur la joue : « Mais voyons, je l’ai laissée pour toi, ma chérie, je savais que tu me l’amènerais. » Puis, lui montrant le livre : « Que penses-tu de cette position, chérie ? Aimerais-tu qu’on essaie ça ? » Bien que ravie, la jeune fille rougit jusqu’à la racine des cheveux en posant les yeux sur la gravure. Le livre tomba par terre, et William l’attira sur son genou, tentant de glisser les mains sous ses robes.

« Ah ! Non ! Non ! » s’exclama-t-elle à voix basse. « Vous savez bien que je ne peux pas, aujourd’hui ; peut-être pourrai-je demain, mais il faut être sage aujourd’hui, monsieur. Ne relevez pas la tête avec insolence comme ceci. Tenez ! Là ! Voilà une petite caresse pour vous. Maintenant, je dois partir » dit-elle, glissant la main vers son bas-ventre, où l’on ne pouvait voir ce qu’elle y faisait. Une seconde plus tard, elle se leva des genoux de William, et en dépit des efforts de ce dernier pour la retenir, s’échappa de l’office. William, qui était de toute évidence dans un fort état d’excitation, se laissa tomber sur un canapé, marmonnant : « La petite sorcière ! Quelle diablesse elle fait ! Je ne peux pas me retenir, et puis après tout, elle reviendra demain ! » Alice, qui observait intensément toutes ces choses, fut choquée et surprise de voir qu’il déboutonnait le devant de son pantalon, et en sortait une grande et longue affaire rose chair, apparemment dure et roide, avec l’extrémité d’un beau rouge rubis. M. William s’en saisit d’une main, apparemment pour la remettre dans ses pantalons, mais il sembla hésiter, et refermant sa main serrée autour de la tige, la fit aller et venir. « Ah ! Quel idiot je fais de la laisser m’exciter ainsi ! Oh ! Oh ! Je ne peux pas m’en empêcher ! Il le faut ! » Il semblait qu’il soupirait, tandis que sa main accélérait son va-et-vient rapide. Son visage s’empourpra, ses yeux parurent sur le point de sortir de sa tête, et peu de temps après, quelque chose jaillit de son instrument, et de grosses gouttes retombèrent sur ses mains et ses jambes, quelques-unes même à un mètre ou deux par terre. Cela mit fin, semblait-il, à son extase. Il s’effondra quelques minutes au fond du sofa, sans réagir, puis, comme revenant à lui, il s’essuya les mains avec une serviette, nettoya chaque goutte versée, et sortit de l’office.

Alice ressentait une chaleur brûlante dans tout le corps à cause de tout ce qu’elle avait surpris, mais elle sentait instinctivement qu’une moitié seulement du mystère lui avait été révélée, et elle se promit de revenir pour voir ce que William et Lucy feraient le lendemain. M. William l’emmena faire une promenade, comme à l’habitude, et lui fit la lecture, tandis qu’elle était assise sur ses genoux ; et Alice se demandait ce qu’était devenue cette grosse chose raide qu’elle avait vue ce matin-là. Feignant la plus grande innocence, ses mains le touchaient comme par hasard, à l’endroit où elle espérait trouver le monstre, mais elle ne réussit à tâter qu’une sorte de bosse molle dans sa poche.

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