Le 21e SEX

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Le 21e SEX

Érik Rémès
Roman de 55 500 mots, 326 000 caractères
Le 21e SEX est un roman porno-philosophique, un ouvrage politique qui tache bien les draps, parce qu’à travers la sexualité, et notamment une homosexualité dépravée, toxicomane et juteuse, ce sont tous les rapports de pouvoir qui se mettent en branle dans nos sociétés dépressives et anxiogènes, sur le déclin. Le 21e SEX est tout à la fois un roman gay, une histoire d'amour passionnelle et poétique sur fond de drogues et d'orgies, ainsi qu’un pamphlet sur l'homosexualité et la place qu'elle tient dans la société. Ce récit est écrit sur les marges, pour déconstruire les normes, lutter contre l’hétérocentrisme. Le 21e SEX reste avant tout un roman cru, brut et décomplexé dont le but est de s’en prendre plein le derrière. Encore un livre qu’on va lire d’une main, oui, mais pas seulement.

Érik Rémès, écrivain et sexologue, né en 1964, ancien journaliste à Libération, Nova Mag et Gai Pied, est titulaire de maîtrises en psychologie et en philosophie. Il a publié dix ouvrages dont Je bande donc je suis, Serial fucker, journal d'un barebackeur et le Guide du sexe gay.
Retrouvez tous nos titres sur http://www.textesgais.fr/


Publié le : mardi 8 septembre 2015
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EAN13 : 9791029400889
Nombre de pages : non-communiqué
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Le 21e SEX

 

 

Érik Rémès

 

 

 

 

 

roman

 

 

Vous dites que la société doit intégrer les homosexuels, moi, je dis que les homosexuels doivent désintégrer la société.

Françoise d'Eaubonne

 

 

 

 

 

 

1

 

 

« Mais tu n’as pas honte BerlinTintin ? » Cette question, on n'a pas arrêté de me la poser dès mon plus jeune âge. Ça a commencé par ma mère qui s'énervait lorsque, enfant, je mangeais mes crottes de nez ou planifiais quelque autre bêtise (et Dieu sait que j’en faisais, en tant qu’enfant hyperactif). À l'adolescence, je devais avoir douze ans, la même me demandait, prise d’un accès de folie à la découverte de mon homosexualité, si je n'avais pas « honte d'être un sale pédé, un enculé » et patati et patata. Puis, avec le temps, tout s'est emballé : « Mais tu n'as pas honte d'avoir attrapé des MST ? », « Tu n'as pas honte d'être sadomaso, de te prendre des mains dans le derrière et d’être obsédé par le SEX ? », « tu n’as pas honte d’écrire ce que tu écris ? », « tu n’as pas honte de dire la vérité ? » Oulala ! Si j’ai honte de quoi que ce soit ? Je représente le déshonneur de la famille et de la société. Eh bien moi, tout ça, eh bien donc, je n'en ai pas honte du tout. Pour tout dire, j'en suis même fier. Libre. « Pride », dit-il.

 

Février 2007. Je quitte Paris parce que Jérôme a voulu arrêter notre histoire d’amour, passer à autre chose, à une forte amitié. Il a mis des semaines avant de m’annoncer la nouvelle que je redoutais. Cela a été terrible pour moi, un choc, je ne pensais jamais m'en remettre, patatras. Encore une fois, une histoire d'amour qui s'achevait, c'était une catastrophe, la preuve de ma nullité crasse. Pourtant, seul l'amour compte vraiment dans la vie. Le reste est, disons…, inutile.

Alors, je fuis la capitale pour Gran Canaria sur les conseils de mon ami écrivain Pierre Salducci qui y vit depuis trois ans. Il me décrit une île idyllique et sereine, très gay et sexuelle. Je décide de faire comme lui et de recommencer une nouvelle vie au soleil. Banco ! Une existence plus chaude, ensoleillée et insulaire, vivre un printemps perpétuel à l’ombre des fleurs d’hibiscus et de bougainvilliers.

Cinq années de couple avec Jérôme : une histoire commune, des amis, des habitudes, une vie à deux, des instants de complicité. J'ai toujours aimé cet homme, passionnément, et je crois bien que je l'apprécierai sans cesse. Je me suis fait tatouer son prénom à la place du cœur. Nous demeurerons dorénavant comme deux frères. Je veux qu’il reste dans ma famille recomposée.

 

Je quitte la France parce que je n'en peux plus de ce pays coercitif, glacial, dépressif et ennuyeux. Paris ville maudite, Paris ville de flammes, Paris l'apocalypse, Paris la damnée, Paris la pieuvre qui va me tuer, manger, déjecter. Paris le monstre tant aimé.

Je veux vivre libre comme bon me semble. Je n'en peux plus de toute cette hypocrisie, de toute cette haine gratuite, de ces rapports de pouvoir et de soumission.

Plus rien ne me retenait à Paris : je pouvais partir, j'étais libre et fier. Et hop, aux suivants !

 

Je me souviens. Je me souviens des après-midi à marcher au bois de Vincennes avec Jérôme. Je me souviens des cinq années passées avec lui. Je me souviens de l’amour en général et en particulier. Je me souviens comment mes précédentes relations amoureuses ont toutes été des échecs. Je me souviens comment avec Jérôme cela ne s’est pas si mal passé que ça et que j’avais progressé. Je me souviens des galères d’appartement à mon arrivée à Paris, des permanentes nuits de beuveries toxicomanes. Je me souviens ne plus voir mes parents depuis 2002. Je me souviens n’avoir vu ma soeur que trois fois en 30 ans. Je me souviens n’avoir plus de famille. Je me souviens de la mort de mon meilleur ami Patrick La Crevette d’un cancer de l’anus. Comment il s’est retrouvé seul. Je me souviens comment tous ses amis l’ont abandonné, préférant rester à traîner dans le Marais à se biturer la gueule. Je me souviens comment cela m’a dégoûté du milieu gay. Je me souviens comment j’ai réussi lentement à me désintoxiquer de mes mauvaises habitudes.

Je me souviens de mes ex maris, Michel, Christine, Pierre, Jean-Paul (qui s’est suicidé depuis), Bruno. Je me souviens des après-midi au sauna le Riad avec Jérôme ou nous nous passions le gant de crin dans le hammam. Je me souviens des étreintes, des câlins et des engueulades. Je me souviens de Pierre François, de Thierry et Barbara, mes derniers amis. Je me souviens avoir rompu avec toutes mes anciennes connaissances, avoir fait le vide autour de moi. Je me souviens être sorti très très lentement de l’alcool. Je me souviens comment je suis passé de social à asocial. Je me souviens des voyages au Maroc avec Jérôme, de notre grand voyage en Thaïlande, celui à Istanbul, Montréal et les autres. Je me souviens de mon périple d’un mois en Inde en solitaire, c’est à ce moment-là que Jérôme m’a annoncé notre séparation. Je me souviens de l’horreur et du monde qui s’est écroulé après coup. Je me souviens des préparatifs de mon départ pour Gran Canaria, il me fallait bien survivre, des conseils de Pierre Salducci pour m’installer à Playa del Inglés. Je me souviens avoir beaucoup trop parlé parfois, surtout sur le bareback, j’ai fait ce que j’ai pu.

Je me souviens du jour de mon départ qui allait marquer notre vraie séparation, de la tension palpable avec Jérôme dans la voiture, c’était terrible. Je me souviens avoir mis le chat dans sa caisse de voyage. Je me souviens que Jérôme filmait ce jour-là, qu’il allait en faire un petit film que je ne regarderai qu’une fois en pleurant de grosses larmes d’amertume. Je me souviens avoir été à la fois terriblement heureux de partir, de découvrir un nouvel univers et en même temps d’être totalement déchiré de quitter Jérôme. Je me souviens avoir dit à mon appartement parisien que je l’aimais beaucoup. Je me souviens avoir dit en rigolant à Jérôme, sur le chemin qui nous menait à l’aéroport, que j’étais content de le quitter. Je me souviens que cela faisait un mois et demi que j’avais envie de partir, que je ne pensais qu’à ça. Je me souviens de la tête déconfite que je faisais dans la voiture en direction de l’aéroport. Je me souviens avoir dit à Jérôme qu’il s’attachait aux gens puis après les jetait. Je me souviens avoir dit à Jérôme que notre relation allait déboucher sur autre chose, une forte amitié. Je me souviens avoir dit a Jérôme qu’il était bête et que je ne voulais pas qu’il me stresse avec ses commentaires désobligeants. Je me souviens que je mangeais mes crottes de nez dans la voiture : le stress. Je me souviens que ma chatte Milou feulait. Je me souviens des tonnes de bagages que je trimbalais. Je me souviens de ma chatte Milou qui est morte depuis. Je me souviens des amis et des morts qui ont ponctué mon existence. Je me souviens avoir fait semblant de pleurer et de crier devant Jérôme, mais je n’arrivais pas à pleurer. Je me souviens de l’aéroport Charles de Gaulle, de la vraie séparation avec Jérôme, il avait le coeur serré, ses mots ne venaient pas, il avait besoin de se retrouver. Je me souviens avoir décollé pour un nouveau monde et une nouvelle vie.

 

J'arrive à Gran Canaria en pleine période de carnaval. Mon ami Pierre Salducci et son mari Pablo viennent me chercher à l’aéroport (le mariage homosexuel en Espagne a été légalisé en 2005). Moi aussi, dans mes rêves, j’aimerai bien me marier. Le parcours de cette loi ibérique souleva de nombreux conflits, malgré des sondages estimant à 66 % l'appui des Espagnols en faveur du mariage homo. Les autorités catholiques en particulier s'opposèrent à cette loi, craignant un affaiblissement du terme « mariage ». D'autres associations exprimèrent aussi leur préoccupation devant la possibilité que les personnes homosexuelles puissent adopter des mineurs. Des manifestations en faveur et contre cette loi rassemblèrent des centaines de milliers de personnes dans toute l’Espagne.

 

L’île est un choc de sensations. Je ressens déjà les odeurs, cette douce moiteur, et je repense à la Guadeloupe et la Réunion où j’ai vécu mes huit premières années, revivant les mêmes émotions archaïques. La torpeur m'envahit peu à peu : je sens peu à peu mes fonctions vitales ralentir. C'est un flash de souvenirs infantiles qui m'étreint et me submerge. Et toutes ces plantes et ces fleurs magnifiques. Une île de forme arrondie avec un relief montagneux marqué par des paysages remarquables, de montagnes et désertiques. Ici, c'est le règne du sea, SEX ans sun poussé à son apogée.

Je dors chez Pierre et Pablo le premier soir avec ma chatte Milou (qui est paniquée par le déménagement) avant de prendre possession de mon appart en face de la mer, le lendemain. Je l’ai réservé par Internet de France, Pierre l’avait visité. Ici, ce n'est pas comme en Europe, il est très facile de trouver un logement. Pas besoin de fiches de paye faramineuses ni de caution de papa-maman. On signe le bail et hop ! Des tas de petits appartements de deux pièces ou des bungalows sont sur le marché. À foison. Il suffit de répondre à une petite annonce ou de franchir la porte d’une agence immobilière.

 

Pierre et Pablo me font faire un tour du village en bord de mer : c'est un monde irréel, invraisemblable. Playa del Inglés, ce n'est pas la vraie vie, tout est faux, cartons-pâtes. Village sorti de nulle part dans les années 70, à l'architecture plus que discutable, très « seventies on the beach » justement, qui ne compte qu'hôtels, complexes de bungalows et appartements de vacances. Playa del Inglés est artificiel, monde de villégiature décadent. Une sorte de Palavas-les-flots transpédégouinne. Très-très moche. Une Atlantide sodomite qui pourrait bientôt s’effondrer et dont il faut bien profiter. Très populaire, peut-être trop populaire, les gens dans la rue ne sont parfois pas très chic, on est un peu à plouc land.

 

Playa del Inglés est une des meilleures destinations gay européennes avec Sitges, Ibiza et Mykonos. Située dans l'océan Atlantique au large des côtes du Sahara occidental, l'île bénéficie d'un climat exceptionnel : chaud et ensoleillé toute l'année. Idéal pour partir à n'importe quel moment. D’ailleurs, la haute saison gay est en automne et en hiver, d’octobre à mars. Et il n'y a pas que le soleil ! L'île attire constamment des milliers d’homos des quatre coins du monde. Beaucoup sont devenus des habitués.

Un coucher de soleil somptueux avec Pierre et Pablo, devant la mer, je retrouve l’horizon sans fin, le réel qui se perd et choie dans l’océan. Oui, la coercitive capitale est bien loin. Et tant mieux. Ensuite, je me laisse guider par les sirènes du coeur de Playa del Inglés où je tombe dans les plaisirs extrêmes du Yumbo, un centre commercial transpédégouinne.

Encore peu connue en France, cette station balnéaire s'avère pourtant indéniablement un des lieux de tourisme arc-en-ciel le plus populaire, le plus fréquenté et le plus divertissant au monde. Pierre m'explique que c'est dans les années 70 que la communauté homo s'est installée ici, Allemands et Anglais sont arrivés les premiers sur place. C'est d'abord le centre commercial Nilo, légèrement excentré qui est investi par les homos. Aujourd’hui, il est à l’abandon et compte encore un sex shop et un sauna gay très fréquenté... par des escorts. Plus tard, dans les années 80, c'est le Cita qui accueille les établissements gay. Arrive ensuite le Yumbo qui devient le coeur de la vie gay, le Cita périclitant. Aujourd’hui, le Cita tombe peu à peu en ruine.

 

Je marche dans la rue et suis sidéré par le nombre de gays. On se croirait un samedi soir rue Sainte-Croix de la Sodomie, la foule est compacte et colorée, cela foisonne. La ville est un énorme melting-pot de cultures, grouillante, de nationalités et de langues, où il fait bon apparemment s'amuser dans la tolérance la plus totale. Je suis aveuglé par les lumières et néons brillants, je croise des boutiques de gadgets à chaque coin de rue. Autant d’objets de désirs, cheaps et bas de gamme. Le Yumbo ressemble de loin au Forum des Halles avec un immense terre-plein central arboré. Tout autour, sur quatre étages maronnasses, se trouvent boutiques straighs et commerces gay avec un penchant prononcé pour le mauvais goût ou son absence. Enfin, certains établissements sont très sympas et bien décorés. Et puis, il en faut pour tous les goûts, notamment allemands. Par ici la fête de la bière perpétuelle.

 

Il faut voir, ici, ces palmiers envoutants, cette flore incandescente. Tout ici brille comme par mille éclats, éclats de verre et de ferrailles, scintillants, brulants. Oh, calme île aux enfants, je ressens ta chaleur iconoclaste traverser mon corps. Ce sont autant de vagues blanches qui chaque matin me sourient au pied de la résidence. Les chats aussi, sauvages et aimables comme autant de rejetons de l'île. Je marche dans la rue tandis que le soleil me dévore, superbe et hallucinant. Oh, douce île aux enfants, combien de larmes nous a-t-il fallu pleurer pour emplir ton océan ? Mer dans lequel je me baigne et me noie à chaque instant. Je regarde les murailles d’hibiscus et de bougainvillier, tiens, c’est le printemps de l’île aux enfants, le renouveau perpétuel de Gran Canaria. Oh, qu’ils sont loin le continent, la grisaille et le froid, qu’ils sont loin mes parents et amis. Je marche dans les rues, entouré de mille fleurs, la lumière qui vous ravage, aveuglé et sourd de mille fanfares olfactives, un papillon se détache d’un pétale et rejoins le soleil qui nous fracasse. Oh, mon île aux Enfants que tu es belle et resplendissante : je t'aime, tu me tues.

 

Hola, que tal ? Un soir dans la rue, en rentrant chez moi, seul, avec une certaine excitation pour ce nouveau monde surréaliste, je tombe nez à nez sur un beau mec musclé en short court bien rempli et débardeur, oulala ! Pas mal du tout. Miam-miam. Nous nous sourions au passage, je me retourne, lui aussi, je le rejoins et entame la conversation. Blablabla. C'est un bien joli garçon, tatoué, cheveux courts, grand comme moi, 1m85 et de même gabarit, disons 95 kilos de SEX. Nous parlons, en anglais s'il vous plaît : John vient de Londres, il a la trentaine et est versatile. Je lui demande s’il a une grosse bite. Oui, très. Miam-miam. Parfait pour moi, c'est exactement ce que je cherchais. Je lui propose de prendre un café à la maison qui est à cinq minutes. Il faut bien que je socialise un peu et me fasse de nouveaux amis. Nous déambulons avenida Estados Unidos en discutant de choses et d’autres, des mecs et des bars. Nous passons devant les Studios Carmen et le Riu Palmeras. Il fait beau et chaud, comme toujours, la nuit vint de tomber. Arrivés : douche, lavage de popotin, petit pétard, blablabla et patata. John est sympa et très-très souriant, jovial. Cela change de toutes ces têtes d'enterrement du Marais parisien. C'est une vraie joie que d'être à ses côtés. Nous sommes maintenant en culotte tandis que nous nous étreignons avec force. Il embrasse à merveille, suce ma langue comme j'aspire la sienne, crache dans ma bouche. On se regarde droit dans les yeux. Je sens poindre quelques émotions, cet homme est terriblement tendre, généreux et avenant. Ça me fait un bien fou. Je me sens moins seul.

Nous sommes alors quasiment nus, enlacés, sur le canapé du salon. La musique est un podcast chill out. Les peintures de Bénarès nous entourent. L’appartement est plongé dans une douce torpeur. Le slip de bain de John est bien boudiné et barré par sa grosse queue : bel engin ma foi, boudi. Ce doit être un bon 20 centimètres, épais qui plus est. Miam-miam. Je me rapproche du si beau paquet, lourd et généreux, je me damne, et commence à le caresser à travers le tissu. C'est bien ferme et dur (je vais la sentir passer). Je sors peu à peu sa bite du slip. D’abord le gland, massif et riche. Je lèche, pourlèche et suce. Puis la hampe, superbe. Mes chastes mâchoires en sont pour leur frais. Je me régale d'un si bel engin, d'un tel braquemart. Ça y est, la bite est entièrement sortie : quel bonheur. Oh my god !

Pendant ce temps, John baisse mon slip, je bande (donc je suis), et il me branle. Son gland est somptueux, sa bite grandiloquente, je suis sûr que nous allons nous amuser. J’aime son corps musclé et viril, je le caresse sans cesse, ses épaules larges de nageur, ses cuisses épaisses.

C'est à son tour de me lécher la bite, lui aussi à l'air de se régaler. Je bande bien dur, il m'excite. Il me bouffe les couilles, les avale et les malaxe. Ça me fait un peu peur. Je le retourne ensuite et hop, je commence à lui brouter son cul imberbe, il écarte les cuisses, fait sa salope, agite son trou. Alors je fourrage, je doigte, lui masturbe la prostate, je bande comme un malade devant ses fesses bien fermes. Le mec s'offre, il n'attend qu'une chose, que je le saute, alors je le fais encore languir, je continue à lui sucer la rondelle pour bien l'ouvrir. Lui souffle dessus, puis crache, frotte ma barbe sur son trou. Crache encore. Ensuite, je commence à le baiser, sans capote bien sûr (il n’en demande pas non plus), je dirige ma queue vers son trou. Il est encore serré alors j'y vais doucement. Puis, il s'ouvre avec le temps. Le gars s'exprime (« yeah, fuck me »), commente (mes attitudes), approuve (mes coups de boutoir). C'est un régal que de le niquer. Ce n'est pas comme toutes ces planches à pain inhibées. Je vais et je viens, je bourre John qui en redemande. Ma queue épaisse sort et rentre complètement. Je pose les banderilles, puis c'est la mise à mort, je jouis. Il agonise.

 

Mais d'abord, qui suis-je ? Je suis BerlinTintin, nous sommes en 2007, j'ai 44 ans et parfois je ne maîtrise plus la violence en moi ni cette haine qui m'anime. Oui, quelquefois je me fais peur, incapable de relations normales avec la race humaine. Je suis bipolaire. C’est une catégorie des troubles de l’humeur, l’ancienne psychose maniaco-dépressive. Elle est caractérisée par la fluctuation anormale de l’humeur, qui peut osciller de périodes d’excitation marquée (manie) pouvant aller jusqu’à des périodes de mélancolie ou d'usage de stupéfiants (dépression), entrecoupées, parfois, de périodes de stabilité. Avant mon traitement j'étais le plus souvent en phase maniacohystérique caractérisée par une violence explosive.

 

Puis c'est au tour de John de me prendre, putain. Il me bouffe le cul goulûment, insère sa langue dans mon trou déjà bien excité et ouvert. J’ai vraiment envie de me prendre sa grosse queue. Le mec a mon sperme en lui, ça m’excite. Il me baise d'abord à quatre pattes. Il rentre d'un coup et me fait crier : j'ai mal. Mais j’aime ça. J'en redemande même, fais-moi mal Johnny Johnny, envoie-moi au ciel. Il me pilonne de sa grosse bite, brutal, viril, 20 centimètres de plaisir à l'état brut pour mon fion. Il rigole et me troue le cul. Je trépasse.

Puis je change de position au bout de dix minutes, je me mets sur le dos, les cuisses écartelées. J'ai alors tout loisir de l'étreindre, l'embrasser, le regarder. J'aime sa gueule de mec viril, son sourire épatant. C'est un bon baiseur qui bourre bien le cul de la salope française. « Shnell, fuck my ass ». Je sens sa bite en moi qui me remplit complètement le trou, m’envahit, me comble. Plus de vide en moi. La matrice est pleine. Nous ne faisons plus qu’un alors, un seul corps relié par son SEX, mêlant nos énergies vitales. Je suis à lui, mon amant éternel, rien qu'à lui, le temps d'un instant. L'être chavire mon néant, bute et transbute, et un, et deux, et trois, comme autant de coups de boutoirs, oh que je t'aime mon bel amant terrible. Et un, et deux, et trois, l'être excave le vide en moi, il creuse, défonce et fore et moi j'éructe et bave, oh que je t'aime mon bel amant des supplices. Et un, et deux, et trois, je me perds, m'oublie, oh John, John, John, reste avec moi jusqu'à la fin des temps, reste par delà les batailles et le sang. Et un, et deux, et trois, comme autant de coups portés, poignard à ma poitrine, tu m'aimes, tu me tues, oh que je t'aime mon bel amant fougueux. Et un, et deux, et trois, « jusqu'à la fin des temps » dis-tu. Prend-moi jusqu'a la fin des temps, je serais être éternel pour toi, prend-moi, oh que je t'aime mon bel amant. Et un, et deux, et trois, vaillant et fort, banderilles d'amour, tu pointes et m'estocades.

 

Finalement, au bout d’une heure, on se branle l’un contre l’autre et nous jouissons. On se lèche le sperme. Puis on se repose en faisant un gros câlin. J’ai envie de revoir ce type. Alors, je lui propose mon téléphone. Mais John m’annonce qu’il doit partir le lendemain pour Londres. Ah bon ! Moi qui le trouvais très-très sympa et qui commençais à m’attacher. Voilà, c’est terminé. Il va repartir et je vais me retrouver seul. Amoureux solitaire. Et hop, aux suivants.

 

Nous sommes en février 2007, il est 11 heures du matin, je suis en maillot de bain sur le balcon de l'appartement et la température est de 22°, je rêve, torse nu face au soleil qui me remplit. Palpite. Avec une moyenne annuelle qui oscille entre 18° et 25°, Gran Canaria possède un climat printanier toute l'année, blablabla, reconnu comme l'un des meilleurs au monde.

 

J’ai pris possession de mon appartement à Playa, je m’y sens bien. Seuls des Allemands habitent la résidence et ils ne parlent pas tous anglais. Cela réduit les échanges. Et tant mieux. Je désire être seul, ne pas parler, ne pas converser avec la race humaine.

C’est un grand deux-pièces blanc. Un escalier privé mène au vaste balcon de devant au premier étage. Une large baie vitrée ouvre sur le salon. J’ai décoré l’ensemble avec les grands tissus peints que j’ai ramené de Bénarès et Calcutta. La déco du proprio est rustique avec meuble en rotin, faïence traditionnelle et tout le tralala. Je me lève tous les jours vers 5 ou 6 heures du matin. Je prends mon petit déjeuner sur le grand balcon : céréales, jus d'orange frais et protéines ; face à la mer, en regardant le lever de soleil. J’ai acheté un tas de plantes : des géraniums, des cactées et autres fleurs poétiques. Milou gambade dans le jardin et socialise, comme elle peut, avec les nombreux chats sauvages du quartier. Je la sens réticente à fréquenter ses congénères. Car une myriade de félins sauvages s’est installée le long du front de mer, protégée des voitures et nourrie par les touristes attendris. Je remarque d’ailleurs une vieille Allemande qui leur donne à manger tous les matins. Elle s’occupe en fait de tous les chats sauvages de Playa del Inglés et les mène au vétérinaire pour les soins et autres stérilisations.

 

Avant de partir pour Gran Canaria, je dépose mon testament chez un notaire. Je veux régler tout ce qui est administratif. Je me sens terriblement mortel ces derniers temps et ne sais pas ce qui peut arriver. Je désire être incinéré, sans cérémonie, ni fleur ni couronne. Aucune publicité ne sera faite à mon décès et seuls quelques rares intimes seront discrètement conviés à la cérémonie. Je ne veux pas que mes parents soient prévenus ni qu'ils interfèrent en aucune manière sur mon décès (de toute façon, je n'entretiens plus de relations avec eux depuis 2002). Je souhaite que mes cendres soient répandues dans la mer de l'Île aux Enfants.

 

Et c'est ainsi tous les matins du monde, la mer s'étend là, au pied de la résidence, je suis obnubilé par la grâce et la beauté des lieux, la chaleur de l’île. C’est autant de lignes horizontales : le sable, la mer et l’infini, qui jamais ne s’entrecroisent. Cela me chavire. Il me semble revivre, quitter mes oripeaux, m’éloigner de la capitale, m'inscrire dans la nature, m'y enfoncer pour ne faire qu'un avec elle. Oui, je suis moi-même palmier solaire, bougainvillier coloré, hibiscus resplendissant. Le jardin de l’immeuble est une merveille. On y compte de nombreuses espèces, des cactées pour la plupart, beaucoup d’aloe vera, une plante endémique. La terre est recouverte de roches sombres de lave. C'est le paradis sur terre. L'appartement est en plein front de mer et tombe sur le paseo Costa Canaria, une promenade plantée de palmiers et de fleurs. Pas une voiture à l'horizon (j’habite dans une impasse). Je suis seul au monde, Robinson de l'île sauvage. Oui, je suis bien seul au monde. Et plus personne ne m’aime. Seul. À en crever.

 

Playa del Inglés. Je me souviendrai toujours de mon arrivée au Basement, complexe gay naturiste SM ouvert de 9 heures du matin à 19 heures, un bordel en plein air. Oulala. Il compte cinq bungalows d’habitation, deux backrooms, un grand espace cruising extérieur, un bar et une piscine. Les bungalows sont spacieux, décorés dans les tons noirs et bleus. Un sling est installé dans chaque salon pour les nombreuses salopes venues des quatre cons d’Europe. Le dress code est strict : à poil ou jock-strap. Ainsi point de défilé de mode de maillots de bain ES ou Aussie Bum et autres strings putassiers. Ici tout le monde est logé à la même enseigne : naked et patata. Pas de barrières sociales, juste l’immanence des corps prêts à la consommation. Et hop !

Le Basement c’est un peu le Rungis du cul, les Galeries Lafayette de la bite. Je découvre alors un bordel à l’air libre avec slings, croix de Saint-André et fuck table (une table tournante sur laquelle les passifs s’installent pour se faire monter à la chaîne, oulala). Le directeur, fort sympathique au demeurant, me fait visiter les lieux. Je tombe en arrêt sur un des slings en plein air, oulala. Il est à peine 14 heures et un garçon se fait déjà fister en implorant le dieu soleil tandis qu'une dizaine de mecs mâtent. Je crois rêver : c’est le paradis sur terre. Ici point de honte.

 

Les gays, grands amateurs de SEX devant l’éternel, sont souvent des maîtres es sexualité. Qu’est-ce qu’a de plus le SEX gay ? En un mot, on pourrait dire « plus ». Statistiquement, plus d’amants. C’est un fait. En général, un gay a plus, voire beaucoup plus, de partenaires qu’un hétéro lambda. On peut ajouter à ça des pratiques plus nombreuses également. Là où un straight se cantonnera au basic « fellation-cunni-coït », voire au simple coït vaginal, les gays ont élaboré une grammaire sexuelle des plus sophistiquées : jeux sadomasochistes en tous genres, utilisation de zones érogènes réinventées (seins, testicules, prostate, anus pour ne citer que celles-là), fessées, bondage, jeux de maître et esclave, pratiques hard, fist-fucking, etc. On notera aussi le recours aux jeux de modification du corps : tatouages, piercings, dont les gays ont été un important vecteur de visibilité et de mode. Plus d’objets sexuels également. Pinces à seins, cockrings, pompes à queues, sans parler des gods dont nous sommes les plus friands. D’ailleurs, c’est bien dans les sex-shops gays qu’on trouve les dimensions les plus indécentes ! Et s’il y a un domaine que nous connaissons sur le bout des ongles, c’est bien l’anus, territoire méconnu de la plupart de nos amis les hétéros (dont moins d’un tiers recourent à la sodomie hétérote).

 

Le directeur du Basement m'amène au bar et, comme c’est un lieu privé, il me fait remplir une fiche d'inscription, tout en m’expliquant que l’établissement accueille aussi des guests de l'extérieur pour la journée. Enchanté par le lieu, je décide aussitôt de prendre un abonnement annuel. Le bar est entièrement peint en noir, une vidéo diffuse un porno SM fist.

Je m'installe sur un des 50 transats autour de la petite piscine. Nous sommes en pleine semaine du carnaval et le lieu est bondé : j'hallucine. Certains se relaxent autour de la piscine non chauffée. Les plus courageux et nordiques se baignent (autant il est facile de nager dans la mer à toute saison, autant les piscines sont froides en hiver). D'autres encore cruisent dans le labyrinthe extérieur composé de bâches militaires. On rencontre ici la paneuropéenne du milieu SM. Beaucoup d'Anglais et d'Allemands avant tout. Les garçons portent tous un cockring et arborent tatouages démesurés et piercings grandiloquents : piliers de la scène hard et fétichiste. Quelques touristes également qui n’ont rien à faire ici, pas branchés. Et des vieux, voire très vieux formant un cruising gériatrique (ils ont bien le droit de vivre et d’en jouir). Je continue ma ballade. Derrière le bar se trouve une première backroom bien remplie avec sling et vidéo porno. Une dizaine d’hommes se mélangent et s’entreprennent.

Au sous-sol une autre backroom rouge et graffitée avec sling. Là aussi, plusieurs couples forniquent. Un vieil Allemand est allongé sur le sling et se fait fister par un gros mec. Deux autres gars s’entreculent allègrement. Ça couine, oink-oink. Je me prends un Cialis et hop !

Le Basement est la Sodome du fist et des sexualités hard. Je repère un beau garçon qui me sourit. Blablabla. Allemand de Cologne, Kurt est grand (1m90), tatoué et baraqué et surtout hyper monté. Très sympa. Nous commençons à nous peloter devant tout le monde, se rouler de bonnes grosses pelles baveuses, ne pouvant cacher nos érections exubérantes. Je suis un peu gêné de niquer devant tout le monde. J'ai encore du travail à faire pour me décoincer totalement et être libéré de toute convenance et autre morale et patata. Et puis, il y a pas mal de moches et je n’ai pas envie de m’exhiber devant eux. Alors, je demande à Kurt d'aller dans une cabine fermée, à l'abri de tous regards. Nous sommes nus, face à face, à nous étreindre, nous caresser. Je craque trop sur ce mec et son SEX. Je m’agenouille alors et commence à sucer sa grosse queue. J’adore ça. Je me délecte en lui bouffant les couilles. J’essaye de les avaler, mais elles sont trop grosses. La cabine n’a pas de plafond et je regarde le ciel tout en suçant et j'ai vraiment l'impression de pomper Dieu. Oh ! my god. Je suis à genoux devant le crucifié, me délectant de ce chibre épais et long, puis, comme par enchantement, je me retourne et me fais baiser par Dieu. Il me nique grave, sans ménagement ni retenue et moi j’en redemande. Oh ! my god. Ici, sur l’Île, tout le monde baise sans capote bien entendu (Dieu suit les recommandations du Pape). Ici, à Playa del Inglés, le bareback est la règle. Pas de négociation possible. Bienvenue au 21e SEX.

 

Bander, toujours. Nombreux sont les serial fuckers à utiliser des fuck pills, Viagra, Cialis et consorts, pour de longues nuits érectiles. Les laboratoires évaluent le marché des troubles de l'érection à plus de deux millions d'hommes en France (sur environ vingt millions de sexuellement actifs). Ces pilules ont littéralement révolutionné la planète SEX en redonnant à chaque homme ses capacités érectiles. Fini les pannes et autres débandades, place à une érection perpétuelle. L’homme devient une divinité phallique que chacun doit honorer. Priape. Plus de retraite du SEX à quarante, cinquante ou soixante ans : vive la jeunesse éternelle et ses érections de béton. Fini l’impuissance, les amants non rassasiés. Je bande (toujours) donc je suis (éternel). Libido ergo sum. Bienvenue dans le 21e SEX.

 

L'être et le néant. Kurt m'a épuisé avec ses coups de boutoir. Je vais sur mon transat me reposer au soleil, oulala, je suis nu, je fume un pétard. C'est ainsi le bonheur : avoir un peu de lui en moi. Ni vu ni connu. Descansar un poco. Mais ne voilà-t-y pas que Kurt rapplique, le sourire aux lèvres, sa grosse bite se balançant à droite à gauche entre ses cuisses (putain je me la mangerai bien encore une fois cette grosse saucisse) : « tu veux boire quelque chose » me dit-il. « Ein coca zero danke ». De retour du bar avec un coca et une grande bière (c'est la troisième qu'il s'enfile depuis que je l'ai rencontré une heure plus tôt), Kurt me parle tout en me caressant les fesses. Il recommence à bander ce gros vicieux. Je lui tripote sa grosse bite. « J'aime ton cul » me dit-il, en me fourrant un doigt dedans, au vu et au su de tout le monde. J'ai honte, si quelqu'un me voyait ! « Merci, répondis-je...

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