Les frères McCloud (Tome 4) - L'aube de minuit

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Pour Sean McCloud, chaque 18 août est une torture, car quinze ans plus tôt, c’est à cette date-là qu’il perdait son frère jumeau, Kevin. Hanté par cette mort qui, selon lui, n’est pas accidentelle, Sean vit un véritable enfer. Et puis il y a ce rêve qui le tourmente depuis si longtemps, dans lequel Kevin lui annonce que Liv court un grand danger… La divine Liv Endicott, son ancienne petite amie, qu’il n’a jamais cessé d’aimer. Quand Sean apprend qu’un détraqué a incendié la librairie de la jeune femme, lui laissant comme seul souvenir un bouquet d’iris blancs sur les lieux du sinistre, il comprend qu’il n’a que trop tardé à passer à l’action…
Publié le : mardi 8 juillet 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782290082898
Nombre de pages : 544
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Shannon McKenna
Si elle rêvait de devenir chanteuse, elle est finalement devenue auteur. C’est en secret qu’elle a écrit son premier livre, publié en 2002, alors qu’elle était employée dans une compagnie d’assu-rances. Spécialisée dans les romances contemporaines à sus-pense aux accents érotiques, elle est célèbre notamment pour sa sérieLes frères McCloud.
L’aube de minuit
Du même auteur aux Éditions J’ai lu
LES FRÈRES McCLOUD 1 – Derrière les portes closes Nº 9836 2 – Au-delà de la trahison Nº 10025 3 – Hors de contrôle Nº 8347
SHANNON McKENNA Les frères McCloud - 4 L’aube de minuit
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Émilie Terrao
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Titre original EDGE OF MIDNIGHT Éditeur original Brava Books, published by Kensington Publishing Corp., New York
Shannon McKenna, 2007 Pour la traduction française Éditions J’ai lu, 2013
Prologue
Gordon regardait le feuilleton télévisé qu’il avait enre-gistré, tout en nettoyant méthodiquement son revolver. Il ne l’avait pas utilisé aujourd’hui, mais cette activité thé-rapeutique l’apaisait toujours après une longue journée de travail. Les images sanglantes des suicides qu’il avait mis en scène revenaient le hanter chaque fois qu’il fer-mait les yeux. Quand il était dans un tel état de nerfs, regarder un feuilleton constituait le remède le plus efficace. Les aléas du métier. Terribles, mais surmontables. Aux informations du soir, l’histoire choquante d’un célèbre cardiologue de Seattle avait fait la une. Poussé au bord de la folie par son travail stressant, le type avait assassiné sa ravissante épouse, ainsi que ses deux jeunes fils, avant de mettre fin à ses jours. Terrifiant. Tragique. Gordon en avait presque versé une larme. Mais à la pensée de la coquette somme qui ne tarderait pas à arriver sur son compte en banque, il s’était vite consolé. Au final, cette journée avait été plutôt satisfaisante. À la télévision, une actrice était en train de confesser sa grossesse secrète en sanglotant. Gordon saisit la télécom-mande et appuya sur la touche avance rapide jusqu’à ce que les informations locales apparaissent à l’écran. Ce fut alors qu’il la vit. Par un simple et heureux hasard.
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Une onde de choc le traversa soudainement, le laissant frissonnant et suffocant. Il n’avait vu ce visage parfait qu’une seule fois. Magnifié par la lunette de son fusil. Jamais il n’avait oublié ces grands yeux rêveurs. Les battements de son cœur s’accélérèrent. Le reportage – ennuyeux au possible – traitait du projet de rénovation du centre historique d’Endicott Falls. Un reporter enthousiaste interrogeait la petite disparue de Gordon au sujet du café-librairie qu’elle venait d’ouvrir en ville. Gordon attrapa son téléphone et composa un numéro de téléphone. Ses doigts tremblaient d’excitation. — Oui ? Son interlocuteur n’était pas du genre à se perdre en élucubrations. — J’ai retrouvé la fille, déclara Gordon. Celle du projet Midnight. L’homme pour qui Gordon travaillait de temps en temps marqua un silence. — Tu es sûr que c’est elle ? demanda-t-il finalement. Après quinze ans ? Elle n’était qu’une adolescente à l’époque. Gordon ne s’abaissa pas à répondre à cette question. — Vous voulez que je l’interroge avant de la liquider ? Ses yeux s’attardèrent sur les courbes généreuses de sa petite disparue. — Je le ferai. Gratuitement. L’homme émit un grognement au bout du fil. — N’y pense même pas. C’était il y a des années. Contente-toi d’en finir. Mets les flics sur une fausse piste. Envoie-lui quelques lettres obscènes, un cadavre d’ani-mal… Fais en sorte que sa mort ne surprenne personne. Comme si Gordon avait besoin qu’on lui apprenne son métier. Il raccrocha et rembobina la cassette pour étu-dier le visage de sa disparue. Aussi innocente qu’un ange, songea-t-il. Du moins en apparence. Lui, il connaissait la vérité. Elle était sournoise. Égoïste. Il suffisait de considé-rer ce qu’elle lui avait infligé. Elle lui avait échappé pendant quinze ans, mettant un sérieux coup à sa 8
carrière. La colère enfla en lui, intense et terrible. La haine le consumait. Il n’y résista pas, s’y abandonna complète-ment. Voyez un peu cette vilaine fille. Elle s’était moquée de lui pendant tout ce temps. Elle pensait l’avoir ridicu-lisé. Elle croyait avoir gagné. Petite garce arrogante. Elle ne tarderait pas à découvrir combien elle se trompait. Il appuya sur pause et posa l’index sur l’écran, à hau-teur de sa gorge. Il suivit les lignes de son sourire mépri-sant, imaginant le contact de ses lèvres humides sous son doigt. L’écran du téléviseur crépita contre sa peau. Les prochaines semaines promettaient d’être diver-tissantes.
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Ce rêve revenait si souvent qu’il lui donnait une impression de déjà-vu. Son jumeau, Kevin, était assis sur le rocher, derrière la maison familiale. Il n’avait pas changé. Il avait l’apparence du jeune homme de vingt et un ans qu’il était juste avant de mourir. La peau hâlée, l’air décontracté. Ses cheveux blond foncé, qu’il coupait lui-même, lui balayaient le front. Il arborait un large sourire, qui faisait ressortir ses fossettes, comme s’il était le complice d’une blague hilarante que Sean ne parvenait pas à comprendre. — Tu es censé être mort ! grogna Sean. Ce serait trop te demander d’arrêter ces conneries et de me laisser tran-quille ? Va vers la lumière, n’importe où, mais va-t’en ! Je cherche simplement à t’aider, répondit Kev douce-ment.Tu as besoin d’aide. Tu es en train de sombrer, mec. — Tu ne peux pas m’aider ! hurla Sean. Tu es mort. Ces visions me torturent. Je n’y arrive pas. Je n’y arrive-rai jamais… Kev resta imperturbable.Arrête de faire le con.Le ton de sa voix était le même que celui qu’il employait avant sa mort pour raisonner son frère jumeau.Tu dois faire quelque chose pour la voiture de Liv. Elle… — Oublie Liv ! Arrête de me harceler ! Laisse-moi tranquille. 10
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