Les frères McCloud (Tome 8) - Dans la tourmente

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Bruno Ranieri mène une vie des plus mouvementées. Le jour, il s’échine à gérer le restaurant familial ; la nuit, il lutte contre les démons de son passé, qui hantent ses songes. Aussi, quand la séduisante Lily Parr débarque dans son établissement, il croit naturellement à une hallucination due au manque de sommeil. Or, le désir qu’il éprouve aussitôt pour la jeune femme est quant à lui bien réel, tout comme les tueurs qui sont lancés à ses trousses ! Devenue une fugitive depuis l’étrange mort de son père, Lily est en quête du secret que ce dernier gardait. Son seul crime ? Avoir découvert qu’il y aurait un lien avec Bruno…
Publié le : mercredi 3 février 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782290109748
Nombre de pages : 704
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couverture
SHANNON
McKENNA

LES FRÈRES McCLOUD – 8

Dans la tourmente

Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Émilie Terrao

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Présentation de l’éditeur :
Bruno Ranieri mène une vie des plus mouvementées. Le jour, il s’échine à gérer le restaurant familial ; la nuit, il lutte contre les démons de son passé, qui hantent ses songes. Aussi, quand la séduisante Lily Parr débarque dans son établissement, croit-il naturellement à une hallucination due au manque de sommeil. Mais le désir qu’il éprouve pour la jeune femme est quant à lui bien réel, tout comme les tueurs lancés à ses trousses ! Devenue une fugitive depuis l’étrange mort de son père, Lily est en quête du secret que ce dernier gardait, et qui aurait justement un lien avec Bruno…
Biographie de l’auteur :
Si elle rêvait d’être chanteuse, Shanon McKenna est finalement devenue un auteur spécialisé dans les romances contemporaines à suspense aux accents érotiques. Les frères McCloud est sa plus célèbre série.

Shannon McKenna

Si elle rêvait de devenir chanteuse, elle est finalement devenue auteur. C’est en secret qu’elle a écrit son premier livre, publié en 2002, alors qu’elle était employée dans une agence d’assurances. Spécialisée dans les romances contemporaines à suspense aux accents érotiques, elle est célèbre notamment pour sa série Les frères McCloud.

Du même auteur
aux Éditions J’ai lu

LES FRÈRES MCCLOUD

1 – Derrière les portes closes

N° 9836

 

2 – Au-delà de la trahison

N° 10025

 

3 – Hors de contrôle

N° 8347

 

4 – L’aube de minuit

N° 10523

 

5 – Au cœur de l’extrême

N° 10783

 

6 – L’ultime passion

N° 10920

 

7 – Suprême obsession

N° 11158

Prologue

Upper West Side, Manhattan, dix-sept ans plus tôt

L’avertissement arriva à trois heures du matin. Trois brèves sonneries à l’interphone.

Le Dr Howard Parr sursauta et renversa son verre. Sa cigarette lui échappa des doigts et projeta des étincelles en heurtant le sol. Il descendit lentement l’escalier de sa maison de ville, d’un pas titubant, agrippé à la rampe. Il regarda par le judas. L’imposante enveloppe gisait sur le perron. Il ouvrit la porte sans même veiller à ne pas toucher le papier pour préserver d’éventuelles empreintes digitales. Ceux qui l’avaient posée là savaient bien qu’il n’irait pas trouver la police.

L’enveloppe contenait deux objets. L’un d’eux, la caméra qu’il avait achetée dans une vaine tentative de surveiller sa porte d’entrée, était réduit en pièces. Quelqu’un avait dérobé l’appareil quelques jours à peine après son installation. Howard s’était aussitôt préparé à recevoir un avertissement tout en regrettant son initiative. Il était même prêt à rouler sur le dos, la gorge exposée, en les suppliant de lui pardonner sa maladresse, mais ces types s’en fichaient. L’autre objet était une cassette vidéo. Sa gorge se noua.

Ses yeux balayèrent la rue plongée dans la pénombre et les files de voitures stationnées le long du trottoir. L’endroit était désert, mais il pouvait sentir le mal suinter de l’obscurité comme un gaz toxique.

Howard remonta l’escalier d’un pas lourd et glissa la cassette dans son magnétoscope, aussi docile qu’un chien battu. Une odeur de brûlé lui piqua soudain le nez. Il baissa les yeux. Sa cigarette se consumait sur le tapis. Il l’écrasa tandis que la vidéo commençait.

Il prit conscience, avec effroi, que l’auteur du film se trouvait chez lui. L’image tressautait tandis qu’il tournait à l’angle du couloir et zoomait sur Howard en personne, étendu inconscient sur le sol de la cuisine. Il était incapable de dire de quel jour il s’agissait. Ses nuits finissaient souvent ainsi. Il trouvait alors la sensation du carrelage froid et dur contre son visage brûlant vaguement réconfortante.

La caméra se dirigeait ensuite vers l’escalier et passait devant la chambre d’Howard. Une main anonyme recouverte d’un gant en caoutchouc actionnait la poignée d’une porte et l’inconnu pénétrait dans la pièce où dormait sa fille de onze ans. La glotte d’Howard s’agita frénétiquement.

La caméra approchait du lit de Lily. La lumière du couloir filtrait dans la pièce. L’image se figea un moment sur la bouche entrouverte de sa fille. Puis la main brandit un spray dans un geste théâtral et aspergea le visage enfantin. La petite murmura quelque chose, mais perdit connaissance avant de s’éveiller vraiment. Alors, la caméra s’abaissa, comme l’homme s’asseyait sur le lit, faisant légèrement sauter l’image dans le mouvement. Il gifla la joue de Lily. Elle n’eut aucune réaction.

La main abaissa le drap et la couverture avec une lenteur étudiée. L’objectif balaya le corps de la fillette recroquevillée en position fœtale. Elle portait un tee-shirt et une culotte. Le gant de caoutchouc remonta son haut sur sa cage thoracique avant de caresser sa poitrine naissante. Puis, l’intrus déplaça le corps de la petite, remonta l’un de ses genoux et écarta sa cuisse. L’objectif zooma sur l’entrejambe de sa sage culotte en coton, s’attardant sur le tissu immaculé pendant de longues et horribles secondes.

Howard plaqua une main sur ses lèvres, luttant pour ne pas vomir.

Un couteau apparut dans la main. Une lame courte et sombre. Howard retint sa respiration. Lily allait bien. Elle était endormie à l’étage. Elle l’avait même sermonné avant d’aller se coucher, parce qu’il était soûl, comme toujours. Elle allait bien, même si elle était furieuse. Elle n’avait pas été… blessée. Howard se mordit le poing tandis que la lame glissait intimement sur le corps de la fillette, insistant un peu plus ici et là.

Après avoir marqué une pause sur son artère fémorale, la main désincarnée remonta la couverture sur elle, l’ajustant tendrement sous son menton. Les doigts s’enroulèrent autour de son cou l’espace d’un instant, puis l’un d’entre eux s’introduisit dans sa bouche avant de se retirer lentement pour caresser ses lèvres douces.

Howard se précipita dans la salle de bains, trop tard. Il rejeta l’alcool que contenait son estomac dans le couloir et tomba à genoux, en proie à de violents haut-le-cœur. Il resta affalé là pendant presque une heure avant d’oser se mettre debout, avant de trouver le courage de faire ce qu’il avait à faire.

Il alla chercher une petite bouteille dans son armoire à pharmacie et fit tomber deux pilules dans la paume de sa main. Il hésita un moment, puis en ajouta une autre.

Il faisait ça par amour, se répéta-t-il pour la énième fois. Il le faisait pour elle. Sa fille bien-aimée. Le seul moyen de protéger Lily était de se taire, d’avaler le poison. D’emporter ce qu’il savait dans la tombe. Son terrible secret. Il avait besoin d’aide pour cela. Une aide plus puissante que l’alcool. S’il devait en mourir, il en serait ainsi.

C’était mieux pour Lily.

1

Portland, Oregon, de nos jours

Ce n’est qu’un rêve, mec, un rêve idiot…

Oui, et alors ? Savoir qu’il s’agissait d’un rêve ne l’aidait pas. Lorsqu’il la vivait, la scène paraissait bien réelle. Il se retrouvait coincé au milieu de nulle part, hanté par cette voix retentissante, par ces paroles qui lui donnaient envie de hurler, même si elles se limitaient à de simples suites numériques. « DeepWeave 4.2, combat niveau huit, début de la séquence dans cinq… quatre, trois, deux, un… »

Puis, Rudy se ruait sur lui, empestant l’alcool et la sueur. Il lui tailladait le visage, un couteau à cran d’arrêt dans une main, un tesson de bouteille dans l’autre.

Maman gisait sur le sol derrière Rudy, battue, couverte de sang, son regard le suppliant au-dessus du bâillon. Tout ça parce que son incapable de fils, cette mauviette, n’avait pas eu le cran de voler le Beretta de Rudy et de faire sauter la cervelle de cette ordure. Quoique des ciseaux de cuisine auraient tout aussi bien fait l’affaire pour lui trancher la jugulaire. Ou un couteau à pain planté entre les côtes. Une machette. Prends ça, abruti. Encore mieux ! Une tronçonneuse pour éclabousser les murs du sang de ce salaud enragé. Voilà ce que tu mérites pour avoir frappé maman, enfoiré.

Mais il ne parvenait jamais à tuer Rudy dans ce rêve, même lorsqu’il lui assenait le coup parfait. Le salaud disparaissait subitement pour laisser place à un Rudy tout neuf, indemne, qui se jetait de nouveau sur lui. Un jeu vidéo tout droit sorti de l’enfer, et il semblait qu’un être à la langue fourchue prenait un malin plaisir à insérer inlassablement les pièces pour que la partie continue.

Bruno continuait de se battre sans faiblir, enchaînant esquives, attaques, coups de poing et de pied. Puis, Rudy se multipliait en six Rudy qui se ruaient sur lui en même temps, le projetant au sol…

Les images se troublèrent, luttant pour s’attarder dans son esprit avant d’être chassées par la réalité du réveil.

Aïe… Cela aurait dû être un soulagement, mais Seigneur ! Son crâne ! Il pulsait comme si l’on venait de le frapper avec une batte. Son cœur cognait contre ses côtes.

Il était tombé du lit. C’était ce qui l’avait réveillé. Il gisait étendu sur le sol. Il était Bruno Ranieri, il avait trente-deux ans, et non pas douze. Il se trouvait à côté de son lit king-size dans son propre appartement, et non pas dans celui de sa mère à Newark. Le drap trempé enroulé autour de sa cheville était fait sur mesure en coton égyptien. La baie vitrée encadrait l’horizon découpé de gratte-ciel de Portland, teinté d’une lueur rosée, et offrait une vue magnifique sur le mont Hood, et non pas sur un mur de brique noir de suie auquel était adossée une benne à ordures. On n’entendait pas Rudy hurler à travers les fines cloisons tandis qu’il frappait maman. Bruno parcourut sa chambre du regard, sa vie.

Il essaya d’y croire, de se l’approprier.

Il haleta pour reprendre son souffle et laissa échapper un râle rauque. Il était couvert de sueur, ses muscles étaient tendus comme s’il venait de recevoir une décharge électrique. Il libéra sa cheville du drap luxueux et resta étendu à plat sur le parquet.

Cette histoire était derrière lui désormais. Rudy était mort des décennies plus tôt. Oncle Tony y avait veillé. Maman était morte elle aussi, il y avait dix-huit ans. Elle ne pouvait plus souffrir à présent.

C’était du passé… sauf dans ce foutu rêve. Ils étaient morts et enterrés.

Bruno avait tourné la page, il avait repris le dessus. Il n’était plus ce petit garçon impuissant. Il approfondit sa respiration avant de prendre appui sur ses jambes vacillantes. Il s’était servi de l’astuce que Kev lui avait enseignée. « Lorsque tu ne supportes plus ce qui se passe dans ton esprit, laisse-toi dériver pour prendre un peu de distance, disait-il toujours. Trois pas. Un peu de recul. Puis, observe de nouveau la situation. Étrangement, tu verras que tes démons ne sont qu’une horde de singes en train de se battre dans une cage. Stupides. Insignifiants. Ils ne peuvent pas te blesser. »

Il tituba dans le salon, l’air apaisant sa peau brûlante. Les lumières de la ville se reflétaient sur les larges lames du parquet. Il prit la posture du cheval et entama les gestes de kung-fu que Kev lui avait appris. Ses jambes tremblaient, et les singes continuèrent à crier et à se débattre dans leur cage un moment, mais finalement, il parvint à atteindre l’endroit où il avait besoin de se retrouver. Dans l’obscurité, il s’accroupit, prêt à bondir, à frapper. La panthère noire grimpant à l’arbre. La grue protégeant son nid. La grue prenant son envol. Le tigre sauvage relevant la tête. Le dragon doré étirant sa patte gauche. Le temps s’écoulait à un rythme régulier.

Bzzz. Bzzz. Qui donc pouvait bien l’appeler à cette heure indue ?

Bon sang ! C’était peut-être Kev. Cette pointe d’espoir rompit sa transe zen, le poussant à se jeter sur le téléphone.

— Oui ?

— C’est Julio.

La voix du cuisinier du restaurant de Zia Rosa, rendue rocailleuse par le tabac, écorcha ses nerfs déjà à vif.

La déception lui noua l’estomac. Ce n’était pas Kev.

Bien sûr que non. Pourquoi Kev appellerait-il ? Il faisait le tour du monde avec l’amour de sa vie, Edie. En cet instant, ils devaient être sensuellement enlacés sur une plage de sable blond au clair de lune. Ce qui était parfait. Bruno s’en réjouissait pour eux. Il avait toujours espéré que Kev trouverait le bonheur, qu’il serait heureux et épanoui sexuellement. Il avait même tout fait pour que cela arrive. Il adorait ce scénario, il l’adorait vraiment. Après les horreurs qu’il avait traversées, Kev méritait cet état de transe béate, ainsi que les orgasmes foudroyants qui l’accompagnaient.

Mais ces rêves… Bon sang ! Kev était la seule personne à qui il pouvait confier ce genre de choses. Kev l’avait sauvé lorsque Bruno n’avait encore que treize ans. À l’époque, il était terrifié et désespéré, hanté par de terribles et incessants cauchemars dans lesquels Rudy occupait le premier rôle. L’idée de se jeter sous un bus lui semblait alors être le seul salut possible. Kev l’avait compris, comme il comprenait toujours tout. Il lui avait sauvé la peau, tellement de fois, de tant de manières différentes.

Il faut dire que Kev était un génie, personne ne pouvait dire le contraire.

— … c’est quoi ton problème, mec ? Est-ce que tu m’entends au moins ?

Bruno s’arracha à ses pensées et s’efforça de se concentrer sur le monologue agaçant de Julio.

— Désolé, je suis encore à moitié endormi. Qu’est-ce que tu disais ?

— Je disais qu’Otis n’est pas venu hier soir et que Jillian a appelé pour prévenir qu’elle ne pourrait pas être là à six heures non plus. Je suis crevé, mon vieux. J’ai déjà fait une journée de douze heures trente.

— Ils ne viennent pas ? C’est quoi leur problème ?

Julio grogna.

— Je ne sais pas et je m’en fiche pas mal, mon pote. Tu n’as qu’à les appeler si tu es curieux. En tout cas, moi, je me tire à six heures pile. Je ferme le restaurant. Je tenais simplement à ce que tu le saches.

Bruno posa le regard sur la pendule une nouvelle fois, calculant mentalement le temps qu’il lui faudrait pour s’habiller et se rendre sur place en voiture.

— Tu peux rester jusqu’à six heures trente ?

Julio mit un moment à répondre comme il réfléchissait.

— Pas plus, gronda-t-il.

Clic. Julio avait raccroché. Bruno reposa le téléphone et se laissa glisser contre le mur jusqu’à ce que ses fesses nues touchent le sol. Super, un extra au restaurant. Cette perspective balayait d’un coup les bienfaits relaxants de sa séance de kung-fu.

Il n’existait aucune raison logique de se montrer réticent à l’idée de fermer le restaurant familial jusqu’à ce qu’il trouve du personnel digne de ce nom. Néanmoins, cet endroit constituait un pilier dans sa vie depuis que sa mère l’y avait envoyé à l’âge de douze ans, juste avant que le pire n’arrive. Bruno y avait travaillé toute son adolescence, à débarrasser les tables, à servir les clients…

Trente ans plus tôt, après la guerre du Vietnam, oncle Tony avait décidé qu’il voulait ouvrir un boui-boui dans sa ville adoptive de la côte ouest, Portland, Oregon. Un endroit simple où vous pouviez vous faire servir un bon hachis vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, comme les restos de sa jeunesse dans le New Jersey et à New York. Un bistrot où un type faisant les trois-huit pouvait se taper un gros plat de frites ou une belle côtelette à toute heure du jour ou de la nuit. Oncle Tony avait donc persuadé sa sœur célibataire, la tante de Bruno, Rosa, de partir avec lui pour l’aider dans son entreprise. Zia avait œuvré héroïquement dans la cuisine du restaurant, produisant des plats qui vous faisaient exploser les papilles de délectation tout en vous bouchant simultanément les artères.

Mais oncle Tony était mort. Il était parti en héros, il y avait presque un an maintenant, sauvant entre autres la vie de Bruno. Ce dernier pouvait encore entendre les grommellements de son oncle dans sa tête, sa voix autoritaire d’ancien sergent des marines. « Qu’est-ce que c’est que ça ? Tu veux fermer le resto pour ça ? À cause de tes cauchemars ? Du stress ? Tu es fatigué, mon pauvre garçon ? Rien à foutre ! La fatigue, c’est pour les baltringues ! Tu te reposeras lorsque tu seras mort ! »

Tony pouvait se reposer désormais. C’était Bruno qui semblait incapable de gérer la situation. Pas quand Rudy l’assaillait dans ses cauchemars et que Zia Rosa manquait à l’appel. Sa tante s’était fait la malle des semaines plus tôt pour assister à la naissance du énième nouveau-né au sein de l’innombrable progéniture des McCloud, et elle attendait de Bruno qu’il prenne le relais. Kev n’avait pas de souci à se faire de ce côté-là. Zia Rosa voulait absolument qu’il procrée et, après tout, ce genre de choses demandait du temps et des efforts, n’est-ce pas ? Mais Bruno, lui, on pouvait tout lui demander. Qu’il se mette au travail, nuit et jour s’il le fallait. Tant pis pour le manque de sommeil. On ne pensait jamais à son entreprise de jouets et de cerfs-volants.

Heureusement, son équipe fonctionnait comme une machine bien huilée. L’un des talents de Bruno consistait en sa capacité à trouver de bons salariés et à les motiver efficacement. Dommage que Zia Rosa n’ait pas le même don.

Le restaurant était le lien le plus viscéral qu’il lui restait avec Tony. Seigneur, comme ce vieux bougre lui manquait ! Tony adorait cet endroit. Et Bruno devait à Tony d’être encore en vie. Or Tony n’avait jamais fermé son restaurant, sauf en des occasions très particulières, l’une d’entre elles correspondant au jour où Rudy avait débarqué avec ses gorilles pour kidnapper Bruno et l’assassiner. Ils n’y étaient pas parvenus, grâce à Kev, alias le ninja fougueux complètement déjanté, et à Tony. Son oncle avait chargé les corps de ces crétins dans son pick-up pour les mener vers un sort inconnu. Enfin, inconnu peut-être, mais certainement pas mystérieux. Un jour marqué par le sang, la peur et les éclats de verre.

L’autre fois où Tony avait fermé le restaurant était le jour de sa mort. Une autre journée marquée par le sang, la peur et les éclats de verre. Les bombes et les rafales de tirs également.

Jésus, Marie, Joseph ! À bien y réfléchir, il semblait que la fermeture du restaurant était toujours annonciatrice d’un événement funeste.

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