Les Lettres de Saint-Concomblé

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Les lettres de Saint-Concomblé

Armand Magister
Roman de 117 700 caractères, 20 700 mots.
Les lettres de Saint-Concomblé sont des lettres libertines de la fin du 18 ème siècle. Numérotées et classées en trois liasses, elles ont été retrouvées dans les années 1990 dans un hôtel particulier du Marais, à Paris. Le propriétaire de ces lettres, descendant de Madame de *** , a tenu à conserver l’anonymat. Les réponses sont, à notre connaissance, perdues.

Ce roman épistolaire, rappelle les textes libertins (aujourd’hui, on dirait érotique, voire pornographique) de Restif de La Bretonne. Une excellente façon d’aborder la langue fleurie du XVIIIe siècle.

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Publié le : lundi 11 avril 2016
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EAN13 : 9791029401435
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Les Lettres de Saint-Concomblé

 

 

Armand Magister

 

 

 

 

 

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Les lettres de Saint-Concomblé sont des lettres libertines de la fin du XVIIIe siècle. Numérotées et classées en trois liasses, elles ont été retrouvées dans un hôtel particulier du Marais, à Paris. Le propriétaire de ces lettres, descendant de Madame de ***, a tenu à conserver l’anonymat. Les réponses sont, à notre connaissance, perdues.

 

 

Avertissement

Liasse 1 (lettres à 10)

Lettre 1

Lettre 2

Lettre 3

Lettre 4

Lettre 5

Lettre 6

Lettre 7

Lettre 8

Lettre 9

Lettre 10

Liasse 2 (lettres 11 à 16)

Lettre 11

Lettre 12

Lettre 13

Lettre 14

Lettre 15

Lettre 16

Liasse 3 (lettres de 17 à 19)

Lettre 17

Lettre 18

Lettre 19

Glossaire

 

 

 

En fin d’ouvrage, un glossaire donne la définition des termes suivants : bardache, braquemart, con (conin, conneau, connichon), émettre, fourgonner, fouterie, gamahucher, godemiché, loyoliser, matrice, motte, pendillantes, tétins, triquebilles, troussequin et vit.

 

 

 

Liasse 1 (lettres à 10)

 

 

Lettre 1

 

 

Saint-Concomblé,

18 pluviôse an VII (6 février 1799)

 

L’ouvrage de Monsieur Restif de la Bretonne me tombe des mains. Que ne m’avez-vous plutôt fait parvenir une nouveauté du marquis de Sade ; je ne saurais, certes, souscrire à toutes ses débauches, mais elles, au moins, ont le mérite d’être divertissantes !

Restif est d’un ennui profond ! Il ne mérite point que l’on s’attarde à le lire. Si son Anti-Justine ne se mêlait de défendre notre sexe des infamies que nous fait subir le divin marquis, je ne m’en soucierais pas plus que de mon premier vit. Mais ce monsieur nous met en con, page après page, des membres gros comme jamais l’on a vus et croit que pour cela les femmes le vont idolâtrer. Il se trompe fort : sa prose nous lasse autant que l’épaisseur de ses vits !

Qui sont ces oies qui se laissent gaver ? Ces benoîtes qui se pâment comme à la prière parce que leurs conneaux ne désemplissent pas ? Qui sont-elles toutes ces femmes, filles, fillettes, sœurs, mères, toutes consentantes et qui jamais ne crient grâce ? Allons ! Ma sœur, ne balancez point et croyez bien qu’elles sortent toutes de la pauvre imagination de ce plumitif libidineux, comme lui-même sort du con de sa mère ! Qu’il ait besoin de stimuler son vit par de fabuleuses chevauchées, soit ! Assurément, il n'est pas le premier. Mais alors, qu’il ne se donne pas l’alibi d’écrire pour les femmes ou à l’usage des maris qui les veulent bien fourgonner !

Non, l’unique préoccupation de ce monsieur : le vit, le gros vit, l’énorme vit, n’est pas suffisante pour faire un ouvrage digne de notre intérêt. Vous savez combien j’affectionne moi-même les verges de belles tailles, mais elles ne sauraient, seules, combler mes attentes.

Que fait-il donc de ses mains ce Monsieur Restif de la Bretonne ? Et de ses lèvres ? Et de sa langue ? Ne lui a-t-on jamais appris à caresser, à sucer, à gamahucher? Cet homme ne sait jouir que de l’enconnage, de l’enculage, de l’embouchage et veut nous donner des leçons de libertinage ! Mais il m’assomme, comme il a dû assommer toutes les femmes qui l’ont lu.

Enfin, je vous le dis tout net : sa littérature m’afflige. Et puisque mes jours et mes nuits sont mieux remplis que ses culottes, je prends céans l’engagement de vous narrer, chaque décade, les moindres détails de mes fouteries. Si mon bijou n’a pas l’usage de la parole à l’instar de ceux, indiscrets, de Monsieur Diderot, je n’en ai pas moins la plume alerte et fidèle ; elle vous retranscrira les extases de mon con exténué dès que celui-ci aura été dévité.

Mes aventures sont bien plus foutatives que toutes celles que vous pourrez trouver chez nos littérateurs parisiens. Laissez donc ces ouvrages libertins fait par des hommes pour des hommes et délectez-vous de mes lettres qui vous feront décharger à con débridé. Laissez-les trainer à la tête de votre lit, sur le coin de votre coiffeuse ou aux pieds d’une bergère pour que Monsieur de***, votre cher mari, Monsieur de***, votre galant amant, et tous vos jeunes laquais s’en instruisent. Mes leçons les feront darder dru et leur donneront le goût de vous bien fourgonner.

Chère sœur, je ne vous ferai pas mouiller plus avant aujourd’hui. Mais soyez-en assurée, je tiendrai mes promesses et vous recevrez mes épîtres avec la même régularité que votre main lorsqu’elle branle le vit de vos amants.

 

 

 

Lettre 2

 

 

Saint-Concomblé,

28 pluviôse an VII (16 février 1799)

 

Je vois que ma lettre vous a trouvée dans de bonnes dispositions puisque vous m’avouez, quoiqu’elle ne soit faite que de promesses, avoir déchargé deux fois en la lisant. Je gage donc que cette présente vous fera rougir joues et conin.

J’ai quitté Paris la mort en con, vous le savez, par peur de ne trouver vit qui m’aille en cette contrée reculée. Pourtant, j’ai découvert en ces lieux des hommes dont j’ai su tirer avantage.

Mais avant que de vous décrire mes fouteries actuelles, je voudrais revenir sur mon arrivée dans ce charmant pays de Saint-Concomblé.

Après trois jours de voiture dans le froid, la pluie, la neige et sans avoir rien trouvé à me mettre en con dans les auberges et les relais de poste où je fis étape, j’arrivai au village fourbue, mais non foutue. J’espérais qu’un domestique doté d’un bon braquemart serait là pour me faire oublier mon malheureux voyage, mais je fus accueillie par une vieille servante qui m’ôta mes derniers espoirs de coïter.

Devant cette carence de vit, je me résignai à me coucher. J’allai d’abord au bidet que l’on avait opportunément installé devant une cheminée où flambait un bon feu. Je me lavai un con qui n’avait point servi, puis je me glissai entre les draps, deux doigts en lui pour toute compagnie.

Je m’endormis sans tarder et ma nuit ne fut point agitée. Mais le réveil me fut plus rude : si ma couche était douillette, la pièce, elle, était glaciale. Je n’osai bouger et je cherchai plutôt à retrouver le sommeil. C’était sans compter sur mon con qui était bien éveillé et que je crus entendre réclamer : « Du vit ! Du bon ! Du beau ! Du gros ! Du long ! De l’habile ! Du vit ! du vit ! du vit ! » Comment le faire taire ? J’écartai les cuisses pour me caresser la motte et, tout en palpant mes tétons, je me titillai le clitoris… Je ne tardai pas à émettre et je déchargeai tant que je parvins à circonscrire le feu que le sommeil avait allumé en mon conin. Ah ! quels gémissements… Ah ! quelles plaintes… Ah ! quels râles… Ma sœur, quel plaisir que celui que nous procure la première pâmoison du matin !

À mes cris, qu’elle dut prendre pour des appels, une servante se précipita dans ma chambre : « Que Madame ne me gronde pas, j’étais au jardin cueillant des carottes… et ma vieille mère est sourde… »

La pauvrette, se croyant fautive, tremblait de tous ses membres. « Mais non, lui dis-je, ce n’est rien, approchez… » La fille était belle, grande, toute pleine de vie et de santé. Sa figure n’était pas sans grâce, mais c’est son corps qui attacha mes regards : de belles formes, rondes et généreuses, une peau blanche et sans tache. C’était là, ma foi, une bien jolie petite paysanne. Je m’enquis de mes gens auprès d’elle.

« Il y a moi, Manon, me dit-elle, et, les énumérant sur ses doigts : Edmée, ma mère, Toinette, la cuisinière, Margot et Suzon, les deux lingères, un laquais, Nicolas, Monsieur Maurice, le maître d’hôtel, Quentin, le cocher et l’Émile, le jardinier. »

Quatre hommes à demeure, donc. J’eus moins hâte de connaître leur figure que leur dard. Foutre ! Il y aurait bien vit qui vaille sur le nombre !

Je demandai qu’on rallumât la cheminée incontinent et que l’on me préparât un bidet sans tarder.

Lorsque Manon me passa les brocs d’eau chaude, je remarquai qu’elle mettait plus d’attention à me voir laver le conin que le visage. En cas de disette de vit, ses doigts, qu’elle avait longs et alertes, pourraient toujours m’être utiles… Je la fis m’habiller et, bien que tremblant un peu, elle s’acquitta parfaitement de sa tâche.

Je ne voulus point attendre davantage pour faire la connaissance de mes gens et je les fis donc appeler.

De la première domestique, la mère de Manon, il n’y aurait rien à tirer de bon. Elle était vieille et laide. Pourtant, elle était sourde et c’était une bonne chose. Ainsi, elle ne m’entendrait pas décharger lors de mes fouteries et ne viendrait pas mettre son nez dans mes ébats au risque de faire démâter les galions que j’aurais réussis à pirater !

Margot et Suzon étaient deux beaux brins de femme ; petites, mais jolies, brunes, avec un sérieux air de ressemblance bien que, suivant leurs dires, elles ne fussent pas apparentées. On ne m’ôtera pourtant point de l’idée qu’un même vit n’en fut cause… Ces filles feront merveille, me dis-je, pour ferrer les poissons que je n’aurais plus qu’à pêcher ensuite !

Il y avait encore la cuisinière – quant aux hommes, j’y viens, ne vous tourmentez point encore le conin, ma sœur – la cuisinière, donc, avait une gorge rose et large qui ressemblait à s’y méprendre à mon fondement et qui, lorsqu’elle parlait, gonflait son corsage avec la force du gros vent qui s’engouffre en un foc. Pour ce qui est de son cul, je ne trouve aucun mot pour rendre son énormité et je vous le laisse imaginer ! Sa face joviale, ses mains sur ses hanches, ses jurons et ses mimiques, eussent fait à Paris autant sensation que l’exhibition d’un animal exotique. Mais ici, à Saint-Concomblé, une telle nature n’impressionne pas les autochtones.

Toinette, lorsqu’elle me parlait, ponctuait ses phrases de grands coups de fessier donnés à l’Émile qui les recevait sans sourciller. Ravi, même, il riait béatement tout en bandant comme un âne à jeun. (Je devinais aisément la forme d’un large vit sous l’étoffe de sa culotte.) Cette connivence entre mon jardinier et ma cuisinière ne laissait planer aucun doute : ils forniquaient ensemble. Cela devait culbuter que veux-tu, culbuter que voilà le soir dans les combles, d’autant que cet Émile, bien que de faible taille, paraissait endurant à la besogne…

Nicolas, le laquais, un gaillard de six pieds de haut, paraissait intimidé par ma personne et marmonnait ses réponses à mes questions tout en se replaçant les couillons qui, suivant la courbure de sa main, devaient être gros comme deux œufs d’oie. Le vit serait-il à l’avenant ? Je me promis d’y aller voir avant que le jour ne se terminât. Ce vit-ci sera, ma sœur, le premier vit que j’aurais pris en con dans ma retraite de Saint-Concomblé… Mais avant que de vous narrer ce ramonage, je veux finir de vous présenter le reste de la maisonnée :

Quentin, le cocher, avait des allures si féminines que je le pris d’abord pour une fille travestie. De lui, il n’y aurait guère à attendre, à moins que son cul ne me serve à aiguiser les vits que je me ferais darder en con…

En revanche, le maître d’hôtel, Maurice, un homme entre deux âges, grand, bien bâti, le muscle saillant, devait avoir le vit en éveil devant le moindre jupon ; ces choses-là se sentent aussi promptement que la présence d’un bouc dans un salon.

Mais point n’est besoin de se perdre plus longtemps en présentations superfétatoires : au vit ! au con ! au cul ! me direz-vous et combien vous aurez raison !

Pourtant, je dois m’interrompre aujourd’hui, car mon poignet me fait grandement souffrir. C’est que je n’ai point fait qu’écrire, j’ai branlé du vit toute la journée ! Je n’irai donc pas plus avant ce soir.

Mais si j’ajourne la narration de mes fouteries, ne vous mettez point martel en conin ! Ma bien chère sœur, je puis vous assurer que ma prochaine lettre vous parviendra avant même que vous n’ayez séché de celle-ci, je vous en fais le serment.

 

 

 

Lettre 3

 

 

Saint-Concomblé,

30 pluviôse en VII (18 février 1799)

 

Je sais vous devoir l’histoire de mon premier vit en con à Saint-Concomblé et je ne veux point vous faire attendre. Je m’en vais donc entrer dans le vif du sujet aussi promptement que votre amant peut vous mettre un doigt en cul.

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