Les Sens de ta peau

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Si pour vous, internet et sa multitude de sites de rencontre est une usine à pornographie destinée à une bande d’obsédés en manque de chair désincarnée, je vous recommande de stopper votre lecture ici ou de découvrir comment la vie d’un homme ordinaire a basculé...


Publié le : jeudi 25 février 2016
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EAN13 : 9782334076753
Nombre de pages : 64
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ISBN numérique : 978-2-334-07673-9
© Edilivre, 2016
Chapitre I Rencontre virtuelle
Voilà plus d’une heure que je traîne sur internet, non, en fait je ne vous dis pas tout, ça fait plus de deux ans que je traîne sur mon site de rencontres favori. Je suis à la recherche d’une femme pour partager un moment de plaisir charnel, quelqu’un avec qui je pourrai assouvir mes fantasmes. Je suis un homme ; un papa heureux de deux beaux enfants ; un garçon et une fille. La naissance de mon fils puis celle de ma fille, furent des moments extraordinaires. Mais l’amour de ma femme pour son compagnon va devenir celui d’une mère pour ses enfants et mon couple, un fiasco des plus total. Je ne cherche pas à savoir si je suis responsable ou non de cet échec. Je pense que nous n’avons surtout jamais su satisfaire les attentes de l’un et de l’autre. D’ailleurs notre niveau d’incompatibilité physique a atteint le cap fatidique des deux ans sans le moindre échange sous la couette. Donc me voilà à la recherche de compagnie sur internet, j’observe, je chatte et parfois je m’exhibe. Cela fait des années que je pratique cette activité, j’ai fait quelques rencontres réelles mais sans grand intérêt. La peur de m’engager, de part ma situation familiale et de part mon expérience conjugale, me pousse à ne chercher que des aventures d’un soir, surtout si elles sont réelles. En fait, je trouve suffisamment de plaisir dans la masturbation devant ma webcam, surtout si je le partage. Je vais me rendre compte par la suite que le partage des mêmes envies dans une relation est même extraordinaire. Ainsi presque tous les soirs, je m’affichais à moitié nu devant ma webcam afin d’assouvir ma dépendance sexuelle avec une partenaire désirant voir un homme s’abandonner. Et ce soir, je reprends mon rituel de recherche de la partenaire idéale, celle qui me permettra d’apaiser mon corps enfiévré. Je commence par regarder les femmes en webcam, généralement elles sont rares, un petit coucou aux habituées et me voilà à chatter, de tout et de rien, je raconte ma journée, mes désirs, mes envies et mes manques, la routine quoi. Cette soirée, il ne se passera probablement rien, comme dans la plupart des cas. J’aperçois toujours les mêmes personnages plus ou moins haut en couleurs, ou les mêmes corps blanchis par la lumière de leur écran d’ordinateurs, ces mêmes visages avides, ou épuisés de fatigue, les mêmes âmes en déroutes. Je décide de plier bagages, je lance un petit « bonne nuit » aux favoris avant de me coucher. Mais avant, je fais un dernier tour d’horizon des participants. Mon doigt clique frénétiquement sur la souris, je saute de visages en visages comme un automate qui effectue le même geste robotisé sans émotions, sans le moindre intérêt pour ce qu’il peut voir. Tout à coup mon doigt s’arrête sur un visage inconnu, une femme qui me pétrifie telle la méduse, mes yeux n’arrivent plus à quitter ce doux visage. En un instant, je cours vérifier son profil. Perdu, vraisemblablement je ne suis pas son type, elle recherche avant tout la compagnie des femmes… Réflexion faite, je me lance, mais que diable, nous sommes sur internet et je ne risque rien, mise à part de la perdre. Donc me voilà en train de lui écrire un message, non des messages, afin qu’elle daigne jeter un œil sur ma webcam et chose incroyable, elle me répond avec un sourire des plus désarmants. Je crois rêver, l’interroge à nouveau afin de bien vérifier que c’est à moi qu’elle sourit avec une grâce éblouissante. Je lui souris à mon tour aussi naturellement que possible, mais plus rien ne répond, plus rien n’obéis, mon corps, mes gestes sont totalement incontrôlés. Je me lance à corps perdu dans une parade de séduction, tel le paon dansant devant sa promise. Je n’arrive plus à la quitter des yeux, les autres internautes m’envoient des messages qui restent sans retour, je n’ai plus d’yeux que pour elle, mes yeux rivés sur l’écran, elle m’éblouit, brille tel un diamant. Elle est assise dans son fauteuil, vêtue d’un peignoir blanc, maquillée d’un soupçon de rouge à lèvres, ses longs cheveux noirs délicatement noués s’écoulent sur son épaule puis se déversent sur sa poitrine tel un torrent de jais dans lequel je me noie. J’entrevois un genou dénudé ; éclat de chair diaphane. A la naissance de son cou se dessine les douces courbes de ses clavicules, je plonge malgré moi dans son sage décolleté. Je la regarde, elle me regarde, nos yeux se croisent par écrans interposés. Mon cœur saute dans ma poitrine tel un tambour de fanfare, à ce moment là, je ne
réalise absolument pas les changements qui s’opèrent, des conséquences qui vont découler de cette rencontre. Vous ne le savez peut-être pas, mais quand on a trente-cinq ans, une famille, une maison, la routine s’installe, les rêves passés s’estompent, surtout ce que l’on a à quinze ans. Les rêves de toucher la grâce, d’aimer à en perdre la raison, ces rêves là ne sont plus que des fantasmes, des mirages dans le désert de notre vie affective. Dans ma situation, le travail, les enfants, cette vie active dans laquelle le rêve n’a plus sa place, effacent les espoirs perdus d’un amour insouciant. Mais cette rencontre inattendue, inespérée, va amener de la couleur, des sommets à gravir, elle va m’ouvrir la porte sur un jardin d’eden tel une forêt luxuriante s’offrant à un explorateur. Je sors du brouillard et respire une bouffée d’air pur, cette rencontre sera mon oxygène, une renaissance. Bien sûr pour l’instant ce n’est que virtuel, mais nos gestes, nos attitudes parlent pour nous. Sa façon de bouger, de me regarder ; quelque chose se passe dans notre inconscient. On échange des idées, des envies, des sons, des images. Ce soir là, avant de la quitter, je lui propose de brancher son micro afin de pouvoir entendre sa voix. Nous hésitons tous deux à prononcer une parole, je n’arrive pas à dire le moindre mot, comme si je m’apprêtais à lui offrir mon cœur et que mes mots restaient figés au fond de ma gorge. Je me lance malgré la peur et elle me répond dans un accent étrange qui me fait littéralement fondre. Je l’interroge sur ses origines, elle me répond qu’elle est hongroise, et moi totalement amoureux… Nos langues se dénouent peu à peu, je me mets à lui raconter mes aventures, le plaisir des caresses, le plaisir de toucher l’autre, le plaisir de voir son partenaire s’abandonner dans vos bras, et elle écoute, me regarde, me sourit, ses yeux brillent, ses mains tremblent comme si mes mots caressaient sa peau. Elle se glisse, s’enfonce délicatement dans son peignoir comme pour se protéger de cette émotion qui l’envahie tel un raz de marée électrique qui vous parcourt le corps et vous dresse les poils sur la peau. Et moi, moi je suis totalement sous son charme, je tremble, je frissonne, je n’arrive plus à cacher mes émotions, je voudrais tellement la serrer contre moi, sentir son cœur battre contre ma poitrine. Nous sommes totalement submergés par le désir de l’un et l’autre, nos yeux se croisent, s’affrontent, se soutiennent et se ferment sous la brûlure de nos regards. Nous sommes sous hypnose, en osmose, nos cœurs, nos corps battent à l’unissons, nous sommes ensemble, nous ne sommes plus qu’un et pourtant nous sommes séparés par des centaines de kilomètres. A cet instant, un lien se crée entre nous, quoique vous pensiez, quoique vous puissiez imaginer, nous sommes connectés et simultanément déconnectés du monde réel, le temps n’a plus de prise sur nous, notre environnement a totalement disparu, il n’y a plus qu’elle...
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