Rien qu'un soupir

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Inséparables depuis toujours, Grayson et Kennedy se sont juré une amitié éternelle jusqu’au jour où ils brisent le pacte. L’ami d’enfance est devenu un jeune homme beau et musclé avec lequel Kennedy passe une nuit torride. Elle commet une grave erreur en lui avouant ses sentiments. Se sentant incapable de la rendre heureuse, il prend la fuite et devient champion de free fight. Des années plus tard, quand il retrouve Kennedy, par hasard, lors d’un combat à Vegas, il est bien décidé à ne plus jamais la laisser partir. Mais de sombres secrets ne risquent-ils pas de mettre fin à leur idylle ?


Publié le : vendredi 24 juin 2016
Lecture(s) : 13
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782820526090
Nombre de pages : 480
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Stacey Lynn
Rien qu’un soupir
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Benoît Robert
Milady Romance
À J.M. LaRocca Sans ton aide, ce livre n’aurait pas pu voir le jour. Merci pour ton immense gentillesse et ta collaboration.
Chapitre premier
Kennedy
Je lève les yeux sur le fronton. Immense, il luit de tous ses feux, et je dois plisser les paupières pour tenter de déchiffrer ce qui y est écrit. C’est peut-être à cause de l’alcool que Sarah m’a forcée à ingurgiter… Sarah qui est désormais l’amie que je déteste le plus au monde. Sauf que je n’ai avalé que deux verres, puisque ni Sarah ni moi ne sommes de grandes buveuses…, chacune pour ses propres raisons. Donc, mes troubles de la vision s’expliquent davantage par la colère qui bouillonne dans mes veines à cause de la surprise qu’elle m’a mijotée. Resserrant son emprise sur ma main, elle m’entraîne vers l’entrée de la salle. Les images et les bruits du Strip de Las Vegas s’estompent rapidement pour ne plus être qu’une brume de fond. — Je te déteste, sifflé-je en trébuchant sur mes chaussures à bouts ouverts et semelles compensées. Si je les érafle, Sarah aura intérêt à me les rembourser. — Tu m’adores. Elle se retourne vers moi, ses cheveux blonds voltigent par-dessus son épaule pour venir lui fouetter la joue. Bien fait. Moi aussi, j’aimerais la gifler. Sur les deux joues même. — Je ne peux pas croire que tu me fasses ce coup-là. Elle me décoche un clin d’œil et m’entraîne dans la foule de gens qui se fraient un chemin vers le ring. — Ici, tu trouveras tout ce qu’il te faut. Des mecs. Du sexe. Des combats. Si ça ne te guérit pas de ta haine des hommes, je ne pourrais plus rien pour toi. Elle se goure dans les grandes largeurs, mais elle ne connaît pas toute l’histoire. Sarah est juste au courant de mon obsession dévorante pour le MMA, les arts martiaux mixtes. Mais elle en ignore l’origine. Car je préfère savourer mon humiliation dans la solitude, lorsque je me sens la dernière des connes et que je me remémore le moindre moment passé avec lui. La Légende. L’homme dont le nom brille en grandes lettres sur le fronton de la salle dans laquelle nous entrons. Aussi connu sous le nom de Grayson Legend. Aussi connu pour être l’homme qui m’a bercée de promesses qu’il n’a jamais eu l’intention de tenir. Le type qui m’a brisé le cœur, puis m’a balancé un direct dans l’estomac avant de filer sans demander son reste. Enfin, un direct… pas au sens littéral… Il s’adonne peut-être aux sports de combat, mais il n’a jamais levé la main sur moi. Non, c’est son indifférence la plus totale qui m’a déchiré les entrailles quand il est parti, juste après que je lui avais enfin avoué que je l’aimais. Que je l’aimais… vraiment. Pas le genre d’amour que nous avions partagé jusque-là en étant les meilleurs amis du monde au lycée. Non, lorsque je l’ai revu durant les vacances d’été après ma deuxième année de fac, l’amour que j’éprouvais pour Grayson était d’une tout autre nature. Il m’avait dévisagée, bouche bée, puis avait fait volte-face et était ressorti de chez moi sans un regard en arrière. Six ans plus tard, il est devenu l’un des plus grands champions de MMA du pays. Je ne loupe aucun de ses combats… en supportant le type en face de lui.
Malheureusement, tout comme ses adversaires, je perds chaque fois. Je perds chaque fois que je dois contempler ses muscles, qui ondulent quand il balance un coup de poing ou de pied. Je perds chaque fois que la sueur dégouline le long du sillon qui sépare ses abdos avant de disparaître sous la ceinture de son short. Je perds chaque fois que je m’endors en rêvant de lui. Ouais. Grayson « La Légende » est un connard fini. Il n’a pas de cœur. Le monde entier le voit comme l’homme le plus fort, le plus solide, mais moi, je le connais comme le mec qui se barre quand les choses deviennent sérieuses. Je ne l’ai compris qu’à ce moment-là, mais j’étais démunie. On doit affronter seul certains de ses démons…, et apparemment Grayson évite le combat lorsque son adversaire ne se trouve pas dans une cage. Merde, cela remonte à des années ! Je devrais être passée à autre chose. Pourtant, chaque fois que j’ai eu un rencard, que j’ai ramené un homme à la maison pour un coup d’un soir, par désespoir, juste pour oublier la façon dont Grayson me touchait, personne ne lui est arrivé à la cheville. Et je pense que c’est pour cette raison que nous sommes là ce soir. J’ai eu le malheur d’avouer à Sarah que je finirai mémère à chats, solitaire et à l’ouest, et elle s’est mise à se faire du mouron pour moi. C’est dans sa nature de jouer au Bon Samaritain, et, même si elle ignore tout de Grayson, je sais qu’elle est certaine que si je me retrouve entourée de testostérone, de sueur, de bière et d’hommes sexy, cela réactivera la femme en moi. Très bien, la femme en moi sera réactivée. Rien que de voir son nom en lettres de lumière me donne envie de me jeter à son cou, de nouer mes jambes autour de ses hanches et de le féliciter pour sa réussite. Ce que je pourrais faire… Si je ne le détestais pas autant. — Super, ces sièges, non ? Sarah trépigne du genou comme si elle avait avalé trop de sucre. De sa main droite, elle agrippe ma gauche et la presse. Fort. Je me dégage d’un coup sec et secoue la main pour évacuer la douleur qui irradie mes jointures broyées. — Ils sont sympas. Deuxième rangée, dans le coin du tenant du titre. S’il vous plaît, faites que je meure là tout de suite ! Ou Sarah. Ou Grayson. N’importe laquelle de ces options conviendrait. Malheureusement, je ne peux pas avouer à Sarah que j’ai envie de gerber. Je ne peux pas lui dire que j’aimerais l’étrangler, uniquement parce qu’elle a organisé une sortie que je suis censée trouver géniale. C’est mon vingt-sixième anniversaire, et je m’apprête à regarder le seul homme que j’aie jamais aimé défoncer le joli minois d’un autre type. Pas de quoi m’émoustiller. Sarah n’aime même pas le MMA. Elle trouve ces joutes barbares et immorales. Mais elle sait que je me gave de combats, dans l’espoir que l’éternel vainqueur se fasse enfin botter le cul. Elle n’a manifestement rien compris aux motifs de ma haine pour La Légende. — Je veux retourner à l’hôtel, dis-je. J’ignore si elle m’entend par-dessus les vociférations de la foule. Sous nos yeux se déroule un combat poids coq. Le sang dégouline sur le côté gauche du visage du
challenger, et il a le côté droit couvert d’ecchymoses. Il protège celui-ci, laissant au tenant du titre le champ libre pour lui assener un coup en pleine poire. Le troisième round prend fin dans une minute, et je m’étonne que le gars tienne encore debout. C’est dégoûtant. C’est sale. C’est un aphrodisiaque absolu. Je sens mon sang affluer dans des zones totalement inappropriées pour un lieu public. Je serre les cuisses l’une contre l’autre afin d’endiguer ce supplice naissant et j’agrippe la main de Sarah. Je crie par-dessus le vacarme : — Il faut qu’on s’en aille. Sarah se tourne vers moi, éberluée. — Tu rigoles ? Tu adores ça ! Allez quoi, même moi je commence à me prendre au jeu et il m’a fallu des mois pour dégotter ces tickets. Je devrais me sentir coupable. Comme le serait une amie. Mais trop de non-dits m’en empêchent. Du coup, je me sens encore plus coupable. Je connais tous les secrets les plus sombres et les plus enfouis de Sarah. Je connais ses démons. Je suis une des rares à être au courant de sa vie dans le Minnesota avant qu’elle s’inscrive à la fac dans l’Illinois. Sa jeunesse en tant que fille du gouverneur de l’État. Le fait qu’adolescente elle a provoqué la mort accidentelle du mari et du fils d’une femme, devenue depuis Nicole Walters, épouse de Zack Walters, la rock star. Elle ne me cache rien. Elle ne m’a jamais rien caché. Pourtant je ne lui ai jamais confié toute la vérité sur mon passé, alors qu’elle partageait ma chambre au moment où cette histoire m’a anéantie. — Sarah… — Non, Kennedy. Toi, tu m’écoutes, réplique-t-elle, frustrée. Tu raffoles de ce truc. Tu regardes toutes les semaines, et il m’est arrivé de m’endormir au son de tes jurons pendant qu’un type se faisait tabasser. Je t’adore, mais il est temps que tu aies une vie. Je veux que tu te trouves un mec, que tu lui sautes dessus avec ton petit corps sexy et que tu l’embrasses sauvagement. Je me mets aussitôt à scruter les tribunes. Derrière nous sont assis quatre hommes : ils arborent une alliance en or à l’annulaire, et leurs panses de bière ne sont pas loin de faire craquer leurs tee-shirts délavés au logo de leur université. Je grimace et me retourne vers la cage. — Ce n’est pas une obligation. Je suis heureuse, tu sais. Elle plisse ses yeux verts lumineux. — Tu as menacé d’acheter un chat. — Et alors ! J’aime les animaux. Je hausse les épaules. Elle se penche et siffle : — Dix chats. Qu’est-ce que cela a de si répréhensible ? Je fais preuve de civisme en secourant ceux qui sont dans le besoin. — D’accord, c’était peut-être un peu exagéré. — Tu n’as jamais de rencards. Elle me lance ce regard désolé et entendu que je lui connais bien, et je détourne les yeux. Je marmonne d’une voix emplie de tristesse : — Tu sais pourquoi. Elle ne sait peut-être pas tout, mais elle en sait plus que n’importe qui. Et certes elle a raison, mais elle ignore que le gars que je dois oublier est sur le point de faire son entrée sur le ring. — Tu ne pourrais pas me lâcher la grappe le jour de mon anniversaire ?
— Si. (Elle hoche la tête et sourit.) Mais seulement si tu embrasses quelqu’un. Je te jure, Kennedy, que je ne vais pas quitter cet endroit avant qu’un type te pose la main aux fesses et t’introduise sa langue dans la bouche. — Charmant, répliqué-je sèchement. Nous avons l’attention détournée vers la cage, où la cloche résonne par-dessus les acclamations de plus en plus assourdissantes de la foule. Le challenger ensanglanté gît au tapis, jambes et bras écartés, immobile comme une pierre. Le tenant du titre, et vainqueur incontestable, se tient debout au milieu de la cage, les bras levés au ciel en signe de triomphe. La sueur dégouline de son menton… à moins que ce ne soit un filet de bave, car il crache son protège-dents dans sa main ouverte. Il mesure environ un mètre cinquante-cinq, a les cheveux noirs coupés ras et affecte un sourire dément tout en hurlant et en lançant des cris de joie dans les airs. Autour de nous, la foule debout bat des pieds et crie avec lui. Je connais le vainqueur. Il s’appelle Victor Montiguez. Il détient la ceinture des poids coq de la fédération de MMA depuis trois ans. Il est invincible, comme vient encore de le démontrer ce combat. Je l’examine et je trouve qu’il lui manque quelque chose. En dépit de son incroyable musculature, il n’est rien en comparaison de La Légende. Une musique électro lancinante retentit tandis qu’on diminue l’intensité de l’éclairage. La tension et l’adrénaline m’inondent les veines, et je serre les poings. C’est parti. Je vais me retrouver en présence de Grayson Legend pour la première fois depuis six ans. Sarah me donne un petit coup de coude dans l’épaule et chuchote : — Je commence à comprendre pourquoi tu aimes ça. C’est vachement excitant, hein ? Je ne vais pas la contredire. Mes mots se coincent dans ma gorge, et je suis incapable de lui répondre. Je me contente de hocher la tête. À chacune de mes inspirations lentes et pénibles, j’inhale une odeur de sueur et de bière ; je ne quitte pas des yeux le tunnel duquel il émergera. Le tenant du titre, Mancuso Tigress, trépigne déjà dans son coin, bondissant sur place pour rester chaud et en mouvement. Son palmarès est impressionnant – deux défaites seulement cette année –, mais je sais déjà qu’il n’y ajoutera pas de nouvelle victoire. Pas ce soir. Il ne peut pas remporter le combat face à Grayson. Le point faible de Mancuso, c’est le tapis. Or Grayson est particulièrement doué pour les placages. Il est capable d’enserrer ses adversaires dans ses avant-bras, de les entraver comme des bretzels de sorte que l’opposant se retrouve cloué au sol avant de pouvoir dire ouf. Je ne tiens pas en place tandis que l’adversaire de Grayson s’amuse avec la foule, se jouant de leurs cris et de leurs braillements. Je ne prête aucune attention au speaker, qui éructe les statistiques de Mancuso et son poids. Pour moi, Mancuso Tigress est sans intérêt. La cadence des basses s’accélère, au même rythme que mes nerfs. Je ne sais même pas si on diffuse de la musique ou si ce sont les trépignements des supporteurs qui font tout ce boucan, mais je m’en fiche. La lumière revient, et je perçois du remue-ménage du côté du tunnel par lequel il
arrivera. Mon cœur s’enfonce dans ma poitrine, m’empêchant de respirer. Puis toute la salle explose dans un tonnerre d’acclamations qui m’oblige à tendre l’oreille pour entendre le speaker annoncer : — Totalisant quatre-vingt-quatre kilos… La Légende ! Les cris me percent les tympans, je tressaille et baisse les paupières. À mes côtés, Sarah enfonce les ongles dans mon bras. Elle me tire en arrière pour essayer de voir par-dessus mon épaule, mais je suis paralysée, les talons scotchés au béton par une colle forte invisible. — Bordel de merde, murmure-t-elle en posant pour la première fois le regard sur l’homme qui était naguère mon meilleur ami. Le garçon qui se faufilait par ma fenêtre pour chasser mes cauchemars. Le garçon qui me protégeait des poings de mon père et des crises de colère éthyliques de ma mère. Avant de se rencontrer, nous étions des solitaires. En l’autre, nous avions trouvé un allié. Jusqu’à ce qu’il détruise tout. Jusqu’à ce que sa poussée de croissance le fasse passer du statut de Monsieur Impopulaire à celui de Monsieur Aimant-À-Filles. Jusqu’à ce que je commette le pire des péchés. Tomber amoureuse de mon meilleur ami. Et qu’il me fasse clairement comprendre que ce sentiment n’était pas réciproque. Au cours des six dernières années, j’ai été incapable de me remettre complètement de cette nuit tout à la fois merveilleuse et horrible. Je ne le quitte pas des yeux ; il est flanqué de personnes que j’imagine être ses entraîneurs et ses coachs. Je l’observe se tenir debout dans un coin à l’extérieur de la cage tandis qu’un arbitre enduit ses sourcils et ses pommettes d’huile, et inspecte l’intérieur de sa bouche. Puis il monte sur le ring. Sous mes yeux, tout se déroule au ralenti, je suis incapable de détacher mon regard de cet homme. Il est plus vrai que nature et éminemment plus imposant que dans mon souvenir. Il est si proche que je perçois pratiquement son odeur. Si proche que je me rappelle le parfum de ses lèvres la seule fois où je me suis jetée sur lui pour l’embrasser. Si proche que je me souviens de la sensation de son corps, la nuit où ce premier baiser a débouché sur bien plus et où nous avons fait l’amour. Enfin plutôt couché ensemble. Cela représentait tout pour moi. Le lendemain matin, avant même que nous soyons rhabillés, il m’a prouvé que pour lui cela ne signifiait rien… Que JE ne signifiais rien à ses yeux. Je ne remarque pas les acclamations qui se meurent ni la voix du speaker qui vient occuper le devant de la scène. Je ne remarque pas toutes les personnes autour de moi qui s’assoient et attendent la cloche indiquant le début du premier round. Je ne remarque que Grayson et la lueur méconnaissable dans ses yeux ; je ne le quitte pas du regard. Parce que, tandis que Mancuso décrit de petits cercles sur sa gauche, je remarque que Grayson a les yeux rivés sur un endroit de la salle. Sur moi.
Chapitre2
Kennedy
J’ai dû cligner des yeux au mauvais moment. Je me rappelle seulement que la cloche a retenti, que Grayson a reporté son regard sur son adversaire, et voilà que maintenant je le vois les bras levés pour être déclaré vainqueur. Je suis sidérée et confuse : — Qu’est-ce qui s’est passé, bon sang ? À mes côtés, Sarah pousse des cris. — C’était incroyable ! Putain, Kennedy, tu as vu ? Je secoue la tête, les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte. Je suis sans mots, donc je reste là, à fixer Grayson qu’on présente au public. Il me tourne le dos, m’offrant une vue imprenable sur les muscles qui sillonnent son corps, et j’aperçois l’énorme tatouage que j’avais déjà remarqué à la télévision. Des ailes d’ange noires s’étalent sur toute la largeur de son dos, et, lorsqu’il contracte les épaules, je reprends enfin mes esprits. Je me tourne vers Sarah : — Je n’ai jamais vu un truc pareil. Derrière nous, les anciens camarades de fraternité universitaire à la panse rebondie sautent tellement que la bière se déverse par-dessus leurs gobelets et vient éclabousser mon bras et celui de Sarah. — Hé ! s’exclame celle-ci en faisant volte-face pour leur décocher un regard furieux. Avec son mètre cinquante-huit et ses traits de parfaite Américaine, elle ne semble pas franchement menaçante. — Faites un peu gaffe. Un des hommes abaisse son gobelet. — Tout doux, la garce. La Légende vient de gagner, bordel ! Elle écarquille les yeux et pose vivement les mains sur ses hanches. — Est-ce que tu viens de me traiter de garce ? Ivre, l’ancien de la fraternité baisse le menton et ricane : — Ouais, parfaitement. Et qu’est-ce que tu comptes faire…, garce ? J’aperçois les épaules de Sarah se soulever et je fais un pas en arrière. Elle est gentille, mignonne et si petite qu’on pourrait la transporter dans sa poche, ou dans une valisette, comme le font les stars avec les chiots qui leur servent d’accessoires. Mais si on se met en tête de la faire chier ? Si on se montre malpoli avec elle ? Alors, elle peut se muer en démon de Tasmanie. Elle s’apprête à répliquer quand les gars qui nous font face laissent tomber leur mâchoire jusque par terre. Puis ils relèvent petit à petit les yeux, de plus en plus méfiants, jusqu’à scruter l’horizon au-dessus de nos crânes. — Tu veux bien répéter ce que tu viens de dire, bordel ? Je ferme les yeux, maudissant mon existence et ma carte mémoire qui me permet d’identifier instantanément la voix qui s’est élevée dans mon dos. — Euh… non, ça ira. Le rondouillard a l’air tellement terrorisé que je lance un rapide coup d’œil à son entrejambe pour vérifier qu’il ne s’est pas pissé dessus. Je détourne aussi vite la tête, dégoûtée. Parce que beurk. Malheureusement, j’entends Sarah murmurer : — Putain de bordel de merde !
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