Un jour, peut-être… ou jamais

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Un jour, peut-être... ou jamais

Eve Terellon
Romance de 170 500 caractères et de 29 300 mots.
La mère de Raphaël découvre une correspondance troublante entre son fils et Ludo ce camarade de classe qu’il aime. Choquée, elle n’hésite pas à le chasser du foyer familial la veille de Noël. Isolé, Raphaël rejoint la maison de Ludo où on l’accueille volontiers.

La relation que Ludo porte à Raphaël est confuse. Touché par son amour, il n’y répond néanmoins pas. La mère de Ludo pressentant un possible danger pousse son fils dans les bras d’une fille.

Au fil des ans, se nouent entre les deux garçons des liens très forts qui vont sans cesse évoluer et déterminer les choix de chacun. Un jour, peut-être... ou jamais nous montre le déroulement année après année de cette relation à la période de Noël.

Cette histoire est le prolongement d’une nouvelle, initialement parue sous le titre Au-delà du blanc chemin et tirée du recueil Un cadeau de Noël pour le Refuge - Volume Felix d’Eon.
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Publié le : jeudi 10 décembre 2015
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EAN13 : 9791029401053
Nombre de pages : non-communiqué
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Un jour, peut-être… ou jamais Eve Terrellon Avant-propos, dédicaces et remerciements Chapitre 1 : Au bout du blanc chemin
Chapitre 2 : Le temps de la conquête
Chapitre 3 : Le poids du déni
Chapitre 4 : Le visage de la trahison
Chapitre 5 : La brûlure de son regard
Chapitre 6 : La valse des regrets
Chapitre 7 : Quand le destin bascule
Chapitre 8 : Les surprises de Noël
Avant-propos, dédicaces et remerciements En 2014, les Éditions Textes Gais lançaient un appel à textes en faveur du Refuge, une association qui accueille les jeunes homosexuels privés de foyer. Nombreux ont été les auteurs à répondre. Deux anthologies intituléesUn cadeau de Noël pour le Refugeont ainsi vu le jour. Ceux qui ont lu le volume Félix d’Éon reconnaîtront sans doute ma nouvelle, parue sous le titreAu-delà du blanc chemin. Ce court récit pouvait se suffire à lui-même, mais l’histoire entre Ludo et Raphaël n’arrêtait pas de me trotter dans la tête. Il fallait que je la complète. Le premier chapitre de ce livre reprend la nouvelle dans son intégralité. Les sept autres sont entièrement inédits, et explorent la vie de Raphaël de son adolescence à l’âge adulte. Cette histoire, je la dédie avant tout au Refuge. À son créateur et à ses bénévoles, pour leur investissement quotidien ; et surtout, à tous les jeunes qui s’y relaient pour trouver un havre de repos et de paix. Je tiens également à remercier Julie, pour sous soutien sans faille, ainsi que mon éditeur, dont la réactivité exceptionnelle m’a permis de vous offrir ce récit pour Noël.
Chapitre 1 : Au bout du blanc chemin
Je m’appelle Raphaël. Comme l’archange. Avec ma chevelure de jais sur ma peau blanche, mes yeux d’un bleu presque gris et mes traits fins, j’en aurais la beauté selon certains. Un prénom prédestiné pour ma mère. Même donné au hasard, elle a toujours pensé qu’il existe une relation étroite entre un prénom et le caractère de celui qui le porte. Apparemment, elle n’a pas voulu prendre de risque avec moi. Raphaël faisant partie des archanges qui ont refusé de suivre Lucifer, il allait de soi que je grandirais en sagesse, sans jamais m’écarter du droit chemin.
Mon père n’a pas eu voix au chapitre. C’est pourtant de lui que je tiens mon physique et mon tempérament renfermé. À l’extérieur, je sais qu’il passe pour quelqu’un de chaleureux, mais cette tournure d’esprit se fane invariablement devant ma mère. Je ne peux pas dire que mon enfance ait été malheureuse. J’aurais simplement préféré un prénom plus à la mode. Moins bourgeois. Plus neutre. En tout cas, incidence ou pas, c’est vrai que mes parents n’ont jamais eu à se plaindre de moi.
Mais ça, c’était hier. Avant qu’un vent de colère furieuse ne se saisisse de ma famille. Ou plutôt, de ma mère. Étonnamment, mon père a conservé son calme. J’aurais pourtant parié que ce serait lui qui partirait en vrille. Il ne m’a pas soutenu non plus. Il a laissé faire. De toute ma vie, je ne l’avais encore jamais vu aussi silencieux. Ma mère a largement vitupéré pour deux.
C’est de ma faute aussi. On ne cache pas ce genre de courrier sous son matelas quand on sait qu’une maniaque du ménage partage votre existence. Mais détruire les lettres de Ludo m’était impossible. Les dissimuler loin de moi également. Lire et relire ; froisser le papier que l’autre a manipulé ; respirer la feuille écrite à la recherche d’une odeur diffuse ; caresser l’encre empâtée par la trace d’un doigt; et ne jamais se lasser de réciter des phrases à double sens apprises par cœur.
Ludo n’a jamais voulu que nous correspondions sur le net. Encore moins par le biais du téléphone. Trop compromettant si un de nos parents passait devant l’ordinateur figé sur un message affiché. Encore plus gênant si un copain tombait sur une de nos conversations en décryptant un de nos SMS. Alors il a décidé que nous communiquerions à l’ancienne. Ce serait un excellent exercice pour bosser les acquis de notre Terminale littéraire d’après lui. En fait, je crois que Ludo est un grand romantique qui s’ignore.
Ma mère a considéré les choses autrement. Brandissant mon paquet de lettres à la main, elle m’a intimé de choisir. Mon amour pour Ludo ou la maison. Naturellement, j’ai choisi Ludo. Histoire de la voir monter d’un cran dans l’hystérie. Elle m’a carrément flanqué dehors. Sans sommation. Sans même m’autoriser à passer par la case sac à dos et objets de première nécessité à emporter.
Le plus drôle, c’est qu’il n’y avait pas de choix à faire. Pas de ce genre en tout cas. Je suis gay, mais Ludo et moi on n’est plus ensemble. On ne l’a jamais vraiment été d’ailleurs. Enfin, pas au sens propre du terme. C’est compliqué. Et c’est fini. En théorie. Parce que j’ai
fichtrement du mal à tirer un trait sur notre relation. Même si aux yeux des puristes ce n’en était pas vraiment une.
Un premier amour, ça marque. Et un premier échec, ça égratigne également. Drôlement. Mais pour moi, impossible de savoir encore lequel des deux prévaudra dans ma mémoire. Tout ce que je peux dire, c’est que je tiens toujours à Ludo. Il me manque. Je passe la journée à penser à lui et j’en rêve la nuit. Pathétique. Voilà le mot qui résume ma vie.
Ludo et moi, on s’est rencontrés au lycée. Même classe de seconde et même effroi face à l’immensité du bahut où nous avions atterri. Moi, suite à un déménagement. Je connaissais déjà les gros établissements scolaires des grandes villes, mais devoir recommencer toutes les présentations d’usage me glaçait. Je ne me suis jamais beaucoup lié aux autres. Pas envie et absence d’élocution flagrante lorsqu’il s’agit de parler à des inconnus. Pas de regrets non plus. À vrai dire, j’apprécie qu’on me foute la paix. Encore plus depuis que je suis censé m’extasier devant le tour de poitrine d’une fille.
Peut-être parce que j’ai toujours su qu’une part de moi risquait d’en indisposer quelques-uns. Crainte de me prendre un revers de notre société pas assez tolérante à travers le nez. Par pusillanimité. Ça, c’est un mot que Ludo aime bien. Je dirais plus préservation. Ou instinct de survie.
Ludo arrivait d’une de ces zones-dortoirs issues de la champignonnière périphérique de la ville. Du petit collège où tout le monde parle à tout le monde, il passait à l’immense volière sans âme véritable. Tous ceux qu’il connaissait se trouvaient dans des classes différentes. Pas de bol. Je le revois. L’air paumé et pourtant terriblement calme et observateur. Je ne me suis pas vraiment forcé pour aller vers lui. Il m’intéressait. Du premier jour où je l'ai aperçu, je crois que j’ai flashé sur lui.
Il m’a très vite accepté dans sa bulle. On est devenus amis. Inséparables même. Et mes sentiments ont rapidement basculé vers autre chose. Ça faisait déjà un moment que je savais que j’étais attiré par les garçons. Mais aucun ne m’avait encore inspiré une telle envie de me dévoiler pour le séduire. Un jour, je lui ai avoué tout de go ma préférence. Il ne l’a pas mal pris. Il n’a pas non plus mordu à l’hameçon. Il a tout de suite compris que j’étais amoureux de lui. Et il a mis les jalons. Gentiment. Par contre, il n’a rien fait pour m’éloigner. Ce qui m’a laissé espérer.
Avec sa belle gueule et son charme caustique, il scotche les filles comme la lumière les papillons de nuit. Il ne m’a pourtant jamais donné l’occasion d’être jaloux. Mais dire que je ne l’ai pas été serait faux. Après un temps d’adaptation, il s'est très vite rendu populaire. Il parle bien et il a un charisme qui l’a propulsé vers des groupes qui ne m’ont accepté que parce qu’il m’imposait. Des relations dont je me serais bien passé tant je détestais le partager. Heureusement, j’ai rapidement remarqué que je demeurais son préféré.
À certains moments, quand ses yeux bruns se posaient sur moi, je lisais une telle complicité dans son regard qu’il me semblait que tout devenait possible. Alors, j’ai persévéré. Sans le harceler. Mais sans lui mentir non plus sur ce que je ressentais pour lui. C’est là que nous avons commencé à correspondre. Exprimer par écrit ce que nous éprouvions nous paraissait plus facile. Prendre le temps de réfléchir, de s’interroger, d’essayer de comprendre l’autre, de trouver le mot juste. Nous avons souvent philosophé sur le sujet. Et aussi frôlé la correspondance amoureuse.
Il ne s’est jamais engagé. Mis à part pour me renouveler l’assurance d’une amitié sincère. Mais il lui arrivait de le faire de façon si ambiguë que je pense qu’il s’imposait des limites. Comme la fois où il m’a avoué que je lui plaisais et que cette évidence le gênait parce que j’étais un garçon. Sans m’en dire davantage. Ou bien, quand il m’a exposé sa réticence à partager des sentiments avec une personne de son sexe, en évacuant totalement le fait que je l’aimais de cette manière.
Je crois qu’il est bi. L’ennui, c’est qu’il n’en a même pas conscience. Alors, je me suis résolu à lui proposer un test. Avec ma franchise habituelle, je l’ai mis au défi d’essayer au moins une fois d’embrasser un autre garçon. Pour voir. Façon scientifique. Et pour le décomplexer, je me suis offert comme candidat. Histoire qu’il soit sûr que sa tentative n’irait pas s’ébruiter aux quatre vents. Sauf qu’il se doutait bien que j’aurais du mal à faire table rase de mes émotions.
S’il existait une ligne rouge à ne pas franchir, je l’ai dépassée ce jour-là. Non seulement il n’a pas donné suite, mais il a décidé de mettre un terme à notre relation. Juste avant les vacances de Noël.
« Pouce, m’a-t-il dit. J’ai énormément d’affection pour toi, mais tu te fais des films. Je pensais qu’en en parlant on évacuerait le problème. Au contraire, j’ai l’impression que ça ne sert qu’à renforcer les sentiments que tu as pour moi. Je refuse de te faire du mal, mais là, on va droit dans le mur. Le mieux est sans doute qu’on prenne un peu de distance. »
Depuis, il n’a pas téléphoné. Il s’est également déconnecté de tous les réseaux sociaux où nous pourrions nous croiser. Je crois que le message est clair. Mais je suis incapable de l’oublier.
Et me voilà seul à travers la ville. Les nuits tombent vite en décembre et le ciel est déjà d’un noir d’encre. Demain, c’est Noël. Rien que l’idée que ma mère m’ait chassé la veille d’un jour pareil finit de me démoraliser.
Mes pas m’ont ramené au centre-ville. Le froid vif qui sillonne les rues illuminées me fait frissonner. Pour tout arranger, il a neigé toute la journée et les trottoirs sont blancs malgré le piétinement des passants. J’ai été expulsé de la maison alors que je revenais du ciné. Mis à part mon blouson fourré, une écharpe, une paire de gants et de grosses chaussures montantes, je ne possède rien. Pas de quoi geler en marchant, mais pas de quoi pavoiser non plus si je dois affronter la nuit dehors.
Les magasins vont rester ouverts encore quelques heures. Le temps que les derniers retardataires achètent leurs cadeaux, avant qu’ils ne rentrent pour l’inévitable repas de fête en famille. J’ai toujours trouvé cette tradition poussive et je ne regrette pas d’y échapper. Néanmoins, qu’est-ce que je ne donnerais pas aujourd’hui pour avoir des parents comme ceux de ces deux enfants qui s’extasient devant le décor d’une vitrine. Ils se tiennent par la main en souriant. Ils ont l’air de s’aimer et leur famille semble unie.
En les voyant, je me rends compte que je ne sais pas où aller. À part avec Ludo, je n’ai jamais cherché à tisser de liens vraiment intimes. J’ai bien deux autres potes, mais ils habitent assez loin en périphérie et je n’ai plus d’argent sur moi. Quelle idée aussi de sortir avec un simple billet pour payer le ciné. De toute façon, les bus ne circulent plus à cette heure. Et ce n’est pas mon portable déchargé qui m’aidera. De toute manière, il était hors de question que je les appelle. Il ne me reste plus que ça, mais j’ai un minimum de fierté.
Je pourrais demander à ma tante Emma de m’héberger. Elle a beau râler dès qu’un évènement imprévu vient briser son train-train quotidien, je sais qu’elle ne me laisserait pas dormir dehors. Surtout par une nuit pareille. Mais je n’ai pas envie de subir son interrogatoire. En fait, je ne désire voir personne. Personne, mis à part Ludo. Seulement pour Ludo, c’est plutôt râpé.
Le mieux, c’est sans doute que je demeure au centre-ville. C’est là qu’il fait le plus chaud et je peux toujours m'abriter dans les galeries commerciales avant qu’elles ne ferment. Je remonte vers le quartier historique où se trouvent concentrés le plus de magasins. Les voitures roulent au pas à cause de la neige, mais ça ne les empêche pas d’éclabousser mon pantalon à chaque passage. Si ça continue, il va être trempé.
Je finis par me réfugier dans une rue piétonne pour m’apercevoir que la plupart des boutiques commencent à tirer le rideau. Il est plus tard que je le pensais. Bientôt, il ne restera plus personne dehors. Ni aucun endroit chaud où me mettre à l'abri. Je longe la vitrine d’une librairie en faisant attention de ne pas glisser, quand un livre attire mon regard. Malgré moi, il m’impose un grand retour en arrière.
Une des rares choses que faisait très bien ma mère autrefois, c’était de raconter des histoires. Elle était plutôt chouette quand j’étais tout gamin et elle possédait un vrai don pour animer une lecture. Jusqu’à mes sept ans, il ne se passait pas un soir sans qu’elle ne vienne s’asseoir au bord de mon lit pour combler mon imaginaire. Elle privilégiait les contes. Je me souviens qu’elle avait une prédilection pour ceux d’Andersen. Elle ne les édulcorait jamais.
C’est fou ce que ce type est doué pour prendre aux tripes en se basant sur la misère du monde. Parce que franchement, certaines de ses histoires ne sont pas follement gaies. Rien à voir avec les versions tronquées de Walt Disney. Il y en a une qui me filait invariablement le bourdon. C’étaitLa petite fille aux allumettes. J’avais beau la connaître par cœur, je m’enfonçais sous la couette pour chialer dès que ma mère refermait la porte derrière elle.
Je devais être prédestiné. Parce que la petite fille aux allumettes, je lui ressemble un peu aujourd’hui. Ces lumières et toute cette bouffe inaccessible, sans compter la chaleur absente d’un bon poêle, me transfèrent à sa place. Sauf que je n’ai même pas une boîte d’allumettes pour réchauffer mes doigts. Malgré l’épaisseur des gants, je les sens qui s’engourdissent.
Les passants se font de plus en plus rares. J’ai froid, mon estomac crie famine et je tourne en rond depuis des heures. Je suis fatigué. Et je n’ai pas envie de me battre. Je sais, c’est lâche. Mais je me débats pour garder la tête haute depuis des années. J’ai l’impression d’être usé avant l’heure. Quel sera mon avenir ? En tout cas, celui qui s’ouvre devant moi ne mène nulle part. Et pour couronner le tout, le visage de Ludo me hante.
La neige vient de se remettre à tomber. J'ignore ce que je ferai demain, mais ce soir je dois me débrouiller pour ne pas m’endormir. Sinon, je vais mourir gelé. Dans ma situation, il est peu probable que je retourne au lycée après les vacances. Cette évidence me tord le cœur. J’ai envie de voir Ludo. Au moins une fois encore. Je pourrais essayer de marcher jusqu’à chez lui. Il habite à dix bornes, mais je suis plutôt sportif et j’aime la randonnée. De toute façon je n’ai pas le choix. L’apercevoir devient une obsession.
J’attaque la route en empruntant la voie la moins fréquentée. La météo retient les gens chez eux. Je ne serai pas dérangé par les voitures. C’est un peu plus long pour sortir de la ville, mais dès que les champs apparaissent, je regrette presque les trottoirs glissants à cause de la
neige tassée. Ici, elle s’amoncelle en couche floconneuse sur dix bons centimètres. Sa blancheur éclaire un minimum le chemin, mais son uniformité me permet difficilement de délimiter les fossés. Les traces de pneus encore visibles me serviront de guide.
La neige a fini par s’arrêter de tomber. Il me semble que je marche depuis des heures. Avancer devient une torture. Alors, quand je vois un luminaire lointain vaciller dans la nuit, j’ai du mal à contenir mes larmes en calculant la distance qu’il me reste à parcourir. Mais je ne dois pas abandonner. Mon but n’a jamais été si proche.
Les premières maisons de la petite bourgade où habite Ludo apparaissent enfin. Plus que la longue rue en pente à remonter après la place de la mairie. La plupart des volets sont fermés et je ne croise personne. Le village à l’air endeuillé de blanc. Si je ne trouve pas rapidement un abri, demain, c’est de moi qu’il fera le deuil. Je ne me suis jamais senti aussi lourd. Mes pas butent contre l’asphalte au point de se transformer en mini chasse-neige. Seule la pensée de revoir Ludo me pousse en avant...
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