Lettre à mon père

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A toi qui n’est plus là… Cela fait maintenant tant d’années que tu es parti, que je ne saurais te dire le nombre de nuits blanches que j’ai passé à penser à toi. Tu es parti sans même que l’on ne puisse te dire au revoir, tu nous as laissé sans même te retourner, nous prendre une dernière fois dans tes bras. Cela fait tant d’années que j’en ai oublié le son de ta voix et les contours de ton visage. Tu me sembles si inconnu que « papa » ne sort jamais de ma bouche, pourtant j’ai toujours ce vide en moi. Aujourd’hui j’ai grandi, mûri aussi, et je n’arrive toujours pas expliquer ton dédain envers moi. Est-il possible de ne pas aimer ses propres enfants ? Je ne veux pas y croire, mais tu es la preuve que tout est possible. J’aurais aimé pouvoir discuter avec toi, partager ce qui anime ma vie, te raconter tous ce qui me rend si triste aujourd’hui. J’aurais aimé que tu me réconfortes quand celle que j’aimais est partie, j’aurais eu besoin de toi dans ces moment-là, mais tu n’étais toujours pas là. Je te parle d’une personne que tu ne connais pas et qui elle, ne te connait que par ce que j’ai bien voulu lui raconter sur toi. Pourtant il faut que tu saches que cette fille a été ma renaissance quand ton absence devenait omniprésente à chaque secondes de ma vie.
Publié le : mardi 19 février 2013
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A toi qui n’est plus là…
Cela fait maintenant tant d’années que tu es parti,
que je ne saurais te dire le nombre de nuits blanches que j’ai passé à penser à toi.
Tu es parti sans même que l’on ne puisse te dire au revoir, tu nous as laissé sans même te
retourner, nous prendre une dernière fois dans tes bras.
Cela fait tant d’années que j’en ai oublié le son de ta voix et les contours de ton visage.
Tu me sembles si inconnu que « papa » ne sort jamais de ma bouche, pourtant j’ai toujours ce vide
en moi.
Aujourd’hui j’ai grandi, mûri aussi, et je n’arrive toujours pas expliquer ton dédain envers moi.
Est-il possible de ne pas aimer ses propres enfants ?
Je ne veux pas y croire, mais tu es la preuve que tout est possible.
J’aurais aimé pouvoir discuter avec toi, partager ce qui anime ma vie, te raconter tous ce qui me
rend si triste aujourd’hui.
J’aurais aimé que tu me réconfortes quand celle que j’aimais est partie, j’aurais eu besoin de toi
dans ces moment-là, mais tu n’étais toujours pas là.
Je te parle d’une personne que tu ne connais pas et qui elle, ne te connait que par ce que j’ai bien
voulu lui raconter sur toi. Pourtant il faut que tu saches que cette fille a été ma renaissance quand
ton absence devenait omniprésente à chaque secondes de ma vie.
J’aurais tant aimé te la présenter…
Après son départ je me suis senti abandonné une nouvelle fois mais pourtant aujourd’hui, elle reste
là pour moi, même si nos routes non plus le même chemin qu’autrefois et cela malgré tout le mal
que j’ai pu lui faire.
Cependant, j’ai dû me construire seul avec maman et Julie, tout refaire après ton départ,
réapprendre à vivre sans toi…
Que ce qui ne va pas chez toi pour ne pas avoir l’envie de me rencontrer ? De savoir qui je suis ?
Ta fille a tellement de qualité, elle devient une jeune femme, je m’en rends compte de jours en
jours, ce n’est plus cette petite gamine qui venais dormir avec moi quand maman dormait.
Mais cela ne te parle pas, tu n’étais déjà plus là.
J’aurais tellement de choses à te dire, des questions à te poser, que 20 ans ne suffirais pas, je
n’espère rien, je prends ce que l’on me donne sans m’apitoyer sur mon sort. Pourtant je crois que
ton unique devoir de père est de répondre à mes questions existentielles, tu me dois bien ça je
pense.
Tu sais, je ne suis plus un enfant, et la vie ne m’a pas épargné moi non plus.
Lorsque l’on me demande si j’ai déjà manqué de quelques choses, je leur réponde que non, que j’ai
eu tous ce qu’un enfant peut rêver d’avoir et doit avoir, tout le matériel requis, une maman rêvée,
une petite sœur extraordinaire, des amis formidables et un premier amour qui m’a rendu plus que
heureux, mais je leur dit aussi que tous cela n’est rien, quand quelqu’un vous manque, et j’affirme
aussi que le sentiment d’abandon surpasse tout le reste.
Celui-ci te reste toute ta vie, et tu es obligé de vivre avec, il n’y a pas de remède à cela, tu n’as pas
le choix. Tu es condamné d’avance…
Parfois, tu me manques tellement, que plus rien ne me fais sourire. Celle que j’aimais, elle savait
me le redonner. Aujourd’hui je ne trouve toujours pas de sens à ma vie, je ne sais pas où je vais, je
ne l’ai jamais sus, et je ne le saurais peut-être jamais. Et je me rends compte aussi fatalement
qu’au final, je ne sais pas non plus qui je suis.
On punit les enfants pour les erreurs qu’ils commettent, ma punition je l’ai bien reçu crois-moi !
J’ai toujours vécu avec, et je la traine derrière moi encore aujourd’hui.Pourtant on m’a aussi toujours dit que lorsque l’on punit un enfant, on doit lui expliquer les raisons
de celle ci. Toi tu ne m’as rien expliqué, et je suis là comme un con qui n’y comprend rien, je subis
sans pouvoir me défendre.
Toi seul as les réponses à toutes mes questions, mais tu n’es toujours pas là….
Un jour j’aurai des enfants, que vais-je leur dire quand ils voudront connaître leur grand-père ?
Ils porteront ton nom mais je ne connais même pas son histoire, ni la tienne d’ailleurs…
Que vais-je leur dire ?...
J’aurais aimé qu’ils puissent connaître les joies d’avoir un grand-père comme j’ai pu avoir.
Quelqu’un qui t’aime sans concession. Ils ne connaîtront jamais cela de mon côté, ils seront punies
eux-aussi sans que je puisse leur expliquer pourquoi à mon tour.
Je ne suis pas pressé d’arriver à ce jour où les enfants se posent plein de questions et où ton rôle
de père est d’y répondre. Mais je le ferai pour leur épanouissement et pour qu’ils puissent connaitre
leurs racines, aussi troubles soient-elles.
Je n’ai plus de souvenir de toi, tout est flou dans mon esprit, plus je grandis, plus mes souvenirs
s’effacent avec les années, il ne me reste que quelques photos de toi.
Il y a peu, j’ai eu la chance de rencontrer ta sœur, il y a de cela quelques mois, elle m’a dit que je te
ressemblais beaucoup physiquement et dans ma façon d’être, maman me le dit aussi parfois…
J’apprécie cette femme, elle a su venir quand il le fallait.
Je l’en remercie.
Mais j’espère qu’elles parlent de tes bons côtés car je pense que tu en as. Connaissant maman,
elle n’aurait pas fait d’enfants avec quelqu’un de mauvais et cela malgré tes erreurs de père.
Pourtant tu m'as laissé, j’en pleurs en ce moment même, ça me remue tellement que malgré toutes
ces années, la douleur ne part pas, c’est toujours la même, intact. Mais elle s’accumule avec les
autres soucis de la vie d’adulte, et toute cette réalité qui me fait parfois si peur…
Je ne pense pas être quelqu’un de faible, bien au contraire mais certaines blessures ne se
referment pas, et je crois que tu sais ce que c’est… On doit vivre avec.
Lorsque l’on me parle de toi, on me raconte tes histoires, ta façon d’être, les gestes que tu pouvais
avoir, j’envie ses personnes qui t'ont connu. Parfois je me dis, que tu as plus de souvenirs avec
certaines personnes sans importance, qu’avec tes propres enfants, et ça crois-moi, ça te déchire de
l’intérieur.
J’ai mis des années à ranger ma rancune, et aujourd’hui je ne te hais plus, je ne te veux plus de
mal, j’aimerais juste comprendre qui je suis, d’où je viens…
Sache Papa que si j’avais pu, je t’aurais dit de ne pas partir, mais j’étais trop petit pour comprendre.
Et je t’ai vu t’éloigner sans pouvoir agir.
J’aimerais pourtant pouvoir, à l’inverse de mon cœur, me faire une raison, mais je n’y arrive toujours
pas…
Si jamais l’envie te prend, tu seras le bienvenue chez moi, nous partagerons nos années où toi, tu
n’étais pas là…
Ton fils qui t’aime malgré tout
Cette lettre ne te parviendra surement pas mais sait-on jamais. Je partirai un jour, mais cette lettre
restera et permettra peut-être à certain de comprendre le pourquoi de ce que j’ai été.

Les commentaires (2)
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YARABE

touchant!!!!!! emouvant!!!!
sois benie mon frere

mardi 2 décembre 2014 - 09:23
juliasmile1

Très touchant comme tout ce qui vient du coeur. J'espère que tu trouveras un moyen de faire parvenir cette lettre à ton père et que vous aurez en commun ce beau coeur que tu as.

vendredi 14 novembre 2014 - 19:49