ECLUMES

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La verve d’une poésie déclamatoire tour à tour acerbe, lyrique, onirique ou tendre, dont l'oralité exulte les mots dans l'accord insolite de la familiarité et d'un langage soutenu, s’exprime avec la force bouillonnante de l’écume d’une plume alerte à travers ce fascinant opuscule de poèmes, haïkus et bribes de rêves.
Publié le : samedi 7 février 2015
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DESIDERIUS DADIER

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ÉCLUMES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Texte soutenu et labélisé par les Écritures indépendantes

http://lesecrituresindependantes.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MOTS RIMÉS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SILENCE !

 

Le silence, je l’ai dans les veines.

C’est lui qui vocifère mes haines

C’est lui, il faut s’y faire, dont le chœur

Chante les fleurs écloses de mon cœur.

Alors, seuls les nyctalopes de l’âme

Savent entendre ce qu’il clame.

Et ça fait pas des foules

Parce que les foules, c’est pas le même moule.

Que voulez-vous, on a beau faire, on n’est

Jamais que comme l’on naît.

Le puîné, il avait revêtu la tunique,

Dès tout petit déjà, de l’unique.

C’était au temps des cités désalléchantes

Quand la sonnante était trébuchante

Quand la galette prenait des jambes à son cou

Les jambes d’un autre pour le coup.

C’est là-bas aux rives de la solitude

Qu’il allait chercher sa plénitude.

Et ça fait toute l’indifférence

Parce que là y’a pas d’interférences.

Les foules, ça braille, ça braille

Les foules, ça se débraille.

Et ça fait bien des maux

De laisser perdre tant de mots

Des mots, des maux, ô malentendus

Ô malentendus des langues bien pendues.

Ces langues, il faudrait bien finir par les pendre

Les traîner en place de Grève

Ou bien leur faire voter la grève.

Deux oreilles pour une bouche

Vous ne trouvez pas ça louche ?!

Ça fait un drôle de triangle

Aux Bermudes, il a le même angle.

 

 

Et ça tombe et ça s’perd

C’est jamais à bon port ces mots d’air.

On pourrait en faire des recueils

Au lieu de s’en faire des écueils.

La faune éthique ça se dévergonde,

La phonétique, ça refait le monde

Et t’as pas vu l’orthographe ?

Regarde là qui s’dégrafe !

Un mot, c’est fait pour s’allonger

Pour être dégusté, se faire prolonger.

Du vent, du vent, des volutes invisibles

Comme des nuées d’insectes nuisibles

Des paroles, des paroles et ça s’envole,

Le silence, lui, il danse la carmagnole.
S’il fallait mettre dans la balance

Autre chose que du silence,

Quelque chose de suffisamment dense,

Que mettre d’autre que le vacarme

Qui rime quand même avec les armes.

Les paroles, tu leur retournes ta veste

Mais dans l’silence y’a les gestes

Et les gestes, eux ils restent

Alors, tu t’sens un peu moins leste.

Et puis y’a la loge du rez-de-chaussée, la concierge

Celle qu’il y a longtemps qu’elle est plus vierge

Oui, celle qu’on appelle ta conscience

Ah, elle n’a pas étudié les sciences

Mais elle voit tout, elle entend tout

On la voit pas mais elle sait tout !

Des fois l’silence ça s’coagule

Alors ça fait les conciliabules.

La salive ça en fait un drôle de concert !

Et après ça qu’est-ce qu’on vous sert ?

 

Et v’là le plateau des engueulades

Qui s’en viennent faire leur promenade.

Encore des mots qui sont en trop

Encore ces foutus piliers d’bistrot !

Des mots et j’t’en tire des rafales

Et faut les voir comme ils s’affalent.

On dit qu’on rit

Qu’c’est la vieillerie.

Les gens aussi ça s’coagule

Et alors, c’est l’grand piétinement des virgules

Ça fait les mots désappropriés

Ça fait qu’on s’croirait à la criée

Où on n’vendrait pas du poisson

Mais où s’distillerait le poison.

Ça fait le thonier enalgué.

C’est l’absence du dico pour faire le guet

Alors moi j’prends le large

Et l’on voit plus qu’le carré de ma barge.

T’en fais quoi de tous ces mots qui trépassent ?

Eh, dis donc, c’est quand ta marée basse ?

Vous pouvez bien masturber les moules

Y’a bien longtemps qu’moi j’ai quitté les foules

Parce que les foules ça s’émoustille

Ça voudrait faire sa prise de la Bastille

Les antonymes se disent d’accord

Parce qu’ils veulent y croire encore

Alors, c’est l’assassinat des nuances

C’est l’grand défilé de l’assonance

Et ça fait les âmes désaccordées

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