Jean-Claude Renard - Père, voici que l’homme

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Jean-Claude Renard Père, voici que l’homme Amis de Hors Jeu Éditions Éditions L’Écritoire 1998 Jean-Claude Renard Père, voici que l’homme Amis de Hors Jeu Éditions Éditions L’Écritoire 1998 Père, voici que l’homme Tous droits réservés par l’auteur © Jean-Claude Renard, 1998 3 Jean-Claude Renard Table Avant-propos..................................................................................6 Père, dans l’épaisseur.....................................................................7 Père, je suis ici..............................................................................13 Père, ce corps de feu...................................................................17 Père, qui êtes seul........................................................................23 Père, si l’homme est né...............................................................27 Père, dès que le monde...............................................................33 Père, alors que le Christ..............................................................38 C’est quand vous refusez............................................................41 Père, je suis en sang.....................................................................44 Père, dans cette nuit....................................................................52 Père, voici que l’homme.............................................................55 Père d’or et de sel........................................................................
Publié le : mercredi 11 décembre 2013
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Jean-Claude Renard
Père, voici que l’homme
Amis de Hors Jeu Éditions Éditions L’Écritoire 1998
Jean-Claude Renard
Père, voici que l’homme
Amis de Hors Jeu Éditions Éditions L’Écritoire 1998
Père, voici que l’homme
Tous droits réservés par l’auteur © Jean-Claude Renard, 1998
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Jean-Claude Renard
Table
Avant-propos..................................................................................6 Père, dans lépaisseur.....................................................................7 Père, je suis ici..............................................................................13 Père, ce corps de feu...................................................................17 Père, qui êtes seul........................................................................23 Père, si lhomme est né...............................................................27 Père, dès que le monde...............................................................33 Père, alors que le Christ..............................................................38 C’est quand vous refusez............................................................41 Père, je suis en sang.....................................................................44 Père, dans cette nuit....................................................................52 Père, voici que lhomme.............................................................55 Père d’or et de sel........................................................................59 Père, vous navez pas..................................................................62 Père, que chaque corps...............................................................68 Père, cest chaque jour................................................................74 Ô corps pétrifiés..........................................................................79 Ô Père, après les jours................................................................82 Du même auteur..........................................................................86
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Père, voici que l’homme
« Je suis la Voie, la Vérité et la Vie. » (Jean,XIV, 6.)
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« … Tout est à vous : le monde, la vie, la mort, le présent, l’avenir. Tout est à vous. Mais vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu. » (I Corinthiens,III, 21-23.)
Jean-Claude Renard
Avant-propos
C’est un appel d’ordre spirituel — partagé avec mon ami : le poète Jean-Michel Fossey — qui me fait aujourd’hui, sous son égide, accepter la réédition dePère, voici que l’homme, livre publié en 1955, à Paris, par les éditions du Seuil, et qui reçut, en 1956, le Grand Prix catholique de littérature patronné en particulier par François Mauriac et Gabriel Marcel. On pourra sans doute s’étonner de trouver dans cet ouvrage une prosodie fort classique. Il y a plus de quarante ans, l’emploi de l’alexandrin, en sa simplicité et sa compréhensibilité, convenait alors seul à cette sorte de prière que voulait être mon langage, surtout au sortir de la dangereuse et douloureuse expérience ésotérique précédemment vécue par moi. Aussi ai-je compris qu’il me fallait ne pas changer un mot aux dix-sept poèmes qu’on va lire ici. J.-C. R.
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Père, voici que l’homme
Père, dans l’épaisseur
Père, dans l’épaisseur de ce limon souffrant l’homme est impuissant à tirer seul de lui l’arbre et la vigne auxquels aspire tout son sang et dont pourtant les eaux ont pénétré la nuit,
dans ce corps où sans cesse il cherche avec son corps un homme qui sans cesse est au-delà de l’homme, au-delà de ses fruits, au-delà d’une mort qui divise partout sa mœlle et son royaume,
dans ce cœur que n’habite aucune certitude et qu’aucun nom plus haut que le nom qu’il se donne ne promet à son sens et à sa plénitude quand il n’est que sa source et n’appartient qu’à l’homme,
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Jean-Claude Renard
quand descellé, tari, brûlé par son silence et n’ayant plus que lui pour mystère et pour proie il ne se nourrit plus que d’angoisse et d’absence alors que tout entier il est fait pour la joie,
quand reniant l’amour qui féconde l’amour il ne peut pas vraiment croître et fructifier ni prendre son vrai poids ni former de ses jours des jours déjà liés à leur éternité,
quand n’attendant son blé que du monde qui passe il n’en a que le sel, le sang et la sueur
alors que c’est le blé qui attend son espace de l’homme ensemencé par l’homme intérieur,
par l’homme que l’Esprit a fait dans la chair même en l’homme plus profond que l’espace de l’homme et qui n’a pu ainsi qu’être ouvert par vous-même au seul amour qui ouvre et qui scelle et qui nomme,
et peut nommer du nom immuable et vivant que chaque être a déjà et aura dans la gloire tout ce qu’il a créé pour que tout soit son chant et offre à Dieu le pain de son propre offertoire,
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Père, voici que l’homme
Père, dans cette chair où l’homme entend quelq ’ n u u qui n’est pourtant pas lui sans cesse lui parler, sans cesse le hanter d’un feu et d’ n parfum u plus fort et plus secret que l’odeur de l’été,
dans ce corps qui sans cesse et partout dans le monde ne peut chercher qu’en vain de limite en limite à trouver en lui seul la substance féconde capable de combler le désir qui l’habite,
de combler cet espoir qui le dépasse tant et qui est cependant si pleinement sa terre que rien ne peut germer et donner son froment sans recevoir de lui ce qu’il reçoit du Père,
qui d’autre que l’Esprit aurait pu comme l’or enfanter cet espoir, ce désir et ce feu et faire déferler et passer sur la mort
ce grand fleuve vivant qui prend sa source en Dieu,
qui d’autre aurait que vous pu jamais y creuser ce lieu central en lui qui est un lieu sacré, un lieu avide et nu et uniquement fait
aux mesures du Dieu qui doit y demeurer,
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Jean-Claude Renard
un lieu fait à la fois pour le Père et pour l’homme, pour que le Verbe l’ouvre et que l’homme à son tour en s’y ouvrant à Dieu s’y ouvre aussi à l’homme et en se connaissant connaisse votre amour,
un lieu essentiel, un lieu de vérité que peut seul appeler à s’ouvrir à la Vie Celui qui entre l’homme et votre éternité est seul le Corps parfait qui les couvre et les lie,
est l’unique Parole, unissant l’Homme et Dieu, qui soit universelle et unique pour tous et qui puisse combler cette attente et ce lieu en se donnant à tout pour que tout soit à vous,
Père, dans cette chair où l’homme n’est vivant qu’en vivant dans le Christ et en vivant de lui il faut pourtant que l’homme en vous offrant son sang accepte librement les semences du Christ,
que librement lui-même il se donne à l’amour pour que l’amour soit fait de son exacte force, pour que la joie du Christ soit la joie de ses jours et le monde la joie qui naîtra de leurs noces,
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Père, voici que l’homme
et pour que ce qu’il nomme ait son sens en lui-même selon le nom vivant dont Dieu l’aura nommé, selon le nom vivant qui le change en lui-même et qui est le seul nom dont il doit se nommer,
et qu’il nomme la terre et que la terre entière à travers son vrai nom prenne le nom du Christ, prenne le nom nouveau et le nom de lumière que le Christ a pour elle annoncé dans le Christ,
et que tout ce qu’il nomme ait le poids de son sang, le poids du corps de gloire et le poids de l’esprit que chaque homme ne prend qu’en ce Corps et ce Sang qui font de ses moissons les moissons de l’Esprit,
et qu’en nommant en vous la souffrance du monde le sang du monde s’ouvre et soit changé en joie et que le monde en vous devienne l’autre monde fait de ce monde même ouvert à l’autre joie,
et que l’arbre qu’il nomme avec le nom de Dieu ait soudain dans le temps pouvoir d’éternité et puisse dès ici par la force de Dieu
prendre déjà le corps de son éternité,
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