Mes Moires

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Stendhal a écrit : "un roman, c'est un miroir qu'on promène le long d'un chemin". On peut percevoir "Mes Moires" comme un miroir brisé où chaque poème serait un des morceaux.
Entraîné dans un florilège de "je", on découvre au travers de chaque texte un bout de l'auteur, nous permettant ainsi de reconstituer son reflet. Reflet qui est aussi le nôtre, car on se regarde dans l'oeuvre, et, bercé dans la musicalité des mots, il est surprenant de s'y reconnaître. Une identification permise par des thèmes touchants, épineux voire tabous, dont les sens en cachent d'autres.
Il faut parfois aller au-delà du miroir pour réellement voir.
Publié le : samedi 21 mars 2015
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Nombre de pages : 34
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Henrik Nourry
HENRIK NOURRY MES MOIRES
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“J’écris sur ce que j’endure, les petites morts, sur les blessures J’écris ma peur, mon manque d’amour J’écris du coeur mais c’est toujours Sur ce que je n’ai pas pu dire, pas pu vivre, pas su retenir J’écris en vers et contre tous C’est toujours l’enfer qui me pousse À jeter l’encre sur le papier La faute sur ceux qui m’ont laissée Ecrire c’est toujours reculer L’instant où tout s’est écroulé” Zazie,Sur Toi
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Schizophonie Debout, courirTravailler, dormirRoulé en boule dans la routine Au fond de moi les douces comptines Pétillent mes yeux quand je piétine Et qu’on sonne mes cloches matines Après tout ce n’est pas ma vie Mais voici celle que j’ai choisie Une étoile qui illumine Par ces disques de platine Des sourires comme pour me dire « Je t’aime »Un écho lointain Me saisit dans ma salle de bain Une brosse à dents à la main Et puis je reviens à l’anonyme Encore dansant dans mes dessous Dim Dans la rue personne ne s’arrête Ignorant la vedette secrète Qui sommeille à l’intérieur de moi Mais bientôt acclameront de leur voix L’étoile que je suis, divine Par ces disques de platine Leurs sourires qui viendront me dire « Je t’aime »Et l’écho lointain Me saisit dans la salle de bain Une brosse à dents à la main Mélodie de ma vie Mélo mêlé de nuit Où jouent mes soupirs Sur les partitions de ma schizophonie
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Expressions de bon sens J’ai toujours dit : « Fontaine je ne boirai pas de ton eau » Mais « qui ne tente rien n’a rien » Alors je m’abandonne que trop À ces « jeux de mains jeux de vilains » Après tout « ne jamais remettre à demain Ce qu’on peut faire le jour même » « Qui m’aime me suit » À ces petits plaisir de nuit « Ce qui est petit est gentil » ! Ne crois pas que je veuille tout entreprendre « Il ne faut pas vendre La peau de l’ours avant de l’avoir tué » Je sais que c’est osé « Pour vivre heureux vivons cachés » Puisque « pas vu, pas pris » Allons-y Ne dit-on pas « mieux vaut tard que jamais » ? Je reste fair-play Mais « il n’y a pas de fumée sans feu » Car « quand on veut on peut » ! Je préfère te dire : « Mieux vaut prévenir que guérir » Tandis que tu veux partir en cette heure Fatalement « loin des yeux loin du cœur ».
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Bulle Ce n’est pas la première fois Que cette sensation croît en moi Certainement pas la dernière Qui s’étend sur la terre Tous ces gens se bousculent Avancent et jamais ne reculent Ils me font si peur Dans leurs cris intérieurs Affluant dans la même direction Sans les bonnes questions La foule coule dans un torrent Incontrôlé, s’imaginant Qu’un jour prochain « Tout finira bien » Qu’il est doux de rêver Échappatoire d’un monde blessé Quand je ferme les yeux lentement J’échappe à ce noir cauchemar Qui ternit ces cœurs encore sanglants Au bord d’un cruel désespoir Je rêve ma vie loin d’ici Tout est bleu, plus de gris Un instant, une seconde Je respire dans mon monde Ma bulle m’inondeCe n’est pas la première fois Que je ne crois plus en toi Pas plus en moi, mais je l’avoue Comment ne pas avoir peur de tout ?... Et ils se lancent plus qu’ils n’avancent Quelle importance « chacun sa chance » ! Je me perds près d’eux On me tue à petit feu Alors je ferme les yeux doucement L’ataraxie se fait énergie Un vent apaisant me vole du présent Souffle me ramenant à la vie Sur d’autres chemins à contre-courant Loin des hommes pour être plus humain Ainsi tombe l’étreinte d’Incertain Je respire dans mon monde Ma bulle m’inonde
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D’anges et d’amour La tête dans les nuages Quand ses yeux me dessinent Coup de foudre avant l’orage Cette envie assassine Je me sens pousser des ailes Avec lesquelles je perds mon envol Pour mieux recevoir le ciel Sur la tête, écrasé au sol Du sourire de l’ange Il m’entraîne vers le haut Pour faire le grand saut Et dans un mélange D’être ange et démon Laisse le masque tomber Quand de mon corps envoûté À pris possession Jouant de ma naïveté Enfantine pour me bercer De tes fallacieuses comptines Épines clandestines Je vais me laisser tenter Moi aussi par le péché et De ton auréole usurpée À ton cou passée, t’étrangler ! Du sourire de l’ange Je le pousse de haut Pour qu’il tombe sur le dos Et dans un mélange De vengeance et de déception L’enchaîne à sa condition Qu’il embrasse sa dévotion Pion dénué d’émotion Loin du septième ciel Je garde les pieds sur terre Sans goûter la douceur du miel Qui laisse une saveur amère Le paradis avant l’enfer
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Des illusions Vous m’avez bercé dans un univers magique,Raconté tant d’histoires fantastiques Où les fées sont nos marraines Les châteaux peuplés de rois et de reines Souvent pour me réfugier J’allais dans ces contrées imaginées Et guidé par l’innocence Tous mes sens en éveil Je croyais à ces merveilles : Les trésors de l’enfance. Et je volais, volais Dans la nuit étoilée Peter Pan me faisait voyager En ce pays naissaient Mille fantaisies, la magie Étourdissait mon esprit. Quand vient le jour du réveil, Il faut sortir de ses rêves L’amer remplace le miel. Comme un arbre sans sève J’ai perdu mes élixirs Tout ce grand empire. Ainsi mes fantaisies saisies, Les joies de la magie Et mes amis se sont enfuis Alors j’ai grandiEt je suis tombé Sans même me relever Dans la réalité : Un monde entravé Où pieds et poings liés On nous retient prisonniers. Aujourd’hui si j’écris C’est pour redonner vie À toutes mes folies Et le soir dans mon lit C’est Hoffmann que je lis Pour ses fantaisies Mes mondes retrouvés À nouveau je peux voler.
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Les voix de l’ombre Susurre l’obscur dans le dédaleDe l’inconscient palissant d’émotions Sous ces moi d’émoi transcendant Les passions qui se bousculent, s’emballentSéduit par son chant ensorcelant « Je te donne la vie contre ton sang » La mort fait de moi son amant Et lorsque tout autour se tait Je m’abandonne à ses attraits Son corps m’affectionne et me plaît Murmurant ses plus noirs secrets Mes veines s’offrenten paix Susurre l’obscur dans le dédale De mes sentiments frissonnant d’abandon Sous les maux que souffle le vent violent Pas même la raison ne résiste à sa toile Tissée d’un amour profond saisissant Entraînant mes peines et blessures dans le néant J’avance dans cet abîme apaisant Le renoncement s’impose comme une évidence Les voix de l’ombre m’enlèvent à l’existence : L’Enfer qui fait de moi son essence Les voix de l’ombre sont ma délivrance
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Mystère De mon moi inaccessible Tu désires étreindre Les mystères imperceptibles, Mes secrets cachés Qui me conservent entier Mais sais-tu qu’à vouloir ouvrir Ma boîte de Pandore Notre amour peut périr ? Dans les mille et un secrets Qui nous entourent J’ai percé leurs mystères Et goûté leur nectar de velours Ainsi j’ai perdu l’envie Le plaisir de découvrir Laisse-moi te fasciner Sans chercher à m’élucider Ne tente pas de trouver la clé De ma porte qui doit demeurer scellée Si ma part d’ombre précieuse Venait à entrer dans la clarté lumineuse À jamais dissous je serais À tes yeux je disparaîtrais Jure-moi de ne pas t’immiscer Dans ma cité interdite Le mystère doit rester entier Les dessous dissimulés Seuls à la lumière de l’amour Bâtissons un empire Où nous tresserons un lien autour De nos désirs Et attiserons par eux la flamme Consumerons nos âmes Éternellement Sans jamais toucher vraiment Ce qui crée l’engouement.
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De tes petits jeux malins À mes actes coquins Un écran nous retient Proches mais pourtant si loinEt ton regard de feu Attise ma flamme Tandis que nos charmes Agissent si lentssilencieux Sous ton peignoir de coton Je devine l’émotion Et ton envie d’émoi Présage un jeu de moi Quand glissent les dessous À nos chevilles Je perçois comme fous Tes yeux qui brillent Envoûté, imaginant Ton corps contre le mien Ton bassin élégant Dans ce va et vient Ta langue qui s’éparpille Sur mon cou qui frémit Et tu me déshabilles De tes doigts infinis J’entrevois les contours, Les limites de ton torse Puis sentir à ton tour Les atouts de ma force Vient enfin l’instant où Dans ma pénombre Tu t’immisces tout doux Pour l’étreinte de l’ombre De tes petits jeux malins À mes actes coquins Un écran nous retient Proches mais pourtant si loinEt ton regard de feu Attise ma flamme Tandis que nos charmes Agissent si lentssilencieux
De toi à moi
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J’agrandis la fenêtre Pour caresser tes mots Où derrière chaque lettre Se dessine le beau : Toi et moi sous les draps Toiémoi devant moi Mais les cœurs indécis Face au moment précis Activent nos peurs Sous une pluie de pleurs Et je ne parle pas Tu ne regardes plus Sous le silence froid Nous sommes perdus C’est pourquoi toi et moi Nous ne bougeons plus Si tes petits jeux malins Et mes actes coquins Se tiennent bien loin De cet écran vilainSi tes petits jeux malins Et mes actes coquins Se retrouvent tous les deux Un jeu si lentsilencieux
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