Relfets (extraits)

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Chair d'une ville. Statue vivante et immobile Aux yeux tombants sur le pavé Ombre gênante de nos villes Implorant d'une main blessée Un souvenir de dignité‚ Accablé des regards trop fiers De ces passants aux yeux braqués Sur la laideur de ta misère Jamais une larme ne file Hors de cette triste marée Des anonymes de nos villes Qui tous gardent les yeux tournés Vers un avenir jalonné De cathédrales de lumière Chacune a sa pierre posée Sur la laideur de ta misère Fatigués de larmes inutiles Tes yeux parfois se reposaient Et endormi triste et tranquille Tu rêvais à la liberté Et toujours tu te réveillais Et la vie dans les mêmes fers Et le regard toujours posé Sur la laideur de ta misère Cette nuit-là tu as pleuré De faim, de froid et de colère Le jour s'est à jamais couché Sur la laideur de ta misère. Utopie sanglante.
Publié le : dimanche 10 mai 2015
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Chair d'une ville.
Statue vivante et immobile
Aux yeux tombants sur le pavé
Ombre gênante de nos villes
Implorant d'une main blessée
Un souvenir de dignité‚
Accablé des regards trop fiers
De ces passants aux yeux braqués
Sur la laideur de ta misère
Jamais une larme ne file
Hors de cette triste marée
Des anonymes de nos villes
Qui tous gardent les yeux tournés
Vers un avenir jalonné
De cathédrales de lumière
Chacune a sa pierre posée
Sur la laideur de ta misère
Fatigués de larmes inutiles
Tes yeux parfois se reposaient
Et endormi triste et tranquille
Tu rêvais à la liberté
Et toujours tu te réveillais
Et la vie dans les mêmes fers
Et le regard toujours posé
Sur la laideur de ta misère
Cette nuit-là tu as pleuré
De faim, de froid et de colère
Le jour s'est à jamais couché
Sur la laideur de ta misère.
Utopie sanglante.
Sous la lourde chaleur d'un soleil sans partage
Au sable rafraîchi d'un clapotis tranquille
Des palmiers déplumés courbés sur le rivage
Sont les légères voûtes au paradis des îles
Sous le ciel bleu la vie suit un tout autre cours
L'esprit dérive aussi avec les grandes voiles
Nos âmes sont bercées par des rythmes bancales
Habillées pour un temps de musique et d'amour
Le vent a refermé les trous des jambes en bois
Dans le sable brûlant, et fait tomber les croix
Des compagnons perdus, leurs rêves encore au cœur
Des prisonniers tués dans leurs yeux la terreurEn s'avançant pourtant parfois au cœur des terres
Quelques ruines oubliées racontent leur histoire
On les voit s'avancer, pirates et corsaires
On voit flotter au loin encore un drapeau noir
Des voilures au retour d'expéditions sanglantes
Les cris d'un rouge ara, des cendres d'utopie
Un crâne et deux tibias, les armoiries pâlies
D'un capitaine mort dont les os ont blanchi.
Auprès du béton.
« Auprès de ma blonde,
Qu'il fait bon, fait bon, fait bon
Auprès de ma blonde
Qu'il fait bon dormir »
Et la fumée s'exhale
De ma Malbak dégueu
Vers le vieux plafond sale
De mon appart' miteux
Mon seul ciel bleu sont ces
Volutes de fumée...
« Auprès de ma blonde,
Qu'il fait bon souffrir »
Tout près des containers
En bas sur le parking
La vénus de huit heures
En est au second string
Et sous ses cheveux roses
S'agite une autre dose
« C'est à boire, à boire, à boire
C'est à boire qu'il me faut »
Une brume morbide qui s'échappe et se rue
Hors des bouches d'égouts
L 'haleine méphitique des entrailles charnues
Se répand jusqu'à nous
Derrière la poubelle grise les éboueurs ont remué
La carcasse d'un poivrot caché pour roupiller
Mais sur le goudron sale des vestiges sont collés
De son dernier sommeil, vin rouge et sang mêlés
« Gentil coquelicot, Madame
Gentil coquelicot nouveau ».Libertalia.
Le sang des marins se mêlait
Aux larmes, à l'horreur et aux cris
Les flots rouges à peine quittés
Déjà le drapeau noir flottait
« Victoire! » Misson, Carracioli
Fils de Provence et d'Italie
Ont guidé ton bois fatigué
Vers une Terre d'utopie
Libertalia, Terre d'espoir
Les pas encore de tes mutins
Font trembler du soir au matin
Les eaux bleues de Madagascar
Méprisant le suaire et la faux
Les lys, les roses déchargés
Le bleu du ciel, le noir de l'eau
Comme un hymne à la liberté
Un jour salé comme les larmes
Comme le sang au bout des armes
Ainsi naîtra, morbide gloire
La terreur de leurs crânes noirs
Libertalia, Terre d'espoir
Les pas encore de tes mutins
Font trembler du soir au matin
Les eaux bleues de Madagascar
Les vagues se sont refermées
Sur les sillons des rêves pirates
De nouveau les bourgeois s'empâtent
Dans les festins de leurs palais
La poussière des drapeaux barbares
Nous pourrons bien la balayer
Quand nous voudrons aller chercher
Les songes des utopies noires
Libertalia, Terre d'espoir
Les pas de tes nouveaux mutins
Feront trembler soir et matin
Les eaux bleues de Madagascar
Martyrs.
Pardonnez-moi, anciens martyrs
Si je persiste à m'avancer
Dans les lices encore fumantes
Toujours chaudes de vos charniers Et pardonnez-moi si je marche
Dans vos traces hors de vos pensées
Permettez un peu l'escapade
Le détour du chemin tracé
Et pour une autre sérénade
Que je prenne une liberté
Mais n'est-ce pas bon sang gâché
Au fond, de l'avoir répandu
Est-ce une utopie disparue
Que rêver l'homme désarmé ?
Pardonnez-moi, anciens martyrs
Si je persiste à questionner
D'idées peut-être extravagantes
Le murs rougis de vos cités
Mais s'ils peut arriver qu'ils lâchent
Bien malgré eux quelque secret
Permettez un peu l'escapade
D'un amical « Post-scriptum » mais
J'ai entendu des sérénades
Et vos morts ont été chantées
Vos bonnes vies auraient été
Au nom de vos idées perdues
Est-ce une utopie disparue
Que rêver l'homme respecté ?
Pardonnez-moi, anciens martyrs
D'être venu vous déranger
Ce ne sont pas vos tristes tombes
Que je cherchais à retourner
Mais bien ces mots qui ont fait couler
Le jus rouge de vos idées
Mais n'est-ce pas bon sang gâché
Au fond, de l'avoir répandu
Est-ce une utopie disparue
Que rêver l'homme désarmé ?

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