Quiétude à partager

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Depuis trop longtemps déjà, tu sommeilles sur le canapé rouge, ta tête repose sur l’accoudoir, tache blanche sur le velours cramoisi, masse ronde aux

Publié le : lundi 4 mars 2013
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Depuis trop longtemps déjà, tu sommeilles sur le canapé rouge, ta tête repose sur l’accoudoir, tache blanche sur le velours cramoisi, masse ronde aux contours mousseux, boule de coton cueilli dans un champ de Virginie, cette teinte virginale posée sur ce rouge sang m’inquiète. Tu sursautes. Des tressaillements agitent ton corps, tirant tes lèvres en sourires saccadés, agitant tes yeux sous tes paupières closes. Des décharges électrisent tes membres de marionnette désarticulée. Que faire ? Ces effluves oniriques s’éloignent, tu t’apaises comme les feuilles d’un arbre lorsque le vent tombe, je me rassure. Puis, je susurre ton nom d’une voix à peine audible. M’en voudras-tu vraiment d’interrompre ce somme ? Me délaisseras-tu, hautain, sans un égard ? Tant pis, je prends le risque, ta chaleur me manque. Dès mon deuxième appel, tu as ouvert les yeux. De brefs éclats dorés parsèment leur verdeur, braises incandescentes déposées sur la mousse, fragments étoilés tombés sur l’herbe fraîche. A une époque lointaine, cette couleur d’iris t’aurait valu d’être brûlé vif sur un bûcher, tu le sais ? Tu me souris d’un regard moqueur, t’étires mollement, d’une lente langueur. Tu t’approches de moi, grimpes sur mes genoux, frottes ta tête sous mon menton en un geste câlin, d’une grâce toute chatte. Ma main caresse ton pelage si doux, mes doigts glissent sous ton ventre élastique, ton ronronnement monocorde berce enfin mes frayeurs. Toi et moi, c’est l’histoire d’un amour entre un humain sauvage et un chat domestique …
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