Expresso Love (Chapitre 8)

De
Publié par

CHAPITRE VIII Madame Madoula se faisait prier pour confier Marley, son petit chéri, à Sœur Desmonde et à Frère Bénédict qui commençaient à perdre patience et à se sentir presque à bout d’arguments. Deux longues heures de discussion pour en revenir au point de départ. Oui, l’autre jour, prise dans une sorte de crise mystique, elle avait accepté l’idée de le laisser partir avec eux, mais elle avait longuement réfléchi depuis. Se dessaisir de son bébé allait être un arrachement, un crève-cœur pour elle. Jamais elle ne s’en remettrait. De bons croyants comme eux n’auraient pas la cruauté de le lui arracher et d’être responsable de sa mort. Car c’était sûr, elle en mourrait de chagrin de le voir partir… – Mais, reprit JB, vous aviez pourtant admis que vous ne pouviez pas vivre plus longtemps dans le péché, que vous ne risquiez rien moins que de trouver l’enfer, la géhenne à l’arrivée… – Je sais, je sais, soupira-t-elle, mais que fai' d’autwe ? – Arrêtez de mentir à tout le monde et à vous-même. Renoncer au vol, au recel, au mensonge, à Sheitan le grand tentateur, affirma fortement Lenoir, prêt à reprendre l’avantage. – J’y wenonce… Mais enfin, c’est sa pwopwe mèwe qui me l’a confié, cet enfant… Il était tout petit, pas plus gwand que ça, ajouta-t-elle en écartant à peine les mains. Et il a poussé à toute vitesse, comme un gros champignon ! – Madame Malouda, vous voyez bien vous-même que ce n’est pas un enfant comme les autres.
Publié le : vendredi 5 décembre 2014
Lecture(s) : 104
Nombre de pages : 17
Voir plus Voir moins
CHAPITRE VIII
Madame Madoula se faisait prier pour confier Marley, son petit chéri, à Sœur Desmonde et à Frère Bénédict qui commençaient à perdre patience et à se sentir presque à bout d’arguments. Deux longues heures de discussion pour en revenir au point de départ. Oui, l’autre jour, prise dans une sorte de crise mystique, elle avait accepté l’idée de le laisser partir avec eux, mais elle avait longuement réfléchi depuis. Se dessaisir de son bébé allait être un arrachement, un crève-cœur pour elle. Jamais elle ne s’en remettrait. De bons croyants comme eux n’auraient pas la cruauté de le lui arracher et d’être responsable de sa mort. Car c’était sûr, elle en mourrait de chagrin de le voir partir… – Mais, reprit JB, vous aviez pourtant admis que vous ne pouviez pas vivre plus longtemps dans le péché, que vous ne risquiez rien moins que de trouver l’enfer, la géhenne à l’arrivée… – Je sais, je sais, soupira-t-elle, mais que fai' d’autwe ? – Arrêtez de mentir à tout le monde et à vous-même. Renoncer au vol, au recel, au mensonge, à Sheitan le grand tentateur, affirma fortement Lenoir, prêt à reprendre l’avantage. – J’y wenonce… Mais enfin, c’est sa pwopwe mèwe qui me l’a confié, cet enfant… Il était tout petit, pas plus gwand que ça, ajouta-t-elle en écartant à peine les mains. Et il a poussé à toute vitesse, comme un gros champignon ! – Madame Malouda, vous voyez bien vous-même que ce n’est pas un enfant comme les autres. Je suis persuadé qu’un grand destin l’attend. Sa venue va bouleverser le cours de l’Histoire de l’Humanité… Vous n’allez pas vous mettre en
travers de son chemin tout de même ? Devant l’air inspiré de frère Bénédict, Madame Madoula resta un moment sans voix, puis reprit : « Que je vive dans le péché, je l’admets… J’en suis même twès twiste… Mais que mon petit ait un grand aveni', ça me dépasse complètement. Fwèwe Bénédict, vous n’avez pas wemarqué sans doute que son intelligence ne s’est pas développée aussi vite que son corps ? » – Justement, c’est à cause de cela. D’ailleurs n’importe qui peut lire dans le Livre Saint : « Heureux le pauvre en Esprit car il verra Dieu. » C’est une preuve ! – Si tous les cwétins voyaient Dieu, ce sewait la pawadis su tewwe, objecta Madoudou. – Madame Madoula, intervint Desmonde, il est dit également que le Ciel nous enverra un enfant, pauvre parmi les pauvres, tel un agneau perdu au milieu des loups… Plus il sera défavorisé en intelligence et plus les simples d’esprit pourront s’identifier à lui… La vieille femme noire ne savait plus quoi répondre. Les deux missionnaires ne l’avaient pourtant pas convaincue. Pire encore, plus la discussion avançait, moins elle avait envie de lâcher son chéri. C’est là que JB intervint avec des arguments plus convaincants. – Nous sommes certains, Madame Malouda, que votre fils est l’Envoyé, celui que toute la Galaxie attend dans la souffrance. Sa mère, Myriam, ne s’est-elle pas enfuie sur l'astéroïde Hey Gyp avec un dénommé Youssef qui l’accompagnait, juché sur un chienval ? – Je ne me souviens pas bien du nom de la mèwe de mon petit Mawley, mais je suis à peu pwès sûwe qu’elle ne s’appelait pas Mywiam et je n’ai jamais vu de Youssef aupwès d’elle… D’un geste lent et calculé, JB posa sur la table du salon un petit paquet de tickets de rationnement ornés du sceau à tête de
lion et de la signature de KLZ. – Allons, Madame Madoula, vous n’avez pas vu le dénommé Youssef pour la bonne et simple raison qu’il attendait Myriam dans le square. – Peut-êtwe bien, mais je suis cewtaine qu’il n’y avait pas de chienval… JB ajouta un deuxième paquet de tickets sur le premier. Le tas prenait déjà de l’importance. – Apwès tout, je ne les ai pas vu pawti ces deux là… Ils étaient peut-êtwe comme vous me le dîtes. En tout cas, je suis cewtaine que mon petit Mawley n’est pas l’Envoyé de Dieu, pas du tout. – Allons, Madame Malouda… si je double la mise… – C’est vous le weligieux, fwèwe Bénédict, pas moi… Alows, je ne sauwai contester votwe pawole. Je sewais même twès honowée que mon chéwi soit le nouveau messie et même le Sauveu' de l’Humanité… Si c’est votwe petite Eglise qui le dit c’est sûwement la véwité… – A la bonne heure ! Laissez-nous l’emmener, maintenant que le dédommagement me semble suffisant, dit John Bénédict Lenoir en montrant l’imposant tas de tickets amoncelés sur la table. – Vous pouvez bien y mettwe tout l’o' du monde que cela ne répawewa pas le coeuwe bwisé d’une pauvwe vieille mèwe. – Bon allez, j’en rajoute cent de plus mais ce seront les derniers, concéda JB. – Ah, ce n’est vouaiment pas de gaité de coeu'… fit la vieille en rangeant son tas de tickets dans une grosse boîte à chaussures en carton. Filez avec lui et que je ne vous revois plus. Procédant de la façon qui lui avait si bien réussi la première fois, Desmonde s’était glissée dans la chambre de Marley pour aller « jouer » avec lui. Elle en ressortit juste au bon moment en le tenant par la taille.
– Allez, au revoir, Mamy, fit Marley d’un air joyeux et détaché. Je pars quelques temps avec ma copine Desmonde. Je suis sûr qu’elle va m’aider à retrouver ma maman. Il plaqua deux gros baisers sur les joues rebondies de Madoudou et sortit avec ses deux nouveaux tuteurs. La porte à peine fermée, de grosses larmes se mirent à couler en silence des yeux de la vieille femme… Arrivés devant la péniche, Marley demandait déjà d’une voix de tout petit garçon : « Elle est ici, ma maman ? » – Non, mon chéri, lui répondit doucement Desmonde, ici, c’est juste ma maison. On va tous se reposer parce qu’il est déjà tard et qu’on est fatigué. Mais ne t’inquiète pas. On commencera à la chercher dès demain ! Au dîner, Desmonde servit un ragoût de chat aux pommes de terre et aux champignons ramassés le long des berges du canal. Marley en reprit trois fois sans vraiment satisfaire son appétit d’ogre… – Encore, encore… Il leur fallut lui proposer d’enfourner un gâteau sans lait ni œufs ni crème ni beurre, une sorte d’étouffe-cothorilien dont ils ne purent grignoter qu’une mince tranche alors que Marley engloutissait tout le reste avant de se sentir enfin rassasié. Il se mit à bailler et à s’étirer. – Fatigué… – Il est temps d’aller te coucher mon chéri, fit Desmonde. JB trouvait à la fois amusant et agaçant de voir son amie reprendre aussi aisément le rôle de Madoudou. – Il va s’endormir comme un bébé… – Tu parles d’un bébé ! Un grand gaillard comme ça ! – Et qu’est-ce qu’on va faire de lui maintenant ? demanda Desmonde. – Il nous faudrait procéder à un prélèvement ADN, fit JB mine de rien. – Pour qu’il devienne ton assistant dealer ? Tu me prends
pour une bille ou pour un canard sauvage ? lança Desmonde d’un air mauvais. – Disons que j’ai besoin de faire vérifier certaines choses à son sujet… – Toi, il va falloir qu’on ait très bientôt une discussion franche et honnête tous les deux. – Peut-être, admit JB, mais pour l’instant, j’en suis à ne pas trop savoir comment m’y prendre pour procéder à ce prélèvement… – Et bien, pas moi ! lança Desmonde péremptoire. J’ai ma petite idée… Et sans en dire plus, elle le quitta pour aller rejoindre Marley dans la chambre à coucher. Quelques instants plus tard, soupirs, halètements, râles, gloussements et même cris de plaisir firent comprendre à John Bénédict que le grand bébé était en train de perdre sa virginité sous la conduite expérimentée de l’étrange femme à la robe fourreau rouge. Plus qu’agacé, il monta sur le pont de la péniche espérant y trouver plus de calme qu’à l’intérieur. Dehors, l’air était doux et la nuit d’un noir d’encre. Au loin, on entendait des cris perçants et des hurlements peu rassurants. Cette planète était décidément maudite. Impossible de profiter du moindre moment de paix ou de tranquillité nulle part. Et voilà que ce tintamarre se rapprochait du canal. JB perçut comme une sorte de grondement sourd suivi d’une rumeur de lourde galopade. Lancée en pleine action, une bande de monstres devait être en train de remonter le chemin de halage. Soudain un cri strident perça la nuit. – A moi ! Au secours ! On malmenait une femme à deux pas de la péniche. Comme l’obscurité était totale, il ne distinguait absolument rien. Il jugea plus prudent de se barricader dans le poste de pilotage, de souffler la flamme tremblotante de sa bougie et de rester à attendre. JB s’accroupit du côté opposé à la rive, se tenant les
oreilles à deux mains pour ne pas entendre les bruits monstrueux. Quand ils n’étaient pas étouffés par quelque chose, les hurlements de la femme atteignaient des sommets dans le suraigu. Ils étaient si perçants qu’aucune personne de bonne foi située à plusieurs centaines de mètres à la ronde ne pouvait prétendre n’avoir rien entendu. JB n’osait même pas se relever pour regarder à travers les vitres du poste de pilotage. Tétanisé par la peur, il demeurait là, à attendre, à espérer qu’enfin tout cela s’arrête. Ce qui finit par arriver, mais pour laisser place à de sourds grognements très semblables à ceux que le visiteur d’un zoo peut entendre au moment du repas des fauves. Que s’était-il passé à deux pas de la péniche ? JB préférait ne pas le savoir. Viol, meurtre, dépeçage et cannibalisme ? Les Monstres, les Mutants et les Affreux, ces horribles créatures de la nuit, étaient capables de tout et surtout du pire… Quand le silence finit par revenir, Lenoir se surprit à essayer de se persuader lui-même qu’il avait été victime d’une hallucination auditive ou d’une sorte de cauchemar presque réel. Il attendit quelques minutes avant d’oser se relever, tant l’instant était étrange. Nuit noire. Silence absolu. Même les deux autres fornicateurs de la cale semblaient s’être calmés. Il se leva et risqua un regard à travers la vitre latérale. Les monstres étaient là, plantés devant la passerelle relevée. Si proches, qu’il pouvait distinguer leurs silhouettes vêtues d’oripeaux immondes, leurs têtes bulbeuses couvertes de casquettes, bonnets ou capuches. Bras et jambes nus, ils ressemblaient à des manants ou à des serfs du Moyen Age ou du moins à l’image qu’il s’en faisait. Ils durent s’apercevoir de sa présence à bord, car ils se mirent immédiatement à émettre des bruits de bouche et des grognements et à tendre le bras dans sa direction… JB se recroquevilla à nouveau et se glissa dehors, mais en restant hors de leur vue. Il surprit des chuchotements dont il ne
comprit rien et fut dégoûté par le fumet que les autres devaient dégager et qui venait chatouiller désagréablement ses narines. Un mélange de relents d’urine, de sueur, de crasse et d'excréments qui masquait largement l’habituelle senteur de vase et de végétaux en décomposition. Il avait compté cinq intrus, tous de taille moyenne et certainement de sexe masculin. Pourquoi, leur méfait accompli, ne passaient-ils pas leur chemin ? Ils avaient bien dû comprendre que sans la passerelle, il était impossible de monter à bord… La réponse lui parvint rapidement sous la forme d’une volée de cailloux qui fit résonner la coque et les structures métalliques et qui brisa une des vitres du poste. Oui, ils avaient l’intention d’attaquer. L’un des mutants s’était même déjà laissé glisser sur environ deux mètres pour atterrir dans le mélange de vase et d’eau qui se trouvait au fond du canal. Les autres se mirent à hurler et à agiter les énormes gourdins et les terribles casse têtes qu’ils avaient à la main. Comment cet abruti comptait-il s’y prendre pour escalader la paroi métallique ? Elle était rouillée mais parfaitement lisse, sans la moindre aspérité qui eut pu servir de prise. Lenoir avait oublié que la péniche était amarrée à la poupe et à la proue par deux câbles de grosse corde. La créature tendait le bras vers celui de la poupe. Il le prenait à deux mains et faisait de petits bonds espérant lancer ses jambes et s’accrocher aussi par les pieds. Il s’y reprit à trois fois avant d’y parvenir. Les autres poussèrent alors un hurlement de joie. Manifestement, ils attendaient pour voir ce qui allait se passer… Suspendu par les mains et les pieds, l’acrobate avait moins de deux mètres à franchir avant de pouvoir monter à bord. John Bénédict constata que des tremblements de peur s’emparaient maintenant de tous ses membres. Jusque là, il s’était senti comme paralysé et maintenant, c’était l’adrénaline qui montait en lui. Il fallait faire quelque chose, n’importe quoi, mais vite, très vite. Il se mit à tâtonner autour de lui. Sa main rencontra le
bois d’une grande perche qui traînait le long du bord. C’était une gaffe terminée par une pointe ébréchée doublée d’un crochet. Pas idéal, mais cela ferait l’affaire… Il se redressa et courut vers l'arrière de la péniche. L’autre n’était plus qu’à environ vingt centimètres du bord. Sans s’inquiéter des cailloux que lui lançaient les Monstres restés sur le chemin, il leva la gaffe et la planta de toutes ses forces dans la poitrine de l’acrobate qui se retrouva aussi harponné qu’un cétacé par un baleinier professionnel. La créature hurla de douleur et lâcha prise tout de suite pour atterrir dans la boue où elle enfonça jusqu’à mi-corps. JB la vit s’agiter comme un scarabée retourné et percé par l’aiguille d’un collectionneur d’insectes. Restés à quai, les quatre autres se mirent à hurler à la mort et à ramasser des pierres. Et voilà qu’un deuxième assaillant s’emparait de la seconde amarre. JB cherchait désespérément une nouvelle arme tout en essayant de se protéger des projectiles. Il ne trouvait rien et n'était pas loin de paniquer quand soudain, il fit face à Marley qui venait de monter sur le pont, torse nu avec juste un pan de drap enroulé autour de la taille. Les Mutants redoublèrent de hurlements à la vue de ce grand gaillard à la musculature massive. JB vit une lueur de peur passer fugitivement dans le regard du gamin. Il s’écria : « Là, Marley, là… un monstre, il veut monter, nous faire mal… Fais quelque chose ! » L’assaillant N°2 n’avait plus que quelques dizaines de centimètres à franchir. Marley ramassa un morceau de chaîne qui trainait, enroula l’une des extrémités autour de sa main et ainsi équipé, courut vers la proue. D’un geste d’une violence inouïe, il abattit la chaîne sur la tête du Monstre qui avait déjà enjambé le plat bord et sorti une longue machette. Il y eut un bruit étrange. La créature trébucha et se mit à tituber. Marley recommença et cette fois JB eut vraiment la certitude que la tête avait éclaté. L’autre tomba à genoux au moment où la lourde chaîne s’abattait une troisième fois sur lui pour lui
disloquer complètement le crâne. – Vilain, fit Marley qui aurait continué à frapper le cadavre si Lenoir n’avait pas arrêté son bras… Quand Desmonde apparut, les trois survivants de l’échauffourée étaient en train de prendre leurs jambes à leurs cous en poussant de petits couinements de frayeur. – Bravo, mes chéris ! approuva-t-elle. Vous avez vaillamment triomphé des attaquants de notre joli château-fort. Approchez que je vous embrasse… JB eut droit à deux baisers rapides sur les joues. Il la sentit nue sous le kimono de soie arachnéenne qu’elle avait dû revêtir en toute hâte. Il fut de nouveau agacé, pour ne pas dire plus, de voir qu’elle réservait toutes ses caresses les plus tendres au grand gaillard qui venait de jeter sur le pont la chaîne dégoulinante de sang et de s’effondrer en tremblant et en pleurnichant… – Vous ne pouvez pas savoir combien j’étais effrayée à l’intérieur. J’entendais les cailloux résonner contre le métal, les monstres hurler à la mort. Je savais que vous étiez en train de vous battre contre ces envahisseurs, mais je n’osais pas sortir… C’est la toute première fois qu’ils s’intéressent à la péniche et qu’ils ne respectent pas le gros K badigeonné de rouge… Je ne comprends pas ! – Ils ne l’ont peut-être pas vu, fit JB. Marley ne parvenait à calmer ni le flot de larmes ni les crises de tremblements qui le prenaient. C’était sans doute le contrecoup d’une action qu’il avait accomplie d’instinct dans une sorte d’élan de survie et que son psychisme enfantin ne pouvait intégrer. La vue de la dépouille au crâne disloqué l’avait complètement traumatisé. – Il n’est pas mort, maman, bredouillait-il entre deux reniflements, dis-moi que je l’ai pas tué… – C’était un méchant, faisait-elle en le berçant, il ne nous fera plus de mal maintenant… Tu as très bien fait mon chéri, tu
as été très courageux, très vaillant. Tu nous as sauvé la vie… – Oui, il était vilain, mais je ne voulais pas le tuer, juste lui faire un tout petit peu mal… – Ne t’inquiète pas. Maintenant, il ne sent plus rien… Et elle l’entraina à l’intérieur. Elle réapparut une demi heure plus tard pour me dire : « Ca y est, il dort. Mais il a fallu que je lui donne des cachets, que je le berce et que je lui chante une chanson… » – Comme quoi, il peut être capable de violence et se révéler un auxiliaire précieux… – Arrête avec ça. Tu n’as pas vu dans quel état ça l’a mis ? Inconsolable qu’il était ! En pleine crise nerveuse… On ne sait pas combien de temps il va rester traumatisé et tu es déjà en train de réfléchir au moyen de te servir de lui… Mais tu es monstrueux, JB ! – Dis donc, pour notre prélèvement, où en es-tu ? – Stop, mon bonhomme ! Il y a beaucoup plus urgent. Le jour est déjà presque levé et on a deux cadavres sur les bras. Un, ici sur le pont, avec son crâne en bouillie et l’autre en bas, dans la vase, harponné comme un animal. Pas question de les laisser là. Il faut nous en débarrasser au plus vite… – Et pourquoi donc ? demanda JB. – Si les hommes de KLZ les découvrent, je ne couperai pas à l’enquête, aux questions insidieuses… – Et alors ? On s’est défendu contre une agression caractérisée, une tentative de violation de domicile ! Ils n’auront rien à te reprocher… – Si. Je dois rester discrète car je n’ai pas respecté mon contrat d'occupation. Si une patrouille monte à bord, elle va découvrir votre présence. Comme je ne suis pas autorisée à héberger qui que ce soit, cela risque de chauffer pour moi… Tu comprends ? – Pas vraiment… Moi, je peux me cacher avant qu’ils arrivent…
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Morphine Monojet

de editions-du-rocher

Munitions

de editions-gallimard

suivant