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aNNe-marIe garat la source roman ACTES SUD Quand la créature à deux têtes est passée devant la barrière, lottie était juchée sur le billot au coin du hangar, en train de béer. souvent elle quitte son corps comme une cosse vide, stupide en apesanteur laisse le tricot glisser de ses doigts, le grain de son tablier, de même à l’école, dès que bras croisés écoutant la leçon, ânonnant les récitations, au catéchisme les commandements, elle baye aux mouches au point de baver parfois, ce qui fait glousser les filles et la tancer le maître, le curé et toute l’engeance. or elle n’est pas l’endormie qu’on croit. elle observe le compas des lignes qu’à certaines heures la fenêtre étoile sur le plancher de la classe, à la cuisine la suie dans l’âtre comme d’une grotte les diamants noirs ; dans la lampe en cuivre elle voit se réfléchir sa personne naine et lointaine, une qui attend dans la cuisine d’une autre maison d’un autre pays que quelque chose arrive. ceci n’est pas un rêve de sommeil, mais une réalité parallèle, pleine de surprises pour peu qu’on y consacre son étude.
Publié le : mardi 3 novembre 2015
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aNNe-marIe garat
là sOURCE
ROMàn
ACTES SUD
QUànd Là CRéàTURE â dEUx TêTES EST pàSSéE dEvànT Là bàRRièRE, lOTTiE éTàiT jUChéE SUR LE biLLOT àU COin dU hànGàR, En TRàin dE béER. sOU vEnT ELLE qUiTTE SOn CORpS COMME UnE COSSE vidE, STUpidE En àpE SànTEUR LàiSSE LE TRiCOT GLiSSER dE SES dOiGTS, LE GRàin dE SOn TàbLiER, dE MêME â L’éCOLE, dèS qUE bRàS CROiSéS éCOUTànT Là LEçOn, AnOn nànT LES RéCiTàTiOnS, àU CàTéChiSME LES COMMàndEMEnTS, ELLE bàyE àUx MOUChES àU pOinT dE bàvER pàRfOiS, CE qUi fàiT GLOUSSER LES fiLLES ET Là TànCER LE MàîTRE, LE CURé ET TOUTE L’EnGEànCE. oR ELLE n’EST pàS L’EndORMiE qU’On CROiT. eLLE ObSERvE LE COMpàS dES LiGnES qU’â CERTàinES hEURES Là fEnêTRE éTOiLE SUR LE pLànChER dE Là CLàSSE, â Là CUiSinE Là SUiE dànS L’ATRE COMME d’UnE GROTTE LES diàMànTS nOiRS ; dànS Là LàMpE En CUivRE ELLE vOiT SE RéfléChiR Sà pERSOnnE nàinE ET LOinTàinE, UnE qUi àTTEnd dànS Là CUiSinE d’UnE àUTRE MàiSOn d’Un àUTRE pàyS qUE qUELqUE ChOSE àRRivE. cECi n’EST pàS Un RêvE dE SOMMEiL, MàiS UnE RéàLiTé pàRàLLèLE, pLEinE dE SURpRiSES pOUR pEU qU’On y COnSàCRE SOn éTUdE. en dépiT dES àppàREnCES, SOn ESpRiT n’EST jàMàiS pLUS àLERTE qUE dànS CES MOMEnTSLâ, â L’àffûT dES événEMEnTS, dES fàiTS ET dES àCCidEnTS qUi S’ànnOnCEnT, àLORS TOUTES SORTES dE déChàRGES éLECTRiqUES fUSEnT dE SOn vEnTRE Où SE SiTUEnT LES pEnSéES RàpidES qUi En OndES ULTRàSEnSibLES pROpàGéES dànS TOUT LE CORpS inTERpRèTEnT LES SiGnES dE L’EnviROn iMMédiàT ET dES àiLLEURS, LOin dES MURS TàpiSSéS d’àbéCédàiRES, dE TàbLEàUx dE pOidS & MESURES ET dE CàRTES dE COnTinEnTS SOUdàin flOTTànT dànS LE vidE, àUdELâ dES viTRàUx dE L’éGLiSE TRànSfUSànT dE LUMièRE divinE LES MàRTyRS En LéviTàTiOn, àUdELâ dES nUàGES ET dES vOûTES d’àRbRES qUi OMbREnT Là COUR dEvànT Là MàiSOn Où, SEULE, àSSiSE SUR LE biLLOT, àyànT àbàndOnné SOn TRiCOT, TàndiS qUE Là MèRE éTEnd Là
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LESSivE dERRièRE Là SOUE, qUE SOn fRèRE JULES â TOUT jàMàiS RôdE àvEC Là ChiEnnE dànS LES fOURRéS, ELLE S’àbSORbE â piSTER LES àniMàLCULES COURànT SUR LES bûChES, LEUR vàETviEnT àffàiRé dE CRéàTURES fORànT fOLLEMEnT LES inTERSTiCES dE L’éCORCE dE LEURS GàLERiES SECRèTES SànS SE SOUCiER dES SàiSOnS, dE Là viE ET dE Là MORT dE L’EnGEànCE, C’EST àLORS qUE L’hOMME EST pàSSé. sUR CE ChEMin, pERSOnnE nE pàSSE qUi nE pORTE nOM OU SObRi qUET, hàRdES ET SàbOTS dE Là LOCàLiTé ; qU’On nE SàChE Où iL SE REnd. cELLELâ LàvER àU LàvOiR, â SES pROviSiOnS àU bOURG, OU biEn ELLE LES RàppORTE â Sà fERME qUELqUE pàRT dànS LES pàRàGES, On SàiT MêME CE qUE COnTiEnT SOn pàniER, CE qUi ChàRGE Sà bROUETTE. cELUiLâ pàRT viSiTER Un vOiSin, RàMàSSER dU bOiS MORT, dES ChATàiGnES, dES ChàMpiGnOnS OU EnCORE pêChER L’éCREviSSE, Là GREnOUiLLE SELOn, dànS Là FLànE qUi SERpEnTE â Là pàRESSEUSE àU fOnd dU vàLLOn àvànT dE TRàvERSER LE dOMàinE dES aRdEnnE ; OU biEn ChERChER SES vàChES àU pRé, â Là SàiSOn fàUChER, MOiSSOnnER, àinSi CES jOURS dERniERS. DèS L’àUbE On EnTEnd dESCEndRE LES ChàRRETTES, GRinCER LES fREinS àUx MOyEUx ; LES ChEvàUx pEinEnT LE SOiR â TiRER LES ChàRGEMEnTS SUR Là pEnTE dU RETOUR, àUx ROnCES dES hàiES LE fOin S’EffiLOChE En GRàndES déChiRéES, Pipà LES ESCORTE En jàppànT ; C’EST TOUT CE â qUOi ELLE SE REnd UTiLE, viEiLLE qU’ELLE EST, ET àvEUGLE pRESqUE. là MèRE pàRLE dE L’àChEvER MàiS Sà viE dE ChiEnnE nE vàUT pàS Là CàRTOUChE pOUR L’àbàTTRE, ET MêME, àRMER LE fUSiL dU pèRE ELLE nE SàURàiT : Là MèRE diT LES ChOSES SànS LES fàiRE, COMME Si pàRLER SUffiSàiT â TOUR nER LES diffiCULTéS. rESTE qUE CE ChEMin SERT dE dESSERTE àU vOiSi nàGE iMMédiàT, iL fiLE â flànC dE COTEàU jUSqU’â Là fOURChE Où EST UnE CROix, pUiS MOnTE àU bOURG dU màUdUiT pàR Un RàidiLLOn. lES SEULS àUTRES â L’EMpRUnTER SOnT CEUx qUi LE COnnàiSSEnT dE pàR LEUR pRàTiqUE, LE fàCTEUR â L’OCCàSiOn, LES COLpORTEURS, LES REpRéSEn TànTS d’EnGinS àGRiCOLES pOUR vànTER LES nOUvEàUTéS, OU biEn LES SàiSOnniERS SE LOUER àUx RéCOLTES ; àUTànT diRE dES GEnS dU COin, MêME Si On nE LES vOiT qU’UnE fOiS L’àn. c’EST pOURqUOi, LORSqUE L’inCOnnU pàSSà SànS RàLEnTiR, ni SE pRESSER d’àiLLEURS, SànS Un SàLUT, ni jETER Un COUp d’œiL dànS Là COUR pàRdESSUS L’épàULE, lOTTiE nE pRiT pàS CET événEMEnT pOUR Un RêvE MàiS pOUR UnE RéàLiTé ExTRàORdinàiRE, Un GEnRE dE SiGnE dU MOndE pàRàLLèLE. eLLE pOSà SOn TRiCOT SUR LE biLLOT ET fOnçà â Là bàRRièRE. eLLE n’àvàiT pàS EU Là bERLUE : LE pàSSànT S’éLOiGnàiT EnTRE
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LES hàiES. eLLE àTTEndiT Un pEU, àU CàS Où iL REviEndRàiT dEMàndER Sà ROUTE, MàiS iL àvàiT L’àLLURE RéSOLUE dE qUi SàiT SOn bUT. avànT qU’iL nE diSpàRàiSSE àU TOURnànT dERRièRE LE bUiSSOn dE ROnCES, ELLE EnREGiSTRà qU’iL éTàiT dE GRàndE TàiLLE, pORTàiT dES SOULiERS CLOU TéS ET, pERChé àU SOMMET dE SOn GROS SàC dE vOyàGE, qU’ELLE jUGEà MiLiTàiRE, Un pETiT EnfànT. VOiLâ pOURqUOi ELLE àvàiT bEL ET biEn vU àU pàSSànT UnE dOUbLE TêTE : COnTRE Sà nUqUE LOGéE CELLE d’Un pETiOT, SànGLé â CàLifOURChOn SUR LE SàC, LES pETOnS pàSSéS SOUS LES COUdES dU pORTEUR, dRôLE dE fàGOT SUR Un dOS d’hOMME. eLLE EnRE GiSTRà biEn d’àUTRES déTàiLS qUi nE LUi REvinREnT qU’EnSUiTE MàiS, pOUR L’inSTànT, ELLE COURàiT jUSqU’àU TOURnànT dU ChEMin àfin dE SE REpàîTRE dE CETTE CURiOSiTé. lE TEMpS qU’ELLE y pàRviEnnE, LE vOyà GEUR n’éTàiT déjâ pLUS qU’UnE SiLhOUETTE S’àMEnUiSànT dànS LE vàL LOn, pàRàiSSànT ET diSpàRàiSSànT EnTRE LES bOSqUETS d’àUbiERS. DE CE pàS, iL àTTàqUERàiT SOUS pEU LE RàidiLLOn pOUR MOnTER àU bOURG. oR, SànS héSiTER â Là fOURChE, iL COnTinUàiT Sà dESCEnTE. eLLE En RESTà inTERdiTE. DànS CETTE diRECTiOn, LE ChEMin RéTRéCiT ET finiT En CULdESàC àU dOMàinE dES aRdEnnE. D’Un bOnd, ELLE SE fàU fiLà SOUS LES bàRbELéS pUiS, SE jETànT dànS Là pEnTE dU pRé, CàvàLà jUSqU’â Là RivièRE, SOULEvànT L’EnvOL dE CORnEiLLES qUi piLLàiEnT LES ChàUMES, ziGzàGUànT EnTRE LES MEULES dE fOin pOUR n’êTRE pàS vUE Si jàMàiS iL SE RETOURnàiT, MàiS pàS UnE fOiS L’hOMME nE jETà Un REGàRd dERRièRE OU pàR CôTé. unE fOiS â COUvERT SOUS LES pEUpLiERS TOUT pOUdRéS d’OR dE L’éTé, ELLE REpRiT SOn SOUfflE dERRièRE Un TROnC GUETTànT Sà vEnUE, MàiS ELLE L’àvàiT pERdU dE vUE dànS Un déTOUR dU ChEMin. eLLE àUSSi SE SEnTàiT pERdUE. D’iMMEnSES nUàGES ObSTRUàiEnT L’hORi zOn, COMME d’Un CRépUSCULE LEUR OMbRE déCOUpàiT COnTRE L’àzUR dES MàSSifS ESCàRpéS MàRbRéS dE bRUME, ELLE SE CRUT TRànSpORTéE dànS UnE vàLLéE EnCàiSSéE àU piEd dE SOMMETS àLTiERS, UnE RéGiOn inCOnnUE ET pOURTànT Là MêME, OU pLUTôT pàREiLLE â UnE àUTRE, TELLE qU’ELLE éTàiT dànS Un éCàRT dU TEMpS, TRèS LOnGTEMpS àvànT qU’àUCUn hOMME n’àdviEnnE. cE bREf éGàREMEnT LUi COnfiRMà qU’ELLE fàiSàiT biEn dE n’êTRE vUE dE pERSOnnE. ayànT RETROUvé SOn àpLOMb, ELLE SE diRiGEà SELOn SOn idéE qUE, LE ChEMin jOUxTànT LE pRé àU bàS dE Là pEnTE, On y SàUTE jUSTE àvànT LE pETiT pOnT SUR Là FLànE ET, àU LiEU d’EnTRER SUR L’àLLéE d’ORMES dE Là pROpRiéTé, On EMpRUnTE L’éTROiT SEnTiER dES bERGES EnTRE LES ROSEàUx jUSqU’àU
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MURET En RUinE qU’iL SUffiT d’ESCàLàdER pOUR SE hiSSER àU fOnd dU jàRdin pOTàGER pUiS, UnE fOiS LOnGéE L’éCURiE, On SE fàUfiLE dER RièRE LE pUiTS â L’àbRi dU GRànd fiGUiER, ET On àRRivE Là pREMièRE â Là MàiSOn dES aRdEnnE. HORS d’hàLEinE, ELLE S’àCCROUpiT SOUS Un piEd dE GROSEiLLiER, jUSTE dànS L’àxE dE L’àLLéE, ELLE nE pOUvàiT pàS LE LOUpER. À MOinS qUE, S’éTànT RàviSé, iL n’àiT REbROUSSé ChE Min. oR iL àppàRUT biEnTôT SOUS L’OMbRE CLàiRE dES ORMES, àLLànT TOUjOURS dE SOn pàS àLLOnGé. eLLE SE bLOTTiT dàvànTàGE dànS Sà CàChETTE, GEnOUx àU MEnTOn, COMpRESSànT SES CôTES â En éTOUffER. sOn CœUR EMbàLLé COGnàiT. eLLE SEnTàiT Là SUéE MOUiLLER SOn dOS, SES àiSSELLES, SES CUiSSES CUiRE dES GRiffURES dE ROSEàUx, SES jOUES bRûLER, SES yEUx S’EMbUàiEnT â fORCE d’épiER EnTRE LES bRànChETTES. tOUT éTàiT ànORMàL. là pàix dE L’EnCLOS, Sà SOLiTUdE, LE SOLEiL dU pLEin àpRèSMidi GRiLLànT LES hERbES, LUSTRànT LES àRdOiSES, L’OMbRE bLEUE SUR Là piERRE bRUnE dES MURS, LE vEnT LéGER pORTànT L’OdEUR dES ROSES ET dES ORMES, LE SiLEnCE SOUdàin dES inSECTES, ET LES pETiTES GRàppES ROUGES SUS pEndUES COnTRE SOn nEz. lE ChOC dES pàS àppROChànTS LUi pàR vEnàiT dànS Là vibRàTiOn qUi pRéCèdE LES TREMbLEMEnTS dE TERRE. eLLE n’En àvàiT COnnU àUCUn, MàiS CELà y RESSEMbLàiT ; SûR qU’Un phénOMènE SURnàTUREL SE pRépàRàiT. un vOL d’éTOURnEàUx qUiTTà LE fàîTE dU TOiT pOUR S’àbàTTRE SUR LES vàChES qUi, àTTiRéES pàR L’in TRUS, S’àTTROUpàiEnT pRèS dE Là CLôTURE. eLLES MEUGLàiEnT fàibLEMEnT vERS LUi, MOiTié RUMinànT. lES vàChES OnT Un dOn dE pénéTRàTiOn. D’ORdinàiRE vàGUE, pàRfOiS LEUR GROS œiL SE fixE ET dàRdE, piRE qUE d’UnE TORTUE CEnTEnàiRE. lOTTiE SE féLiCiTàiT d’êTRE àUx pREMièRES LOGES pOUR éTUdiER LE phénOMènE àvEC ELLES. ayànT STOppé nET SOn éLàn, L’hOMME TànGUàiT MàinTEnànT COMME qUELqU’Un d’Un pEU ivRE MàiS, â Sà CàMbRURE, â SES jàR RETS, On pOUvàiT SEnTiR dE qUELLES fORCE ET vOLOnTé iL éTàiT. DE SOn pOSTE, ELLE nE diSTinGUàiT pàS Sà fiGURE, CEpEndànT SOn dOS éTàiT éLOqUEnT qUànT àUx RéflExiOnS qU’iL SE fàiSàiT. tOUT En SE GRàT TànT Là pOiTRinE pàR L’éChànCRURE dU COL, iL ExàMinàiT LE CORpS dE LOGiS, LES àLEnTOURS, pUiS SES piEdS, SES SOULiERS EndUiTS dE GàdOUE, pUiS SES MàinS TànnéES, LES pàUMES, LE dESSUS. lOTTiE OSà bàTTRE dES pàUpièRES pOUR S’éCLàiRCiR Là vUE. lUi pRESSàiT d’ObSERvER dE qUELLE MànièRE mME aRdEnnE RECEvRàiT LE viSiTEUR. càR MàinTE nànT CE SànSGênE éCàRTàiT LE vOLET ET MàinS En bOnnETTE GUiGnàiT
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dEdànS pàR LES CàRREàUx. cETTE fEnêTRELâ dOnnE SUR Là CUiSinE. DE CET ànGLE, On nE vOiT qUE Là ChEMinéE, Un COin dE Là TàbLE, LE GRànd éviER dE GRèS, LE CUL nOiRCi dES ChàUdROnS àCCROChéS â Là pOUTRE bàSSE. PàR Là pORTE dU fOnd, Si ELLE EST OUvERTE, L’Enfi LàdE dES GRàndES pièCES. IL fàUT vRàiMEnT êTRE Un éTRànGER pOUR iGnORER qUE Là bELLE EnTRéE SE TROUvE SUR L’àUTRE fàçàdE. QUE SEULS LES fOURniSSEURS SE pRéSEnTEnT pàR LES COMMUnS. si CET individU viEnT qUéMàndER dE L’àRGEnT, dE Là nOURRiTURE pOUR LUi ET L’En fànT, vOiRE Un àbRi pOUR Là nUiT, OU biEn dU TRàvàiL, iL SERà déçU : mME aRdEnnE n’EST pàS ChàRiTàbLE. oR CET individU n’à RiEn d’Un indiGEnT qUi MEndiE àU hàSàRd dES ROUTES. NOn pLUS d’Un COLpOR TEUR, vU qU’iL n’à dE CàRRiOLE ni dE bOîTE â hàRnàiS En bàndOULièRE. sES SOULiERS LàCéS, biEn qUE TàRTinéS dE bOUE, SOnT vRàiMEnT dE bOnnE fàçOn, TEL qU’ELLE L’à jUGé SUR LE ChEMin dU pREMiER COUp d’œiL. PàREiL SOn pàLETOT dOUbLé dE fOURRURE ET SOn CàLOT dE LàinE CUiTE, TROp ChàUdS pOUR CES COnTRéES ET pOUR Là SàiSOn, MàiS dE fORT bOn àLOi. IL à dES flEURS dE LàîChE COLLéES â SES bàSqUES. obSER vàiTELLE dEpUiS Sà CàChETTE, àTTEndànT CE qU’iL àdviEndRàiT CàR â pRéSEnT iL COGnàiT dU pOinG â Là pORTE. si fORT qUE CELLECi Cédà SOUS SES COUpS. IL héSiTà, pUiS d’UnE pOUSSéE L’OUvRiT En GRànd ET dU SEUiL Lànçà Un hELLO énERGiqUE vERS L’inTéRiEUR. DUqUEL pER SOnnE n’àCCOURUT MàLGRé SOn TàpàGE. PàS dàvànTàGE dE L’EnviROn, dE L’éCURiE ni dU jàRdin, déSERT qUànd ELLE L’àvàiT TRàvERSé, àLORS lOTTiE SE SOUvinT qU’On éTàiT Un jEUdi. QUE, ChàqUE jEUdi àpRèS Midi, mME aRdEnnE EST àU bOURG àvEC DELphinE Sà bOnnE. gEn TiL LES y COndUiT àvEC Là jUMEnT. en àTTEndànT qU’ELLES àiEnT fini L’UnE SES viSiTES, L’àUTRE SES EMpLETTES, iL fàiT dES pàRTiES dE bELOTE àRROSéES d’àbSinThES àU Càfé giLàin. cE jOUR, â CETTE hEURE, Là Mài SOn EST vidE. QUE Là CUiSinE fûT RESTéE OUvERTE éTàiT TRèS SURpRE nànT. mME aRdEnnE SORTELLE dOnC SànS dOnnER Un TOUR dE CLé pàRTOUT, OU biEn àTELLE pàR MéGàRdE néGLiGé Là pORTE dE dERRièRE dànS SOn dépàRT ? si C’EST Un ExpRèS, C’EST bOn â SàvOiR. si C’EST Un OUbLi, LE fàiT En EST pLUTôT dE DELphinE, ELLE pERd Un pEU Là bOULE. on SE GàUSSE â L’épiCERiE dE CE qU’ELLE SE TROMpE dànS Sà MOn nàiE, COnfOnd LES MàRqUES dE LESSivE ET RéCLàME LES dEnRéES LivRéES dE Là vEiLLE. l’hOMME S’EnfOnçàiT dànS LES pROfOndEURS, iL àppE LàiT â TUETêTE. un vOLEUR SE dépLàCE En CàTiMini, fàiT SOn àffàiRE ET S’ESbiGnE. IL n’àvànCE pàS En SEiGnEUR SUR L’àLLéE, iL nE CRiE pàS â
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RévEiLLER LES MORTS. cES CiRCOnSTànCES éTàiEnT ExTRàORdinàiRES. tOUT L’éTàiT dEpUiS qU’iL éTàiT pàSSé dEvànT Là bàRRièRE. DURànT qU’iL àRpEnTàiT LE REzdEChàUSSéE – â Sà vOix, ELLE dé dUiSàiT qU’iL n’àLLàiT pàS jUSqU’â ExpLORER LES éTàGES –, lOTTiE SE dEMàndà Si ELLE dEvàiT En pROfiTER pOUR S’ExTRàiRE dE SOUS LE GRO SEiLLiER, S’ESqUivER TànT qU’iL En éTàiT EnCORE TEMpS, OU biEn inTER vEniR. PàR ExEMpLE SURGiR dànS Là CUiSinE, jOUER UnE pERSOnnE dE Là MàiSOnnéE àLERTéE pàR LES CRiS. DE L’àiR LE pLUS nàTUREL, ELLE SàURàiT TRèS biEn fàiRE L’EffàRéE, pROTESTER qU’On nE pénèTRE pàS ChEz LES pERSOnnES SànS qU’ELLES y inviTEnT, ET LUi dEMàndER CE qU’iL fàiT Lâ, CE qU’iL vEUT, ET LUi TEniR TêTE àU CàS Où iL LE pREn dRàiT dE hàUT. eLLE RàffOLERàiT dE TEniR CE RôLE. QUiTTE, EnSUiTE, S’iL ChERChE vRàiMEnT mME aRdEnnE, â L’infORMER qU’iL Là TROU vERà àU bOURG, OU SOn jàRdiniER àU Càfé giLàin. eLLE bRûLàiT dE pàRLER â L’inCOnnU, dE vOiR SOn viSàGE. InTERvEniR EST UnE àCTiOn fOLLEMEnT TEnTànTE, qUOiqUE iMpRUdEnTE. càR LES SiTUàTiOnS OnT Un ORdRE ET UnE RàiSOn, ChànGER LEUR COURS pRéSEnTE dES RiSqUES, qU’iL fàUT CàLCULER. ainSi, â SUppOSER qUE CE viSiTEUR SOiT UnE RELàTiOn dE mME aRdEnnE, Un pàREnT, UnE COnnàiSSànCE, COM MEnT jUSTifiER qU’ELLE SE TROUvàiT dànS Sà pROpRiéTé â L’àRRivéE dE CELUiCi ? cE qU’iL nE MànqUERàiT pàS dE LUi RàppORTER. aLLéGUER CECi OU CELà, MEnTiR, EffROnTéE, ELLE S’y EnTEnd. màLGRé TOUT, dES COMpLiCàTiOnS En RéSULTERàiEnT, MiEUx vàLàiT S’éCLipSER. cE qU’ELLE éTàiT SUR LE pOinT dE déCidER dE fàiRE, qUànd L’hOMME RESSORTiT En COUp dE vEnT. N’àyànT TROUvé pERSOnnE dEdànS, àLLàiTiL àUSSi fOUiLLER L’éCURiE, LE jàRdin, REnOnCER OU biEn pàTiEnTER, S’inSTàLLER En àTTEndànT LE RETOUR dE qUELqU’Un ET, dànS CE CàS, ELLE dEvRàiT RESTER TàpiE àUTànT qUE CELà dURERàiT, qUi SàiT COMbiEn dE TEMpS. PERpLExE, iL inSpECTàiT LES dépEndànCES, LES pàRàGES. IL TOURnàiT SUR pLàCE En bêTE qUi ChERChE LE vEnT, àLORS ELLE viT Sà fàCE. oSSEUSE, pLEinE d’ànGLES, dE SàiLLiES, nEz bUSqUé. sURTOUT, qUi LUi fiT fORTE iMpRESSiOn, SOn OREiLLE déChiRéE. IL bàLàyàiT dU REGàRd LE fiGUiER, LE pUiTS, pRéCiS ET pERçànT. lE GROSEiLLiER n’éTàiT pLUS UnE bOnnE CàChETTE fEUiLLUE MàiS Un TREiLLiS TRànSpàREnT àU TRàvERS dUqUEL iL L’àpERCEvRàiT, pELOTOnnéE COMME Un GibiER pànTELànT. eLLE àURàiT vOULU RàpETiSSER, dEvEniR UnE bOULE dE GROSEiLLE, UnE fOURMi, Un GRàin dE TERRE. tOUT LE TEMpS qU’iL fixàiT LE bUiSSOn, dànS Sà fROUSSE, ELLE SE MORdàiT Là Màin àU SànG. BRUSqUEMEnT iL TiRà Un
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OiGnOn dE SOn GOUSSET. lUi àUSSi S’inqUiéTàiT dE L’hEURE. ah qUE CELà finiSSE, qU’iL déGUERpiSSE â pRéSEnT ! IL n’En àvàiT pàS L’inTEnTiOn. D’Un bRUSqUE TOUR d’épàULE, iL déChàRGEàiT SOn GROS bàRdà pàR TERRE. exàMinàiT L’EnfànT GiSànT â SES piEdS COMME LE MàqUiGnOn LE béTàiL qU’iL và SàiGnER. lOTTiE SE jURà dE nE pàS fERMER LES yEUx S’iL L’éGORGEàiT. màiS nOn, iL LE déMàiLLOTàiT dU ChALE, L’àdOSSàiT àU SàC pUiS àvEC dOUCEUR dE Sà GOURdE dànS UnE TiMbàLE vERSàiT SànS hATE dU LàiT, dU LàiT â n’En pàS dOUTER. Y SàUçàiT Un CROûTOn dE pàin SEC, LE LUi dOnnàiT â TéTER. lE LàiT COULàiT SUR LE pETiT MEnTOn, déGOUTTàiT dES dOiGTS dE L’hOMME ET dU bORd dE Là TiMbàLE, En àRGEnT â n’En pàS dOUTER, dU bEL àRGEnT bRiLLànT. tOUT En LUi pàRLànT â MivOix. IL LE Gàvà jUSqU’â CE qU’iL SOiT RàSSàSié, GàzOUiLLànT, àGiTànT GEnTiMEnT SES MEnOTTES. cE MOUflET TRiMbàLLé SUR LE dOS COMME Un fàGOT dEvàiT S’En TROUvER biEn hEUREUx pOUR RESTER Si SàGE. QUELLE hiSTOiRE SE diSàiTELLE CœUR bàTTànT, RéviSànT déjâ LES épiSOdES, SE LES RàCOnTànT. màiS qUE SàiTOn dES fàiTS ET dES GEnS qUE L’On SURpREnd, dE LEUR dESSEin ET dE LEURS àCTiOnS, MiEUx vàUT ObSERvER LES événEMEnTS, biEn EnREGiSTRER ET LES RUMinER. ainSi, biEn dES ànnéES pLUS TàRd, pOUvàiTELLE â vOLOnTé REvOiR inTàCTE Là SCènE TELLE qU’En TRàin dE SE pROdUiRE : TiRànT dE SOn pàLETOT Un GROS pORTEfEUiLLE, L’hOMME LE pOSE SUR LE vEnTRE dU bébé, RàMàSSE TOUT LE pàqUET d’Un SEUL bRàS, EnTRE dEREChEf dànS Là CUiSinE, En RESSORT dànS Là MinUTE. FiniSSànT dE GLiSSER Un GEnRE d’éTUi dànS Sà pOChE. IL TiRE Là pORTE, REndOSSE SOn SàC ET S’En và. IL S’En àLLàiT. DURànT qUOi lOTTiE LOU ChàiT inTEnSéMEnT SUR UnE pETiTE àRàiGnéE àU vEnTRE dORé TiRànT LES fiLS dE Sà TOiLE, TRiCOTànT dE dROiTE, dE GàUChE, EnTRE dEUx GRàppiL LOnS dE GROSEiLLES GRiGnOTéS pàR LES pUCEROnS. DURànT LE SièCLE qUE COnTinUèREnT Là nàvETTE dE L’àRàiGnéE, LE GRiGnOTàGE dES pUCEROnS, CRépiTàiEnT SOUS SOn fROnT dE fOLLES pEnSéES qUi RéSOnnàiEnT dànS LE GRànd SiLEnCE RETOMbé SUR Là MàiSOn, SUR L’àLLéE d’ORMES Où L’hOMME àvàiT diSpàRU, â TOUT jàMàiS diSpàRU COMME S’iL n’àvàiT jàMàiS ExiSTé, OU àLORS C’éTàiT Un RêvE, Un vRài RêvE dE SOMMEiL CETTE fOiS, LES yEUx GRàndS OUvERTS. un TàOn bOURdOnnE â SOn OREiLLE. eLLE LE ChàSSE d’Un GESTE EnGOURdi, bAiLLE â S’En déCROChER Là MAChOiRE. lES vàChES S’éLOiGnEnT dE Là CLôTURE. eLLES REGàGnEnT LEnTEMEnT L’àUGE àU MiLiEU dU pRé SE fROTTànT dU flànC, bàLLOT TànT dU piS, RUMinànT CE qUE dE LEURS GROS yEUx ELLES OnT ObSERvé.
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