Le corbeau et l'écureuil

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L'heure du crime sonna. 7h du matin. Dehors, dans une cacophonie sauvage, des moteurs diesels grondaient. Les bêtes grognaient orgueilleusement. On les remarquait, ça c'était sûr. C'est ce moment que choisit le radio-réveil pour crier son Rock'N'Roll aux oreilles de l'endormie. Laquelle ne l'était plus vraiment, en fait. Mila s'extirpa de son lit avec difficulté. Beaucoup de difficulté. Il lui fallut vingt minutes. _ Fais chier, grommela-t-elle avec la délicatesse d'un camionneur. Aux premières heures de son réveil, il ne fallait pas trop traîner dans les parages de Mila. Surtout lorsqu'elle considérait ne pas avoir assez bien dormi. Elle avait tendance à jurer comme un charretier de façon assez compulsive. Une sorte de syndrome de la Tourette matinal. Et, ce matin, Mila n'avait décidément pas assez dormi. L'esprit dans le brouillard, les paupières lourdes, les cheveux en pétard et la bave fraîche au coin du menton, elle regretta aussitôt d'être rentrée si tard et d'avoir dormi moins de cinq heures. Il lui manquait au minimum deux heures de sommeil par rapport à d'habitude. Le dodo, c'était une chose qui se devait d'être respectée ! Mais bon, lorsqu'une amie accroc aux pubs irlandais – et aux hommes – vous suppliait de l'accompagner faire la tournée des bars pour l'aider à surmonter une énième déception amoureuse, il était difficile de lui raccrocher au nez. Surtout quand elle vous ajoutait que, sinon, elle irait se bourrer la gueule seule.
Publié le : dimanche 21 février 2016
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L'heure du crime sonna.
7h du matin.
Dehors, dans une cacophonie sauvage, des moteurs diesels grondaient.
Les bêtes grognaient orgueilleusement. On les remarquait, ça c'était sûr.
C'est ce moment que choisit le radio-réveil pour crier son Rock'N'Roll
aux oreilles de l'endormie. Laquelle ne l'était plus vraiment, en fait.
Mila s'extirpa de son lit avec difficulté. Beaucoup de difficulté. Il lui
fallut vingt minutes.
_ Fais chier, grommela-t-elle avec la délicatesse d'un camionneur.
Aux premières heures de son réveil, il ne fallait pas trop traîner dans les
parages de Mila. Surtout lorsqu'elle considérait ne pas avoir assez bien
dormi. Elle avait tendance à jurer comme un charretier de façon assez
compulsive. Une sorte de syndrome de la Tourette matinal.
Et, ce matin, Mila n'avait décidément pas assez dormi.
L'esprit dans le brouillard, les paupières lourdes, les cheveux en pétard
et la bave fraîche au coin du menton, elle regretta aussitôt d'être rentrée
si tard et d'avoir dormi moins de cinq heures. Il lui manquait au
minimum deux heures de sommeil par rapport à d'habitude. Le dodo,
c'était une chose qui se devait d'être respectée !
Mais bon, lorsqu'une amie accroc aux pubs irlandais – et aux hommes –
vous suppliait de l'accompagner faire la tournée des bars pour l'aider à
surmonter une énième déception amoureuse, il était difficile de lui
raccrocher au nez.
Surtout quand elle vous ajoutait que, sinon, elle irait se bourrer la gueule
seule. Enfin, pour comprendre ça, il fallait avoir une amie comme Beth
1Olson. Hyperactive, extravagante – déjantée – et qui tient plutôt mal
l'alcool. Facile à retrouver dans un coin sombre avec un bel – ou moins
bel – inconnu alors qu'elle vous avait dit qu'elle allait aux toilettes.
Le problème, c'était que Mila croyait aussi fermement à l'adage «
L'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt ». Et lorsque deux de nos
mœurs s'opposent eh bien... il faut trouver un compromis.
Mila passa à la salle de bain et augmenta le volume de la radio qui
diffusait It's my life de Bon Jovi.
Elle se prépara en chantant à tue-tête. Secouant sa masse de boucles
châtains aux reflets cuivrés dans tous les sens à la manière d'une rock
star et mimant le solo de guitare une fois les vapeurs de Morphée
envolées et l'énergie retrouvée.
Elle ne savait pas pourquoi, mais elle sentait qu'aujourd'hui allait être
une grande journée.
Mila sortit de chez elle vers 9h. Elle voulait aller voir comment Beth se
sentait – si elle était réveillée, du moins – et lui offrir un café pour
surmonter leurs gueules de bois respectives. Bien que Beth devait être
bien plus arrangée.
Elle démarra sa petite Fiat 500e rouge et s'engagea dans l'allée en terre.
Ici, en périphérie de Greenoak, elle vivait paisiblement à l’abri de tout
bruit dérangeant et de tout tracas. Ses voisins habitaient à trois cents
mètres plus haut, et ils étaient peu nombreux.
Elle était la plus proche du lac et en avait une splendide vue dégagée. Le
paysage offrait des milliers de visages pittoresques qui vivaient,
bougeaient au gré des saisons. Les couleurs changeaient, passaient par
toutes sortes de tons imaginables. Le lac, miroir immense qui reflétait
2l'infinité du ciel, grouillait de vie et frissonnait de l'activité de ses
habitants.
Mila avait hérité de cette maison et d'un petit bout de terrain autour,
quelques années plus tôt lorsque ses parents, Natasha et Alberto Volpino,
étaient décédés dans un accident de la route.
Elle était alors installée à New York pour poursuivre des études de
chimie en pensant que la grande ville lui offrirait plus de perspectives
d'avenir. Mais il lui avait fallu passer sa deuxième année de licence pour
se rendre compte que cette voie ne l'attirait plus autant. Toutes ses notes
étaient barbouillées de dessins et de petites histoires inventées pendant
les longues heures d'amphithéâtre. Pour avoir bonne conscience
lorsqu'elle séchait les cours – mais aussi parce que ça lui plaisait – Mila
préférait passer son temps à s'incruster à d'autres cours : biologie,
cinéma, arts plastiques...
Elle disait qu'elle n'avait rien perdu en abandonnant ses études. Même
s'il n'y aurait pas eu l'accident, elle n'aurait certainement pas eu son
année.
Aussitôt qu'elle avait appris la terrible nouvelle, Mila avait quitté sa vie
new-yorkaise sans aucun regret afin de retourner vivre dans sa maison
d'enfance. C'était une magnifique demeure spacieuse et à la fois modeste
bâtie dans un style un peu rustique mais qui n'en paraissait pas moins
moderne. Construite avec des matériaux écologiques et dans le même
style, elle était muni de quatre panneaux solaires sur le toit et d'un puits
canadien installé à quelques pas derrière la cuisine, à côté d'un potager.
Tout un pan de mur en angle du salon relié à la cuisine était une vitre
laissant pénétrer la lumière du soleil. Il y avait également une baie vitrée
à l'étage, au niveau de la chambre de Mila. Par ici, aucune chance de
3tomber sur un voyeur.
Il fallait, certes, faire quelques réparations au niveau du toit avant que
les charpentes du grenier ne subissent trop longtemps l'assaut du temps
et ne s'effondrent à cause de l'humidité.
Mais, désormais, elle ne pourrait trouver un endroit où elle se sentirait
plus chez elle qu'ici-même. Elle n'aurait voulu quitter cette maison pour
rien au monde.
En remontant le petit chemin cahoteux à travers les bois, Mila chercha
du regard les véhicules qu'elle avait entendu en se réveillant. Et qui
l'avaient réveillée, soit dit en passant. Mais elle n'en retrouva aucune
trace. Elle avait peut-être rêvé. Bizarre.
Arrivée au niveau des autres habitations, le chemin se transformait en
une petite route un peu mieux entretenue qui menait, quelques mètres
plus loin, à la route principale.
Elle fut surprise de ne voir aucune voiture devant les maisons. Il y en
avait toujours une ou deux, en temps normal. De plus en plus bizarre.
Quelque chose d'autre attira son attention. Il n'y avait plus aucun rideau
aux fenêtres des maisons. De plus, quelques bibelots et deux cartons
attendaient devant la porte de la première. OK, ça commençait à devenir
inquiétant, là.
Est-ce qu'ils avaient tous déménagé ? Elle n'avait rien entendu à ce sujet.
Et dans une petite ville comme Greenoak, tout se savait très vite. Trop
vite.
C'était peut être des camions de déménagement qu'elle avait entendu ce
matin, alors. Mais pourquoi s'étaient-ils rapprochés de chez elle ? Pour
faire demi-tour ? Sûrement pas. Bizarre...
Mila chassa ses pensées confuses d'un haussement d'épaule et continua
4sa route en branchant son lecteur MP4 à l'autoradio.
Elle s'engagea sur la route principale en tournant à droit, direction la
ville.
_ I can't get no ! cria-t-elle en médiocre synchronisation avec Mick
Jagger.
Elle se laissa porter par la musique et accéléra.
La sonnerie retentit cinq fois par à-coups. Mila détestait cette sonnerie.
Grinçante, stridente. Impossible de faire plus désagréable.
Le monstre se réveilla, faisant gronder tout l'immeuble.
_ Putain de... ! rugit une voix à l'intérieur.
Mila entendit patiemment que le pire arrive.
Quelque chose se brisa au sol. Des bruits de pas lourds qui se
rapprochent.
_ Quel est l'enfoiré qui va me le p... !
Beth aussi avait le syndrome de la Tourette matinal.
La porte s'ouvrit brusquement sur une tignasse rouge acajou en pagaille
à plus d'un mètre soixante-dix au dessus du sol. Des yeux verts
semblables à ceux d'un chat apparurent dessous et papillonnèrent. Beth
n'avait même pas pris la peine de se mettre en pyjama en rentrant chez
elle.
Malgré le réveil en sursaut et une sacrée gueule de bois, elle était
toujours aussi sublime. Si Beth avait décroché un rôle au cinéma,
ç'aurait pu être celui de Jessica Rabbit.
Pour ne pas désespérer devant cette injustice, Mila se complaisait à
penser que c'était la coloration qui faisait tout. Touche de fantaisie
qu'accentuaient les orchidées tatouées de son omoplate droite jusqu'à
5son biceps. La beauté maintenue par l'originalité. Un truc du genre.
Lorsqu'elle était revenue de New York, Mila avait vu que rien n'avait
changé à Greenoak. Hormis une chose : une nouvelle habitante. La seule
depuis un baille ! Personne n'était assez cinglé pour venir s'isoler dans
un trou comme Greenoak. Excepté Beth Olson, originaire de l'Arkansas,
la taille et le physique d'un mannequin, les cheveux violine foncé à cette
époque et un sacré phénomène ! Mila s'était toujours dit que c'était dû au
fait qu'elle avait grandi avec trois frères qui, comme elle avait pu le
constater un jour lors d'une de leur visite à leur sœur, étaient plus
cassecous les uns que les autres.
_ Mila ! s'exclama Beth avec un large sourire qui s'effaça aussitôt. Je
vais te tuer.
_ Moi aussi, je t'aime ! Allez, change-toi. On va prendre un café.
La tête dans le brouillard, Beth l'étudia d'un air blasé.
_ Sérieusement ?
_ Oui, sérieusement. Bouge !
Beth détestait son boulot. Tout autant que ses collègues qu'elle qualifiait
de vampires suceurs de pognon sans aucune personnalité à la solde d'un
roi vampire dictateur. Elle en avait marre d'être elle aussi une vampire.
Beth travaillait dans une banque. Enfin, jusqu'à hier, à 16h42. Heure à
laquelle son patron, le roi vampire, l'avait convoquée dans son bureau
pour lui dire qu'ils feraient mieux d'en rester là. Pas dans le sens
professionnel. Il l'avait plaqué. Après avoir bien profité de ses services
lorsqu'ils étaient ensemble en lui refilant des tâches ingrates qu'elle
acceptait toujours presque sans broncher. Il y avait aussi une certaine
Rosalee de la compta, dans l'histoire. Et probablement sans plus tarder,
6Rachel, son écervelée de nouvelle secrétaire.
Alors Beth, elle, avait plaqué son boulot. Après avoir castagné d'une
belle droite en plein visage le roi vampire.
Elle avait ouvert en trombe la porte de son bureau et avait filé à son
poste comme une furie, menaçante tornade rouge acajou en approche.
Elle avait récupéré les quelques affaires dont elle avait besoin et, faisant
claquer ses talons de douze centimètres sur le sol, Beth avait foncé vers
la sortie en lançant un « Tchao, bande de cons ! » à ses collègues
éberlués devant la scène qui avait durée à peine deux minutes.
Puis elle avait refermé violemment la porte de la banque derrière elle,
une bonne fois pour toute avec, pour la première fois depuis longtemps,
un immense sentiment de légèreté.
Au fond, elle ne savait même pas pourquoi elle était sortit avec ce type.
Assise en terrasse à la petite table du Café Mary, Beth ressemblait à une
actrice de cinéma. Pour changer. Elle portait ses grosses lunettes de
soleil fétiches que Mila appelait « yeux de mouches ».
_ Tu peux parler toi, avec ton look de hippie-écolo-baroudeuse ! lui
avait dit Beth lorsque son amie s'était moquée de ses lunettes.
Le Café Mary était le meilleur de Greenoak. Bien qu'il n'y en avait que
deux. On ne manquait pas de bars et de restaurants, mais pour les cafés
restaurants, c'était plus restreint.
C'était un petit endroit charmant tenu par un quinquagénaire
afroaméricain du nom de Martin et sa fille, Amy, qui faisait le service. Elle
était dans sa période d'essai pour la cuisine. Avant, il y avait une autre
serveuse, Laura. Une jeune femme un peu spéciale. Mais elle était partie
du jour au lendemain, sans prévenir personne. Certains disaient que
c'était une fugitive et que la police avait retrouvé sa trace. D'autre qu'elle
7était partie avec son amant fugitif qui était venu la chercher après avoir
échappé à la police.
En ce moment, l'imagination collective de Greenoak tournait plutôt
autour du genre policier. Avant cela, le style était plutôt à la romance et
aux passions secrètes à la sauce Jane Austen.
Du coup, Martin avait dû engager quelqu'un d'autre, sinon, à deux, ils
n'allaient pas tenir. Un jeune homme du nom de Peter s'était présenté.
Propre sur lui, tout sourire et plus que jamais motivé. Il savait faire le
service et aimait cuisiner.
Le hic, pour le propriétaire, c'est que Amy et lui n'avaient pas tardé à
fricoter. Cela avait presque failli faire revenir pour de bon le genre «
romance et passions secrètes ». Dès qu'il l'eut appris, Martin avait
envisagé de mettre Peter à la porte et de chercher quelqu'un d'autre. Une
femme, de préférence. Ou un vieux bonhomme.
Mais Amy l'avait supplié de donner encore une chance à Peter et lui
avait promis qu'ils se « calmeraient » au travail. Alors Peter était lui
aussi dans sa période d'essai. Mais d'un autre genre. Du style « je garde
mes mains et ma langue là où elles sont le mieux et je ne touche pas à
votre fille avant le mariage ». Dur. Pauvre garçon.
Eh oui, c'était ça, Greenoak ! Tout se savait. Un peu trop. Mais bon, on
s'y habituait.
_ Alors, commença Mila en ramenant deux cafés noirs et une montagne
des gaufres. Tu tiens le coup ?
_ Hah ! Tu veux rire ! s'exclama Beth. Je crois que c'est le plus beau jour
de ma vie. Je suis célibataire ! CÉ-LIB ! Je vais à nouveau pouvoir
draguer en toute impunité.
Mila sourit.
8_ Eh oui. C'est pas mal parfois, le célibat, tu sais. Tu devrais essayer
plus souvent !
Beth lui lança un rire jaune avec son air blasé spécial « plus
qu'amusant : pitoyable ».
_ Hin hin, très drôle. Et toi tu devrais te caser, chérie.
_ Hm, j'y réfléchirais, fit Mila en faisant mine d'y réfléchir vraiment.
_ Ouais, ben réfléchis pas trop longtemps. Il y a épuisement des stocks
de gars biens en ce moment...
Mila regarda son amie avec un petit sourire en coin taquin.
_ Je ne veux pas dire que je te l'avais dis mais...
_ Oui bon, ça va !
_ Je te l'avais dis !
_ Quel connard... ! Un banquier. Non mais faut être assez stupide aussi !
_ Hé, t'es pas stupide. C'est lui qui est complètement con de ne pas avoir
vu qu'elle chance il avait de sortir avec une femme aussi parfaite que toi.
Beth gloussa.
_ J'ai pas besoin qu'on me console, chérie ! C'est plutôt lui qu'on devrait
plaindre. Je parie qu'il devra se refaire le nez.
_ Ça ne lui fera pas de mal. Il était pas terrible, son nez.
Les deux amies se regardèrent, puis éclatèrent de rire.
_ T'as raison ! dit Beth en prenant une mine épouvantée. Comment ai-je
pu sortir avec un mec avec un nez pareil ?
_ Mouais. Mais bon, maintenant tu devrais plutôt penser à chercher un
nouveau job...
Beth réfléchis quelques instants puis héla Martin.
_ Dis, t'aurais pas besoin d'une jeune serveuse dévouée qui se retrouve à
la rue parce qu'elle a tabassé son patron ?
9Martin réagit aussitôt.
_ Ça y est ? Tu l'as enfin lâché ce ripou ? Il était temps !
Beth, derrière ses lunettes « yeux de mouches », regarda tour à tour Mila
et Martin.
_ Quoi... mais, vous saviez tous que c'était un salaud et vous m'avez
laissé trois mois avec lui ?
_ C'est pas comme si on te le répétait chaque jour mais que tu ne voulais
rien entendre..., glissa Mila.
_ Quoi qu'il en soit, dit Martin à Beth en lui montrant le Café, je
t'accueillerais avec plaisir dans mon humble demeure. Tu commences
ton jour d'essai demain à 8h, ça te va ? Je ne sais pas si c'est à cause de
la saison, mais on commence à avoir de plus en plus de clients. Alors
une paire de mains en plus, ça ne fera pas de mal.
Martin lança un regard noir à Peter qui était derrière le comptoir et qui
murmurait quelque chose à l'oreille d'Amy. La jeune femme rit
doucement en le regardant avec des yeux de biche amourachée.
_ D'autant plus que certaines ne sont pas là où elles devraient être...
_ Génial ! fit Beth. Merci beaucoup, Martin. Je ne te décevrais pas.
_ Ha ha, j'espère bien ! Allez, belles demoiselles, je vous laisse.
Puis il repartit à l'intérieur en fonçant en direction de Peter qui s'écarte
aussitôt de Amy.
Mila était abasourdie.
_ J'y crois pas ! Comment tu fais pour avoir autant de chance ?
Beth eut un petit sourire humble et haussa les épaules.
_ 'Sais pas. Sans doute la chance du cocu.
_ Et moi qui me casse la tête à écrire mes bouquins...
Beth eut à nouveau son regard blasé.
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