Liz T. autobiographie, de Jean-Paul Manganaro

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Liz T. Autobiographie DU MÊME AUTEUR Chez le même éditeur François Tanguy et Le Radeau, 2008. Federico Fellini Romance, 2009. Confusion de genres, 2011. Cul in air, 2014. Chez d’autres éditeurs Carmelo Bene(collectif ), Éditions Dramaturgie, 1977. Douze mois à Naples. Rêve d’un masque, Éditions Dramaturgie, 1983. Le Baroque et l’Ingénieur, essai sur l’écriture de Carlo Emilio Gadda, Éditions du Seuil, 1994. Italo Calvino, romancier et conteur, Éditions du Seuil, 2000. JeanPaul Manganaro Liz T. Autobiographie Roman P.O.L e 33, rue SaintAndrédesArts, Paris 6 © P.O.L éditeur, 2015 ISBN : 9782818017234 www.polediteur.com À Camille Dumoulié Atelle dit cela ? Atelle pu dire cela ? Atelle vraiment pu dire cela ? Peutêtre pas, peutêtre l’atelle simplement pensé, pensé distraitement, oui, distraitement, je veux dire sans y prêter attention, en brossant ses che veux, le soir, en se maquillant, en passant une combinaison en satin, qui glisse sur la peau comme la vie, sans y prêter sur le moment ni trop ni trop peu d’attention, ou en buvant un whisky, accrochant ces pensées à un ins tant qui passe, inaperçu, sans en faire toute une histoire, dans le désordre des jours, sans emphase, sans discours qui pourraient don 9 ner quelque crédit à ce genre de pensées ni à cette manière de penser, en perdant ou en prenant son temps. Distraitement.
Publié le : mercredi 13 mai 2015
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Liz T. Autobiographie
DUMÊMEAUTEUR
Chez le même éditeur
François Tanguy et Le Radeau, 2008. Federico Fellini Romance, 2009. Confusion de genres, 2011. Cul in air, 2014.
Chez d’autres éditeurs
Carmelo Bene(collectif ), Éditions Dramaturgie, 1977. Douze mois à Naples. Rêve d’un masque, Éditions Dramaturgie, 1983. Le Baroque et l’Ingénieur, essai sur l’écriture de Carlo Emilio Gadda, Éditions du Seuil, 1994. Italo Calvino, romancier et conteur, Éditions du Seuil, 2000.
JeanPaul Manganaro
Liz T. Autobiographie
Roman
P.O.L e 33, rue SaintAndrédesArts, Paris 6
© P.O.L éditeur, 2015 ISBN : 9782818017234 www.polediteur.com
À Camille Dumoulié
Atelle dit cela ? Atelle pu dire cela ? Atelle vraiment pu dire cela ? Peutêtre pas, peutêtre l’atelle simplement pensé, pensé distraitement, oui, distraitement, je veux dire sans y prêter attention, en brossant ses che veux, le soir, en se maquillant, en passant une combinaison en satin, qui glisse sur la peau comme la vie, sans y prêter sur le moment ni trop ni trop peu d’attention, ou en buvant un whisky, accrochant ces pensées à un ins tant qui passe, inaperçu, sans en faire toute une histoire, dans le désordre des jours, sans emphase, sans discours qui pourraient don
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ner quelque crédit à ce genre de pensées ni à cette manière de penser, en perdant ou en prenant son temps. Distraitement. Quelque chose s’attarde comme en flânant dans la tête puis se pose délicatement, l’air de rien, juste au milieu du front, à l’intersection du front avec le nez, qui en fait alors une pen sée verticale si l’on songe à l’horizontalité du front, à cet espace lisse qui ne sait pas conclure, alors que le nez, lui, c’est comme s’il savait finir, achever, mettre un point final. Distraitement, oui. Comme quelque chose qui, soudain, se formule avec des mots, ceux là, oui, qui viennent à l’esprit sans qu’on s’y attende, et que cette absence ou ce manque d’attente – peutêtre d’attention – ne permet plus ensuite de repenser la même chose en la reformulant avec les mêmes mots, les mots s’échappent, s’envolent, mais quelque chose reste, et ce ça qui reste on ne sait plus lui donner un nom ni lui prêter des mots d’ail leurs, mais reste tout de même sur la peau, sur cette peau si lisse, si parfaite, oui, si belle, comme quelque chose qui devient du vécu
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et s’ancre dans la chair. Ou tout près d’elle. Sur la pommette, sur ce tout petit espace de la pommette, ou derrière l’oreille. Juste là où elle marque une goutte de parfum, pour que le nez de celui qui va l’embrasser soit dirigé de la bouche plus loin, là, derrière l’oreille, plus bas, le cou, oui, le cou, puis la gorge, la gorge, où la peau lisse du front tendue par l’os s’assouplit en un volume plus doux que cette bouche embrasse ou baise diffé remment, dans un feu différent, pris dans une attente prévoyante, peutêtre faudrait il dire prévue, mais certes inattendue. Un quelque chose qui comble, lentement, dont on peut suivre la lenteur, la recherche ou la quête qui s’y manifeste et peu à peu s’éclair cit et s’affermit pour encore se confondre et recommencer. Un état où tout ce qui est devient liquide, mais paresseusement, oui, lentement, une distillation ou une stillation liquide qui mollement se répand dans tout le corps, qui rend le corps comme liquide, cou lant presque. Ça oui, ça elle l’a certainement pensé, peutêtre distraitement, oui, distrai
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