QUELQUES VIES DE JULIUS

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Pour qui connaît l’œuvre pléthorique de Michel Bellin, Julius est un personnage omniprésent. Plutôt sympathique, parfois déconcertant, dans tous les cas vulnérable. Mais qui est donc ce Julius ? Serait-ce le héros, plutôt l’antihéros, en tout cas le double de l’auteur ? Étrangement, ce personnage fraie les mêmes terres, les défriche, souvent s’y perd : l’amour, la mort, le sexe, “ dieu ”, la littérature, la musique… l’érosion des engagements dans l’usure du temps qui passe, lasse, trépasse… Le lecteur pourra trouver quelques clés (et quelques serrures récalcitrantes !) dans ce roman autofictionnel d’une haute tenue littéraire. Après un vrai faux avant-propos plutôt vachard sur le monde de l’édition française, un récit éclaté aussi véridique qu’improbable… en forme de jeu de pistes à la recherche d’un “je” toujours aussi inattendu et insoumis !
Publié le : dimanche 28 février 2016
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Michel Bellin
QUELQUES VIES DE JULIUS YouScribe
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CONTACT michelcombebellin@hotmail.com Site littéraire : www.michel-bellin.fr Plate-forme d’auto-édition numérique : Amazon Plate-forme de lecture gratuite (pseudo bellinus) http://short-edition.com/auteur/bellinus & http://www.youscribe.com/Search?quick_search=bellinus BIBLIOTHEQUE NATIONALE http://data.bnf.fr/13343488/michel_bellin/ «?Mais qui est donc ce “Julius” » Voici la question que le lecteur ne manquera pas de se poser dès les premières pages de ce roman atypique. Serait-ce le héros, plutôt l’antihéros, en tout cas le double de l’auteur ? Etrangement, ce personnage fraie les mêmes terres, les défriche, souvent s’y perd : l’amour, la mort, le sexe, “ dieu ”, la littérature, la musique… l’érosion des engagements dans l’usure du temps qui passe, lasse, casse… Après un curieux avant-propos, un récit volontairement éclaté, avec ici ou là pourtant quelques clés (et quelques serrures récalcitrantes !) pour un portrait-puzzle aussi véridique qu’improbable, en forme de jeu de pistes à la recherche d’unjetoujours inclassable et insoumis !
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Pour se réconcilier avec soi-même, il faut partager avec le passé son pain quotidien. Jean Sulivan
J’ai surtout vécu de t’attendre Et le reste était poudre et cendre Mais t’attendre est incorruptible… Jean Grosjean Le visage de l’autre est ce qui mèneau-delà, ce qui me fait sortir de ma propre identité pour chaque matin dire “me voici ! ” » et donner. Michel Laine À mon fils Ludo.
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Avant-propos
Les trompettes de la renommée n’ont pas encore été embouchées que déjà bruissent les rédactions tandis que les professionnels s’activent (tout en pestant contre l’avalanche du papier qui fait de la résistance) car, tous pressentent, sinon des chiffres mirobolants, du moins l’embellie annoncée, une reprise certaine de l’édition : près de 600 romans franco-français et étrangers attendus sur les étals entre la mi-août et le mois d’octobre, très exactement 589 futurs opus miraculeux en 2015, avec, comme à chaque rentrée dite littéraire, d’inévitables rumeurs, des coups bas éditoriaux, l’indispensable fumet de scandale dans le recoin d’unebonne feuille, une agitation certaine ne mettant pas en péril un rituel convenu mais rassurant et aussi prévisible que cette célèbre égérie belge qui nous pond chaque automne son bel œuf bien calibré, bref, on l’aura deviné, il ne s’agira pas ici de gallinacée surdouée mais bel et bien de rentrée littéraire.
Ou plutôt de non-rentrée. De contreperformance commerciale. De sous-littérature improductive. Galéjade du sacrosaintincipit! Car, dans cette anti-préface revendiquée, j’entends débuter mon récit en parlant d’abord – histoire de déblayer le terrain une fois pour toutes – de tous les auteurs loser dont un certain Julius ditJulius Minuspourra devenir le prototype, le chef de file et le saint patron tutélaire, nullement menacé par le choc culturel de septembre, écrivain aussi peu concerné par les best-sellers automnaux que les pécheurs de crevettes du dimanche le sont par les quotas de thon rouge dans les eaux nipponnes ; aussi peu passionné par ailleurs, juste amusé, par le récit romanesque que je vais tracer de son improbable destinée. « Ta seule circonstance atténuante, m’a-t-il dit après avoir parcouru mon manuscrit, c’est que ta narration ne ressemble à rien, que je ne me reconnais dans aucun de tes dix Julius mais qu’à tout prendre, plutôt qu’une romance sirupeuse, je préfère ta bombinette à fragmentation, même si la mise à feu est totalement ratée. Ah ! mon pauvre Maxou, si seulement je pouvais être sûr que ton incohérence soit préméditée… » Qu’on se le dise : mon héros est aussi injuste qu’impitoyable.
Pourtant, je persiste et signe. Et bien que je ne sois pas de la partie (je soigne essentiellement et uniquement les corps), je pense connaître intimement cet auteur car je suis son ami depuis bientôt quarante ans ; j’apprécie obscurément autant qu’obstinément cette sorte d’Homme Noir qui me ressemble comme un frère, et je veux ici, avant de narrer plusieurs de ses incroyables vies, évoquer son prodigieux malheur, ses échecs coruscants, sa glorieuse nullité littéraire, sans me gêner le moins du monde, allons-y puisque les oxymores sont redevenus à la mode. Néanmoins, pour respecter son anonymat et ne pas abuser de la première personne du singulier, nous l’appellerons ici et dans le reste du roman Monsieur Julius, ou plus familièrement Julius, personnage récurrent de son œuvre prolifique autant qu’avortée.
Donc, notre Julius est un drôle, un phénomène, presque un cas d’école : depuis plus de trente ans, il aligne une brassée d’ouvrages à peu près aussi invendables les uns que les autres tant sa prose est sinon indigente du moins essentiellement autofictionnelle, pour ne pas dire autobiographique voire autobiografictive. (Il faut dire que le plouc refuse à sa plume les histoires de vampires, le genreFantasyou le basique roman policier, mais les historiettes de cul, oui, faut bien subsister.) Ce nonobstant, je peux l’attester, moi qui suis fidèlement sa non-carrière, pas une seule critique dans les gazettes pendant tout ce temps, pas le moindre frémissement dans les ventes et même un embryon de notice qui vient d’être supprimé
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