Barracuda épisode 2 : la mort des origines

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Deuxième épisode du roman-feuilleton Barracuda.
Un nouvel épisode arrive chaque mardi soir.
Publié le : jeudi 26 mai 2016
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BARRACUDA Episode 2/8 : La mort des origines Je suis né de l’amour d’une C.R.S. et d’un huissier. Ils ont choiside m’appeler… Martial. J’ai grandi à Lyon pour intégrer l’armée de terre à dix-neuf ans. Après une formation sommaire je suis parti au front, j’ai tué. Enfin. Comme une élévation à chaque pression de la gâchette. On se sent puissant, supérieur. Je domine, je maîtrise leurs vies. Si je décide de vous tuer, où que vous soyez, quoi que vous fassiez, vous êtes condamné. Les gens respirent parce que je ne leur veux pas de mal mais je peux supprimer leurs existences. Je suis la mort. J’ai jubilé cinq mois. Chaque jour je tuais au moins quelqu’un. Il s’agissait de militaires ennemis en principe mais s’il n’y en avait pas un seul en vue, vers la fin d’après-midi je me mettais à regarder les nuques des civils… Les officiers m’ont blâmé mais je m’en fichai. Je ne faisais que des exercices depuis des années alors maintenant ils avaientintérêtà me laisser me défouler. Un jour, un officier a menacé de m’enfermer et j’ai senti qu’il était sérieux. Je lui ai brisé le cou et, en
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voulant échapper aux autres, en ai abattu une vingtaine à la mitraillette. Ils m’ont eu au gaz lacrymogène et rapatrié sous haute sécurité. Au tribunal militaire, un supérieur a déclaré : Ce soldat, messieurs, n’est pas un homme; pas au sens où nous l’entendons. C’est… une sorte de barracuda humain. Alors bien sûr, il ne connait ni discipline, ni honneur.Ce n’est qu’un chasseur qui veut prendre un maximum de vies, par instinct. Il décide de sa proie et ne la quitte pas des yeux avant d’être sur elle. Et il y a une chose que nous devons bien reconnaitre, messieurs, c’est que ce prédateur est doué dans sa folie. C’est pourquoi je vous appelle à la plus extrême rigueur dans votre jugement car il ne serait pas responsable de le laisser en liberté. Un barracuda… L’idée me plaisait, j’ai su m’en rappeler. Le tribunal m’a enfermé sous haute vigilance. J’y suis resté un an. Plus dun an. Trois cent quatre-vingt-dix-huit jours à supporter cette foule d’imbéciles, avec ou sans uniforme, plein d’orgueil dans leur violence et leur
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bêtise. La prison a été la période la plus atroce de mon existence. Puis j’ai réussi à attaquer mes gardiens par surprise. Ils n’ont rien vu venir et se sont retrouvés à mes pieds. J’aurai pu filer mais hors de question. Ils me séquestraient depuis un an, l’heure du châtiment était venue.  Lorsque je suis sorti il ne restait plus une vie à l’intérieur. J’ai massacré gardiens et prisonniers, après les avoir torturés longtemps. Le ministère a dissimulé pour éviter la panique et s’est mis à me traquer.Puisque tuer est mon talent, j’ai fait en sorte d’en vivre et suis devenu tueur à gage. Sous le nom de Barracuda, j’ai acquis une réputation internationale. Au départ, j’étais payé par des individuels pour un mari infidèle ou un témoin gênant, mais à force de travail je suis devenu l’allié de grands cartels de la drogue, de mafias, d’organisations… et un jour, j’ai reçu une demande duSecret Servicedes Etats-Unis. Ils devaient se débarrasser d’un scientifique en Chine et ne pouvaient s’en occuper. J’ai fait mon métier.  Depuis, des représentants de la «Justice» font appel à moi en désespoir de cause. Grâce à cela, Interpol
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n’arrive pas à me mettre la main dessus. De nombreuses polices n’ont pas intérêt à ce que lumière soit faite. Un jour des militaires sont venus, qui savaient que j’étais Martial et Barracuda, ils avaient compris et venaient avec un message du Ministre de la Défense.Les talents comme le vôtre sont trop rares pour en priver notre République. Martial est blanchi des meurtres et de l’évasion, en retour Barracuda travaille gratuitement pour la France. L’ancien commissaire-inspecteur avait eu besoin d’aide pour démanteler un complot planétaire en un temps record et m’a remis une immense somme pour liquider tous les conjurés. Cela représentait une centaine d’agents partout dans le monde. Depuis, je disposais de sa protection implicite. Aujourd’hui, un nouveau client désirait sa mort. Je m’en suis chargé et en ai profité pour savoir s’il avait parlé ou non. Réponse deux: secret bien gardé.  Je roule sur les quais, personne ne me suit. D’après mon timing, à Interpol, on vient de trouver le corps. Une main sur le volant, je retire ma perruque et m’arrête sur le bas-côté, personne en vue. J’ouvre le
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coffre, prend Nico Tenn sur mes épaules et glisse les clés dans sa poche avantde le jeter à l’eau. Si Interpol se débrouille bien, on devrait le retrouver d’ici quelques heures. On conclura qu’il s’est suicidé après avoir tué le commissaire-inspecteur. Je sors mon vélo pliable, mets le casque et continue ma route.  Ils ne seront pas dupes maisj’offre une version convaincante : Nico Tenn a tué le commissaire-inspecteur, s’est enfui et a sauté dans le fleuve pour se suicider. Des éléments sonnent faux mais ils devront bien s’en contenter, elle offre un coupable qui évite de faire trop de bruit.Je souris. Ce matin, Nico n’imaginait pas qu’il serait tué et dénigré post-mortem. J’arrive dans un parc, me gare avec un antivol, bois à ma gourde et m’assois sur un banc. J’observe le vent, le soleil dans les arbres, je me sens bien. J’ai abattu deux personnes ce matin, j’ai pu voir leurs yeux lorsqu’ils ont compris. Personne ne s’attend à mourir.Excusez-moi.  Je baisse les yeux : une femme se tient devant le banc. Cheveux blonds lissés, cravate bleue chique
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comme le reste, jusqu’au bout des talons. Elle porte de grandes lunettes noires aux branches vertes, un chien à poils blancs la guide. Elle porte une gourmette argentée au poignet droit. Puis-je m’asseoir? Oui. Merci Barracuda. Elle semble contente de m’avoir fait sursauter et s’assoit, droite, à mes côtés. Je prends un air surpris : Vous m’avez appelé comment, là? Par votre nom de travail, je viens parler affaire. A moins que vous ne vouliez que je vous appelle par votre nom de naissance ? Impossible… Je fais mine de rire pourcacher l’envie de lui briser le crâne.Vous devez vous tromper de personne… La femme semble regarder droit devant, caressant la tête du chien du bout des doigts, détendue. Je la tuerai dès qu’elle aura tout dit. Elle parle d’un ton posé: Je vous connais, Martial. Je sais où vous logez, vos parentslogent. Je connais votre histoire, j’ai
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discuté avec le médecin de la prison, il m’a parlé de vos pulsions. Qui êtes-vous ?  Appelez-moi Diane. Je ne suis qu’une intermédiaire.  Tout en parlant, elle a tapoté sa branche de lunette, elle porte une oreillette. Je serre les dents, cette
fille ne fait que répéter ce qu’on lui dicte.Qu’est-ce que vous voulez ? Vous proposer un travail, à grande échelle. C’est la première fois qu’un client meparle en face. Je marmonne une réponse : Si vous avez de quoi payer. Ne vous inquiétez pas pour cela.  Mon portable vibre. Je le sors en fixant la femme et le colle à mon oreille. Allo ? Bonjour Martial.  Une voix grave, dans laquelle je sens de la jubilation. je te parle, tu ne peux pas savoir mon Enfin bonheur. J’ai tant entendu parler de toi.
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 Vous avez dû faire un faux numéro, monsieur…Oh non, Martial, n’essaye pas de fuir. Ecoute-moi, tu vas voir c’est intéressant. Je te téléphoneavec mon portable en main gauche. Devine ce que j’ai dans l’autre.Qui êtes-vous ?  Je tiens un pistolet, Martial ! Et le canon touche la nuque de Papa ! Vous êtes fou. Tu veux lui parler avant que je…? Ça me démange, tu sais ? Laissez-le tranquille. Ah ! Tu paniques ! Calmez-vous. Que voulez-vous ? Enfin si, Martial, un corps à corps avec Rien. toi, que tu sentes ton impuissance, que tu te battes et luttes jusqu’au bout avant de t’incliner.Qui êtes-vous ?  Je suis ton frère, Martial. Comme ton reflet dans le miroir. Nous allons voir qui gagnera. Attendez !
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J’entends qu’on agite le combiné puis une voix familière, en sanglot : Martial ! Martial! Je suis désolé…Papa ? Où es-tu ? Qui est ce type ? Un immeuble, à Lyon, je ne sais pas où. C’est ma faute, pardon, Martial…Un bruit d’explosion. J’éloigne le portable de mon oreille, l’autre raccroche. Il me semble avoir entendu rire. Diane pose une main sur mon bras : Je suis désolée. Je crois pouvoir vous aider. Ah oui ?  Cet homme est une connaissance commune. Un truand de la pègre lyonnaise. Hector. La pègre… bien, je sais où aller. La rage gonfle ma poitrine. Je le trouverai, je le ferais souffrir longtemps puis le tuerai avec toute sa famille. Appelez-moi si vous avez besoin d’aide. Elle me donne un papier avec un numéro puis se lève et pars avec son chien. Je la rappelle : Vous vouliez me proposer un travail ?
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cela, il faudrait que vous soyez libre. Pour Nous en reparlerons quand vous l’aurez éliminé.Elle salue puis s’en va. Je pourrais l’abattre mais il y aurait des témoins et je ne pourrais connaitre celui au-dessus d’elle. L’heure est grave, je respire à plein poumons. Trois personnes au moins savent que Martial Barbarde est Barracuda. Je les tuerai tous, personne ne doit connaitre la vérité. Un roman-feuilleton de Nahel D.P.
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