Barracuda épisode 4 : la mort des intermédiaires

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Quatrième épisode du roman-feuilleton "Barracuda".
Un nouvel épisode arrive chaque mardi soir
Publié le : mardi 17 mai 2016
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Episode 4/8 : La mort des intermédiaires  Ce parc; encore. Il pleut. J’observe les gens qui marchent vite, les capuches, les parapluies. Enfin l’aveugle apparait. Elle porte un manteau noir sur son costume-cravate et un grand parapluie bleu marine. Je la voix descendre du taxi, derrière son chien. Sans hésitation, elle se dirige vers mon banc : Excusez-moi, puis-je m’assoir? Bien sûr Diane. Merci Barracuda.  Elle porte toujours ses lunettes noires, son oreillette et parait regarder droit devant. Elle ne parle pas. Je n’ai pas la patience : Eh bien ? Oui ? Où est Hector ? vais vous le dire, calmez- Je vous, mais j’ai deux choses à communiquer avant. Quoi ?
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Tout d’abord sachez qu’un sniper est posté au quatrième derrière vous, viseur pointé sur nous. Il écoute notre conversation et a toute liberté pour la faire cesser. Vous me menacez ?  Voyez les choses comme vous voulez. Le Maître a voulu cette précaution. Le Maître, c’est votre supérieur, qui parle dans l’oreillette? Oui.  Attitude intéressante, tout à coup. Elle lève la tête et croise les jambes. En ajoutant cela à d’autres signes perçus hier, plus de doute : Vous êtes amoureuse de lui. Il savait que vous devineriez. Un silence, je mesure l’efficacité de l’individu. Il veut m’impressionner. Je soupire, il me faut l’adresse, nous perdons du temps. Bon, il y a un sniper pointé sur moi. Quelle est la deuxième chose ? Racontez-moi la mort de Madame Caleb.  Que veut ce commanditaire, à la fin ? Il connait mon nom, mon histoire, mes problèmes… et veut me
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soutirer les pièces manquantes dans son puzzle. Diane murmure sans tourner la tête : cela comme un échange. Votre Considérez récit contre l’adresse. Je ne vous veux pas de mal, mais je ne fais pas de cadeau. J’avais compris.Décrivez comment vous êtes parvenu à elle, et commentvous l’avez éliminée. Je connais le contexte. Bon…le commissaire-inspecteurm’avait fourni les informations dont Interpol disposait sur cette conspiration. Je me suis d’abord attaqué à des groupes inféodés, afin de remonter la piste. Mais elle a repéré l’attaque.Oui, les membres d’une centaine de groupes ont été massacrés au gaz. Elle n’avait plus besoin d’eux. J’ai fini par trouver un officier du carnage, une femme très loyale. Il a fallu trente-six heures pour la faire parler, et elle a donné l’emplacement d’unbunker désaffecté en Normandie. Quand vous y êtes allé, elle vous attendait.
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 Oui. Helena portait un gilet et un pantalon de toile blanche. Pieds nus, assise en tailleur au centre d’une pièce grise sans meuble, semblant méditer. Alors que je l’observais de dos, elle a parlé : Entrez, vous voyez bien qu’il n’y a pas de danger. Je suis seule, vouspouveztuer, sans me difficulté. Discutons, puisque voilà le fait établi. Vous allez me tirer dessus, nous ne nous connaissons même pas. Savez-vous au moins pourquoi je me bats ? Et qui vous servez ?  Je ne discute pas avec les cibles, elle aurait dû le savoir. Pendant qu’elle jacassait je me suis approché et lui ai tiré dans la tête à bout portant. J’ai vu les yeux bruns écarquillés quand son crâne a heurté le sol. J’ai relevé ses empreintes, je sentais un piège. Mais non, c’était bien HelenaCaleb. Elle imaginait sans doute pouvoir me faire changer d’avis, pour que je rejoigne sa cause. Aujourd’hui encore, j’ignore quel était l’objectif du complot et je m’en moque. J’ai jeté son cadavre du haut d’une falaise. Le lendemain, ses officiers n’ont pas été difficiles à trouver puis à éliminer.
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Voilà. Dites où habite Hector, maintenant. Bien sûr, un marché est un marché.  Diane porte la main à sa poche intérieure et en sort un téléphone. Sans pencher la tête, elle trace un symbole pour déverrouiller puis me le tend. C’est un G.P.S. Si vous suivez ses ordres, il vous mènera droit à Hector, une puce a été cousue dans ses vêtements. Si vous partez ailleurs, l’itinéraire sera effacé. Pourquoi ces précautions ? Je veux que vous le supprimiez sans délai afin que nous puissions discuter affaires. J’ai d’autres priorités. Quelque chose m’échappe. Je ne comprends pas les actes de Diane et son «Maître». Enfin si, j’ai une hypothèse, mais je la repousse depuis hier. Une sale habitude de la criminalité organisée… Je dois savoir: C’est vous qui lui avez parlé de moi? avez mis du temps, Barracuda, vous ne Vous méritez pas votre réputation. Vous voulez me tester.
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ne travaille pas avec des inconnus. Hector Je est mon tueur depuis des années. Si vous voulez travailler avec moi, il faudra le tuer. De toute façon, vous le tuerez ou il vous détruira. La situation s’éclaire. Le «Maître» doit être un gros bonnet, chef de secte ou homme politique. Il ne se permet qu’un seul tueur, par précaution. Si un nouveau prend la place, l’ancien doit être tué, occasion parfaite de tester le nouveau. J’ai déjà fait un combat de tueur. Dans ces affrontements tous les coups sont permis. Hector a tué mon père pour me mettre la pression, mais le jeu vient d’être bouleversé: le Maître m’a donné un avantage. A moins qu’il ne s’agisse d’un guet-apens… Hector est peut-être au courant et m’attend. votre temps, Barracuda, mais notre Prenez sniper risque d’avoir une crampe…Rendez-vous demain, même heure, même lieu. Je l’aurai supprimé.ne sera pas nécessaire. Si vous réussissez, Ce appelez-moi tout de suite. Bien.
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Elle ne bouge pas et m’écoute partirsous la pluie. Le portable indique une rue à droite, vers laquelle je me dirige quand j’entends une détonation. Tout de suite, je suis derrière un buisson, arme au poing. Ce fameux sniper ne m’a pas touché. Bien sûr: il ne me visait pas. Devant le banc, Diane est allongée face contre terre, son sang se dissout dans les flaques. Le chien la renifle avec incompréhension. Je ne déchiffre pas ce qu’il se passe. Quel intérêt son Maître a-t-il à la supprimer ? Elle était fidèle, et même folle de lui. Elle ne représentait aucune menace. Dans ma main le portable vibre. Un messages’affiche:Qu’attendezSeriez-vous sensible à sa-vous ? mort ?C’était mon pion. Oubliez-la. Allez voir Hector. Je vous donne deux heures.  02-00-00 Je n’y crois pas… 01-59-57 L’écrance compte à rebours, à côté du montre trajet. Hector n’est pasbien loin… Je sors de mon abriet me mets en route.
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Le Maître. Ce type n’a pas peur de tuer. Et il connait la vérité, il sait que Barracuda s’appelle Martial Barbade en civil. Je vais faire en sorte d’avoir sa confiance en travaillant pour lui et le tuerai dès que possible.Il doit mourir, ou je lui serai soumis à vie. Il me mène au doigt et à la baguette. Son compte à rebours le montre : il joue avec moi. Bientôt il pleurera, une balle entre les deux yeux, en me fixant.Tout de même, j’admire la façon dont il mène la situation sans s’exposer. Diane et Hector sont ses pantins, ses pions. Il les destine à une mission et lorsqu’elle est finie se débarrasse d’eux.J’arrive devant une porte,le portable bipe : Code de la porte : 31415. Deuxième étage.  01-54-32 Je me vois déjà déboiter l’épaule de ce vantard. Je sors mon pistolet, tape le code de la main gauche et entre. Les boites indiquent qu’Hector habite au deuxième. Sans nom de famille.Je monte en pointant l’arme. Personne. Au deuxième, deux portes. Sur la sonnette de droite :
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«Hector». Très bien, en avant ! La porte cède après deux coups.  Couloir coquet, murs blancs, veste rouge sur le porte-manteau. Silence. J’entends un léger bruit, des sanglots. Je colle l’oreille au placard de gauche… les sanglots d’une femme bâillonnée. Aucune importance. Du pied, je pousse une porte et met la pièce en joue. Personne. Canapé de cuir brun, lustre, grandes fenêtres. Je contourne le canapé, personne. Où te caches-tu ? Une autre porte blanche, je tourne la poignée puis entre. Une cuisine, mais toujours aucun ennemi. Une voix masculine, dans mon dos : Tu cherches quelque chose, Martial ?  Je tire une balle silencieuse. Raté. Il se cache derrière le plan de travail. Avec lenteur, je marche jusqu’à être protégé par le réfrigérateur. J’ai reconnu la voix du téléphone. Hector. Il aurait pu tirer mais a parlé. Pourquoi ? Je passe la tête hors de la cachette, mais ne le vois pas.  Pas trop triste pour Papa, Martial? C’est vrai que tu ne devais pas bien le connaitre…Pour qui travaillez-vous ?
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Travailler? Je ne travaille jamais, je m’amuse, regarde !  Le réfrigérateur émet soudain un nuage blanc, mes yeux brulent. J’aimerai beaucoup discuterencore, Martial, mais j’ai d’autres priorités. Tu comprends? Je reviendrais plus tard. Ma tête tourne. Je sens qu’on me traine, la voix résonne :  Mais pas te laisser seul, neje ne vais t’inquiète pas… A tout à l’heure!  Je ne sens plus mon corps, je sombre. J’ai mal à la gorge, mes yeux risquent de tomber de leurs orbites. Je reprends mes esprits, ligoté dans le noir. Une présence, à droite. Des sanglots étouffés. De près, je les reconnais. Maman ?
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