Abysses - Calling Cthulhu

De
Publié par

Au plus profond des abysses, nul ne vous entendra hurler !
Le XXIIème siècle touche à sa fin. L’acharnement de l’humanité à trouver une planète viable vient de payer : PX-228 possède une atmosphère parfaite et bien que sa surface soit essentiellement liquide, l’excitation est à son comble.
Ulysse Frémont, le capitaine du sous-marin militaire d’exploration « Le Curieux » n’a pas de doutes là-dessus : il accomplira sa mission !
Le corps d’une jeune femme, une inconnue, est retrouvée sur le pont du navire, morte. Comment se peut-il qu’un être humain se retrouve ici, à des milliards de kilomètres de chez lui ?
La solution de cette énigme se trouve-t-elle dans les tréfonds de la planète aquatique ?
Publié le : jeudi 11 décembre 2014
Lecture(s) : 16
Tags :
Licence : Tous droits réservés
Nombre de pages : 30
Prix de location à la page : 0,0001€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois

cover.jpg

Abysses

 

 

 

 

Christophe Rosati

 

 

 

 

Illustration : Gwen Vibancos

 

 

 

 

 

Éditions L’ivre-Book

 

Abysses…{1}

 

 

 

« Le même instinct anime les diverses facultés de l’homme. À l’activité du corps qui cherche à se développer, succède l’activité de l’esprit, qui cherche à s’instruire. D’abord les enfants ne sont que remuants, ensuite ils sont curieux ; et cette curiosité bien dirigée est le mobile de l’âge où nous voilà parvenus. Distinguons toujours les penchants qui viennent de la nature de ceux qui viennent de l’opinion. Il est une ardeur du savoir qui n’est fondée que sur le désir d’être estimé savant ; il en est une autre qui naît d’une curiosité naturelle à l’homme pour tout ce qui peut l’intéresser de près ou de loin. Le désir inné du bien-être et l’impossibilité de contenter pleinement ce désir lui fait rechercher sans cesse de nouveaux moyens d’y contribuer. Tel est le premier principe de la curiosité ; principe naturel au cœur humain, mais dont le développement ne se fait qu’en proportion de nos passions et de nos lumières. Supposez un philosophe relégué dans une île déserte avec des instruments et des livres, sûr d’y passer seul le reste de ses jours ; il ne s’embarrassera plus guère du système du monde, des lois de l’attraction, du calcul différentiel : il n’ouvrira peut-être de sa vie un seul livre, mais jamais il ne s’abstiendra de visiter son île jusqu’au dernier recoin. Quelque grande qu’elle puisse être. Rejetons donc encore de nos premières études les connaissances dont le goût n’est point naturel à l’homme, et bornons-nous à celles que l’instinct nous porte à chercher. »

Jean-Jacques Rousseau

 

 

 

Humanité

 

 

Me voilà seul, en définitive.

Je n’aurais jamais songé que la solitude puisse être si lénifiante. Mes pas résonnent d’une plainte métallique dans les couloirs étroits et désormais incongrus du bâtiment. Il m’arrive de me sentir gêné par le son de mes propres bottes, tant le poids de l’isolement m’écrase. Même ma voix, lorsque j’en use dans une vaine tentative de n’en pas oublier le timbre, ne revêt aucun sens. Seule la musique compte. Celle qui n’existe pas et dont les complaintes sans fin résonnent pourtant derrière mes yeux fatigués. Elle envahit tout mon être.

Lorsque j’y pense, toute cette affaire n’a duré que quelques jours et j’ai pourtant l’impression que des mois viennent de s’écouler. Les heures s’étirent, infinies, et je n’ai plus rien à faire qu’à attendre la fin et mon départ de ce submersible.

Il y a quelques heures, j’ai réalisé que je devais laisser une trace de mon passage ici. Peut-être n’est-ce qu’un désir posthume de laisser une empreinte dans l’histoire de l’humanité mais si ma situation est bien telle que je la conçois, mon témoignage restera lettre morte pendant des siècles, dans le meilleur des cas. Pourtant, reste au fond de moi une flamme tremblante, une minuscule lueur d’un espoir sans aucun sens et pour cela, je me dois à la postérité. Je vais donc prendre mon temps afin d’expliquer les derniers événements, en consignant les faits dans ce journal de bord. Tenter d’être précis même si le simple fait de me concentrer sur un clavier me demande un effort particulièrement pénible et une concentration toujours plus ardue à garder.

Tout d’abord le nom de ce bâtiment : le Curieux, formidable torpilleur à propulsion ITER, fleuron de la division navale franco-allemande. Le bâtiment avait été conçu spécialement pour des missions extra-planétaires, en l’occurrence celle-ci. Mon destin fut scellé par un mémo interne de l’administration militaire qui visait à déterminer qui aurait l’honneur de commander ce navire. J’ai bien entendu fait savoir à qui de droit que l’expérience m’intéressait vivement. J’avais la compétence, le sang-froid, l’intelligence nécessaire pour ce travail. Ainsi, lorsque ma hiérarchie m’a annoncé que j’étais celui qui avait été désigné par le conseil d’état-major, mon cœur s’est emballé. Ce n’est pas tous les jours que l’on s’embarque sur un sous-marin d’un nouveau type, pour une mission inédite ! J’étais excité au plus haut point mais bien entendu, j’ai gardé pour moi toute cette joie. Ni ma famille, ni mes amis ne devaient être au courant. Le secret-défense implique la dissimulation.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

suivant