l'enfant loup

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Elle était née pour ainsi dire au sein de la nature. D’aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle avait toujours vécue dans cette forêt, au milieu des arbres et des animaux. Les elfes et les dryades l’avaient élevée comme l’une des leurs, les nixes l’avaient nourri au sein et les centaures lui avaient appris à marcher. Les licornes étaient ses compagnes de jeu et elle battait déjà les agiles biches à la course.
Ainsi commence l'histoire de Diane, enfant-loup élevée loin des hommes par les Êtres de la forêt, comment elle va rejoindre la communauté humaine et de quelle façon elle va devoir combattre le Mal, afin de trouver sa place et de retrouver enfin ses parents et sa famille.
Publié le : vendredi 27 novembre 2015
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L’ENFANT LOUP

Roman


LUCILE LONGRE





© Lucile Longre 2015


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PROLOGUE















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Charlotte était à bout de forces, elle n’en pouvait plus.
Depuis son mariage, elle n’avait plus un jour de repos.
Son corps et son esprit étaient si dolents, qu’il lui
semblait avoir la peau et les nerfs à vif, comme
écorchés lentement par un bourreau subtil et
méthodique.
Son époux, certes, avait tout du tortionnaire
méticuleux et froid, il ne l’avait d’ailleurs épousée que
pour mettre la main sur le royaume de son père et sur
son héritage. Son mari, le Noir Seigneur, ne faisait
jamais rien par hasard, par affection ou par amour.
Dans toutes choses, il n’était guidé que par son intérêt,
qui le poussait toujours et depuis longtemps vers les
choses obscures, maléfiques et secrètes.
De ce que sa femme savait, il en était ainsi depuis
l’enfance de son époux. Tout petit déjà, celui qui
n’était encore que Otto, était déjà attiré par le Mal et
toutes les sciences occultes, et il n’eut de cesse, dès
qu’il put et sut exprimer ses choix, de se faire instruire
chez les nécromanciens les plus redoutés, ceux dont on
ne parlait qu’à mots couverts et avec grande crainte.
Les parents d’Otto, souverains du royaume, sages et
respectés, se désolaient de l’état d’esprit qui se faisait
de plus en jour chez leur fils et ne savaient vers qui se
tourner pour remédier à cet état de fait. Les mages des
quatre coins du royaume avaient consultés à ce
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propos, mais n’avaient su rien dire aux parents
éplorés. Seul le plus ancien de tous, après leur avoir dit
que personne ne pourrait changer le cours des choses,
leur avait déclaré que de tout cela sortirait à la fois et
un grand malheur et un grand bonheur. La fille qui
naîtrait de leur petit-fils deviendrait un être
d’exception, qui ferait l’admiration et le bonheur de
tous, mais de grandes épreuves l’attendaient dès son
enfance afin de pouvoir atteindre à cette position
enviée.
En attendant, les parents, affolés, ne pouvaient
qu’assister à la métamorphose de leur fils comme
digne serviteur du Mal, et il n’était de jour où on ne
leur rapportât de nouveaux méfaits de leur héritier.
Eux- mêmes ne parlaient de leur enfant qu’avec effroi,
se demandant comment tout cela allait finir.
Bientôt, à l’adolescence de leur fils, leur parvinrent des
rumeurs de complot et de coups d’Etat dont Otto
serait l’organisateur. Leur assassinat serait même
programmé, leur rapportait-on, mais cela, les
souverains n’osaient y croire : tant de noirceur leur
semblait impossible.
Et puis vint l’irréparable, le coup d’Etat annoncé eut
lieu, et le fils tua de ses propres mains ses parents d’un
coup de couteau dans le cœur. La prophétie du vieux
mage s’était réalisée et le grand malheur avait eu lieu.
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Et dès lors, le règne des Ténèbres commença, et Otto
devint le Noir Seigneur. Le cauchemar de Charlotte, qui
devait la mener à son trépas, débuta, comme aussi
l’histoire de Diane et de sa famille.















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CHAPITRE UN

LES ORIGINES















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1 -L’enfance de Charlotte

La longue agonie de Charlotte avait commencé le jour
de son mariage avec celui qui n’était pas encore le Noir
Seigneur, Otto, et se poursuivit durant sa courte vie,
aux côtés de son époux. Celui-ci ne l’avait épousé que
pour mettre la main sur le royaume de ses parents,
voisin de celui d’Otto. Il avait espéré aussi, par ses
liens avec son épouse, approcher le domaine de la
magie pour servir ses sombres desseins.
En effet, Charlotte était d’ascendance magique, et
même si elle n’avait pas de dons surnaturels elle-
même, Otto espérait que leurs enfants hériteraient des
pouvoirs de leurs ancêtres.
La grand-mère de Charlotte était une nymphe des
bois, une hamadryade qui avait quittait son chêne
sacré pour l’amour d’un ondin, celui du grand fleuve
Boros, qui coulait au milieu du royaume. Ensembles, ils
eurent une enfant, Yvonne, qui était donc une enfant
de l’amour. Tout en elle irradiait la lumière intérieure
et la bonté. Yvonne reçut en présent une partie des
pouvoirs magique de ses parents, et elle apprit le
langage des bêtes, des montagnes et des eaux. L’eau,
surtout, était son domaine de prédilection, et elle
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passait des heures à nager avec les dauphins du grand
fleuve et à converser avec les hippocampes.
La forêt et ses habitants lui apprirent les mystères des
clairières et des bois, et même si cela n’était pas ses
lieux de prédilection, elle se sentait bien au sein des
vertes forêts. Quelque chose en elle lui disait, qu’un
jour, cet endroit pourrait être un refuge et un lieu sûr
pour sa descendance.
Les jours coulaient, radieux et insouciants, pour
Yvonne et ses parents, quand un jour, le chemin
d’Yvonne, la fille de l’hamadryade et de l’ondin, croisa
celui de Marc, le fils du roi voisin.
Marc était un jeune homme fort bien de sa personne,
grand, le cheveu brun et l’œil bleu, conscient de sa
valeur, mais aussi aimable et doué d’une gentillesse
naturelle, qui n’excluait pas la force de caractère.
Marc tomba amoureux d’Yvonne dès qu’il la vît, car
elle ne ressemblait à aucune des jeunes filles qu’il avait
connu jusqu’ici.
Yvonne n’était pas très grande, mais bien
proportionnée, la taille souple et le corps aussi délié
que l’esprit. Ces cheveux châtains et ces yeux noisette
pétillaient de malice et d’intelligence, et en même
temps, il émanait de ces yeux une telle lumière que
l’on s’en sentait transporté d’allégresse et de joie dès
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