Le crime de Lord Arthur

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Le personnage principal de ce récit, Lord Arthur Savile, est présenté, à l'occasion d'une soirée donnée par Lady Windermere, à un chiromancien, Septimus R. Podgers. Ce dernier lit dans la paume de la main de Lord Arthur et lui annonce qu'il sera l'auteur d'un crime. Lord Arthur voulait se marier, mais décide qu'il n'a pas le droit de le faire avant d'avoir commis ce meurtre.
Sa première tentative porte sur une tante âgée, Clementina, qui souffre de brûlures d'estomac. Arthur lui donne une capsule empoisonnée, qu'il présente comme un remède à prendre en cas de crise. Lisant le journal quelques semaines plus tard, il apprend sa mort et retourne victorieusement à Londres, pour apprendre qu'elle lui a légué une propriété. En triant les affaires de sa tante, il trouve la pilule de poison, intacte ; ainsi sa tante est morte de manière naturelle et il se trouve dans le besoin d'une nouvelle victime.
Publié le : samedi 28 novembre 2015
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LE CRIM E D E LORD ARTH U R S AVILE
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Traduit de l’an glais par Albert Savin e (18 91)
Oscar Wilde
Édition
Table des m atières
Préface .......................................................................................3Chapitre I ..................................................................................6
Chapitre II ...............................................................................22
Chapitre III ............................................................................. 27
Chapitre IV..............................................................................38
Chapitre V ...............................................................................43
Chapitre VI ............................................................................. 60
À propos de cette édition électron ique ...................................63
P ré fa c e
W illiam W ilde est un m édecin réputé (et un archéologue ém in en t) de Dublin . Il a épousé Jan e Fran cesca, un e poétesse n ation aliste et an tim on archiste ; ils on t deux en fan ts, W illie, et Oscar, n é le 16 octobre 18 54, bap tisé ain si p arce que le roi de Suède, Oscar, a dem an dé à être son p arrain afin de rem ercier le père de l’av oir opéré av ec su ccès de la cataracte. Fran cesca trad uit Alexan dre Dum as ou Lam artin e, et habille Oscar en fille, car à sa n aissan ce, elle désirait un e fille. Dès son en trée au collège, l’en fan t éton n e : il refuse les exercices phy siques, parle le latin av ec la m êm e facilité que l’an glais, et m on tre un e im agin ation débordan te et un talen t in dén iable pour le théâtre. À 20 an s, il v a achev er ses études classiques à Oxford, où il s’en tou re d’un e cou r de dan dies (lui-m êm e se chan ge trois fois p ar jour) qu’il en tretien t de philosophie grecque et d’art italien . Catholique parce que les fastes des gran d-m esses l’attiren t, toujours protestan t en m ém oire de son p ère (m ort en 18 76) et fran c-m açon p ar curiosité, Oscar W ilde s’in stalle à Lon dres en 18 79 av ec un jeun e sculpteur, protégé d’un lord qui les in troduit dan s la haute société. Oscar W ilde y fait m erv eille par son esp rit brillan t et ses poses affectées de d an dy . Il dev ien t la coqueluche des duchesses et le con fiden t des actrices à la m odes. M ais ses p oèm es n e le n ourrissan t pas, il s’em barque p our un e tourn ée d’un an aux États-u n is (18 8 1) où, dan s les un iv ersités, il discou rt sur l’esthétism e. R etour à Lon dres, le tem ps de déclarer aux journ alistesetqu’An glais Am éricain s on t tout en com m un , sauf la lan gue…puisséjour à Paris, où il ten te de m on ter sa pièce,esse de PadoueLa Duch . Il distribue ses plaquettes de v ers à tous les p oètes con n us, H ugo, M allarm é, Verlain e… se lie av ec le pein tre Gustav e M oreau, et,
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pour s’arracher à ses pen chan t hom osexuels, rev ien t à Lon dres en 18 8 4 épou ser la belle Con stan ce Lloy d, fille d’u n av oué. Con stan ce a des y eux couleur de v iolette, et l’art de porter les toilettes les plus excen triques que lui im pose son esthète de m ari, du k im on o à la toge grecqu e, de la ten ue de bergère à des robes de bal suran n és. La n aissan ce de deux fils, en 18 8 5 et 18 8 6, n e rapp roche pas le couple. Oscar W ilde, qui am use les dam es, n otam m en t dan s ses chron iques duLadies ‘J ourn al,d’où il se fait ren v oy er pour désin v olture, s’en n uie av ec son ép ouse. En 18 8 6, il quitte le dom icile con jugal pour v iv re av ec R obert R oss, u n critique d’art de 18 an s. Il écrit quelques con tes pour en fa n ts, et publie Le Portr ait de Dorian Gray18 90 , tout ens un  dan ue, en e rev con tin uan t à déclam er ses éblouissan ts p aradoxes dan s les réception s m on d ain es. C’est alors qu’un am i com m un lui présen te lord Alfred Douglas ; il étudie à Oxford, il est beau, jeun e et riche. Son père, le m arquis de Queen sberry , rejeton d’un e v ieille lign ée de la n oblesse écossaise, est u n bon boxeur, qui a cod ifié le « n oble art ». En tre Oscar W ilde et lord Alfred com m en ce un e am itié tourm en tée et v iolen te. Le su ccès arriv e en fin : sa com édie L’Éven tail de lady Win derm ereà Lon dresfait un triom p he (18 92),ait de Dorian DrayLe Portr est un succès à Paris, où est jouéSalom é,gleterre v ictorien n eun e pièce refusée par l’An parce qu’elle m et en scèn e des person n ages de la Bible. M ais à la gloire s’ajouten t les prem iers p as de la descen te aux en fers : W ilde qui fréquen te les bas-fon ds, est soum is au chan tage de ses am an ts d’un soir ; av ec lord Alfred ruptures et récon ciliation s se succèden t jusqu’à ce que le père boxeur s’en m êle, et traite l’am an t de son fils de « sodom ite ». Oscar W ilde porte plain te pou r diffam ation ; le m arquis de Queen sberry réplique en en quêtan t dan s les bas-fon ds, et justifie son accu sation : W ilde, qui est parti en v acan ces av ec lord Alfred su r la Côte d’Azur, est arrêté à son retour, le 5 av ril
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18 8 5, et p oursuiv i par la justice an glaise pou r sodom ie. Son m obilier est v en du, sa fem m e n ’a que le tem ps de partir av ec un e v alise… Les puritain s, les jaloux, et tous ceux don t il s’est m oqué, triom phen t. Lors du procès, c’est la curée : seul Oscar W ilde (car il n ’est pas seul sur le ban c des accusés) est con dam n é ; deux an s de trav aux forcés ! W ilde, qui casse des cailloux et brosse des m u rs, est un hom m e brisé, fin i, oublié… Pen dan t sa déten tion , sa m ère est m orte, sa fem m e, sous la pression de sa fam ille, a obten u le div orce ; il a été déchu de ses droits patern el… À sa libération , sous un faux n om , il s’in stalle en Fran ce. Lord Alfred l’em m èn e v isiter la Sicile, puis regagn e Lon d res, le laissan t seul. À Paris, W ilde han te le Quartier latin , boit av ec Jarry et Alphon se Allais, se fait in v iter par Diaghilev … Il souffre de terribles m aux de tête (san s doute un e tum eur au cerv eau) et m eurt dan s un e cham bre d’hôtel, derrière Sain t-Germ ain -des-Près, le 30 n ov em bre 190 0 , âgé 46 an s. Il av ait écrit, quin ze auparav an t : « Je crois que la v ie artistique est un lon g suicide et je n ’en suis p as fâché. » Lord Alfred Douglas, accouru de Lon dres, m èn era le cortège fun èbre.
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Ch a p itre I
C’était la dern ière réception de lady Win derm ere, avan t le prin tem ps. Ben tin ck H ou se était, plus que d’habitude, en com bré d’un e foule de visiteu rs. Six m em bres du cabin et étaien t ven us directem en t après l’audien ce dusp eak er, avec tou dss leur s crachats et leurs gran cordon s. Toutes les jolies fem m es portaien t leurs costum es les plus élégan ts et, au bout de la galerie de tableaux, se ten ait la prin cesse Sophie de Carlsrü he, un e grosse dam e au type tar tare, avec de petits yeux n oirs et de m erveilleuses ém eraudes, parlan t d’un e voix suraiguë un m auvais fran çais et rian t san s n ulle reten ue de tout ce qu’on lui disait. Certes, il y avait là un sin gulier m élan ge de société : de superbes pairesses bavardaien t courtoisem en t avec de violen ts radicaux. Des prédicateu rs populaires se frottaien t les coudes avec de célèbres sceptiques. Toute un e volée d’évêques suivait, com m e à la piste, un e forten aa don p rim en salon , de salon . Sur l’escalier se grou paien t quelques m em bres de l’Académ ie royale, déguisés en artistes, et l’on a dit que la salle à m an ger était un m om en t absolum en t bourr ée de gén ies. Bref, c’était un e des m eilleu res soirées de lady Win derm er e et la prin cesse y resta ju squ'à près de on ze h eures et dem ie passées. Sitôt après son départ, lady Win derm ere r etourn a dan s la galerie de tableaux où un fam eux écon om iste exposait, d’un air
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