Le dernier tyran avant la fin du monde

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1 PH.C DIÉ LE DERNIER TYRAN AVANT LA FIN DU MONDE ère TOME 1 : 1partie Cerbèro le dévoreur d’enfance 1 Lorsque le diable veut vous voir, il se contente de frapper à votre porte. 2132 en plein mois d’août en France, le soleil d’été commençait à s’estomper dans le ciel breton au profit des nuages d’orages estivaux qui se préparaient, bien loin de Quimper et de Brest en raison de la disparition de ces villes côtières sous la montée des océans, due à la fonte des pôles. Loin d’un village sur les Côtes d’Armor entre Dinan et la Côte de Granit Rose, à l’écart de toute civilisation humaine, se tenait une maison blanche, entourée d’un champ vert pâle et brun à cause de longues herbes qui poussaient dans cet endroit subissant les assauts du vent marin. Ainsi l'endroit ressemblait il à un décor paisible dont la région bretonne détenait le secret. L’endroit conservait de la fraîcheur par son océan Atlantique assaillant cette falaise, de la dureté par sol où de grosses pierres s’érigeaient les une non loin des autres, et de la douceur par cette herbe haute pleine de vie et poussant sous la force du vent côtier. On comprenait la richesse de ses côtes lorsque l’on y voyait des fermes et ces manoirs à cours ouvertes sur l’extérieur. C’était exactement le genre d’endroit où l’on pouvait respirer à plein poumon tout en méditant loin des métropoles et mégalopoles humaines surchargées et polluées.
Publié le : samedi 26 décembre 2015
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1
PH.C D
LEDERNIERTYRANAVANTLAFINDU MONDE
ère TOME 1 : 1 partie
Cerbèro le dévoreur d’enfance
1
Lorsque le diable veut vous voir, il se contente de frapper à votre porte.
2132 en plein mois d’août en France, le soleil d’été commençait à s’estomper dans le ciel breton au profit des nuages d’orages estivaux qui se préparaient, bien loin de Quimper et de Brest en raison de la disparition de ces villes côtières sous la montée des océans, due à la fonte des pôles. Loin d’un village sur les Côtes d’Armor entre Dinan et la Côte de Granit Rose, à l’écart de toute civilisation humaine, se tenait une maison blanche, entourée d’un champ vert pâle et brun à cause de longues herbes qui poussaient dans cet endroit subissant les assauts du vent marin. Ainsi l'endroit ressemblait il à un décor paisible dont la région bretonne détenait le secret. L’endroit conservait de la fraîcheur par son océan Atlantique assaillant cette falaise, de la dureté par sol où de grosses pierres s’érigeaient les une non loin des autres, et de la douceur par cette herbe haute pleine de vie et poussant sous la force du vent côtier. On comprenait la richesse de ses côtes lorsque l’on y voyait des fermes et ces manoirs à cours ouvertes sur l’extérieur. C’était exactement le genre d’endroit où l’on pouvait respirer à plein poumon tout en méditant loin des métropoles et mégalopoles humaines surchargées et polluées. La maison était de couleur blanche avec une palissade de bois qui délimitait le petit jardin peuplé de quelques arbres centenaires et quelques fleurs dont un minuscule parterre de roses. Jardin sobrement fleuri ; mais à quoi bon lorsque l’on disposait d’un tel décor ? A partir de la palissade de bois se dessinait une allée menant à la maison. Elle représentait un petit chemin sinueux et rocailleux passant devant une vielle balançoire de bois. Devant la maison stationnait un étrange engin dont le pare-brise laissait voir un habitacle sur lequel était positionné un tableau de bord assez particulier. De forme longue, fuselée et large à la fois, il avait l’apparence d’une voiture sans en être une, comme un petit vaisseau spatial. Sous l’appareil on pouvait discerner au lieu de roues, des sortes de patins robustes un peu comme ceux des hélicoptères. Sur l’arrière du véhicule, était observable un moteur sortant vers l’extérieur et ressemblant à peu près à ceux se trouvant à l’arrière des jets privés. L’avant du véhicule fuselé laissait apparaître un logo représentant des chevrons montant vers le haut comme la marque Citroën. En 2123 l’homme franchit le pas en osant diffuser par le monde entier, les premières voitures volantes. Fonctionnant à l’aide de moteurs ioniques couplés à un générateur de champ magnétique, ces dernières étaient capables de flotter dans les airs par la fameuse manipulation des pôles magnétiques et leurs juxtapositions, du positif au négatif. Ce fut grâce aux champs magnétiques que l’on réussit à affronter la gravité terrestre jusqu’à un certain degré. Bien sûr, ses machines volaient mais ne pouvaient aller dans l’espace. Le générateur magnétique permettait une flottaison de l’engin dans les airs tandis que le moteur ionique le faisait avancer. La particularité non négligeable du moteur ionique était que grâce aux manipulations des ions, l’énergie s’auto-générait tout en se consumant, par conséquent, fini les pleins dans les stations- services. Seules les stations d’hydrogène ravitaillaient les véhicules consommant cette énergie.
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À côté de la Citroën se dressait la fameuse maison dont sur la porte était inscrit un nom, probablement le nom de famille : « Aléanos ». A l’intérieure de la maison on pouvait entendre des voix, celle d’une femme et celle d’un petit garçon. Descendant de l’étage supérieur de la maison, une femme de teint méditerranéen, dotée de cheveux, de sourcils et d'yeux aussi noirs que la nuit et ainsi qu'une peau bronzée. Elle était vêtue de ce qui ressemblait à une robe de soirée et appelait le jeune garçon :
- Halicarnasse on va être en retard, pour la soirée, dépêche- toi qu’on puisse attendre ton père ! Il faudra qu’on fasse bonne impression devant le directeur de ta nouvelle école.
Le petit garçon sortit d’une salle dont on pouvait discerner le carrelage blanc, sûrement la salle de bain. L’enfant avait un aspect particulier. Il possédait une couleur de peau identique à celle de sa mère, un teint bronzé avec un petit nez retroussé accompagnés de petites lèvres brunes. Mais un détail physique et perturbant se remarquait sur l’enfant, ou plutôt deux en l’occurrence. Le premier était que l’enfant semblait souffrir d’un problème de pigmentation capillaire. Une dégénérescence de la pigmentation des cheveux et des sourcils qui leurs donnait une couleur blanche laiteuse. Il ne s’agissait pas du même blanc que les cheveux d’une personne âgée mais d’un blanc assez particulier, un blanc éclatant et anormal. Enfin l’autre détail étrange se trouvait dans les couleurs de ses yeux. L’iris de l’œil droit était de couleur marron vers l’extérieur et beige vers l’intérieur, tandis que l’iris de l’œil gauche portait une couleur rouge sang vers l’extérieur et bleu azur vers l’intérieure. Deux couleurs contradictoires et n’allant pas ensemble dans le même œil. Mis à part ces détails le petit garçon semblait être une personne tout à fait normale. Il portait un pantalon bleu, une petite veste de costume de même couleur, assortie à une cravate à pince qui elle, était portée sur une chemise blanche.
La nuit allait bientôt se lever, le soleil venait de se coucher pour finir par disparaître à l’horizon. De gros nuages noirs venant des terres en direction de la mer apparurent dans le ciel. La nuit s’annonçait pluvieuse. Avec la chaleur et l’humidité, il ne faisait nul doute que tard dans la nuit allait éclater un orage d’été.
La femme en robe noire s’assit sur un divan dans le salon de la maison en fouillant son sac à main nerveusement. Elle leva la tête en direction de son fils avec un regard inquisiteur :
- C’est bon ? Tu as fini de te préparer ? Ça fait vingt minutes que j’essaie de joindre ton père au téléphone pour qu’il rentre ! Il devait revenir rapidement avec sa voiture de service et prendre celle de la maison, direction Paris avec tout le monde. On va à cette soirée organisée par cette école de surdoué qui a ouvert ses portes récemment dans le dixième arrondissement parisien. Ce sera le moment de faire connaissance avec l’équipe la bas et de commencer à t’acclimater avec les autres enfants. Ils sont tous comme toi alors pas d’excuse pour ne pas t y intégrer !
Le regard de la mère devint plus tendre :
- Ne sois pas si triste. Tu verras, tu te feras plus d’amis dans cette école.
L’enfant rétorqua avec un air boudeur :
- de toute façon chaque fois que je change d’école toi et papa vous dites que je vais me faire plein d’amis et je suis tout seul au final.
La mère se leva pour venir devant l’enfant, puis elle s’accroupit pour se mettre à son niveau afin de répondre avec une voix calme et apaisée :
- Oui mais cette fois c’est différent. Là tu vas te retrouver avec des personnes intelligentes et en avance comme toi, tu seras avec des personnes qui te comprendront. Les gens avant étaient jaloux parce qu’ils
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ne te comprenaient pas. En plus tu étais toujours le plus petit, vue que tu étais dans des grandes classes avec des jeunes de dix- huit ans alors que tu en avais quatorze. Là ils auront presque ton âge et vous pourrez vous échanger vos expériences. Le proviseur de l’école est quelqu’un de bien, ton père et lui se sont rencontrés par le passé avec leurs travaux de recherches.
La mère se leva après avoir embrassé son petit garçon sur le front et en lui passant sa main dans ses cheveux bouclés et blancs avec cette dernière phrase rassurante.
- plus personne ne se moquera de tes particularités physiques.
La nuit tomba, il pleuvait des cordes. Le père de famille n’était toujours pas rentré. La mère regardait nerveusement l’heure sur un mur couvert d’une plaque transparente et luisante affichant des données digitales comme un écran LCD au fond du salon. L’horloge numérique géante affichait vingt- deux heures. La mère se tourna agacée vers la porte d’entrée.
- Bon dieux que fait ton père à cette heure, il est parti louer les vaisseaux de l’armée ?
La mère furieuse pianota sur une petite tablette de la taille d’une paume de main. Un faisceau d’une lumière bleutée jaillit de la tablette et forma une représentation de visage humain particulièrement détaillée. L’image représentait le visage d’un homme. Son visage n’était pas droit, un peu de travers comme si l’homme était couché sur le ventre. L’image était un hologramme, dont on ne pouvait ni distinguer la couleur des yeux, ni celle des cheveux et encore moins d’autres couleurs mis à part la couleur bleutée imposée par l’hologramme. La mère exaspérée reprit la parole :
- Là, cette fois tu as fait fort, on peut dire que tu as battu ton record, plus de deux heures pour te joindre ! En plus de ça on va être en retard pour l’entrée de ton fils à l’inauguration de sa nouvelle école ! Sais-tu à quel point l’attente est difficile à cause de ses montées de stress et la découverte de l’inconnu ?
L’homme se décida à répondre mais avec une voix étrange et inhabituelle. Il semblait éprouver une certaine douleur. Son souffle semblait entrecoupé à chaque mot comme si parler représentait un effort surhumain :
- Je sais tout ça mais…Il faut que tu m’écoutes… impérativement ! Il faut que tu quittes la maison avec le petit ! Partez loin de là, aussi loin que vous pouvez ! Partez vers Paris et j’essaierai de vous rejoindre après !
Par une voix forte la mère répondit :
- Quoi ? Que t’arrive- t- il encore, tu ne te sens pas bien ? Pourquoi ta voix est bizarre comme ça ? On dirait que tu as du mal à parler ! Tu as mal quelque part ?
L’homme tenta de la rassurer pour calmer l’inquiétude mêlée à la colère de sa femme :
- T’inquiète pas, ça va passer ! Juste un mauvais moment, mais faites ce que je vous dis ! La batterie de mon holocellulaire va lâcher ! Quitter la maison maintenant et je …vous rejoindrai plus tard. Il ne faut pas que ces types vous mettent la main dessus ! Je t’expliquerai après… je …te… t’expliquerai tout quand je vous retrouverai …il ne faut pas que les types de Cer…
L’homme s’interrompit un moment avant de se reprendre.
- Poussin je t’aime.
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La liaison se coupa. A ce moment le visage de l’enfant passa de la perplexité à l’incrédulité la plus totale. Quant à la mère, les derniers mots avant la coupure de la communication lui glacèrent le sang. Bien qu’il s’agisse de mots d’amour, l’effet escompté ne sembla pas se produire sur son destinataire. Ce témoignage de tendresse, sonnait comme une menace terrible. Les deux habitants de la maison, incrédules devant ce message se regardèrent, puis soudain la mère de famille se ressaisit et se dirigea vers un escalier menant à l’étage supérieur. Elle progressa dans un petit corridor puis elle stoppa net sa marche au milieu et se tourna vers la droite, là où se situait la chambre conjugale. Elle sortit un sac de voyage d’une armoire à porte coulissante et incrustée dans le mur. À la vitesse où elle agissait, elle prit le premier sac de voyage venu et le jeta sur le lit conjugal. Elle sortit une flopée de vêtements et mit tout en vrac dans ce même sac. Elle se changea rapidement pour échanger sa robe de soirée contre un jean, basket, sweet et pour finir ramassa un sac vide pour se retrouver avec deux sacs cette fois ci à bout de bras. Elle se précipita dans le même corridor et au fond à gauche cette fois. La mère affolée pénétra dans une chambre qui ne pouvait être que la chambre du petit garçon. Elle jeta les deux sacs sur le petit lit et reproduit les mêmes gestes machinaux que dans la chambre précédente avec le même types d’armoire, la même vitesse, la même mécanique du geste. Enfin elle sortit de la pièce avec les deux bagages plein cette fois et refit le chemin dans le sens inverse. La femme descendit l’escalier précédemment monté et appela son fils qui s’empressa d’accourir vers elle et lui tendit l'un des bagages :
- Tiens, tu prendras celui- là ! Il est plus léger et puis tu te changeras après sinon les gens penserons que tu reviens d’un anniversaire ! Il me faut juste les clés de la maison. Finalement ton père a joué sa meilleure carte pour la pagaille qu’il cause actuellement. Une astuce comme celle- là pour ne pas aller à une réunion ! Il s’est surpassé là ! Je me demande avec qui il s’est encore fâché pour qu’on quitte la maison aussi vite ! Ah il va m’entendre quand je lui mettrai la main dessus ! Je le rappellerai pour l’engueuler dès qu’on arrivera à Paris ! Pas besoin de se tuer sur la route avec la vitesse, on n’a plus d’horaire de rendez- vous !
L’enfant s’exécuta pendant que la mère se dirigea vers la petite table du salon, pour prendre son sac à main de couleur noir et brillant. Elle le fouilla générant de petits sons métalliques la stoppant dans son action. Sûrement des clefs. Elle sortit le trousseau et le donna à son fils :
- Tiens tu prends les clefs et tu fermeras la porte derrière, moi j’ouvrirai la voiture avec le mot de passe et le code vocal !
A peine eut elle finit sa phrase que soudain un bruit sourd résonna. Le bruit provenait de la porte d’entrée. Les habitants de la maison frémirent tous les deux. Puis la mère s’approcha de la porte avec prudence, suivi de très près par le jeune Halicarnasse. Plus les deux approchèrent, plus ils discernèrent des tambourinements étouffés et des vociférations :
- OUVREZ CETTE PUTAIN DE PORTE ! ON PREND CE QU’ON A PRENDRE ET ON SE CASSE !
Une autre voix se fit entendre, plus calme, mais avec un langage tout aussi léger et grossier :
- Oh ta gueule, t’es pas obligé de brayer comme ça ! Si ça s’ouvre pas, explose là qu’on en finisse !
La mère terrorisée s’approcha de la porte avec son cœur qui battait la chamade se demandant qui pouvait frapper et leur crier dessus à ce point ? Ils n’avaient jamais fait de mal à personne, du moins pas au point que des individus viennent tambouriner chez eux. Cela ne pouvait pas être pour le bruit, il n’y en avait pas. Ils n’avaient pas de voisins à plusieurs kilomètres à la ronde. Que ce soit la police ou
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la gendarmerie, aucun ne parlerait de cette façon en martelant une porte. Au moment où elle approcha son œil pour regarder à travers le judas, une détonation déchira l’air de la pièce, puis une deuxième. La mère de famille tituba en se tenant le ventre et tomba lourdement sur le jeune Halicarnasse qui la suivait tel une ombre. Enfin en quelque secondes il parvint à se dégager du corps de sa maman et une vision d’horreur s’imposa sous son regard. L’enfant eut les cheveux hérissés de terreur en voyant sa mère sur le dos se tordant de douleur la main rouge sur son ventre ensanglanté. Elle hurlait :
- OOHH DIEU QUE ÇA FAIT MAL ! MERDE…MERDE !
Le costume bleu devint en partie rouge, très sombre, comme un rouge foncé par la nuance entre la couleur bleue et le sang sur le vêtement. Le symbole de l’horreur et de la violence souillant un si jolie costume. L’enfant tint un regard quittant progressivement sa mère sur le sol en direction de la porte de bois détruite dont la serrure était encore incandescente et fumante. La porte était trouée au milieu avec un passage de taille humaine. Derrière cette ouverture improvisée, on distinguait des silhouettes plutôt inquiétantes, grandes et sombres. Par ces silhouettes, on distinguait d’abord une qui faisait froid dans le dos, éclairée par le tonnerre grondant sous l’orage. La lumière du tonnerre révélait un homme aux cheveux poivre sel, plutôt dans la quarantaine. Il tenait un revolver encore fumant dont le canon avait une longueur impressionnante, à peu près la longueur d’un avant- bras. Il était affublé d’une cicatrice grande et large commençant de l’arcade sourcilière traversant son œil gauche et finissant dans le coin de sa bouche toujours côté gauche. Sa coiffure manifestait une étrangeté surréaliste. Ses cheveux formaient une raie au milieu du crâne. De chaque côté de la raie, les cheveux ce terminaient par un épi à droite et autre à gauche prenant la forme de cornes de démon. L’homme avait une peau très pâle, mais l’éclairage du tonnerre et ne permettait pas de voir distinctement la couleur de ses yeux, ce qui lui donnait un regard froid et sans expression. Il avait une bouche grande qui laissait entrevoir ses dents de devant. Il ne s’agissait en rien d’un sourire mais plus d’une grimace nerveuse qu’autre chose. Il portait un long imperméable plutôt classe avec de grands cols sur lesquels suintait l’eau de pluie dont la brillance était due aux éclairs déchirant l’obscurité nocturne. Entre ses cols on voyait une fine cravate dont la couleur tout comme celle de ses yeux restait difficilement perceptible. La deuxième silhouette, elle, laissait une vision similaire à la première en raison de l’imperméable sombre. Lui ne semblait pas porter un costume en dessous mais un pull de couleur sombre. Il portait des baskets montantes type Converse dont les lacets n’étaient pas vraiment attachés. Même si le deuxième monsieur était de la même taille que le premier, il portait un visage très juvénile, sans cicatrice. Des pommettes saillantes, une chevelure de couleur claire vraisemblablement blonde et coupée très court qui laissait entrevoir une petite houppette au- dessus de son front. Son visage paraissait plus rassurant que le premier mais ne dégageait pas plus d’expression. Le temps c’était figé pour Halicarnasse, tout semblait bouger au ralenti. Une seconde se transformait en longues minutes. Tous les détails que ce soit les éléments visuels, ou les mouvements, devenaient fluides et lents à la fois. Le démon au revolver se mit à parler d’une voix calme, et froide :
- Mince vous étiez sur le point d’ouvrir ? Que c’est dommage, une si belle porte. Elle a dû vous coûter une fortune. Enfin bon ce n’est pas comme si nous devons la rembourser hein ? Dans l’au- delà vous n’aurez plus à vous soucier de ce détail madame.
A l’instant le démon leva son arme, la pointa en direction de la mère de famille pressa lentement la détente et du bout du canon jaillit une déflagration plus une détonation assourdissante qui pouvait rendre sourd tout individu situé aux alentours. Le petit garçon sentit comme une aiguille brûlante frotter sa joue et l’arrière de ses cheveux. Un liquide chaud coula le long de son visage. Ce n’était que du sang mêlé à ses larmes. L’enfant pressa sa joue gauche avec sa main droite et se retourna instinctivement. Il n’entendait plus les sons clairement à cause de l’acouphène qu’il ressentait aux
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oreilles suite au son de l’arme. Regardant en direction de sa mère son souffle se coupa d’un coup. Il vit sa maman les yeux gorgés de larmes, levés vers le ciel comme révulsés, avec au milieu de son front, un trou parfait et tout noir et fumant. Derrière sa tête, le sang avait éclaboussé aussi bien le mur que le sol, comme si une bombe à peinture rouge avait explosé. Dans ce sang on voyait des petits morceaux de débris blancs et roses. Malheureusement il ne pouvait s’agir que de morceaux de boite crânienne mêlés à la cervelle. L’enfant ensuite ouvrit la bouche et poussa un hurlement qui pouvait rivaliser avec le tonnerre et autres grandes colères du ciel. Une rivière de larme coulait sur les joues de l’enfant et ce dernier se rua sur les épaules de la défunte. Il la serra de toutes ses forces dans ses bras en hurlant auprès des assassins :
- POURQUOI FAITES VOUS ÇA ? POURQUOI VOUS AVEZ TUE MA MAMAN ? QUE VOUS A-T-ON FAIT ? VOUS N’ÊTES QUE DES SALOPARDS ! ADULTES DE MERDE !
L’homme au visage juvénile et à la voix grave rétorqua en adressant un regard du coin de l’œil à son acolyte au gros calibre :
- C’est la partie de notre métier que je déteste, t’aurais pu refroidir sa mère une fois après avoir bâillonné et saucissonné le gamin. Vu qu’il nous faut le gosse vivant, t’aurais pu le faire une fois que le petit était dans le coffre de la navette, putain !
L’homme à la balafre répondit froidement :
- Oh tu peux la boucler ! Et puis le résultat est le même, on prend le gamin on flingue les témoins et le tour est joué et tout ça sans fioritures ! C’est comme ça que ça fait un professionnel, alors la ferme !
- il fait nuit, il fait chaud, il pleut, pas d’oiseau qui chante et toi en mode « j'suis super con et tout le monde ferme sa gueule ». Putain on m’avait pas dit que ce serait folklorique de travailler avec toi bordel ! Ironisa le juvénile.
Le tueur s’insurgea :
- Chié ! Toi la grande gueule et puis les deux autres cons qui se sont pas pointés au rendez- vous, j’suis verni ! Au lieu de rester là les mains dans les fouilles, va chercher le môme ! Moi je ramasse les douilles de mes balles. J’espère que les deux connards se pointeront pour fouiller la baraque et trouver ce que le boss nous a demandé en plus du gamin !
Au loin aux abords du véhicule familial trois silhouettes supplémentaires apparurent sous la pluie en vociférant :
- Les deux connards t’emmerdent Steiner, en plus on n’est pas deux on est trois, apprend à compter avant de l’ouvrir !
La voix était éraillée et aiguë à la fois, comme celle d’une femme au bout du rouleau comme jugeraient certains. Les silhouettes s’approchèrent et une autre voix se fit entendre.
- on est quatre, et puis s’était chiant de trouver la maison dans ce bled paumé. Donc c’est là qu’on doit trouver le sujet numéro un, enfin le gamin quoi. J’espère qu’il était tout seul, sinon Steiner a dû faire exploser la caboche aux témoins.
Une autre voix sortit de nulle part sembla s’approcher de la maison. Il s’agissait d’une voix inhumaine. Elle ressemblait à une voix enregistrée dans un ordinateur et restituée par commande vocale. Elle sonnait comme une voix artificielle, toutefois, avec un fort accent germanique.
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- Mes chers messieurs je constate que les esprits s’échauffent. Notre mission est d’une, de récupérer le gamin, de prendre les formules traduites cachées quelque part dans la maison et d’effacer les témoins gênants. Vu que la première phase du plan est faite, on peut continuer l’opération calmement. En plus la chance que nous avons ici est que nous sommes loin de toutes habitations voisines, par conséquent personne ne viendra nous interrompre. Nous sommes samedi soir, pas de facteur demain matin, donc temps estimé pour retrouver le corps des défunts potentiels, deux jours. Nous sommes les tueurs à gages les plus vernis les enfants et nous avons tout notre temps. Assommons le gamin et procédons !
Les six tueurs pénétrèrent dans la maison. La lumière révéla enfin leurs visages. L’homme à l’aspect diabolique portait un visage beaucoup plus inquiétant que dans la pénombre de la nuit. Il avait de grands sourcils fin et plutôt hauts par rapport à ses yeux, ce qui renforçait son aspect froid en lui rajoutant un air très hautain. Le juvénile avait lui des yeux en partie bridé, un asiatique aux cheveux peroxydés. La première des quatre personnes supplémentaires, celle de qui émanait la voix de femme au bout du rouleau était une femme au teint pâle mais au visage plutôt appréciable. Yeux bleus clairs, des cheveux coupés au ras et au carré comme un militaire américain habillée d’une tenue s’apparentant à une combinaison de cuir noir luisant moulant toute les formes qu’une femme pouvait disposer. En enlevant la veste humide dont elle était pourvue, on apercevait avec stupéfaction que la femme était armée jusqu’aux dents. Au niveau de ses magnifiques hanches se trouvait une épaisse ceinture de cuir. Sur cette ceinture de cuir, figurait un étui de couleur marron et en cuir également. De cet étui dépassait la crosse d’une arme. Au niveau de sa poitrine entre ses aisselles et ses seins, de chaque côté passait un harnais épais, sûrement un holster dont la fermeture était une sangle se trouvant juste en dessous de sa poitrine. Au niveau de son dos se trouvait une arme ressemblant à un fusil à lunette dont le canon était très long et partait du milieu du dos et finissait niveau de ses jarrets. Le fusil devait être maintenu grâce au holster justement porté. A côté de son sein gauche était présent une sangle sur laquelle se trouvait un autre étui. Celui ci contenait un couteau dont le manche devait présager une immense lame crantée. Juste au- dessus de ces fesses, sur la ceinture figurait une ligne de cartouches de taille différentes et deux grenades.
La femme marchait, doucement mais sûrement, avec une grasse remarquée au milieu de ses brutes, elle s’approcha du garçon sans le voir, s’arrêta et tourna son regard vers l’homme aux cheveux de diable :
- Il nous faudra une nuit entière pour fouiller ce bordel ! On fouille et on laisse le gamin regarder sachant qu’on doit le kidnapper ensuite ? C’est qui qui a bricolé ce plan de merde ?
L’homme à l’apparence sataniste répondit de sa douce froideur :
- Ah, demande à Albert Einstein ! Il a élaboré la stratégie à la con avec le patron.
Puis l’homme démoniaque se tourna à son tour vers le fameux responsable. Le monsieur était vêtu d’un large chapeau, comme un grand Borsalino de gangsters des années cinquante très apprécié au Etats Unis dans les années de la prohibition. L’eau ruisselait sur son chapeau et son imperméable noir. Il s’arrêta et enleva son couvre-chef comme par signe de politesse. Cet homme ou plutôt cette machine, car chose frappante disposait au sommet de son cou, d’une tête chauve entièrement métallique de couleur grise luisante. Ses yeux ressemblaient plus à deux grosses billes vertes dans lesquels on distinguait comme des pupilles cerclées d’iris métalliques.
Une voix digitale se fit entendre encore une fois, comme celle entendue à l’extérieure.
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- Monsieur sachez que ce n’est pas Einstein mais Van Der Silverstein ! Nos noms se ressemblent mais nous ne nourrissions pas les mêmes objectifs. De plus si le plan n’est pas aussi intéressant c’est tout simplement que notre client a demandé un assassinat, un kidnapping, plus un vol d’informations. Il a explosé le forfait que nous lui avons accordé pour le meurtre plus un kidnapping de la victime de son choix et cela en prix de gros. Évidement ce monsieur est un client régulier. Mais nous n’allons pas nous en plaindre au vue de la somme qui va nous être versée sur accord signé. Comme je l’ai dit dehors nous avons une marge temporelle immense en raison du lieu, de l’absence de témoin plus, du jour que nous sommes. Donc procédons sans perdre de temps !
La femme en cuire se retourna vers l’homme machine tout en défaisant la fermeture de sa combinaison, partant du milieu du cou jusqu’au milieu de sa poitrine en raison du changement de température manifeste plutôt élevé vu la saison. Elle sortit d’ailleurs du milieu de cette poitrine, une paire de petites lunettes, qui semblaient être des lunettes à vision nocturne aussi petites que des lunettes de piscine en raison de l’avancée et la miniaturisation de la technologie. Elle enfila ses lunettes par l’élastique qu’elle fit passer par ses cheveux très courts humides. L’un des six tueurs la regarda, il arborait un crâne rasé et une croix gammée tatouée sur sa nuque. Il avait un visage sec, creusé, des arcades sourcilières dépourvu de sourcils ainsi que des yeux petits et d’un bleu perçant. On aurait cru que son visage n’était pas celui d’un humain, mais d’un requin. Il portait un bombers de couleur noir et un pantalon militaire ainsi que des rangers du même type. Il s’adressa à cette femme qui pourrait être la femme la plus armée du monde dans un langage, qui de sa bouche ressemblait plus à des effluves qu’à des mots civilisés.
- Et ben Rébecca, toujours aussi bonne. Putain, heureusement qu’on a une gonzesse comme toi pour remonter le morale des troupes, si on n’était pas aussi occupé on aurait pu tuer le temps tous les deux.
La femme lui répondit avec dédain et sans adresser un regard.
- Pfft désolé mignon, premièrement moi je tue tout sauf le temps ! Deuxièmement je ne remonte pas le morale des troupes, pas que ça à foutre ! Troisièmement, les mecs comme toi me rappellent pourquoi j’ai viré de bord. Alors si t’étais une gonzesse, ça aurait pu se faire, mais bon vu que t’es un mec dépourvu de couilles en plus. Peut-être que dans le fond, le skinhead porte une chatte qui sait ?
Le skinhead baissa la tête en grommelant un: « sale gouine de merde » !
Le dernier des six tueurs prit la parole, il avait des cheveux long et noir et un visage tout aussi blême que celui de ses collègues. Des yeux noirs et un physique plutôt enrobé. Il portait un pull-over noir, un pantalon ressemblant à celui d’un veilleur de nuit, plus un imperméable gris à capuche. Il tenait un couteau de chasseur sur lui.
- Bon moi je n’suis pas venu pour écouter des gonzesses se chamailler, j’suis venu pour faire le boulot et me casser ensuite ! Alors commençons maintenant qu’on en finisse !
L’homme aux cheveux démoniques acquiesça.
- T’a bien raison ! Eh ! Silverstein on sait quoi faire mais on commence par quoi ?
L’homme de fer répondit :
- on a tué le seul témoin potentiellement gênant, l’enfant est là. Toi, Benard, utilise le chloroforme sur le gosse ! Toi Rébecca, utilise tes lunettes pour fouiller la cave.
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Le cyborg se retourna ensuite vers le skinhead, le juvénile et le démon humain et donna les noms dans l’ordre des visages qu’il parcourut, Hammer, Iro, et Steiner, fouillez le rez-de-chaussée et inspectez les abords de la maison, moi je m’occupe du deuxième étage. Pour rappel, nous cherchons des documents mentionnant les éléments traduits des reliques aliènes trouvées au fond du pacifique et cachés par le docteur qui est Aléanos Iacos merci. Notre employeur est un monsieur de la compagnie Cerbèro qui nous a donné carte blanche pour retrouver le papier, le cahier ou alors le classeur, voire le coffre pouvant renfermer des écrits issus du sarcophage du pacifique. Tout cela nous rapportera cent cinquante mille euros scripturaux les enfants ! Vous avez bien entendu cent cinquante mille prêts à nous être payé par la compagnie Cerbèro. Nous sommes six, faites le calcul ! Moi j’utiliserai mes rayons X pour vérifier à travers la structure de la maison. Alors les enfants au boulot.
Aussi tôt, les tueurs se séparèrent dans la maison. Sauf un, Benard qui se tint devant le petit garçon à la joue ensanglantée et le visage collé à la poitrine de sa maman. Le sang de la défunte commençait à durcir sur le sol et les murs quitte à former une grosse flaque solide autour des morceaux de cervelles commençant à laisser apparaître comme des veines violettes à côté des morceaux d’os crâniens. Le trappeur sortit de son imperméable, une fiole noir avec un mouchoir en tissu. Il ouvrit le flacon d’un coup et renversa le contenu sur le mouchoir en bonne quantité. Le mouchoir humide laissait dégouliner de petites gouttes transparentes comme de l’eau. Il regarda l’enfant avec un regard vide et sans la moindre expression et dît d’une voix glaciale.
- C’est un mauvais moment à passer, tu auras un peu mal à la tête au réveil, mais le temps passera vite une fois que tu seras dans les pommes. Le gamin redressa la tête et regarda le trappeur, les yeux remplis de larmes mais un visage rongé par la colère, avec les sourcils froncés et la bouche crispée comme s’il serrait les dents. L’intensité des couleurs de ses yeux sembla avoir augmentée. Il ouvrit la bouche pour laisser émaner une voix calme mais grave :
- Je ne suivrai jamais une bande de fils de putes comme vous ! Et allez tous vous faire foutre !
Le trapu Benard s’interloqua puis se ressaisit.
- Il va falloir que tu soignes ton langage avec les grandes personnes, sinon ça va mal aller pour ton petit cul !
Le gamin rétorqua derechef,
- Vous êtes entré dans ma maison, vous avez tuez ma maman, vous n’êtes pas chez vous, bande de fils de putes !
Ah ce moment- là, le sang du dénommé Benard ne fit plus d’un tour. Il fixa l’enfant puis se mit à s’approcher nerveusement de son jeune adversaire.
- Toi mon petit gars je crois que tu vas devoir attendre quelques années pour avoir une gueule suffisamment grande pour pouvoir me parler de cette façon !
Une fois le gros monsieur juste au niveau du garçon. L’enfant lui répondit au mépris des menaces :
- De toute façon si j’étais grand, je ne vous aurais pas insulté mais j’aurais tué les connards que vous êtes !
A peine eut il terminé sa phrase que l’enfant leva le pied au plus haut et frappa de toute ses forces dans les parties intimes de son interlocuteur qui s’écroula de douleur laissant tomber la bouteille de chloroforme qui se brisa sur le sol. Halicarnasse courut immédiatement en direction de la sortie et se
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précipita dans la nuit encore pluvieuse sur cette étendue d’herbes vertes sans savoir où aller, se contentant de courir tout droit. Halicarnasse avait peur, peur de ce que ces hommes pouvaient lui faire, peur de mourir comme sa mère. Pourquoi cela lui arrivait ? Pourquoi sa vie devait prendre une tournure comme celle- là ? L’enfant fatiguait, il courait jusqu’à atteindre une route. Pourvu qu’une voiture passe, pourvu qu’il trouve quelqu’un.
- Seigneur si vous existez, une aide serait bien venue !
Le temps passait, le cœur du petit garçon battait la chamade. La peur glaçait son sang et lui donnait une force surhumaine pour fuir à toute jambe.
Pendant ce temps dans la maison, le gros homme au mouchoir se tenait toujours les parties en jurant :
- BORDEL DE DIEU QUEL MERDEUX !
Aussitôt trois des assassins se précipitèrent dans le couloir d’entrée où gisait le cadavre de la jeune femme. Le juvénile asiatique interrogea son collègue tordu de douleur.
- Wow qu’est- ce qu’il y a ? Pourquoi tu gueules comme ça ? Le gamin n’était pas avec toi ?
- Je gueule comme ça parce que ça m’éclate pourquoi ? Le gamin m’a dégommé les boules et s’est tiré !
Aussitôt le néonazi l’interpella.
- quoi ? T’as laissé filer le gosse ? Vraiment tu ne sers à rien !
Aussitôt le tueur aux cornes capillaires sortit un smartphone et pianota sur l’écran tout en marmonnant :
- Bon bah je vais avertir Rébecca pour qu’elle aille choper le gamin vu c’est une bonne pisteuse et que je n’ai pas envie de me casser le cul à courir. Elle ira lui courir après, vu que notre gros lard de Benard de merde n’est pas foutu de galoper après un môme.
Aussitôt dit, aussitôt répondu par le souffrant :
- je t’emmerde Steiner !
Deux minutes plus tard la plus plantureuse des assassins descendit, avec un visage incrédule.
- Steiner, c’est une blague que tu m’envoies ?
Ce dernier lui jeta un regard encore plus froid que le zéro absolu.
- Regarde bien ma gueule, j’ai l’air d’humeur à faire des blagues selon toi ?
- Rebecca lui répondit sans tenir compte de sa réponse.
- Et puis pourquoi c’est moi qui devrais lui courir après, vu qu’on est censé ménager les dames d’abord ?
Steiner lui glissa sa réponse avec un cynisme presque pédagogique, comme s’il s’adressait à une enfant.
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